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SANTE > Note du ministère sur les consultations prénatales

Désormais, les hommes ne sont plus obligés d’accompagner leurs épouses

Le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida a sorti le 12 avril 2019 une note interdisant  aux médecins directeurs des provinces sanitaires de violer les textes en vigueur.  Selon cette note, désormais les hommes ne vont plus être obligés d’accompagner leurs épouses. Cette mesure a  été accueillie avec une grande satisfaction par les couples mariés, particulièrement les hommes ayant les femmes à l’intérieur du pays et qui exercent leurs activités loin de leurs familles respectives.


D’après le ministère de tutelle, il a été constaté ces derniers temps que, dans certaines formations sanitaires, le personnel exige aux femmes d’être accompagnées par leurs maris lors des consultations prénatales pour pouvoir bénéficier des soins gratuits. Pourtant les textes en vigueur en rapport avec la gratuité des soins sont muets sur ce sujet. A cet effet, pour qu’il y ait de l’harmonie dans toutes les formations sanitaires en matière de la mise en œuvre de la politique de gratuité de soins, il a été demandé à tous les médecins directeurs des provinces sanitaires d’interdire toutes les pratiques non reconnues et de veiller au respect strict de cette note. Le ministère s’appuie sur le décret et des ordonnances d’application de la politique de gratuité des soins aux femmes enceintes ou celles qui viennent pour accoucher, en plus des enfants de moins de 5 ans. 

Un ouf de soulagement pour les couples mariés

Cette mesure a  été accueillie avec une grande satisfaction par les couples mariés, particulièrement les hommes ayant les femmes à l’intérieur du pays et qui exercent leurs activités loin de leurs familles respectives. Benjamin Niyonkuru, un homme ressortissant de la province de Cankuzo et exerçant un petit commerce au marché de Ruvumera en municipalité de Bujumbura a poussé un ouf de soulagement. M. Niyonkuru a indiqué qu'il n'était pas à l'aise chaque que son épouse s'apprêtait à se rendre à une institution hospitalière pour la consultation prénatale. Et d'ajouter qu'il était obligé de suspendre son activité commerciale pour regagner son domicile pendant trois jours pour répondre à ce rendez-vous. Il était question de monter pour qu'il puisse accompagner son épouse le jour suivant au centre de santé avant de prendre le chemin de retour. Eric Nshimiye, un travailleur domestique au quartier Winterekwa de la zone Gihosha et ressortissant de la province de Kayanza a, quant à lui, indiqué qu'il a perdu son boulot l'année dernière car il a été obligé de se rendre chez lui pour accompagner son épouse au centre de santé pour sa première consultation prénatale.

M. Nshimiye s'est indigné que sa femme a été chassée maintes fois du centre de santé étant donné qu’elle n'était pas accueillie sans qu'il ne l'accompagne. Il a signalé qu'il a non seulement dépensé son temps et son argent dans les mouvements de va-et-vient, mais également, il a été remplacé à cause de son absence.Pour Emelyne Iradukunda, une fonctionnaire travaillant et habitant à Bujumbura dont le mari est médecin exerçant son travail à l'intérieur du pays, a indiqué, elle aussi, qu'elle n'était pas accueillie par le personnel du centre de santé pour la première consultation de sa grossesse car elle n'était pas accompagnée par son époux. «Je me suis expliquée en disant que mon mari exerce son activité à l'intérieur du pays et qu'il ne pouvait pas être disponible. J'ai subi de mauvais traitements de la part des infirmières et celles-ci m'ont dit avec arrogance que mon mari qui a eu du temps de descendre pour m'engrosser ne pouvait pas manquer le temps de venir m'accompagner», a fait savoir Mme Iradukunda. Elle a conclu que cette mesure tombe à point nommé.

EZECHIEL MISIGARO

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