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ENVIRONNEMENT> Impacts négatifs du non respect du Code de l’eau

Il est souhaitable que l’autorité compétente veille à son strict respect

 

Dans le but de lutter contre les catastrophes naturelles et la pollution de l’eau de surface, le Code de l’eau prévoit qu’une zone tampon de vingt cinq mètres de part et d’autre des rivières dans les zones urbaines, de cinquante mètres en milieu rural et de cent-cinquante mètres au bord des lacs soit respectée.

 

La plupart des gens passent outre et ne respectent pas de gré ou par ignorance le Code de l’eau. Ils exploitent énormément les zones tampons où ils construisent leurs maisons d’habitation ou d’autres bâtiments, pratiquent différentes activités génératrices de revenus sur les rives des rivières ou des lacs. Ces personnes ne tiennent pas compte des conséquences souvent malheureuses qui peuvent en découler, notamment en détruisant les arbres et les plantes fixateurs et protecteurs du sol au bord de ces rivières. La conséquence de cette pratique est la dégradation par éboulement des berges, ce qui élargit le lit d’écoulement, mettant ainsi en danger certaines maisons d’habitation. C’est dans la plupart des cas ce qu’on observe dans la ville de Bujumbura. Le quotidien burundais d’informations Le Renouveau l’a récemment constaté lors d’une visite effectuée sur certaines rivières.
Dans la zone urbaine de Buyenzi, beaucoup de gens ont construit leurs maisons jusque sur le lit de la rivière Ntahangwa. Au moment des pluies torrentielles, ces maisons sont menacées à la fois par l’eau et par les éboulements de ladite rivière. Il y a même certaines maisons qui sont emportées par les eaux de ruissellement. La plupart des maisons sont construites en briques adobes et s’écroulent rapidement si l’humidité du sol augmente.
C’est également le cas dans la plupart des quartiers spontanés où des spéculations foncières font que même la zone tampon est vendue. Les bénéficiaires de ces parcelles se trouvant dans des zones à risque ne tardent pas de construire, parce qu’ils ont besoin de logement. En orientant dans les rivières les caniveaux d’évacuations des eaux domestiques, ils rendent la situation encore plus dangereuse.
Vu les dangers qui guettent ces maisons d’habitation se trouvant dans la zone tampon et leurs impacts en cas de catastrophes, il est souhaitable que l’autorité compétente veille au strict respect des codes de l’eau et de l’environnement en vigueur aujourd’hui.

Evelyne HABONIMANA
(Stagiaire)

 

URBANISME> Les débordements sur les espaces humides le long de la Ntahangwa

Des doutes se lèvent au sujet de leur aménagement dans le quartier Kigobe

 

Tout espace géographique non aménagé suscite toujours la convoitise des peuples environnants. Il en est de même pour les espaces humides le long de la Ntahangwa, dans les quartiers Kigobe nord et sud de la zone urbaine de Gihosha. Cette zone est aujourd’hui convoitée par des gens qui veulent y ériger des maisons.

 

Dans le but de se rendre compte de l’état des lieux des zones humides le long de la Ntahangwa, le Quotidien burundais d’informations Le Renouveau a visité très récemment la rive de cette rivière, côté Kigobe. Il a trouvé cette rive actuellement menacée. En bas de l’Omega snack bar, cette zone accessible via l’avenue Murembwe, a reçu des travaux de viabilisation pour la construire. Mais le constat est que ces travaux semblent momentanément interrompus.

Conditions hydrologiques et morpho-géologiques

Comme Le Renouveau l’a constaté, cette zone en proie à la construction fut dans le temps le lit de la Ntahangwa. Coulant juste sous les bâtiments de l’Omega Snack Bar, la Ntahangwa a successivement déplacé son lit vers sa gauche, jusqu’à l’endroit où il se trouve aujourd’hui, avec tous les dégâts qu’elle ne cesse de causer du côté Nyakabiga, à cause du très haut talus de sa rive gauche. Cette étendue plane, d’une largeur maximale atteignant environ deux cent mètres, et d’une superficie de plusieurs hectares, se trouve donc totalement dans le lit d’inondation de la Ntahangwa.
Sa géologie est constituée des alluvions que la Ntahangwa y a déposées lors de ses reculs successifs. Ces sols alluvionnaires reposent sur un substrat de roche-mère qui constituait dans le temps le fond de la rivière.
Suite à sa topographie plane, cette zone regorge d’eau sur une bonne partie de son étendue, raison pour laquelle elle est exploitée pour la culture des légumes, les amarantes surtout. A ce que Le Renouveau a constaté, pendant les moments de pluies abondantes, cette zone ne manque pas de se transformer en étang d’eau. Cette condition serait d’ailleurs la principale raison qui aurait fait qu’elle ne fut pas aménagée quand on a viabilisé les quartiers Kigobe nord et sud. Serait-ce les services de l’urbanisme qui auraient commandité les travaux de traçage des routes dans cette zone à haut risque ?

