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FEDERATION DE FOOTBALL DU BURUNDI> Coupe du président, sixième édition

Vital’0 écrase Olympic Muremera sur un score de 5 buts à zéro

 

La Coupe du président de la République, sixième édition, a démarré le samedi 2 avril 2016. On notera pour ce tour préliminaire, la victoire écrasante de Vital’0 contre Olympic Muremera (5-0) mais aussi l’élimination d’Athletico, représentant sortant du Burundi en Coupe de la Confédération, par une équipe de troisième division, Ramba FC.

 

DSC 7940Ils étaient plus de soixante-huit clubs à prendre l’inscription, mais pour être accepté, il fallait payer deux cents mille francs de participation, quarante-huit heures avant le match. Ce qui n’a pas été fait pour certaines équipes qui, à la dernière minute, ont déclaré forfait, décidant de se concentrer uniquement sur les championnats, ont indiqué certains présidents des clubs. Pour le cas des autres clubs, c’est tout simplement par la faute des moyens financiers qui, malheureusement n’a pas été fait.
Parmi ces équipes qui ont déclaré forfait, nous pouvons notamment citer Standard, Les Lierres, AC Tanganyika, Flamengo, Volontaire, tous de Bujumbura, et la liste des équipes, qui n’ont pas payé continue.
Vital’0, qui recevait Olympic Muremera de Ngozi, s’est largement imposé sur le score de 5 buts à zéro. Dans un autre duel de Ligue A, Olympic star de Muyinga a battu l’équipe des forces armées . Muzinga, sur le score de 2 buts à zéro; Messager Ngozi, sur sa pelouse du stade Urukundo s’est imposé, 3-0, devant l’Aigle de Kigwena. Victoire également de Buja city, 2-0, devant Mwaro FC.
Sur la liste des surprises, nous commencerons par l’élimination d’Athletico, aux tirs au but par Ramba, une équipe qui vient de monter en deuxième division et de Messager Bujumbura par une équipe de Cibitoke, Buseko (0-1). Flambeau de l’Est de Ruyigi s’est incliné devant Rusizi (0-1).
Parmi les autres résultats qui nous sont parvenus, il y a le succès en déplacement de Santos de Buyenzi sur Kazoza de Muyinga (2-0), la victoire de Transport FC sur le terrain de Twikenure (3-0), Ligal’s de Kayanza a dominé Delta star de Gatumba sur le score de 4 buts à zéro, qualification d’Uhuru de Nyanza- Lac devant Flambeau de Rumonge (2-1).
Il y a des équipes qui se sont qualifiées pour le tour suivant sans avoir joué, il s’agit notamment d’Aigle Noir de Makamba, Inter star, Smart FC, Musongati de Gitega, les Crocos de Rumonge.

Kazadi Mwilambwe

 

Burundi> Revalorisation du kirundi

Les Burundais doivent savoir que le kirundi est le véhicule de notre culture

 

Dans l’esprit de promouvoir la culture burundaise, les Burundais doivent savoir que le kirundi est le véhicule de notre culture. Il ne doit pas se mélanger à d’autres langues lors des discours de circonstance ou de fêtes. Tel est le constat général des participants à la table ronde sur la revalorisation de la langue kirundi organisée le 18 mars 2016 par le département de la Documentation de la Direction Générale des Publications de Presse Burundaise via son service pressothèque. L’objectif étant de diagnostiquer la santé de cette langue, les participants ont proposé des solutions.

 

Six invités dont deux prêtres ,un cadre de l’Ong World Vision, un représentant du ministère de l’enseignement supérieur, un représentant des jeunes et un journaliste de la Radiotélévision Nationale du Burundi ont répondu présents à la table ronde sur la revalorisation du kirundi. Ces derniers soulignent l’importance du kirundi dans la promotion de la culture burundaise. L’Abbé Adrien Ntabona, ancien professeur à l’Université du Burundi et qui contribue beaucoup dans la promotion de la langue kirundi, reconnaît que de telles séances sont d’une importance capitale. Selon lui, il faut amener les Burundais à prendre conscience de la valeur du Kirundi dans la culture burundaise. Au cours des discours de circonstance ou de fête, le kirundi est mélangé à d’autres langues comme si, à lui seul, il ne se suffisait pas. Cela prouve qu’ils ne sont plus capables de s’exprimer clairement dans leur langue maternelle. Or, quand on commence à mélanger les langues, les idées ne sortent pas correctement.

Eviter le mélange du Kirundi à d’autres langues

Cette lacune est observée à travers tout le pays, ce qui devrait inquiéter tout le monde. Ici, Abbé Adrien Ntabona, un des défenseurs attitrés de cette langue donne une orientation. Selon lui, pour que le kirundi soit valorisé et prenne la place qu’il lui faut, beaucoup d’acteurs doivent intervenir. Il évoque notamment la famille, le ministère de l’Education nationale, les médias ainsi que les pouvoirs publics. Dans la famille, les enfants doivent être éduqués dans le respect de nos valeurs. Le kirundi étant leur principal outil de communication, la maîtrise de celui- ci sera un atout pour le pays. Il faudrait en outre renouer avec l’ancienne coutume qui, le soir, autour du foyer familial, les parents racontaient à leurs enfants des contes et des dictons.

