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Dossier> Prise en charge des hépatites virales

L’accès aux médicaments reste un casse-tête

 

IMG 0022Les hépatites virales se définissent comme des inflammations du foie. La prise en charge de cette maladie n’est pas facile. Cela du fait que les médicaments ne sont pas accessibles. Il est demandé au gouvernement de rendre disponible et accessible les médicaments contre les hépatites virales afin d’en faciliter la prise en charge. 

 

A. Congera souffre de l’hépatite B. Il indique qu’il n’a pas su qu’il souffre de cette maladie. « Je suis membre du club sportif. Un jour, nous avons fait une marche de la ville vers le campus Kiriri. De retour, j’ai senti des douleurs au côté droit. Je pensais que c’était à cause de la fatigue, que cela pouvait s’arrêter d’un moment à l’autre. Pendant la nuit, les douleurs ont augmenté et je suis allé voir le médecin le lendemain. Les résultats des examens que j’ai faits ont montré que je souffre de l’hépatite B. Le médecin m’a suggéré de faire un autre examen pour connaître la charge virale avant de commencer les médicaments afin de savoir le degré du virus que je possède. J’ai alors fait une commande de médicaments à un prix exorbitant. Après une année, j’ai constaté que les moyens financiers n’allaient pas me permettre de continuer à prendre ces médicaments », a signalé M. Congera.Il a fait savoir que parmi ceux qui souffrent des hépatites virales, beaucoup n’ont pas de moyens pour se procurer des médicaments. D’autres qui ont commencé à les prendre n’arrivent pas à continuer le traitement puisqu’il est très cher.Il demande au ministère en charge de la santé publique de collaborer avec les partenaires dans ce domaine afin que les médicaments contre les hépatites soient disponibles au Burundi à un prix abordable. Il lui demande aussi de faire une gratuité des médicaments afin de sauver des vies humaines qui n’arrivent pas à prendre les médicaments faute de moyens financiers.

Une association est créée pour faire face aux hépatites virales

Le président de l’ANPH (Association nationale des personnes infectées ou affectées par les hépatites virales), Désiré Kibinakanwa, a fait savoir qu’il est un prestataire de santé. « L’idée de créer une association est venu au moment où nous constatons des cas positifs d’hépatites en général et virales en particulier, surtout B et C. Quand nous voyons des effectifs accroître, nous nous demandons quelle est la suite puisque nous savons que l’accès aux médicaments n’est pas facile. Aussi, puisque nous remarquons que dans les hôpitaux tant publics que privés, aucune structure sanitaire prenne en charge les cas d’hépatites et que rien n’est aménagé pour le faire », a-t-il mentionné. M. Kibinakanwa a précisé que les membres de cette association ont rencontré des gens qui partaient à l’étranger pour chercher la prise en charge. Ces personnes ont témoigné comment ils ont de la peine à se faire soigner puisque les médicaments ne sont pas accessibles. Aussi, ils ont affirmé que la prise ne charge des hépatites demandent beaucoup de moyens. Par conséquent, les porteurs de cette maladie doivent dépenser beaucoup d’argent pour avoir accès aux médicaments. «  C’est dans cette optique que nous avons créé une association afin de voir comment nous pouvons aider les personnes infectées par ladite maladie », a-t-il ajoutéNotre source a signalé que l’ANPH a déjà réalisé certaines activités dans le but de faire face aux hépatites virales. Les membres ont effectué des descentes sur terrain pour faire une sensibilisation. Cette activité vise à informer le public en général qu’il sache que faire, où le faire et comment le faire. Il a notamment cité le dépistage qui a pour rôle de savoir qui est porteur du virus de l’hépatite. « Si le patient est dépisté séropositif, nous lui conseillons de s’informer sur le processus de prise en charge en commençant par le test de charge virale. Ce dernier est fait afin de déterminer le degré du virus que le patient possède dans son corps dans le but de savoir le traitement qu’il doit prendre. S’il est dépisté négatif, nous le proposons de faire un vaccin pour prévenir ladite maladie », a-t-il souligné. Quant aux activités déjà réalisées par l’ANPH, M. Kibinakanwa a indiqué qu’en collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida et l’OMS (Organisation mondiale de la santé), ladite association a pu organiser la première journée mondiale contre les hépatites virales au Burundi le 28 juillet 2016. « Depuis cette année, nous avons fait des dépistages dans certaines institutions. Les résultats des examens ont montré qu’entre 8 à 10% souffrent des hépatites, surtout B et C. », a-t-il relevé.Notre interlocuteur a fait savoir que si le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida peut organiser des campagnes de dépistage dans tout le pays, cette prévalence pourrait changer. C’est pour cette raison qu’il demande à toute personne de se faire dépister pour savoir son état sérologique.

