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PERSONNES VIVANT AVEC HANDICAP> Leur représentativité dans les instances de prise de décision

Doucement mais sûrement, des avancées significatives se remarquent

 

Après que le président de la république du Burundi, Pierre Nkurunziza, ait rehaussé de sa présence, en 2009, les cérémonies liées à la célébration de la Journée internationale des personnes en situation de handicap, et que le budget qui leur est destiné a été multiplié par cinq, les droits de ces dernières ne cessent de s’améliorer. De même,bien que certains représentants des associations des personnes vivant avec handicap regrettent une lenteur dans l’application de la loi surtout en ce qui concerne leur représentation, ils convergent avec le ministère ayant la solidarité en ses attributions  sur l’existence d’activités concrètes justifiant la volonté du gouvernement Burundais en la matière. 

 

Dans le but de promouvoir et de protéger les droits de la personne handicapée pour son intégration effective afin que sa dignité soit préservée, la loi n°1/03 du 10 janvier 2018 a été promulguée. Le directeur général de l’Assistance sociale et la solidarité nationale au ministère des Doits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, Joseph Ndayisenga, a fait savoir que cette loi prévoit la mise en place de la politique nationale des droits des personnes handicapées et son plan d’action mais également la création d’un comité national des personnes handicapées. « S’agissant de cette politique nationale, il faut reconnaître  que son projet  a été validé par l’équipe technique, et qu’il est actuellement sur la table du gouvernement», a-t-il indiqué.Pour le secrétaire exécutif de la fédération des associations des personnes handicapées au Burundi, Rémy Ndereyimana, il trouve qu’il y a encore des stéréotypés dans la mentalité burundaise qui devraient être escomptés pour que la personne handicapée prenne sa place. Selon lui, la représentation des personnes en situation de handicap est un signe qui montre le développement du pays, car un pays qui se développe bien, c’est un pays dont le développement est équitable, c'est-à-dire où toutes les couches sociales sont représentées.Rémy Ndereyimana puise la même idée avec Joseph Ndayisenga en affirmant qu’un point fort qui a donné une évolution par rapport à la représentativité, c’est le Forum national des personnes vivant avec handicap, et que la politique nationale qui va être bientôt validée par le gouvernement constitue un pas en avant. « L’Etat accepte qu’il pourra financer à la hauteur de ses moyens ce Forum. En plus, la politique nationale qui se trouve actuellement sur la table du gouvernement servira de pilier pour la mise en application de la loi portant promotion et protection des personnes en situation de handicap», a affirmé M. Ndereyimana.

Avantages de la loi portant promotion et protection des personnes handicapées

Le directeur général en charge de l’assistance sociale, Joseph Ndayisenga, dit que la valeur ajoutée de cette loi est qu’une fois la politique nationale adoptée, il reviendra à chaque ministère sectoriel, à chaque intervenant de pouvoir se fixer une feuille de route pour qu’en fin de compte les personnes handicapées ne soient pas la panassé d’un seul ministère. Il faut reconnaître aussi que la loi des personnes en situation de handicap n’est ni supplémentaire complémentaire aux droits de la personne humaine en général. Il s’agit simplement de la façon la plus spécifique de respecter les droits garantis de la personne humaine en tenant compte de la problématique des personnes vivant avec handicap.

Considération de la Fédération des personnes handicapées sur la mise en application de la loi la loi n°1/03 du 10 janvier 2018

Rémy Ndereyimana constate que la mise en application de la loi portant promotion et protection des personnes handicapées prend de la lenteur. « Une loi ne devrait pas être adoptée par le gouvernement et qu’une année s’écoule sans qu’il y ait des mesures qui enclencheraient sa mise en application ». Pour cette question, Joseph Ndayisenga, directeur général de l’Assistance sociale a fait savoir que tous les mécanismes et outils pour la mise en application de cette loi commencent à prendre leur forme. « En ce qui concerne les outils, on a prévu tout ce qu’il faut notamment le Comité national des personnes handicapées, le Forum des organisations de ces personnes et le décret de sa mise en application. Tous ces outils ont été déjà étudiés, il n’en reste que l’adoption.

Création d’un Comité national des droits des personnes handicapées

La loi n°1/03 du 10 janvier 2018 portant promotion et protection des droits des personnes handicapées au Burundi, en son article38, il est prévu la création d’un Comité national des droits des personnes handicapées (CNDPH), un comité qui, selon nos interlocuteurs, n’est pas encore mis en place.Fort heureusement, tous nos interlocuteurs sont unanimes sur les actions concrètes qui manifestent la volonté gouvernementale de sa création. De sa part, Joseph Ndayisenga affirme que le ministère en charge de la solidarité fait de son mieux. En plus, nous avons un décret qui a été déposé pour qu’il soit adopté par le gouvernement du Burundi, et la création de ce comité permettra la coordination, le suivi et l’évaluation de toutes les actions menées envers les personnes handicapées. « Nous osons espérer que ce décret et la politique nationale vont bientôt être approuvés».

