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Témoignage> Un enfant victime des violences conjugales

Elles constituent pour lui un traumatisme

 

Les violences conjugales auxquelles les enfants sont exposées de façon directe (témoins des scènes ou victimes eux-aussi) ou indirecte (témoins des marques physiques), ont toujours un impact considérable sur eux. Même si les violences ne sont pas dirigées contre eux, elles constituent pour eux un réel traumatisme. Souvent, l’enfant ne montre pas son désarroi mais, dans tous les cas, il souffre de la situation et est terriblement fragilisé par l’angoisse qu’elle génère.

 

Au cours d’un entretien avec un enfant victime des violences conjugales, V. N., âgé de 18 ans a indiqué que, depuis 20 ans, il subit des traumatismes dus aux violences conjugales exercées sur sa mère qui est régulièrement battue à coup de pieds, de poings ou de pierre. Aujourd’hui, sa sœur âgée de 12 ans suit une psychothérapie, elle n’a même pas pu continuer ses études secondaires.
«A plusieurs reprises, j’ai essayé de sortir ma mère de cet enfer et à chaque fois, elle est repartie vers cet homme manipulateur. Je suis démuni, j’en veux à toute la famille qui a toujours été au courant de la violence physique et verbale que nous connaissions ma mère, mon frère, ma sœur et moi-même et qui n’a jamais osé se mêler de notre vie privée ! Je me demande encore pourquoi les gens ferment les yeux ?», a-t-il ajouté avec un ton angoissé.

« Protéger la mère, c’est protéger l’enfant»

L’enfant est d’autant plus exposé à des conséquences psychotraumatiques que les violences conjugales ont commencé très tôt, qu’il soit l’aîné ou qu’il soit enfant unique, les violences sont graves et fréquentes, l’enfant s’interpose et subit des violences directes.
Tous ces signes doivent alerter les intervenants en faveur des enfants, car il n’y a pas de fatalité.Un enfant qui peut exprimer ses difficultés, ses peurs et trouver une aide appropriée pourra prendre de la distance par rapport à la situation de ses parents et ainsi enrayer l’éventuel risque de devenir lui-même auteur ou victime de violences.
En conséquence, tous les acteurs intervenant dans le cadre de la lutte contre les violences conjugales et de la protection de l’enfance s’accordent à dire que les enfants exposés aux violences conjugales doivent bénéficier de services adaptés pour mieux comprendre ce qu’ils vivent et y mettre la distance nécessaire à leur protection et à leur construction psychique. De même les femmes doivent être aidées dans leur rôle de mère. « Protéger la mère, c’est protéger l’enfant ».
Il faut leur permettre de jouer leur rôle et leurs responsabilités, et désigner clairement les responsabilités dans la violence afin qu’elles puissent accompagner leurs enfants de manière adaptée tout en se protégeant le cas échéant.
Katia-Gloria Irakoze (Stagiaire)

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