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ENTRETIEN> Avec une femme vendeuse des maïs grillés

Son activité apporte une contribution dans les dépenses familiales

 

Dans les villes y compris la municipalité de Bujumbura, la pluspart des femmes, intellectuelles ou pas sont sans emploi. En attendant une éventuelle embauche, certaines se débrouillent en faisant des petits métiers qui sont dénigrés. C’est pour avoir une contribution, petite soit elle, dans les dépenses familiales.

 

DSC07777Dans la plupart de ménages de la municipalité de Bujumbura, peu de gens sont employés au sein des entreprises ou par la fonction publique. Il arrive que le mari ait un emploi rémunéré, la femme n’en a pas. Mais la plus part tandis que ceux qui n’en ont pas sont souvent les femmes. Ces dernières s’occupent alors des enfants et des travaux d’entretien de la maison. C’est très ennuyant de rester à la maison sans rien faire pour apporter une contribution dans les dépenses familiales. On préfère ainsi faire un petit métier dans le but d’avoir une place considérable dans la famille. Ce sont des propos que la rédaction du quotidien Le Renouveau a recueilli auprès de Domitile Nsabimana. « J’ai préféré entreprendre la vente des maïs grillés le soir car je n’avais rien à faire à la maison. Elle a indiqué qu’elle a demandé un petit capital à son mari afin de commencer la vente des maïs grillés dans le but de l’épauler dans la prise en charge des dépenses familiales. « J’achète ces maïs au marché de Kamenge pour les revendre le soir étant grillés à la Gare du nord », a expliqué Mme Nsabimana.
Elle est consciente que son mari ne lui refuser pas de lui donner la ration quand il a de l’argent. Quand il part le matin sans me donner de l’argent pour la ration, je sais qu’il n’en a pas et je me débrouille avec l’argent gagné après la vente de ces maïs, a-t-elle indiqué.

Ne pas minimiser les petits métiers

Mme Nsabimana conseille aux autres femmes sans emploi des différents quartiers de ne pas dénigrer les petits métiers. Il n y’a pas sot métier quand il vous fait vivre, a martelé Mme Nsabimana. Elle leur demande plutôt de s’adonner à ces activités que les autres jugent de moindre importance. Cela leur permettra de couper court au comportement de tendre toujours les mains à leurs maris même s’il s’agit de l’achat de petits articles.

Martin Karabagega

 

Micro baladeur>La participation de la femme dans les instances de prise de décision

La non appartenance politique est l’une des entraves

 

La participation de la femme dans les instances de prise de décision est une porte d’entrée de la promotion de la femme. Mais, les femmes interrogées ont indiqué qu’elles sont bloquées d’une part par la non appartenance dans les partis politiques, d’autres parts parce que elles se sous-estiment. Elles demandent d’être unies et mettre en avant leurs intérêts.

 

Une femme rencontrée à la maison de la presse et qui a gardé l’anonymat a annoncé à la rédaction du quotidien le Renouveau que la participation de la femme dans les instances de prise de décision est une porte d’entrée pour la promotion féminine. Elle a laissé entendre que lorsqu’une femme se trouve dans une institution de prise de décision, elle peut plaider pour les intérêts de la femme. Elle a fait allusion à l’adoption des lois concernant les droits de la femme notamment la loi sur la succession, la lutte contre les violences basées sur le genre mais aussi d’autres avantages.
Néanmoins, notre interlocuteur a précisé que cette participation peut être bloquée par certains facteurs. Il s’agit d’un part de la non appartenance dans les partis politiques. Notre source a par aillers a signalé que des fois, une femme peut laisser tomber les intérêts des femmes dans le but de garder la confiance d’un parti politique.
D’autres parts, beaucoup de femmes se sous estiment et sont par conséquent convaincues qu’elles ne peuvent pas occuper des places importantes dans les instances de prise de décision.
Dans ce cas, elles sont privées des droits dont elles devraient bénéficier soit à cause de leur ignorance, soit à cause du manque d’estime de soi.
Les femmes sont capables autant que les hommes
Pour ce faire, notre interlocuteur demande à toutes les femmes, quelque soit leur appartenance politique, leurs fonctions ou leur appartenance sociale, de s’organiser afin de mettre ensemble les idées permettant de participer avec un taux élevé dans les instances de prise de décision.
Elle a enfin fait un clin d’œil aux femmes qui appartiennent aux partis politiques de ne pas être emportées par l’idéologie politique. Mais, de mettre en avant les avantages qui pourraient être bénéfiques pour les femmes. Elle leur demande également de vaincre la peur et de croire en leur capacité.
ROSE MPEKERIMANA

