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Accouchement> Présence des maris à la maternité

Un endroit stressant

 Le vendredi 26 avril 2019, La rédaction du quotidien d’informations Le Renouveau a recueilli à l’hôpital militaire de Kamenge différentes opinions auprès des hommes sur les raisons de leur absence à la maternité au moment où leurs femmes vont accoucher et ce qu’en pensent les femmes. 
Traditionnellement, l’accouchement était une affaire de femmes. Vous ne serez pas surpris de constater que bon nombre d’entre elles vont à l’accouchement étant accompagnées soit par leurs mères, soit leurs meilleures amies ou cousines. Pour ces hommes, plusieurs  raisons expliquent cela.   La douleur due aux contractions utérines est tellement atroce qu’elle fait « délirer » la femme. Un homme qui a voulu garder l’anonymat en a payé les frais et témoigne. « Le jour où elle était sur le point d’accoucher, je l’ai appelée pour m’enquérir de la situation. En décrochant, elle m’a grondé en grommelant «  niwe unteye aya magorwa yose !(c’est toi qui me fait subir tous ces malheurs !) ». Il a continué en affirmant qu’il a été traumatisé au point qu’il ne pourrait plus essayer d’approcher sa femme avant ou pendant l’accouchement. Il préfère l’attendre à la maison, pour attendre la naissance du bébé.

Ce n’est pas un endroit pour hommes

Pour M. Ndikumana, son histoire diffère. Les médecins lui ont sommé de s’en aller, avançant que tant qu’il sera là, sa femme  allait se comporter en femme gâtée. « Ce n’est pas un endroit pour hommes ! », lui dira sèchement une infirmière. Il s’est éloigné un moment pour répondre à un appel, et une autre femme dans la même situation que celle de sa femme lança à celle-ci, son bébé n’ayant pas encore osé pointer le nez: « Ton mari comment fait-il ça? Être ici depuis hier…C’est votre premier enfant? Nous aussi, nous avons des maris, et pourtant ils ne nous accompagnent pas, ou ne supporteraient pas de passer autant de temps ici ! ».Pour Mme Rose, également rencontrée sur place, elle  préfère ne pas être accompagnée par son mari. Pour son cas, son mari qui était près d’elle le jour de son accouchement à fait une crise  hypertensive à cause du stress. Assister impuissamment aux douleurs de sa femme a été dur à supporter. Sans nier l’importance de la présence des géniteurs auprès de leurs épouses le jour de l’accouchement, le risque est cependant sensiblement important de se faire démolir par sa propre dulcinée devant tous les patients de l’hôpital, les découragements de la part du personnel médical de temps en temps et les moqueries de certains hommes envers leurs pairs encouragent la réticence des maris à accompagner leurs femmes. Au grand désarroi de leurs épouses.

RODRIGUE MFURANZIMA (STAGIAIRE)

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