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Médicaments non utilisés par les ménages> Leur gestion

L’idéal est de les ramener dans les structures de soins pour leur destruction

 

IMG 20014Les médicaments non utilisés dans les ménages peuvent causer des effets néfastes sur la santé humaine, des animaux mais aussi sur l’environnement. Pour une bonne gestion de ces médicaments, les ménages devraient les ramener dans les structures de soins les plus proches. Ces dernières se chargent de leur destruction dans un endroit recommandé par le ministère en charge de la santé. 

 

Certains habitants de Bujumbura  qui se sont entretenus avec le quotidien Le Renouveau ont fait savoir que les médicaments non utilisés restent conservés dans les ménages. Ils affirment que ces médicaments sont de trois sortes : « Quand j’achète des médicaments, surtout les sirops ou les comprimés et que je me sens mieux avant de les terminer, je les conserve pour les utiliser une autre fois. Ces médicaments peuvent dépasser la date de péremption et deviennent par conséquent nocifs. Mais, certaines personnes  les gardent  dans les ménages. Une autre catégorie concerne les médicaments qui sont achetés et qui ne sont pas utilisés mais restent à la maison », ont-ils mentionné.Ces gens affirment qu’ils ne savaient pas que les médicaments non utilisés devraient être retournés dans les structures de soins. « Ni le médecin qui prescrit les médicaments, ni le pharmacien qui les vend, personne ne nous a informé que nous devons retourner les médicaments non utilisés dans les structures de soins. C’est pourquoi, nous les gardons dans nos ménages », ont-ils ajouté.Ils ont précisé cependant que malgré cette information, beaucoup n’auront pas le courage de le faire. Ils disent que lesdits médicaments sont chers. De ce fait, si quelqu’un n’a pas terminé la cure, il la réutilise quand il sent les mêmes signes que ceux de la maladie précédente.Pour une bonne gestion des médicaments non utilisés par les ménages, nos interlocuteurs demandent au ministère en charge de la santé de faire des campagnes de sensibilisation pour conscientiser la population sur les effets néfastes que ces médicaments peuvent causer sur leur santé. 

Le pharmacien joue le rôle de conseiller 

Le pharmacien Serges Harindogo a fait savoir que quand un médecin prescrit des médicaments à un patient, celui-ci se dirige dans une pharmacie pour l’achat. « Normalement, le pharmacien devrait être présent. Il donne des conseils au patient concernant les doses, la cure que le patient doit prendre. Il doit également informer le patient des effets qui peuvent arriver en cas de suspension ou d’arrêt de prise de médicaments avant la fin d’une cure. Si Par exemple, un patient a de la constipation pendant qu’il prend un tel médicament, le pharmacien lui suggère de l’accompagner avec un régime alimentaire qui peut diminuer cette constipation », a-t-il insisté.Cependant, M. Harindogo a précisé que le problème que les patients rencontrent souvent est que dans beaucoup de pharmacies, il n’y a pas de pharmaciens. Par conséquent, ces pharmacies peuvent fonctionner comme d’autres magasins où les vendeurs servent seulement les produits commerciaux.Il déplore le comportement de certains pharmaciens qui, au lieu d’orienter ou de conseiller les patients sur comment ils doivent prendre le médicament, se donnent par contre l’autorisation de changer ce dernier en proposant un autre  produit au patient. Cela peut être dû aux spéculations de certains pharmaciens qui veulent proposer les médicaments qu’ils détiennent. Mais en général, a-t-il poursuivi, beaucoup de pharmaciens font leur travail convenablement.M. Harindogo demande au patient qui se présente dans une pharmacie, de toujours demander des conseils au pharmacien. A ceux qui ne savent pas interpréter les notices, il leur demande de ne pas quitter la pharmacie sans demander l’explication de ce qui est mentionné sur ces notices afin qu’il sache le comportement à adopter quand il est en train de prendre tel ou tel autre médicament. Cela parce que, a-t-il souligné, tous les médicaments n’ont pas les mêmes effets.

Les médicaments conservés à la maison peuvent causer des effets indésirables

Le directeur du DPML (Département de la pharmacie, médicaments et laboratoires), Emmanuel Bamenyekanye a fait savoir qu’on parle des médicaments non utilisés quand il s’agit de médicaments qui sont restés quand le patient se sent guéri et n’a pas terminé la cure, quand le médicament est périmé et qu’il reste conservé à la maison mais aussi quand le patient a acheté beaucoup de médicaments et qu’il ne les a pas tous utilisés.M. Bamenyekanye a précisé que de tels médicaments  peuvent causer des effets néfastes sur la santé humaine, animale mais aussi sur l’environnement. Concernant la santé humaine, le directeur du DPML a indiqué que quand le patient réutilise le médicament qui est resté sous prétexte qu’il sent les mêmes signes que ceux de la précédente maladie, ce médicament peut, soit créer une résistance et ne guérit pas la maladie, soit causer des effets indésirables sur la santé du patient puisqu’il l’a pris sans savoir s’il souffre réellement de la même maladie qu’avant. Concernant la santé animale, il a signalé que les médicaments jetés dans la nature, peuvent être consommés par les animaux alors qu’ils sont périmés. Dans ce cas, ces animaux souffrent des effets de ces médicaments et peuvent en succomber.Aussi, les médicaments non utilisés qui sont jetés dans la nature peuvent dégrader l’environnement en détruisant ses éléments nutritifs. Aussi, quand, ces médicaments arrivent dans des rivières, ils intoxiquent l’eau potable. Cette dernière devient nocive à la santé humaine quand elle est consommée.

Le ministère en charge de la santé ne ménage aucun effort pour une bonne gestion des médicaments non utilisés

M.Bamenyekanye a fait savoir que pour une bonne gestion des médicaments non utilisés, le ministère en charge de la santé  a élaboré un guide de destruction de médicaments non utilisés. « Pour le moment, le ministère en charge de santé a mis en place un site situé dans la zone de  Bugarama en province de Muramvya pour qu’il serve de destruction des médicaments non utilisés», a-t-il signalé.Il a ajouté que ce ministère organise des séances de sensibilisation en collaboration avec les administratifs locaux et les agents de santé communautaires pour qu’ils informent la population que les médicaments non utilisés doivent être ramenés dans les structures de soins afin qu’elles se chargent de la destruction. Ils les informent aussi que les médicaments non utilisés causent souvent des effets indésirables surtout sur la santé humaine quand ils sont réutilisés.  Dans la même optique, a-t-il poursuivi, ledit ministère organise tous les trois mois, des descentes dans les districts sanitaires afin de collecter les médicaments non utilisés pour les détruire.Le directeur du DPML a enfin interpellé toute la population en général de ramener les médicaments non utilisés dans les structures de soins pour prévenir les effets néfastes qu’ils peuvent causer sur la santé humaine. Il a saisi cette occasion pour rappeler que l’automédication avec les médicaments conservés dans les ménages constituent une bombe à retardement.

Rose Mpekerimana

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