 

LES FEMMES ET LES PETITS METIERS> Qu’en dire ?

«L’héroïsme consiste à se donner pour les siens malgré les dangers»

 

Elles sont partout sur les routes de la ville. Elles vendent des maïs grillés, de la bouillie ou du thé, des arachides et des patates douces sautées. Pour nourrir, habiller et scolariser leurs enfants, elles sont obligées des trouver une activité génératrice de revenus, minime soit-elle. Elles, ce sont ces femmes qui pratiquent le petit commerce ou de petits métiers au prix parfois de leur vie. Régine Ntihabose , vendeuse de farine de manioc et de maïs âgée d’une quarantaine d’année, indique que parmi les risques auxquels elles font face, figurent des accidents mortels.

 

DSC 0064« Le prix d’achat de nos marchandises a grimpé et nos clients se lamentent que nous leur vendons à un prix élevé », dit Mme Ntihabose qui trouve que ces derniers temps, les clients se font de plus en plus rares. Il n’y a pas longtemps, a dit notre interlocutrice, on pouvait facilement écouler un sac de 100kg par jour. Aujourd’hui, il arrive qu’on passe toute la semaine avec le même sac. Comme conséquence, il arrive que même le capital soit consommé pour subvenir aux besoins quotidiens.

Une attitude héroïque qui consiste à se donner entièrement pour les siens malgré les dangers qu’elles courent.

L’inspiration de la poudre est à l’origine des maladies comme la grippe et la toux. « Pour éviter la tuberculose, parfois, nous sommes obligées de prendre un verre de lait alors qu’on n’a pas eu assez de bénéfice ». L’an dernier, a indiqué Mme Ntihabose, un véhicule a dérapé et a fait une victime au bord de la route, c’était une vendeuse d’huile de palme.
De tels accidents font malheureusement partie du quotidien de ces femmes qui, parfois, malgré elles, se pointent à leur lieu de travail avec de petits enfants. Ces derniers, parfois en bas âge, sont exposés à des accidents de route, une fois que leurs mères s’occupent des clients. Les bruits des moteurs, la composition chimique de la fumée dégagée par les véhicules ont également des incidences négatives sur la santé de ces enfants.

Un métier pour répondre à des besoins primaires

Noëlla Tabu, dix ans durant, assise sur un tabouret et devant elle une machine à taper dressée sur une petite table, a indiqué que son métier ne lui permet que de répondre à des besoins primaires. « J’ai fait les études de secrétariat et après j’ai travaillé dans un projet de réhabilitation à base communautaire. Quand le projet a fermé ses portes, je me suis retrouvée au chômage. J’ai essayé de trouver un autre travail mais en vain et je me suis résolue de venir m’installer ici au bon accueil avec ma machine à écrire. Ce que je gagne me permet de ne pas mendier et d’assurer le quotidien de ma famille mais, je ne peux pas prétendre faire des projets d’avenir ». Elle a poursuivi en disant qu’ elle reçoit toujours des clients malgré la concurrence du secrétariat utilisant la technologie moderne : l’ordinateur.
Evoquant les problèmes rencontrés dans son quotidien, Mme Tabu a fait savoir qu’ils sont relatifs à des erreurs contenant parfois dans les documents qu’apportent les clients pour la dactylographie. Une fois le travail terminé, a-t-elle dit, « les clients prennent leurs documents et s’en vont. Lorsque leurs documents ne sont pas reçus suite à des erreurs de style ou d’orthographe, ils se déchargent sur nous alors que nous leur recommandons de relire avant de s’en aller. Cela nous fait perdre du temps et du papier. Nous faisons face à des problèmes de santé du faite qu’on est exposé à la poussière et la fumée des véhicules qui passe le long des journées, mais la vie exige que nous soyons toujours présentes au risque de condamner nos familles ».

