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GLICE BURUNDI> Ramassage et traitement des déchets électriques et électroniques

Ils constituent un danger pour l’homme

 

Le flux important d’équipements électriques et électroniques entrant régulièrement sur le territoire burundais pourrait être considéré comme un facteur de développement socio-économique du pays. Mais au delà de ces aspects, la question se pose de savoir à quoi est destiné ce matériel une fois qu’il est hors d’état de fonctionner.

 

Martin 1Le taux de croissance des équipements électriques et électroniques est en augmentation en Afrique. Au Burundi, les téléviseurs, les postes de radio, les ordinateurs et les téléphones portables ne constituent point un luxe mais un moyen de communication et d’information utile pour le développement durable du pays. Ces appareils ayant une durée d’utilisation limitée, la gestion de fin de vie de ces équipements pose un réel problème. C’est pour cette raison que Roger Ouedraogo a procédé à la création de l’entreprise Glice Burundi (Initiative des Grands lacs pour le renforcement des capacités). C’est une entreprise qui s’est donnée la tâche de ramasser gratuitement les déchets électriques et électroniques sauf pour le secteur informel.

Un service bien accueilli

M Ouedraogo apprécie le comportement de certains institutions ou ministères qui ont accepté la demande de Glice de ramasser ces déchets. Il s’agit ici de GTS, Socabu, Isteebu, Sénat, RTNB, BNDE et tant d’autres. Son centre chargé de gérer ces déchets procède par après au traitement en faisant le démontage systématique car ces déchets possèdent des produits chimiques très dangereux à la santé humaine comme le plomb. Les éléments qui contiennent des produits nocifs sont notamment les écrans bombés des ordinateurs, les écrans plats des télévisions, les cartes mères et les batteries, a précisé M Ouedraogo. Les déchets nocifs sont envoyés en Belgique dans un container bien fermé et bien étiqueté afin de subir une transformation. C’est en Belgique où sont basées les différentes associations qui collaborent avec World loop, partenaire de Glice Burundi .Ces entreprises sont notamment Umicore, Coolrec et groupe, a ajouté le directeur de Glice Burundi. Le transport se fait suivant les conventions de Bâle réglementant le transfert transfrontalier des déchets dangereux que le Burundi a ratifié. Les produits chimiques, une fois jeté dans la nature qui y proviennent s’infiltrent dans la nappe phréatique et l’eau est intoxiquée. Ouedraogo prévoit cette année d’entreprendre une sensibilisation pour empêcher aux gens de continuer à jeter ces déchets dans la nature.

MARTIN KARABAGEGA
(STAGIAIRE)

 

CNTS> Les nouvelles réformes

De nouvelles stratégies sont adoptées

 

Le CNTS (Centre national de transfusion sanguine) a ces derniers jours parlé de lui-même. Cela suite au manque de poches de sang enregistré qui a par la suite occasionné le manque du sang dans différentes structures sanitaires. Toutefois des mesures et des stratégies ont été prises pour que cela ne se reproduise plus.

 

Depuis le mois de juillet 2014, il a été observé une carence de sang dans les différentes formations sanitaires. Cela avait pour cause, la pénurie des poches de collecte de sang due à la rupture de stocks. Ce qui aurait eu des impacts néfastes sur les vies humaines. Pour que cela ne se reproduise plus, des stratégies et des réformes ont été mise en place.
Selon la ministre de la Santé publique et de lutte contre le sida, il y a une nouvelle dynamique pour réformer le CNTS. Elle a fait savoir qu’on vient de revoir le décret qui met en place ledit centre. Ce décret est sous analyse au conseil des ministres. La révision de ce décret, a-t-elle précisé, va permettre la réforme visible et pérenne afin d’éviter de retomber dans les mêmes problèmes que ceux observés en 2014. Parallèlement, a révélé la ministre en charge de la santé publique, en décembre 2014, le compte du CNTS qui était fermé à la BRB (Banque de la République du Burundi) a été réouvert. Ce qui a permis à la CNTS de recouvrer son autonomie de gestion. En plus, le budget alloué à ce centre, surtout en ce qui concerne les réactifs, les poches de transfusion a été revu à la hausse dans le budget 2015.
La ministre a également suggéré à la direction du CNTS d’anticiper les commandes, notamment pour les poches de transfusion et les réactifs afin d’éviter une rupture des stocks.
Quant aux appareils qui sont en panne, elle a rassuré que le ministère est en train de chercher des partenaires afin de les appuyer dans ce sens. Car, a-t-elle explicité, ces équipements biomédicaux modernes nécessitent une technicité de haut niveau pour leur maintenance.
Toutefois, la ministre ayant la santé dans ses attributions a fait remarquer que même si le budget a été revu à la rehausse, il n’est pas encore suffisant. «Nous allons continuer à mobiliser nos partenaires pour que la transfusion sanguine soit mise en priorité », a-t-elle conclu.
Bénigne Gahimbare

 

Etude> Analyse environnementale pays

Disponibiliser les données sur le lien entre la croissance économique et l’environnement

 

Le ministère de l’Eau, de l’environnement de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, celui des Finances et de la Coopération internationale, appuyés par la Banque mondiale, ont organisé un atelier de lancement de l’analyse environnementale pays. Cette activité a pour objectif d’aider le gouvernement du Burundi à identifier les facteurs environnementaux affectant le développement selon certains critères bien déterminés.