On courait un grand danger

Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est qu’un cours d’eau n’est jamais stable, mise à part la Ntahangwa avec ses menaces sur ses voisins. Demain ou après-demain, elle peut revenir occuper son ancien lit, étant donnée les facilités d’érosion qu’elle aura, en exploitant ces formations géologiques récentes, très tendres, qu’elle a elle-même déposées dans le temps.
Si on construisait cette zone et que la Ntahangwa revenait à son tour, les dégâts seraient énormes. Il suffirait qu’ à cet endroit, sa ligne de forte pente s’oriente vers sa rive droite, pour faire de ce côté une rive concave, donc soumise à une activité intense de l’érosion, pour que des éboulements répétitifs et successifs détruisent tout comme elle le fait plus haut, où elle a complètement coupé l’avenue Mukarakara et menace ainsi plusieurs constructions.

Une solution est possible

Pour éviter toute convoitise et tout débordement par extensions extensives sur cette étendue humide, Le Renouveau reste convaincu qu’il serait bon que le gouvernement du Burundi, via le ministère ayant en charge l’environnement, mette en œuvre un programme de boisement de cette étendue. En plus que la forêt gallérie ainsi constituée purifiera l’air respiré, elle protègera en même temps cette rive de la Ntahangwa de l’érosion et éradiquera complètement des cas d’invasions pour extension qui s’y observent.

JEAN BOSCO NKUNZIMANA
(STAGIAIRE)

 

Environnement> Conférence de presse sur les impacts des déchets ménagers et industriels sur les eaux du lac Tanganyika

Le processus pour l’achat de nouvelles pompes est en cours

 

DSC 0285Après une visite du Réseau national de communication et d’information pour la réduction des risques des catastrophes (RNCI-RRC) effectuée dans différents endroits susceptibles de polluer le lac Tanganyika, ce réseau a organisé le vendredi 9 juin 2017, une conférence de presse afin de montrer les impacts des déchets ménagers et industriels sur les eaux du lac Tanganyika.

 

Cette conférence de presse a été animée conjointement par le directeur général de l’Eau au ministère de l’Eau, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, le directeur de l’eau à la Regideso, le directeur adjoint de la protection civile, le chef de la brigade salubrité en mairie de Bujumbura et le chargé du département des déchets solides aux Services techniques municipaux (Setemu).
Dans son intervention, Emmanuel Ndorimana, directeur général de l’eau au ministère en charge de l’environnement, a fait savoir que la gestion des eaux usées se fait de deux manières. En première lieu, la gestion des eaux usées devrait être collective là où c’est possible. Il est bon de gérer les eaux usées collectivement. Ensuite, on peut gérer les eaux usées d’une façon individuelle, c’est-à-dire dans les ménages en construisant des fosses septiques et des puits perdus. Cela dépend aussi du niveau de la nappe phréatique. Là où cette dernière est à quelques mètres du sol, il est préférable d’utiliser l’assainissement collectif.

Certains équipements sont en panne

M. Ndorimana a indiqué que, concernant l’assainissement collectif à Bujumbura, les égouts publics ne sont pas partout dans les quartiers. Pour le réseau des eaux usées qui existe, le constat est que certains équipements ne fonctionnent pas. C’est le cas des pompes au niveau de la station de pompage qui déversent les eaux vers le lac Tanganyika à partie appelée communément « Ku Mase ». Sur cette question, M. Ndorimana tranquillise la population, car cette question est connue au niveau du gouvernement. Le processus pour l’achat de ces pompes est en cours.
L’autre défi est lié à la compréhension de la population. Jusqu’aujourd’hui, la population de la ville de Bujumbura n’a pas encore compris l’importance de l’assainissement, de la protection de l’environnement d’une façon globale. Ce défi peut être relevé en passant par l’administration en faisant des réunions de sensibilisation pour une bonne gestion des eaux usées, mais aussi une appropriation de l’assainissement. Au sud du pays, on peut dire qu’il y a une amélioration. Les extracteurs de l’huile de palme ont été sensibilisés sur la protection du lac Tanganyika. Par conséquent, ils ont déménagé les fosses où ils jettent les restes de l’huile de palme. Ces derniers vont être utilisés dans les champs comme engrais organiques.

