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Commune Buganda> Défis liés à la planification familiale

L'administration devrait s’impliquer dans la lutte contre la polygamie

0aLa planification familiale est une politique de limiter et d’espacer les naissances. Cela dans le but de faire face à la démographie galopante. Malgré des initiatives, la commune de Buganda fait face au phénomène de la polygamie. Par conséquent, malgré la mise en oeuvre de cette politique, les résultats se font toujours attendre. L’administration locale doit s’impliquer pour pallier cette habitude.

A.N est une femme originaire de la commune Buganda. Elle a fait savoir que la planification familiale est une bonne politique. Cela, parce qu’auparavant, leurs mères mettaient au monde plus de dix enfants. « Maintenant, avec les méthodes contraceptives, un couple peut s’entendre sur le nombre d’enfants qu’il veut avoir avec l’aide des prestataires de santé habiletés en la matière », a-t-elle annoncé. Celle-ci a ajouté qu’avec la politique de planification familiale, la population burundaise en général se stabilise ou diminue.
Notre source a cependant déploré qu’en commune Buganda, les efforts fournis par le gouvernement dans la mise en œuvre de politique de la planification familiale ne donnent pas de bons résultats. Cela est dû à la réticence de certains hommes qui adoptent des comportements contraires à cette politique. Dans certains cas, les hommes n’acceptent pas que leurs femmes adhèrent au programme de santé de la reproduction et au planning familial. Ils prétextent que cette politique vient mettre fin aux nouvelles générations. Aussi, ils font circuler beaucoup de rumeurs disant que les méthodes contraceptives présentent beaucoup d’inconvénients sur la santé de la femme.
Dans d’autres cas, a-t-elle poursuivi, les hommes pratiquent la polygamie. Et, même si la première femme met au monde trois enfants, et qu’une ou d’autres femmes ayant le même mari font aussi trois enfants chacune, cette famille a finalement beaucoup d’enfants.
Par conséquent, a mentionné notre source, les conflits liés au manque de terres cultivables, au manque de moyens financiers pour faire vivre tous ces enfants doivent surgir. « Nous voyons dans l’entourage des conflits entre les frères. Ces derniers vont jusqu’ à se battre ou à s’entretuer suite à l’exigüité des terres cultivables », a-t-elle laissé entendre.
C’est pour cette raison que notre source interpelle l’administration locale pour qu’elle s’impose afin de mettre fin à la polygamie. Cette dernière est la source de la forte démographie qui entraîne à son tour, les conflits au sein des familles.

Rose Mpekerimana

 

Assainissement> Non-respect des contrats par les associations chargées d’enlever les ordures ménagères

Désormais, le système pollueur payeur va s’appliquer avec le mois de mars

Dans différent quartiers de la municipalité de Bujumbura, les habitants ont signé des contrats avec différentes associations qui sont chargées d’enlever les ordures ménagères. Mais des fois, ces associations n’honorent pas leurs engagements. Suite à cette situation, la population de certains quartiers dont les associations contractuelles ne sont pas régulières se lamente.

