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URBANISME> Les débordements sur les espaces humides le long de la Ntahangwa

Des doutes se lèvent au sujet de leur aménagement dans le quartier Kigobe

 

Tout espace géographique non aménagé suscite toujours la convoitise des peuples environnants. Il en est de même pour les espaces humides le long de la Ntahangwa, dans les quartiers Kigobe nord et sud de la zone urbaine de Gihosha. Cette zone est aujourd’hui convoitée par des gens qui veulent y ériger des maisons.

 

Dans le but de se rendre compte de l’état des lieux des zones humides le long de la Ntahangwa, le Quotidien burundais d’informations Le Renouveau a visité très récemment la rive de cette rivière, côté Kigobe. Il a trouvé cette rive actuellement menacée. En bas de l’Omega snack bar, cette zone accessible via l’avenue Murembwe, a reçu des travaux de viabilisation pour la construire. Mais le constat est que ces travaux semblent momentanément interrompus.

Conditions hydrologiques et morpho-géologiques

Comme Le Renouveau l’a constaté, cette zone en proie à la construction fut dans le temps le lit de la Ntahangwa. Coulant juste sous les bâtiments de l’Omega Snack Bar, la Ntahangwa a successivement déplacé son lit vers sa gauche, jusqu’à l’endroit où il se trouve aujourd’hui, avec tous les dégâts qu’elle ne cesse de causer du côté Nyakabiga, à cause du très haut talus de sa rive gauche. Cette étendue plane, d’une largeur maximale atteignant environ deux cent mètres, et d’une superficie de plusieurs hectares, se trouve donc totalement dans le lit d’inondation de la Ntahangwa.
Sa géologie est constituée des alluvions que la Ntahangwa y a déposées lors de ses reculs successifs. Ces sols alluvionnaires reposent sur un substrat de roche-mère qui constituait dans le temps le fond de la rivière.
Suite à sa topographie plane, cette zone regorge d’eau sur une bonne partie de son étendue, raison pour laquelle elle est exploitée pour la culture des légumes, les amarantes surtout. A ce que Le Renouveau a constaté, pendant les moments de pluies abondantes, cette zone ne manque pas de se transformer en étang d’eau. Cette condition serait d’ailleurs la principale raison qui aurait fait qu’elle ne fut pas aménagée quand on a viabilisé les quartiers Kigobe nord et sud. Serait-ce les services de l’urbanisme qui auraient commandité les travaux de traçage des routes dans cette zone à haut risque ?

On courait un grand danger

Ce qu’il ne faut jamais oublier, c’est qu’un cours d’eau n’est jamais stable, mise à part la Ntahangwa avec ses menaces sur ses voisins. Demain ou après-demain, elle peut revenir occuper son ancien lit, étant donnée les facilités d’érosion qu’elle aura, en exploitant ces formations géologiques récentes, très tendres, qu’elle a elle-même déposées dans le temps.
Si on construisait cette zone et que la Ntahangwa revenait à son tour, les dégâts seraient énormes. Il suffirait qu’ à cet endroit, sa ligne de forte pente s’oriente vers sa rive droite, pour faire de ce côté une rive concave, donc soumise à une activité intense de l’érosion, pour que des éboulements répétitifs et successifs détruisent tout comme elle le fait plus haut, où elle a complètement coupé l’avenue Mukarakara et menace ainsi plusieurs constructions.

Une solution est possible

Pour éviter toute convoitise et tout débordement par extensions extensives sur cette étendue humide, Le Renouveau reste convaincu qu’il serait bon que le gouvernement du Burundi, via le ministère ayant en charge l’environnement, mette en œuvre un programme de boisement de cette étendue. En plus que la forêt gallérie ainsi constituée purifiera l’air respiré, elle protègera en même temps cette rive de la Ntahangwa de l’érosion et éradiquera complètement des cas d’invasions pour extension qui s’y observent.

JEAN BOSCO NKUNZIMANA
(STAGIAIRE)

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