 

EnvironnementLa représentante de la Banque mondiale interpelle tout un chacun pour disponibiliser des données sur le lien entre la croissance économique nationale et la gestion de l’environnement.
Des consultants sont déjà à l’œuvre pour recueillir des données dans les dix-sept provinces du pays.
La réduction de la pauvreté, la prospérité partagée et la durabilité sont quelques dimensions prises en compte dans l’analyse environnementale pays (AEP).
Pour le ministre ayant en charge l’environnement, Jean-Claude Nduwayo, il est impensable de penser à un développement durable sans la bonne gestion de l’environnement. C’est pour cela que cette étude vient à point nommé afin de disponibiliser des informations nécessaires à cet effet.

Cinq questions abordées par l’AEP

Alphonse Polisi, directeur de l’Environnement et des changements climatiques a, quant à lui, évoqué les questions auxquelles l’étude va porter. Il s’agit du développement durable au niveau macro-économique. En prenant en compte l’exploitation des ressources naturelles, la tendance est-elle vers une réduction de la richesse par habitant ?, se demande-t-il.
L’étude analysera des problèmes environnementaux principaux, notamment ceux en rapport avec les menaces à la croissance ou les opportunités de croissance ou de réduction de la pauvreté ; les coûts de la dégradation de l'environnement, les risques des catastrophes climatiques ainsi que les changements et la variabilité climatique. L’étude essaiera de répondre à la question suivante : Dans quelle mesure ces risques constituent-ils une menace pour la réalisation durable des objectifs de la Banque mondiale ?
Les politiques et institutions environnementales ne sont pas oubliées. Le pays dispose-t-il des institutions, des politiques et des capacités nécessaires pour résoudre les problèmes environnementaux clés qui constituent une menace pour la croissance, la réduction de la pauvreté, la prospérité partagée et la durabilité ?
L’autre question à laquelle va répondre l’étude est d’établir le lien entre la gestion durable des ressources naturelles et la fiscalité durable. Quels aspects faut-il prendre en compte en matière de fiscalité durable?
Le délégué du ministère des Finances salue cette étude. Elle présente des opportunités de satisfaction de tout un chacun pour que tout enfant burundais puisse manger trois fois par jour. « Aujourd’hui on était dans une phase de que faire ? », a-t-il- dit.

Yolande Nintunze

 

Entretien> Gestion des malades mentaux dans les rues

Une situation alarmante

 

Quand on sillonne les rues de la capitale de Bujumbura et d’ailleurs, on rencontre des personnes malades mentales et personne ne se soucie de leur sort. Leur santé mentale est perturbée, en panne et troublée. Si rien n’est fait dans les meilleurs délais, le Burundi regorge une bombe à retardement parce que la situation est alarmante. Tels sont les propos de l’abbé Nicolas Niyonizigiye, représentant légal du Cercle des psychologues en action pour la promotion de la santé mentale (CPAPSM).

 

DSC06934Abbé Niyonizigiye a fait savoir que la santé mentale peut se définir par état (bon ou mauvais) en rapport avec les aspects cognitifs et intellectuels (pensées, perceptions, orientations, jugements, mémoires, représentations, …) affectifs (émotion, sentiments, humeurs), moraux et socio-comportementaux (volonté) d’un individu.

Les émotions, expression du vécu

Abbé Niyonizigiye a indiqué que c’est principalement par les émotions plus ou moins fortes qu’un vécu sain ou non d’une personne s’extériorise. Elles sont en effet l’expression du vécu et du passé de l’individu, de la manière dont celui-ci vit le monde et l’environnement physiques ou psychologiques sécurisés ou non dans lesquels il se trouve.
Il a ajouté que les émotions permettent en effet l’expression des sentiments par le biais du mouvement, des postures, des expressions et du visage pour rendre communicables l’expérience et le vécu privé des individus. Quand elles sont exprimées plus qu’il ne le fallait (exagération) ou moins qu’il ne le fallait (indifférence) compte tenu du contexte mental, on pourra penser à un désordre.
Aussi, la maladie mentale peut se rendre visible par des errances d’un individu, une agression et un trouble de personnalité. Cette dernière désigne une catégorie de traits de la personnalité mal adapté impliquant les fonctions cognitives et comportementales. Il peut aussi se caractériser par des pensées ou des comportements étranges par lesquels la personne malade mentale se construit un monde à lui et une autre vision des choses. Les personnes autour d’elle vont finalement découvrir qu’elle agit différemment, pense autrement et ne se comporte pas comme les autres dans l’ensemble. Ce malade ne comprend pas à son tour les personnes qui ne se comportent pas comme lui.