Au lieu d’enlever les ordures ménagères une fois par semaine comme convenu, certaines associations viennent une fois les deux semaines. Les habitants de ces quartiers indiquent que les responsables de ces associations s’excusent en disant chaque fois que les véhicules sont en panne. Malgré qu’elles ne respectent pas les contrats, elles veulent être payées à temps.
Selon Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura, la mairie n’est pas au courant de l’organisation de ces associations qui se sont organisées pour enlever les immondices. Au niveau de la mairie, il y a eu décision du conseil municipal qui a institué une pratique ou une mesure qui s’appelle pollueur payeur. Ce système va commencer avec le mois de mars de cette année. Toute personne qui a une maison ou un magasin devra contribuer à l’enlèvement de ces immondices.
M. Mbonimpa a indiqué que cela va s’organiser au niveau de la mairie avec les comités de ces entités. Ces mêmes gens vont faire partie de ces comités pour qu’eux-mêmes soient responsables de l’enlèvement des immondices en provenance de leurs ménages.
Que des gens aient signé aujourd’hui des contrats avec différentes associations, cela ne concerne pas la mairie. Raison pour laquelle, maintenant, la mairie veut s’organiser au niveau du centre-ville et au niveau des différentes communes de la mairie. Les associations qui seront agréées pourront entrer en contact directement avec la mairie et avec les bénéficiaires, autrement dit, avec les pollueurs. A ce moment, on espère qu’il y aura une très grande amélioration au niveau de la salubrité.
M. Mbonimpa a révélé que les associations devront s’accommoder avec la nouvelle stratégie de la mairie, sinon, elles seront radiées et on va agréer de nouvelles associations qui vont respecter ce principe de pollueur payeur. Les gens, les détenteurs de maisons ou magasins vont faire partie de ces comités. A ce moment, ils pourront même surveiller la bonne marche de l’enlèvement de ces ordures ménagères.

Lucie Ngoyagoye

 

ENVIRONNEMENT> Le monastère des Clarisses

Il est menacé par la rivière Nyabagere

Le monastère des Clarisses situé dans le quartier 7 de la zone urbaine de Ngagara est menacé par la rivière Nyabagere. Cette menace est due au fait que le système de gabionnage utilisé pour protéger ses berges s’est détérioré à cause de sa vétusté.
La Nyabagere est l’une des principales rivières traversant la ville de Bujumbura. Suite à l’orientation est-ouest de son cours, donc une descente directe des escarpements des Mirwa, celle-ci connaît une activité érosive très intense. Ses berges s’éboulent sur tout son parcours. C’est ainsi qu’à quelques endroits les plus touchés par l’érosion, elle se trouve canalisée par un système de gabionnage.
Au large du monastère des Clarisses, sur une centaine de mètres depuis le pont qui relie les zones urbaines de Ngagara et Cibitoke, sur l’avenue des Forces armées, le système de protection a fortement vieilli. Le grillage en fer utilisé a fini par s’user suite aux chocs répétitifs des cailloux que la Nyabagere charie en cas de crue.
La détérioration est aussi due à l’abaissement du chenal d’étiage de la Nyabagere suite à l’érosion régressive qu’elle connaît et cela dans le but de régulariser son profil d’équilibre. Cela pourrait avoir fait que les gabions sont restés suspendus et ont fini par s’écrouler.

Pourquoi le monastère est-il menacé ?
Au moment de la pose de ce système de gabionnage, les talus de la rivière ont été décapés pour faciliter l’installation des grillages utilisés qui ont une forme géométrique le plus souvent carrée. Ce décapage fragilise et expose les berges à l’érosion par eau. Car à cet état, le talus ne résiste pas à l’érosion de la même manière qu’une paroi en contact permanente avec l’eau. Le sol fraîchement décapé est facilement érodé. La menace qui guette ce monastère des Clarisses trouve là ses origines.
Si l’on avait songé à gabionner cette partie de la Nyabagere, c’est parce que l’on avait constaté l’impact que l’érosion avait sur ce monastère. Comme le système de protection s’est donc détérioré, il serait clément de revoir comment le réhabiliter afin de mettre à l’abri ce monastère ainsi que les maisons d’habitation qui bordent la Nyabagere.

Jean Bosco Nkunzimana (stagiaire)

 

Témoignages > Difficultés rencontrées par les lépreux

Entre autres, la stigmatisation

00000La lèpre est une maladie due à une infection et touche la peau d’une personne. Celles qui souffrent de cette maladie rencontrent différentes difficultés dont la stigmatisation. Ces personnes demandent l’implication de tout un chacun dans le but d’éradiquer cette maladie.

