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ENTRETIEN˃ Sur les mutuelles de santé communautaire

« La Pamusab veut que toute la population burundaise ait accès aux soins de santé de qualité »

 

DSC03668Le quotidien burundais d’informations Le Renouveau s’est entretenu avec la secrétaire exécutive de la Pamusab (Plate-forme des acteurs de mutuelles de santé au Burundi) sur les grands chantiers, les défis et les perspectives d’avenir, le jeudi 2 novembre 2017. La Pamusab veut que toute la population burundaise ait accès aux soins de santé de qualité.  

 

Comme l’a indiqué la secrétaire exécutive de la Pamusab , Espérance Kaneza, la plate-forme est née en 2010. C’est un cadre idéal pour tous les acteurs de mutuelles de santé pour faire des échanges sur l’évolution des mutuelles de santé.Mme Kaneza a fait savoir que la Pamusab est composée actuellement de 18 514 membres des mutuelles de santé qui sont membres de la Pamusab. Elle est une plate-forme qui regroupe cinq secteurs qui appuient les mutuelles de santé communautaire au Burundi. Il y a, entre autres, l’Adisco qui appuie les mutuelles de santé des caféiculteurs au Burundi; l’Ucode qui appuie les mutuelles de santé essentiellement dans le Nord, dans les provinces de Kayanza, Ngozi et Kirundo au moment où la Munasa (Mutuelle nationale de santé) appuie les mutuelles de santé du Nord , de l’Est et du Centre du pays; la FVS-Amade Burundi appuie les mutuelles de santé dans les provinces de Rumonge, Bururi, Makamba et Rutana, sans oublier Memisa Belgique qui appuie les mutuelles de santé dans les provinces de Muramvya et Muyinga.

Les grands chantiers.

Les grands chantiers déjà réalisés au niveau de la Pamusab sont essentiellement le travail sur plusieurs politiques qui concernent les mutuelles de santé. Mme Kaneza a indiqué qu’il y a une proposition faite par la Pamusab à propos de l’architecture  de l’assurance maladie universelle sur laquelle le gouvernement pourrait se baser pour la mise en œuvre de cette assurance. La Pamusab a entamé le processus d’harmonisation des membres de la plate-forme. Cela veut dire qu’avant que la plate-forme soit mise en place, chaque acteur accompagnait ses mutuelles de santé avec ses propres procédures d’accompagnement, a dit Mme Kaneza. Mais actuellement, tous les acteurs qui sont membres de la Pamusab ont mis en place un programme d’harmonisation des procédures  et des outils.La Pamusab a travaillé avec le Secrétariat exécutif permanent de la Commission nationale de protection sociale (Sep/CNPS), organe étatique qui coordonne toutes les réalisations. Actuellement, a indiqué Mme Kaneza, les mutuelles membres de la Pamusab sont en train de réaliser un programme du Sep/CNPS d’accès aux soins de santé pour les indigents. Elle a aussi fait un travail pour le renforcement des compétences des mutualistes qui est l’un des objectifs de la Pamusab.Actuellement, la Pamusab a la mission de travailler sur différentes thématiques essentiels des politiques qui donnent une place aux mutuelles de santé. L’amélioration de la qualité des soins des centres de santé  qui collaborent avec les mutuelles de santé membres de la Pamusab mais aussi pour d’autres formations sanitaires n’a pas été oubliée, a signalé Mme Kaneza. La Pamusab,souhaite que toute la population burundaise ait accès aux soins de santé de qualité, a-t-elle ajouté

Défis.

Dans chaque activité, il y a toujours des défis. Selon Mme Kaneza, la Pamusab s’est heurtée à l’incohérence des politiques. Aujourd’hui, il y a les mutuelles de santé qui fonctionnent et la Carte d’assurance médicale (Cam) est là. Auparavant, au lancement de la Cam, celle-ci était destinée essentiellement aux indigents qui n’avaient pas de moyens, mais actuellement tout le monde peut avoir accès à cette carte. La Cam coûte moins chère que les mutuelles de santé, ce qui fait que les effectifs des mutualistes n’augmentent pas.L’autre défi est le taux de pénétration des mutuelles de santé qui reste encore faible. En plus de cela, il n’y a pas d’assurance maladie universelle au Burundi, l’adhésion est volontaire et non obligatoire. Les prix des médicaments ont presque doublé, a précisé Mme Kaneza.Quant aux frais d’abonnement, Mme Kaneza a indiqué qu’une famille de 2 à 6 personnes s’abonne à 22 500 FBu/an au moment où une seule personne paie 15 000                                                                                                                                                                      FBu/an. A partir de 7 personnes jusqu’à 10, une somme forfaitaire  de 2 500 FBu est  ajoutée pour totaliser 25 000 FBu/an. Quand un membre de la Pamusab se fait soigner dans des centres de santé publics, il paie 30% et la mutuelle lui paie 70%. Dans les centres de santé confessionnels, le membre paie 40% et la mutuelle lui paie un ticket modérateur de 60% ,alors qu’il paie 50% dans les hôpitaux privés, la mutuelle lui paie 50%.
Martin Karabagega

 

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