Où passent les hommes au moment où ces héroïnes non chantées se sacrifient pour la famille ?

Si les femmes risquent parfois leur vie pour répondre aux besoins familiaux, il sied de se demander où passent les hommes au moment où ces héroïnes non chantées se sacrifient pour la famille. On se rappellera de ces femmes vendeuses des fruits, qui malgré l’insécurité qui régnait n’ont pas cessé d’aller vendre les fruits. Parmi elles, certaines ont été victimes des grenades lancées par des malfaiteurs. D’autres, cependant, n’ont pas jeté l’éponge, non parce qu’elles ne se souciaient de rien, mais parce qu’elles avaient pitié de voir leurs familles mourir de faim.
Ce qui est triste est de constater que parfois certains hommes, irresponsables passent des journées à consommer des boissons prohibées ou sur les ligaras en attendant que les braves dames rentrent avec de quoi nourrir la famille. Au lieu de les aider, parfois elles sont violentées, tabassées par leur mari en guise de remerciement. Ces femmes qui donnent la vie, qui se sacrifient pour les familles et pour la nation, ne devraient-elles pas sortir de l’ombre ? De toutes les façons, elles méritent plus que les injures et les injustices sociales dont elles font parfois objet.

Emelyne Iradukunda (stagiaire)
Charles Makoto

 

CHANGEMENT CLIMATIQUE> Rapport de démarrage du projet d’élaboration des CPDN

Limiter la hausse de la température planétaire à 2°C

 

Il a été organisé le jeudi 6 août 2015, un atelier national de lancement officiel et de validation du rapport de démarrage du projet d’élaboration des CPDN (Contributions prévues déterminées au niveau national). Ces contributions nationales doivent permettre une baisse globale des émissions de 40 à 70% d’ici 2050.

 

 
climatSelon l’assistant du ministre ayant l’environnement dans ses attributions, Théophile Ndarufatiye, les pays ont été invités à soumettre leurs CPDN, dans le cadre des négociations internationales sur le climat et conformément aux décisions de la 20ème conférence des parties. Et cela avant la tenue de la 21ème conférence qui se tiendra à Paris fin novembre 2015.
Il a fait savoir que les CPDN représentent les contributions des pays vis-à-vis de la réalisation des objectifs de la convention. En plus, a-t-il ajouté, ces contributions devraient permettre de suivre le progrès et atteindre un niveau d’ambition collectif pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C comparé au niveau de l’ère préindustrielle.
Il a en outre révélé que le Burundi reconnaît que si aucune action n’est menée, les conditions climatiques seront plus défavorables pour le pays dans le futur, et affecteront notamment les ressources en eau, l’agriculture, l’élevage, la biodiversité en général, les ressources halieutiques et la santé humaine.
A cet effet, pour atténuer les conséquences néfastes du changement climatique, des tentatives de réponses ont été initiées et mises en œuvre au niveau national. C’est notamment le programme d’action national d’adaptation au changement climatiques, l’amélioration des prévisions climatique saisonnières pour l’alerte rapide, la réhabilitation des milieux dégradés, la protection des zones tampons dans la plaine inondable du lac Tanganyika et autour des lacs de Bugesera, l’éducation à l’adaptation aux changements climatiques et multiplication des microcentrales hydroélectriques.
Il est à noter que suite au désir exprimé par les pays en développement d’inclure dans les CPDN les efforts d’adaptation afin de refléter adéquatement leurs contributions dans la lutte contre le changement climatique, les parties, en revanche, sont invitées à communiquer leurs engagements dans la planification de l’adaptation ou envisager d’inclure une composante «adaptation» dans leur CPDN.

Bénigne Gahimbare

 
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