IMG 0021Le traitement contre les hépatites va figurer sur la liste des médicaments essentiels au Burundi.

Le point focal national de prise en charge des hépatites virales au ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida, Freddy Nyabenda a fait savoir que les hépatites virales  sont des inflammations du foie. « Cette maladie peut évoluer spontanément vers la guérison ou progresser vers la fibrose (cicatrisation), la cirrhose ou le cancer du foie. Les virus de l’hépatite sont la cause la plus courante dans le monde, mais d’autres infections, des substances toxiques (comme l’alcool ou certaines drogues) et des maladies auto-immunes peuvent aussi être à l’origine de l’hépatite », a-t-il dit.Dr Nyabenda a signalé que les scientifiques ont identifié cinq virus, désignés par les lettres A, B, C, D et E, qui entraînent tous une hépatite mais présentent de grandes différences.Le virus de l'hépatite A (VHA) est présent dans les selles des sujets infectés et se transmet le plus souvent lors de la consommation d’eau ou d’aliments contaminés, mais aussi dans le cadre de certaines pratiques sexuelles. Dans bien des cas, les manifestations de l’infection sont bénignes et le sujet guérit et acquiert une immunité. Mais l’infection peut aussi être grave voire mortelle. Dans les régions du monde où l’assainissement n’est pas bon, la plupart des gens ont contracté ce virus. Il existe des vaccins sûrs et efficaces contre le VHA. Il a ajouté que le virus de l’hépatite B (VHB) se transmet lors de l’exposition du sang, du sperme et d’autres liquides biologiques Il peut se transmettre de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement ou d’un membre de la famille à un jeune enfant. Le virus peut aussi se transmettre à l’occasion d’une transfusion de sang ou de produits sanguins contaminés, d’injections pratiquées avec du matériel contaminé dans le cadre d’un acte médical ou de la consommation de drogues injectables. Il existe aussi un vaccin contre le VHB. Et, d’ajouter que le virus de l’hépatite C (VHC) se transmet principalement lors de l’exposition du sang infecté (transfusion de sang ou de produits sanguins contaminés, injections pratiquées avec du matériel contaminé dans le cadre d’un acte médical et consommation de drogues injectables). La transmission sexuelle est également possible mais elle est beaucoup plus rare. Il n’existe pas de vaccin contre le VHC. Quant aux symptômes des hépatites virales, Dr Nyabenda a précisé que parfois, l’infection aiguë n’entraîne que des symptômes limités ou passe inaperçue. D’autres fois, elle se manifeste par une jaunisse (jaunissement de la peau et des yeux), des urines foncées, une asthénie, des nausées, des vomissements et des douleurs abdominales.  C’est pour cette raison que quand une personne constate ces signes ci-haut cités, elle doit directement aller voir un médecin.
 

Le gouvernement ne ménage aucun effortpour lutter contre les hépatites virales

Dr Nyabenda a fait savoir qu’il n’y a pas d’enquête faite pour savoir la prévalence d’hépatites dans tout le pays. Mais, certaines études ont été faites. Elles ont montré que la prévalence est entre 3 à 5% pour l’hépatite B et elle est presque de 10% pour l’hépatite C.De ces effectifs, le ministère en charge de la santé publique sensibilise les gens à aller se faire dépister puisque que les signes ne se voient pas directement. Aussi, ce ministère a inscrit le traitement contre les hépatites sur la liste des médicaments essentiels afin qu’il soit disponible pour ceux qui le désirent. Il a saisi l’occasion pour informer le public que la journée mondiale contre les hépatites virales se célèbre au Burundi le 6 août. Cette journée est marquée par les activités de dépistage dans différents sites. Et, ceux qui sont dépistés savoir leur état sérologique par rapport aux hépatites.

Rose Mpekerimana

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