Des manquements dans le cadre légal burundais

Le président de l’association des Albinos sans frontière, Kassim Kazungu, trouve qu’il y a un manquement surtout en ce qui concerne le cadre légal. « Les lois et les conventions internationales disent que tout le monde doit être représenté dans les instances de prise de décision, ce qui n’est pas le  8cas pour le Burundi ». A l’instar des pays de l’EAC comme la Tanzanie, l’Ouganda ou le Kenya, M. Kazungu souhaite que les personnes en situation de handicap soient représentées aux deux chambres du parlement. « Personnellement, dans notre association, il n y a pas de gens qui nous représentent ou qui sont nommés pour représenter les personnes atteintes d’albinisme. Même la Constitution révisée n’est pas aussi claire pour les personnes atteintes d’un quelconque handicap».Le même avis est partagé par Anne Marie Nduwimana, un des représentant de la société dénommée ‘’Atelier des filles handicapées Espoir’’ et membre du Forum national des femmes. Elle trouve qu’au Burundi, la représentativité des personnes vivant avec  handicap n’a pas encore de place en général, et particulièrement les femmes. « En 2013, avec la création du Forum national des femmes, j’ai posé ma candidature. Bien que je n’ai pas eu la chance d’être élue, j’ai été coptée pour représenter la communauté des femmes handicapées. En vérité, la loi ne spécifie pas la place de la femme en situation de handicap ».Elle trouve un grand manquement de se retrouver seule sur l’échiquier national alors que, dans notre pays, les personnes vivant avec handicap sont nombreuses. « De ce fait, vous comprendrez fort bien qu’on ne peut pas espérer grand-chose si la situation est telle qu’elle est ».  

D’autres activités  en cours visant la promotion des personnes vivant avec handicap

Joseph Ndayisenga a rappelé que le début de la protection et la promotion de cette catégorie de la population ne coïncide pas avec la promulgation de cette loi. « Cela ne veut pas dire que même avant, rien n’était fait en faveur des personnes handicapées. Il y avait sans doute des initiatives  qui étaient déjà prises. Simplement, depuis 2009, avec l’augmentation cinq fois de budget destiné aux personnes en situation de handicap par le président Pierre Nkurunziza, on a pu mener beaucoup d’actions qui, auparavant, n’étaient pas menées, et c’est ce que nous continuons de faire ».Pour ce faire, des associations et des centres pour les personnes handicapées bénéficient chaque année des appuis par rapport aux projets générateurs de revenus formulés. Egalement, à part les personnes qui, chaque année, se font soigner par le ministère ayant la solidarité en ses attributions, il y a des personnes handicapées qui bénéficient des formations en métiers divers avec octroi du titre de réinsertion par rapport au métier appris. Les centres qui hébergent les personnes handicapées bénéficient d’appui en vivres, et bénéficient aussi des facilités pour ce qui est de l’exonération des biens reçus de l’étranger ainsi que les avantages par rapport au paiement des factures de la Régideso.

Des souhaits et demandes

Kassim Kazungu souhaite l’insertion d’un ou des articles qui permettront aux personnes atteintes de handicap physique ou d’albinisme d’être représentées ou d’être cooptées comme on le fait pour les représentants des autochtones. « Nous espérons qu’avant les prochaines élections, on pourra faire quelque chose pour que ces personnes soient représentées».Mme Nduwimana demande que les personnes vivant avec handicap soient représentées dans toutes les instances de prise de décision dans le but d’avancer leurs doléances. Elle déplore le fait qu’elle n’est plus invitée dans aucune réunion du Forum national des femmes, il y a quatre ans. « C’est pourquoi nous demandons de revoir les mécanismes d’élire les membres de ce Forum  surtout au moment du renouvellement des représentants, et de coopter au minimum une personne vivant avec handicap pour chaque province ». Et d’ajouter : « Il est très important de spécifier parmi le quota attribué aux femmes dans les instances de prise de décision, celui réservé aux femmes handicapées ».Cependant, Anne Marie Nduwimana dit que les associations des personnes en situation de handicap continuent leur devoir de sensibiliser et d’informer les personnes handicapées de leurs droits et de leurs devoirs. Pour Rémy Ndereyimana, si les personnes en situation de handicap sont représentées dans toutes les instances de prise de décision, cela donnera une image positive du Burundi en tant qu’une société représentative et inclusive.Le représentant des Albinos sans frontière demande  à l’Etat et aux concernés d’entendre leurs doléances. « Aux commissions nationales de rendre visite, si possible avant les prochaines élections, les associations de ces personnes, pour écouter leurs doléances afin que personne ne soit laissée dernière, comme le stipule les Objectifs du développement durable (ODD) ». 

Moïse Nkurunziza

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