Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

Parle-moi docteur > Le cancer

Il est aussi appelé tumeur maligne

 

IMG 24Le cancer, appelé aussi tumeur maligne, est une maladie caractérisée par une prolifération anarchique (incontrôlée) des cellules au sein d’un tissu normal d’un organe donné avec un pouvoir de migrer et de s’installer vers d’autres tissus différents du tissu d’origine. Dans les lignes qui suivent, le médecin spécialiste en cancérologie relate les signes de ladite maladie, les causes, quand une personne peut aller consulter et si cette maladie est curable ou pas. 

 

Astère Manirakiza est un médecin spécialiste en cancérologie. Il fait savoir que le terme cancer est général. Les signes de cette maladie varient donc d’un organe atteint à l’autre. « Par exemple, les manifestations cliniques du cancer de la prostate ne sont pas les mêmes que celles du cancer de la peau et encore moins celles du cancer du sein. Ce qui est commun pour presque tous les cancers est ce qu’on appelle la biologie des cancers », a-t-il mentionné.Dr Manirakiza a indiqué qu’il n y a pas de causes (étiologies) proprement dites. Beaucoup ont tendance à confondre les facteurs de risques des cancers avec leurs causes. « Pourtant, il y a une nette différence. Pour qu’un cancer apparaisse, il y a une combinaison de plusieurs facteurs de risque. Beaucoup de gens disent par exemple que le tabac est la cause de plusieurs types de cancers. Mais en réalité, il s’agit d’un facteur de risque. Cela parce que toute personne qui fume ne développe pas forcément ces types de cancers. Mais le fait de fumer augmente la probabilité d’être atteint par le cancer par rapport aux non-fumeurs. En définitif, les facteurs de risques sont nombreux et varient d’un type de cancer à l’autre, mais les plus importants sont le tabac et l’alcool.

Quand est-ce qu’une personne peut aller consulter ?

Le cancérologue Manirakiza a laissé entendre que toute personne qui sent un « ça-ne-va-pas » dans son organisme devrait normalement consulter le médecin le plus proche et cela le plus précocement possible. Pour les personnes qui se connaissent à risque d’un tel ou tel autre cancer, elles doivent  faire des consultations rythmées en collaboration avec le médecin spécialiste de l’organe concerné afin de faire une surveillance dans le but de détecter le plus précocement possible une suspicion de tumeur.A la question de savoir si le cancer est curable, notre source a répondu que certains cancers sont complètement curables à condition que le diagnostic et la prise en charge (soins médicaux) soient réalisés avant les stades avancés de la maladie. D’autres en revanche ne guérissent pas complètement. On observe des périodes de rémission, période de stabilité de la maladie après le traitement, mais des récidives sont possibles dans la majorité des cas. 

Etat des lieux du cancer au Burundi

Notre interlocuteur a précisé qu’actuellement le Burundi ne dispose pas de données fiables en matière de profil épidémiologique de cancer d’autant plus qu’il ne dispose pas encore d’un registre de cancer, lui-même alimenté régulièrement par les données provenant des hôpitaux et centres médicaux où on fait le diagnostic et la prise en charge des cancers. « Ici le défi majeur est le manque ou l’insuffisance du personnel ainsi que les équipements en matière de diagnostic et/ou de prise en charge. Ici, je citerai l’unique laboratoire d’Anatomie pathologie du Centre hospitalo universitaire de Kamenge (CHUK) qui ne fonctionne pas correctement, le service de radiothérapie qui n’existe pas, l’IRM qui manque alors qu’elle est un examen clef dans le diagnostic et la surveillance  de certains types de cancers », a-t-il dit. Il a indiqué que sur 100 patients transférés qui avaient sollicité la permission pour se faire soigner à l’étranger en 2017, 23% avaient comme indication de faire l’IRM.  Selon une étude réalisée sur la période allant de 2014 à 2015 dans trois hôpitaux de Bujumbura à savoire le CHUK, l’hôpital Prince Régent Charles et la Clinique Prince Louis Rwagasore, 32% des patients, soit 70 sur 155 patients dont on a pu analyser leurs échantillons, avaient un cancer. Selon la même étude, les cancers du tube digestif occupent la première place avec 37,42% suivi du cancer du sein (12,26%) et le cancer du col de l’utérus (10,33%). Les projections de l’Agence internationale de Recherche sur le cancer (AIRC), branche de l’OMS, font état de 8 682 cas de cancer au Burundi en 2018.

Conseils prodigués à la population en général 

Le cancérologue Manirakiza a précisé que la prévention dépend d’abord du type de facteurs de risque auquel on fait face. Pour ce faire, toute personne qui a un problème de santé doit consulter le médecin le plus rapidement possible afin de détecter s’il y a une tumeur. « Il y a des cancers qui emportent la vie des gens alors qu’il y avait moyen de les éviter. C’est notamment les cancers qui se développent au dépend du foie à la suite des hépatites virales », a-t-il signalé.Notre source conseille aussi aux gens de faire vacciner les enfants tel que prévu par le ministère en charge de la santé publique car dans le calendrier vaccinal, il y a des vaccins contre certains virus qui causent les cancers ( HPV, virus de l’hépatite B). Enfin, il leur suggère de se protéger ou prendre des mesures conséquentes pour les personnes qui se connaissent à risque (arrêter de fumer, de consommer l’alcool, de se soustraire aux substances chimiques, aux radiations ionisantes, …).     

Rose Mpekerimana

Ouvrir