La maltraitance en serait à l’origine

Abbé Niyonizigiye a précisé que généralement, les troubles de la personnalité sont causés par la maltraitance sur mineur et la négligence de celui-ci. Ce sont deux facteurs de risque majeurs de trouble de la personnalité à l’âge adulte. Il faut prendre soin du mineur et veiller jalousement sur lui. Il a en outre indiqué que les personnes abusées sexuellement démontrent des risques élevés de psychopathologie. A cela s’ajoutent l’agression physique, la maltraitance, la faim, la carence affective du nourrisson ou de l’enfant, l’agressivité en famille ou les violences conjugales. Aussi, la maladie mentale provient également des événements traumatiques comme la guerre, les catastrophes naturelles (incendie du marché de Bujumbura ou les pluies diluviennes dans les quartiers du nord de la ville de Bujumbura), les drogues et autres substances psychoactives, les échecs professionnels, la pauvreté, la perte des parents surtout pour les mineurs, le stress, ….

Six catégories de malades mentaux

Notre interlocuteur a fait savoir qu’au Burundi, on distingue six grandes catégories de malades mentaux. Il y a une catégorie ayant des troubles mentaux et des troubles de comportements dus à l’utilisation des drogues et autres substances psycho-actives. Ce sont surtout les toxicomanes et les alcooliques. Une autre catégorie est composée des personnes schizophréniques avec des troubles délirants. D’autres personnes sont caractérisées par des troubles de l’humeur, des troubles névrotiques liés au stress; personnes adultes ayant des troubles de personnalité ou des enfants avec des troubles de comportements mais aussi une catégorie de personnes ayant des troubles mentaux d’origine organique comme les épileptiques, les retards mentaux ainsi que les troubles du développement psychologiques.

La gestion des malades mentaux devrait concerner toute personne

Pour une bonne gestion du problème des malades mentaux dans les rues, la société en général et les familles de ces malades en particulier ainsi que le gouvernement doivent s’y impliquer pour s’occuper d’une façon particulière de cette catégorie de personnes. Abbé Niyonizigiye a rappelé que les familles doivent savoir que la maladie mentale est une maladie comme les autres et qu’elle guérit lorsqu’elle est soignée surtout quand il y a observance régulière du traitement. Les familles ne doivent pas se fier aux sorciers, cacher la maladie et surtout torturer le malade mental, le ligoter, l’attacher à un arbre sous prétexte que : « Umusazi ni uwo gukubita n’ukuboha). Ce qui signifie qu’on doit torturer et ligoter un malade mental. « A ce moment, on accentue la maladie », a-t-il indiqué.
Il a précisé que les associations qui prennent en charge les malades mentaux doivent accomplir leur vraie mission. Il a fait allusion à certaines associations qui disent qu’elles prennent en charge les malades mentaux alors qu’elles visent des gains particuliers et individuels.

Le gouvernement doit intervenir dans la prise en charge des malades mentaux

L’abbé Niyonizigiye a fait remarquer qu’au Burundi, la santé mentale n’est pas encore clairement définie, encore moins la législation dans le domaine de la santé mentale.
Par conséquent, le gouvernement doit d’abord définir une politique claire en faveur de la santé mentale. Il doit reconnaître qu’il n y a pas en fait de santé sans santé mentale. Le gouvernement doit également voter un budget suffisant pour ce secteur délicat et organisé par la suite une gestion claire et transparente. Il a ajouté que le gouvernement doit s’impliquer pour approvisionner à suffisance les structures de soins de santé mentale et leur permettre d’importer avec facilité les médicaments. Cela parce que se lorsque ces derniers sont importés à un prix très élevé, ce dernier se répercute sur le prix d’achat. Dans ce cas, les conséquences se voient chez les malades ainsi que dans leurs familles.
Notre source a en outre suggéré que le gouvernement intègre les soins de santé mentale dans toutes les unités de soins de santé primaires pour permettre à tous l’accès aux soins de santé mentale. Il faudra améliorer les conditions de vie de la population par la mise en place d’une vraie politique de bonne gouvernance visant à réduire la pauvreté, l’injustice, la colère, l’angoisse, n’anxiété, le stress, la faim, les conflits, la guerre, etc.
Il a enfin demandé au gouvernement d’accueillir et d’accepter les psychologues burundais et étrangers pour les insérer dans tous les services qui existent sur le territoire burundais. Il a cité la justice, l’éducation, l’armée, la police, les commissions comme la CVR (Commission vérité et réconciliation), etc.
Le représentant du CPAPSM a terminé ses propos en interpellant tout un chacun pour prendre sienne la question des malades mentaux dans les rues. Si personne ne s’occupe de cette catégorie de personnes, cette dernière peut s’occuper de nous lorsqu’elle est agressive dans les rues et peut causer des dégâts matériels et même humaines.
ROSE MPEKERIMANA

 

 
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