La qualité de l’eau de la Regideso est bonne

Désiré Nsengiyumva, directeur de l’eau à la Regideso a indiqué que le lac Tanganyika est un réservoir principal pour la Regideso étant donné qu’on prélève une quantité équivalant à 90 000 m3 par jour, c'est-à-dire autour de 90% de l’eau distribué à la ville de Bujumbura. En disant que le lac est pollué, cela est en plusieurs sens notamment dans les rejets industriels, et aussi dans les rejets des ordures ménagères. En plus de cela, il y a les rejets des huileries et les transports des boues qui proviennent des montagnes surplombant la ville de Bujumbura.
M. Nsengiyumva demande à tout un chacun de faire son mieux pour protéger le lac Tanganyika. Sinon, aujourd’hui, la Regideso capte l’eau à 3,5 Km du bord, si rien n’est fait, on pourrait aller plus loin et même dans le pays voisin, ce qui serait très difficile d’amener et traiter cette eau.
M. Nsegiyumva demande à ce qu’on fasse respecter le code de l’eau, soit au niveau des rivières qui se jettent dans le lac Tanganyika, soit sur la protection de ce lac même. Pour ceux qui pensent que l’eau distribuée par la Regideso n’est pas rassurante, M. Nsengiyumva a révélé que l’eau distribuée par la Régideso est de bonne qualité. Seulement l’eau pourrait perdre sa qualité au niveau des ménages. Par exemple, en zone urbaine de Ngagara, certaines gens ont construit sur les infrastructures hydrauliques de façon qu’il est même difficile aux interventions d’y accéder. On doit attirer beaucoup d’attention car l’ouvrage hydraulique et l’ouvrage d’assainissement au sein des quartiers de la zone Ngagara sont très proches. L’eau pourrait être jugée d’être de mauvaise qualité au moment des travaux qu’on est en train de réaliser, notamment dans les quartiers Kinindo et Rohero. Le réseau est vétuste, on est en train de le changer en quittant le réseau en matière d’acier vers les tuyaux en plastique.

Lucie Ngoyagoye

 

Pollution du lac Tanganyika> Par Afritan

Les déchets qui s’y déversent constituent un danger public

 

DSC 0271Le lac Tanganyika est aujourd’hui pollué par certains déchets managers et industriels. Face à cette situation, la population qui exerce le petit commerce à l’endroit appelé « Ku Mase » s’inquiète.

 

Les gens qui passent une grande partie de la journée à l’endroit dit « Ku mase » disent que, l’odeur de ces déchets est insupportable. Selon Jean Bosco Baranyizigiye, tenancier d’un petit cabaret, les déchets qui proviennent à l’African tannery company (Afritan) polluent le lac Tanganyika. Ces déchets sont constitués des liquides en provenance de l’Afritan ainsi que d’autres déchets, notamment les sachets et bouteilles en plastique, les morceaux de bois, etc.
M. Baranyizigiye a fait savoir que cette situation date de longtemps. Cela peut causer des problèmes aux gens qui habitent aux environs. Les enfants peuvent jouer avec ces déchets sans savoir qu’ils sont dangereux pour leur santé. Les enfants souffrent souvent des vers intestinaux, de la malaria, de la fièvre typhoïde suite à ces déchets. Ensuite, suite à cette pollution, les gens qui faisaient la pêche au bord du lac ne le font plus. Les poissons ont fui cet endroit suite à ces déchets.
Quant à François Ngendakumana, il déplore lui aussi l’état des lieux du lac Tanganyika. Normalement, les gens venaient prendre de l’air frais au bord du lac, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. A un certain moment, ces déchets dégagent une odeur insupportable. Ce qui fait que les clients ne viennent plus à cet endroit.
M. Ngendakumana a révélé que, des fois, il y a des gens qui viennent recueillir les échantillons de ces eaux polluées, mais ils n’ont jamais su la suite. Ils ont même lancé un appel aux autorités compétentes de trouver une solution à ce problème. Ces déchets constituent un danger public, car certaines gens utilisent l’eau du lac surtout pour la lessive.
Mais, il y a d’autres gens qui ignorent les conséquences de ces déchets sur leur santé. Ils mangent et étanchent leur soif tout près de ces déchets qui se déversent dans le lac.

Lucie Ngoyagoye

 
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