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AVORTEMENT> Atelier de restitution des résultats d’une recherche

Bon nombre de femmes et filles font recours à l’avortement clandestin

 

L’association Solidarité des femmes burundaises pour la lutte contre le sida et le paludisme (SFBLSP) au Burundi a organisé, le dimanche 28 septembre 2014, un atelier de restitution des résultats d’une recherche sur l’avortement clandestin. L’étude a été effectuée dans les provinces de Bujumbura, Cibitoke, Bubanza et dans la mairie de Bujumbura au mois de mars 2014.

 

DSC06630La présente étude s’inscrit dans la dynamique de la promotion de la dignité de la femme à travers le plaidoyer pour l’abolition de lois iniques et l’adoption des lois qui prennent en compte la dimension genre. Un effectif de 260 filles et femmes  a fait l’objet d’enquête.
Selon Joséphine Ciza Muhigirwa, assistante sociale dans l’association, l’étude menée montre que le phénomène d’avortement clandestin est une réalité dans toutes les localités qui ont été explorées. Pour 93,1%  des personnes interrogées, les grossesses non désirées sont une réalité surtout chez les jeunes filles en âge de procréer et la plupart des grossesses aboutissent aux avortements. Selon cette étude, 78 % des filles et femmes interrogées ont déclaré que la plupart de filles et femmes qui avortent sont celles qui ont eu des relations sexuelles avec un proche de la famille. En outre, 87,8 % des enquêtées ont affirmé que la plupart des filles et des femmes qui avortent sont celles qui ont subi les violences sexuelles. Pour 61,5 des enquêtées, les prostituées préfèrent avorter pour garder la forme et ne pas compromettre leur métier. Parmi les femmes et filles qui avortent, 34,6 %  font état de recours à elles-mêmes pour avorter. tandis que 32,5 % ont eu recours à des tradi-praticiens, infirmiers, sages-femmes, et à des médecins spécialistes et généralistes.

Plaidoyer pour la dépénalisation de l’avortement

Quant à Espérance Ntirampeba, présidente de l’association, le gouvernement du Burundi est interpellé à protéger les droits reproductifs des femmes particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol et d’inceste. Il en va de même lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. Que des mesures soient prises pour combattre les grossesses non désirées et les avortements à haut risque par une meilleureprotection du droit à la santé et aux contrôles de la fonction de reproduction pour les femmes et jeunes filles  tels que garantis par le protocole de Maputo et par la loi burundaise.
L’atelier de restitution a été organisé à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale pour la dépénalisation de l’avortement, célébrée le 28 septembre de chaque année.

Eric Mbazumutima

 

Municipalité de Bujumbura> Etat des lieux de la voirie

Certaines rues deviennent de plus en plus impraticables

 

Dans le centre ville de Bujumbura, les voies publiques en général ne suffisent pas pour faciliter la circulation. Celles qui existent déjà sont pour la plupart dans une situation critique et méritent  une attention particulière des services habilités. Beaucoup de voies publiques sont par ailleurs en train d’être réhabilitées, d’autres en construction notamment à l’intérieur du pays et le pavage des quartiers dans la municipalité de Bujumbura. Les usagers réclament la réhabilitation de ces routes.

 

DSC 0232La rédaction du journal « Le Renouveau du Burundi » a dernièrement circulé dans les rues du centre-ville de  Bujumbura. Certaines rues nécessitent d’être réhabilitées dans les meilleurs délais compte tenu de leur importance pour le pays. L’exemple le plus frappant est l’avenue qui passe devant le bureau de l’ombudsman burundais, l’Inspection générale de l’Etat, le bureau de la Coopération technique belge (CTB). Les usagers rencontrés sur place souhaitent la réhabilitation de cette route parce qu’elle s’est endommagée depuis longtemps. « Il est gênant de rouler ici et nos voitures s’abiment du jour au jour », a dit  un automobiliste qui a requis l’anonymat. Un homme d’un certain âge a rappelé que cette route était jadis macadamisée. A l’époque de l’Opérations des Nations unies au Burundi (Onub), la route avait été réparée parce que les troupes de la mission habitaient un des immeubles sur la même voie,  nous a-t-il dit.

Une lueur d’espoir :  l’ombudsman plaidera pour eux

Tous les usagers contactés se sont dits confiants étant donné que le bureau de l’Ombudsman se trouve sur cette rue. Toutefois, ils lancent un appel aux autorités de la mairie de Bujumbura pour réhabiliter cette avenue fréquentée par les diplomates qui rendent visite au médiateur burundais. Ces derniers rentrent avec une image qui n’est pas du tout bonne des rues de la capitale. « Nous avons encore l’espoir que l’ombudsman pourra plaider auprès des instances habilitées pour la réhabilitation de cette rue », a déclaré un propriétaire d’une boutique installée près de la route. Dans le cadre de  rendre propre la capitale, la mairie de Bujumbura devrait agir ou alors solliciter l’intervention du gouvernement du Burundi.