Asha Ndimubandi est une femme originaire de la commune de Buganda dans la province de Cibitoke. Elle a attrapé la lèpre en 2000. Elle affirme que les personnes qui souffrent de cette maladie rencontrent beaucoup de problèmes : « En 2000, j’ai remarqué des tâches inhabituelles sur mon corps. Ce qui m’a beaucoup inquiété, c’est que celles-ci n’étaient pas accompagnées de douleurs. J’ai commencé à les cacher en pensant que c’est une maladie de la peau appelé eczéma. Au fur du temps, ces tâches se sont multipliées. Je me suis décidée d’aller dans une structure de soins. Le médecin qui m’a consultée m’a conseillé d’aller voir un dermatologue. Ce dernier m’a ordonné de faire un examen pour voir réellement quel était ce genre de maladie. Les résultats ont prouvé que je souffre de la lèpre. Le médecin a prescrit les médicaments que je devait prendre pendant six mois », a-t-elle témoigné.
Mme Ndimubandi a affirmé qu’elle a respecté les conseils du médecin traitant. Et, a-t-elle ajouté, au fur et à mesure qu’elle a pris les médicaments, les tâches disparaissaient progressivement. Après six mois, elle était totalement guérie.


La lèpre présente des invalidités si elle n’est pas traitée à temps
Notre source a fait savoir que quand elle était allée dans une structure de soins, elle pensait qu’elle était la seule à souffrir d’une telle maladie. Mais, elle a constaté qu’il y a d’autres gens qui souffrent autant qu’elle. Après, elle a rencontré ces gens et ensemble ils ont crée une association : « Nous avons créé une association appelée « Dushigikirane ». L’objectif était de s’encourager mutuellement mais aussi se donner des conseils sur la manière dont on doit se comporter dans la société au moment où elle nous stigmatise. Parmi les membres, certains ont des parties inférieures ou supérieures invalides. Ces gens ont consulté le médecin trop tard et certaines de leurs parties ont été endommagées par l’infection qui les a rongées. D’autres ont la chance d’aller se faire soigner trop tôt. Par conséquent, ils ont l’opportunité d’être guéris totalement. Cette association leur donne un cadre dans lequel ils peuvent échanger sur leur maladie. Mais aussi celui d’échanger sur la manière dont ils peuvent réaliser de petits projets pour s’auto développer et demander des financements ou des dons pour qu’ils restent utiles dans la société.

Les lépreux font face à différents problèmes
Notre source a révélé que quand un lépreux a une partie de son corps qui est endommagée, il se culpabilise et a peur de fréquenter d’autres personnes. Quant à la société, elle le pointe du doigt comme s’il a été sanctionné par Dieu. Elle a affirmé qu’autrefois, on disait même que c’est une sanction de Dieu à ceux qui ont commis de péchés graves.
Quand la victime de la lèpre est un petit enfant, ses parents ont tendance à le cacher de peur que toute la famille ne soit pas stigmatisée par le reste de la société : « Dans certains coins, quand on voit une personne qui souffre de la lèpre, l’entourage a tendance à coller cette maladie à toute la famille. C’est pour cette raison que quand un des membres de cette dernière souffre de la lèpre, au lieu de l’emmener dans une structure de soins, la première réaction est de le cacher pour que personne ne connaisse son état de santé », a-t-elle mentionné.
Mme Ndimubandi a en outre souligné qu’à cause de leur état de santé, les lépreux sont pauvres. Cela parce qu’ils n’exercent pas des activités génératrices de revenus suite à l’invalidité de certains.
Notre interlocuteur demande le gouvernement de mettre en place une politique claire sur la lutte contre la lèpre. Elle demande à tous les intervenants en matière de la lutte contre les maladies transmissibles d’appuyer les associations des lépreux dans le but d’éradiquer cette maladie. Elle a terminé son témoignage en rappelant que la lèpre est une maladie qui guérit lorsqu’elle est traitée à temps.
De ce fait, elle interpelle toute la population en général de soutenir et d’accompagner toute personne qui souffre de la lèpre dans les structures de soins dans les meilleurs délais. Elle a rappelé que les médicaments pour traiter la lèpre sont gratuits.

Rose Mpekerimana

 
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