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Déchets en plastique> La problématique de leur gestion

Le gouvernement burundais  reste déterminé

 

Le décret n° 100/ 099 du 08 août 2018 portant interdiction de l’importation, de la fabrication, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets et autres emballages en plastique, en son article 9, accorde un délai de grâce de dix-huit mois. Cependant, le traitement de ces déchets doit être pris au sérieux, et les lieux qui servent de dépotoirs d’immondices méritent une attention particulière. La gestion de ces déchets reste à la fois une problématique et une préoccupation. Fort heureusement, le gouvernement du Burundi à travers le ministère ayant l’environnement dans ses attributions, est à l’œuvre pour une issue favorable. Cela ressort des avis de différents acteurs qui se sont entretenus avec la rédaction du quotidien Le Renouveau. 

 

A travers tout le pays, surtout dans les agglomérations, notre rédaction a constaté qu’il y a encore des montagnes d’immondices constituées en grande majorité de sachets et de flacons en plastique. Dans la zone Buyenzi, à proximité du pont reliant ce quartier et le marché appelé « Chez Sion » sis en zone Ngagara, des sachets en plastique y règnent en maître. Ces sachets, même si une partie est déjà emportée par la rivière Ntahangwa, le sommet atteint au moins dix mètres. On y rencontre des sachets de toute sorte, de petite taille et de grande taille. Jetés au bord de la rivière Ntahangwa, ces sachets finissent leur parcours dans le lac Tanganyika.Une situation identique s’observe au quartier Jabe, au dépotoir se trouvant non loin du quartier Nyakabiga I. La situation est la même  également si on emprunte la route qui va de la gare du Nord vers le marché de Cotebu, du côté de Ngagara. Des exemples illustratifs sont nombreux si on fait le parcours de la municipalité de Bujumbura.

Le gouvernement du Burundi connaît la grandeur de cette problématique et rassure

La directrice de l’Assainissement et de l’environnement, au ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage, Jeanne Francine Nkunzimana reconnaît l’ampleur de cette problématique. «  Le décret du 8 août 2018 a été promulgué dans le but d’éviter l’utilisation des sachets en plastique ».Mme Nkunzimana affirme que le gouvernement du Burundi est déterminé aujourd’hui plus que jamais à lutter contre l’utilisation des sachets. Elle a ajouté que le délai de grâce de dix-huit mois accordé par ce décret est de permettre que les stocks  qui étaient disponibles et les commandes passées avant sa signature soient écoulés. « Ce décret a été promulgué dans le but d’interdire l’utilisation des sachets en plastique non biodégradable ». A moins de sept mois avant la fin de ce délai, Mme Nkunzimana lance un appel vibrant à la population de se préparer à abandonner définitivement l’utilisation des sachets en plastique non biodégradable au détriment des sacs biodégradables. Elle se réjouit de la part de certaines entreprises dont la Pacobu qui a commencé à produire les sacs biodégradables qui vont remplacerles sachets en plastique.

Les sachets ont des effets nocifs sur la santé

Les sachets sont trop cancérigènes comme l’affirme le directeur du Service national d’hygiène et d’assainissement, Prosper Muyuku. « Les sachets contiennent principalement deux sortes de poisons dont la dioxine connue comme une des principales causes des cancers ».  Il demande à la population de savoir que l’Homme est l’ennemi de lui-même, surtout en réutilisant des objets à usage unique» . De ce fait, il est de même avis avec la directrice de l’Assainissement et de l’environnement, Jeanne Francine Nkunzimana  qui affirme que les sachets en plastique ont des effets nocifs non seulement sur la santé mais aussi sur la biodiversité. 

La biodiversité aquatique menacée

Malgré la problématique de la gestion des déchets en plastique, et que leur parcours finit dans les eaux du lac Tanganyika, Mme Nkunzimana dit que la biodiversité aquatique est menacée. « D’abord, la gestion des sachets est difficile ; si on les détruit par le feu, ils produisent des effets nocifs sur la santé et l’environnement. Quand ils sont jetés dans la nature, le sol ne produit plus ». Et de réaffirmer que quand ces sachets s’accumulent dans le milieu aquatique, les espèces qui s’y trouvent meurent à cause de la pollution due à ces déchets. Albert Mbonerane doute que même les poissons que nous consommons sont aussi pollués. « Rien ne me dit que ces poissons que nous mangeons ne sont pas du tout pollués. En plus, nous demandons à ce lac de l’eau potable. Actuellement, la Régideso capte cette eau à trois kilomètres, si la pollution continue, le point de captage va bouger, le budget va augmenter, et c’est la population qui en paiera le prix ». Il regrette le fait que les Burundais ignorent le bijou précieux qu’ils portent. « Quand tout va couler, quand le lac Tanganyika va vomir les déchets que nous lui donnons, ces plastiques que nous jetons n’importe où, c’est à ce moment que nous comprendrons l’avantage de ce lac ». Albert Mbonerane souhaiterait que l’administration prenne le devant dans le strict respect des lois en vigueur. « S’il n’y aurait plus de commercialisation des sachets en plastique non biodégradable après les dix huit mois de grâce qu’accorde le décret y relatif, on comprendra que les Burundais ont compris les méfaits des sachets ».
 

Un combat de tout un chacun

Tous nos interlocuteurs convergent sur une idée selon laquelle la protection de l’environnement concerne toute personne. Pour l’environnementaliste Albert Mbonerane, la gestion des sachets en plastique est une question un peu difficile à comprendre. « Nous avons des cadres légaux qui nous montrent comment nous devons nous comporter face à l’environnement, il faut les mettre en pratique ». Et d’ajouter que le Code de l’environnement spécifie que la protection de l’environnement incombe à tout un chacun. La protection de l’environnement nous concerne tous et non seulement le ministère de l’Environnement, de l’agriculture et de l’élevage.Pour la directrice de l’Assainissement et de l’environnement, Jeanne Francine Nkunzimana, chaque personne devrait jouer son rôle dans la gestion des déchets en plastique et dans la protection de l’environnement. « La responsabilité de chacun est indispensable. Il faut que chaque personne s’interroge sur les conséquences de la pollution de l’environnement ».Cependant, selon Mme Nkunzimana, un grand rôle devrait être joué par les entreprises qui importent ces sachets et flacons, en particulier les entreprises de fabrication. « Il faut qu’elles pensent au recyclage en pensant aussi aux effets nocifs que peuvent apporter les déchets en plastique non biodégradable à l’environnement humain ». Le gouvernement burundais à travers le ministère ayant la protection de l’environnement dans ses attributions continue d’approcher  les importateurs et les usines de fabrication de l’eau pour qu’ils entreprennent le recyclage de ces flacons éparpillés ici et là.Quant au chef du Service national d’hygiène et d’assainissement, Prosper Muyuku, il affirme que s’il y a un consentement avec tous les acteurs clés, les flacons en plastique ne devraient pas être réutilisés. Pour lui, il faut que les industries qui utilisent les sachets et les flacons en plastique comme emballage prévoient des mécanismes de recyclage de ces derniers pour  la transformation d’autres objets. Albert Mbonerane conseille la population à écouter ce que la terre nous dit pour survivre. « La terre appelle toujours au secours car c’est l’Homme qui est en train de la détruire ».              

Moïse Nkurunziza

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