La famille, les médias et les pouvoirs publics pourraient révolutionner le kirundi

Le ministère en charge de l’éducation quant à lui devrait augmenter le volume horaire du cours de kirundi dans les écoles. Cela amènerait les élèves à accorder plus d’importance à leur langue maternelle. En plus, il faut encourager les élèves à rédiger des poèmes ou des pièces de théâtre en kirundi. De cette manière, ils pourront développer en eux l’amour de leur langue. Les panelistes citent aussi les médias et les autorités gouvernementales comme vecteurs dans la promotion du kirundi. Dans leur mission d’informer, de former et d’éduquer, les médias doivent s’investir dans la revalorisation du kirundi. Ils doivent éviter de mélanger le kirundi à d’autres langues notamment lorsqu’ils s’expriment en public. Comme ils sont écoutés par un grand public, ils peuvent chaque fois interpeller les Burundais à s’attacher à leur langue. Les autorités gouvernementales, quant à elles, doivent fournir des efforts lors des discours officiels, pour ne pas mélanger le kirundi à d’autres langues. Quant aux journalistes, ils sont eux aussi écoutées par un grand public. Le moindre dérapage peut influencer négativement la population. A ce sujet, l’Abbé Simon Ruragaragaza, un des panelistes conseille à l’un ou l’autre de préparer soigneusement son discours avant de s’adresser au public.
Le discours ne s’improvise pas, il se prépare. Ce prélat fait remarquer que s’exprimer en kirundi est devenu un casse-tête. Bien qu’il soit enseigné depuis longtemps dans les écoles, il n’a pas beaucoup évolué. Pour comprendre cet état de fait, il faut interroger le passé. Pendant plus de 40 ans, les missionnaires utilisaient couramment le mot mungu au lieu d’imana. En 1945, Michel Ntuyahaga, un des premiers prélats burundais à cette époque, écrit une lettre aux missionnaires pour leur demander que le kirundi soit écrit comme il se parle normalement. Il ne trouve pas de réponse. En 1951, il écrit une autre sans succès. Les missionnaires avaient remarqué qu’il voulait qu’on utilise Imana au lieu de Mungu. Vers les années 60, ils lui signifient qu’il veut tout simplement réclamer l’indépendance du Burundi. Dès les années 40, le kirundi était enseigné dans les écoles. Même les sœurs blanches n’ont pas effacé notre langue dans l’enseignement. Elles parlaient et aimaient le kirundi. Toutefois, il n’a pas connu une grande évolution. Il faudra attendre la venue de l’ Abbé Jean Baptiste Ntahokaja pour promouvoir cette langue. Ses recherches ont révolutionné l’enseignement du kirundi dans toutes les écoles du Burundi. Pour la toute première fois on a introduit des accents en kirundi. Il avait même trouvé un accent circonflexe.

Malgré les recherches, le kirundi n’a pas toujours été valorisé.

Comme notre technologie n’est pas avancée, beaucoup de ses recherches n’ont pas été valorisées faute de clavier en kirundi. Malgré tous ses efforts, il semble que les Burundais n’ont pas toujours accordé au kirundi la place qu’il lui faut. En suivant les radios, on peut déceler que les Burundais ne connaissent pas le kirundi. Dans les communiqués lus par les journalistes, on sent que ces derniers prononcent difficilement les noms des hommes ou des localités. Avec l’indépendance du Burundi, on a changé Usumbura en Bujumbura mais le constat général est que les Burundais n’ont pas toujours valorisé leur langue. Pour en revenir sur la technologie qui nous fait toujours défaut, Fidèle Niyindagiye, chargé de la promotion de l’éducation à l’Ong World Vision tranquillise, dit que les machines peuvent être confectionnées pour le kirundi à l’instar de l’arabe qui est difficile à écrire mais qui actuellement se trouve sur le clavier. Il suffira d’avoir des moyens financiers et surtout d’engagement ferme à le faire. Au Burundi, on enseigne les accents kirundi (utwatuzo) depuis la 7ème année jusqu’à la fin des humanités, mais on se demande si réellement les élèves intériorisent cette matière. Il est fort probable que les enseignants du kirundi ne sont pas bien préparés. Une enquête menée en 2011, dans les écoles primaires a démontré que 39/ 100 des élèves de la 2ème année primaire ne savaient pas lire le kirundi. Or, c’est à partir de cette année que l’élève doit assimiler sa langue. Au ministère de l’Education nationale, une commission chargée de la revalorisation du kirundi a été mise en place. Cependant, les résultats tangibles tardent à avoir les effets escomptés.

La langue, le sentiment d’appartenir à un même territoire, éléments clés qui fondent la Nation.

Les Burundais qui pensent qu’ils parlent le kirundi, alors qu’ils font un mélange inconvenant des langues doivent désormais se corriger. Journaliste et ancien enseignant du Kirundi au Lycée du Saint Esprit, Pascal Butoyi n’en revient pas. Dans les chansons, les jeunes musiciens burundais font des comparaisons qui n’ont pas de sens. Selon lui, il faudra rédiger beaucoup de livres en kirundi, inciter même les étrangers à s’exprimer en cette langue. L’ancien chef d’Etat tanzanien Julius Nyerere qui avait mieux compris que la langue est un élément important dans la culture d’un pays, avait fait du kiswahili la langue nationale de la République Unie de Tanzanie. Les Rwandais, eux, ont compris depuis longtemps, la valeur de leur langue maternelle. A l’école ou au service, la diaspora rwandaise pouvait s’exprimer en langues étrangères. En famille, ils s’exprimaient uniquement en kinyarwanda. Une façon d’inculquer à leurs enfants les valeurs du Kinyarwanda. La langue, le sentiment d’appartenir à un même territoire, étant des éléments clés qui fondent la Nation, il importe de sauvegarder le kirundi pour l’honneur de la Nation burundaise.
Déo Nduwimana
Pressothèque

 
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