Amédée Habimana (Stagiaire)

 

ESTHER> Sixième comité de liaison au Burundi

Le projet offre des soins de qualité et universels

 

Le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida, en collaboration avec Esther (Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau) a organisé, le vendredi 26 septembre 2014, le sixième comité de liaison au Burundi. L’objectif de cette rencontre est d’échanger l’expérience sur les activités déjà réalisées durant  les huit ans d’existence.

DSC06206Dans son discours de circonstance, le directeur général des Services de santé et de la lutte contre le sida, Liboire Ngirigi a fait savoir que le Comité de liaison est conçu comme un espace de concertation entre les acteurs de la prise en charge du VIH-sida autour de l’initiative Esther au Burundi. Il a indiqué qu’au cours de ses huit années d’existence au Burundi, l’initiative Esther participe à côté du gouvernement du Burundi à l’offre des soins de qualité et universels par le jumelage d’équipes hospitalières françaises et burundaises et à l’accompagnement des personnes infectées par le VIH-sida en partenariat avec les associations de la société civile. Il a ajouté que le projet Esther a le souci de permettre la continuité des soins, la diminution de la morbidité et la mortalité ainsi que la réduction de l’impact social de la pandémie du sida.
 Pour ce faire, il a demandé aux responsables d’Esther d’être toujours des interlocuteurs du Burundi auprès de la France pour que cette dernière défende le Burundi au niveau du Fonds mondial où elle est 2e contributeur.
M. Ngirigi a en outre souhaité que le sixième comité de liaison entre Esther et le Burundi soit une occasion de prendre d’autres engagements  en accord avec les priorités et les orientations stratégiques nationales pour atteindre les objectifs que le Burundi s’est fixés.

La France continue à appuyer le Burundi pour vaincre le sida

La conseillère de la coopération et de l’action culturelle Géneviève Jean-Van Rossun a fait savoir que dans la continuité de la politique de lutte contre le sida, Esther a pour objectif de promouvoir une prise en charge de qualité pour les personnes vivant avec le VIH-sida et de combattre les inégalités d’accès aux soins dans les pays en développement. Elle a ajouté que le projet est présent dans dix-sept pays dont le Burundi depuis 2006 et favorise des jumelages et des partenariats notamment les expertises et les bonnes pratiques de soins, la formation, le renforcement des plateaux techniques ainsi que l’accompagnement psychologique et social.
Elle a enfin affirmé que la France continue à appuyer le Burundi pour mettre en œuvre des politiques pour vaincre le VIH-sida.
Rose MPEKERIMANA
   

 

ENTRETIEN > Sur le moral et la santé mentale

Ils dépendent du comportement inhabituel et du vécu

 

Quand on parle du moral, il faut se poser la question de savoir comment ce moral s’est développé. Selon Pierre-Claver Njejimana, psychologue qui a accordé l’entretien à la rédaction du quotidien Le Renouveau, le moral peut être acquis ou inné. Il a fait savoir que celui qui développe le moral, on l’appelle moraliste en fonction du  groupe dans lequel il a grandi et en fonction de sa famille natale.

 

DSC07155-2Quand est-ce qu’on commence à dire que la personne développe un comportement anormal au niveau moral ?

Pierre-Claver Njejimana psychologue au Centre neuro-psychiatrique de Kamenge a répondu que c’est quand une personne, qui au départ était en bonne relation avec les autres, lançait des blagues partout, commence à développer un comportement anormal dépassant les limites de son moral, elle commence à faire des gestes bizarres qui inquiètent l’entourage, les membres de sa famille et ses amis. On ne peut pas dire qu’elle a des troubles mentaux, a-t-il ajouté. C’est à travers le comportement inhabituel par rapport au comportement habituel qu’on dira alors que la personne est un malade mental en tenant compte de ce qu’on observe.
Les gens ont tendance à confondre les hommes moralistes et les hommes malades mentaux. M. Njejimana a révélé qu’une personne est juste un «fou » parce que dans le groupe elle a un comportement autre que celui des autres. Mais, a-t-il souligné, au niveau de la maladie mentale, il suffit de se poser la question de savoir quel était son moral avant la maladie, si elle était une personne sociable, qui était en bonne relation avec les autres. A ce moment on va en déduire que la personne a commencé à adopter un comportement anormal par rapport à ce qu’elle était au départ. Il est aussi évident, a ajouté le psychologue Njejimana, de s’interroger sur comment la personne a évolué depuis son enfance jusqu’à l’état de la maladie. Dans ce cas, si elle commence à changer de comportement, c’est là où on dira que la personne commence à développer une maladie mentale.
Ainsi, il faut aussi savoir que le vécu d’une personne influence le moral. Chez les personnes déprimées et compte tenu de la situation qu’elles ont vécue dans leur passé, on dirait que le moral n’a plus de valeur. Pierre-Claver Njejimana donne l’exemple des personnes qui ont développé des traumatismes liés à la guerre. Elles vont notamment déprimer au niveau moral et au niveau comportemental.
Rosine Mugisha

 
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