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CNO > Participation à la troisième édition des Jeux africains de la jeunesse

Cinq médailles sont rentrées au Burundi

 

IMG 327Le Burundi a participé aux Jeux africains de la jeunesse qui se sont déroulés à Alger en Algérie du 18 au 28 juillet 2018. Les disciplines représentées à ces jeux étaient  entre autres : le karaté, le judo, l’athlétisme, le tennis de table, la natation et les luttes associées. Cinq médailles dont 3 médailles d’argent et 2 de bronze sont rentrées au Burundi. Le Burundi s’est démarqué et vient après le Kenya et l’Ethiopie dans la sous-région. Cela a été dit par Salvator Bigirimana, le secrétaire général du Comité national olympique (Cno). La rédaction du quotidien s’est rendue à l’aéroport international de Bujumbura le mardi 31 juillet 2018 pour accuellir ces ambassadeurs du Burundi. 

 

Après Rabat 2010 et Gaborone 2014, Alger vient d’accueillir la troisième édition des Jeux africains de la jeunesse (Jaj), du 18 au 28 juillet 2018, lesquels jeux  étaient réservés aux athlètes de moins de 18 ans et qualificatifs pour les Jeux olympiques de la jeunesse de Buenos Aires (6-18 octobre 2018). Trois mille garçons et filles âgé(e)s de 14 à 18 ans, issu(e)s de 54 pays, étaient à Alger, la capitale de l’Algérie, pour prendre part aux troisièmes Jeux africains de la Jeunesse (JAJ), du 18 au 28 juillet 2018.

C’est une satisfaction pour le Burundi et pour ces jeunes

Godefride Hakizimana, la secrétaire permanente au ministère de la Culture et des sports a félicité les jeunes qui ont représenté le pays pour la façon dont ils se sont donné corps et âme pour pouvoir décrocher les médailles. Elle leur a demandé de conjuguer plus d’efforts pour continuer à décrocher d’autres médailles. Elle a indiqué que c’est un grand honneur pour le pays, pour les athlètes eux-mêmes, pour les fédérations qui les ont préparés, et pour le Comité national olympique qui a aidé pour qu’ils puissent participer à ces jeux. Mme Hakizimana a promis que le gouvernement va continuer dans la même voix d’aider la jeunesse pour qu’elle franchisse un autre pas. Elle demande aux fédérations de continuer à travailler en franche collaboration avec le ministère de la Culture et des sports pour que les talents de ces jeunes soient détectés et exploités. Elle a ajouté que le niveau du Burundi dans de tels jeux est satisfaisant car, se classer dans les deuxièmes ou troisièmes places  est un grand pas. 

Le gouvernement burundais doit être remercié

Pour le secrétaire général du Cno, la particication du Burundi aux Jeux africains de la jeunesse a été un succès tout au début. Salvator Bigirimana a dit que les enfants se sont bien préparés avec l’aide de Solidarité olympique via le Cno où nombreux des 25 athlètes qui ont représenté le pays ont bénéficié de cette aide à partir du 1er septembre 2017. Pour lui, le premier succès est  que c’est la première fois que le Burundi a un nombre aussi important d’enfants qui bénéficient de cette aide. «La deuxième chose est que ces enfants provenaient des fédérations variées. Pour l’athlétisme, nous avons été représentés par 8 athlètes dont 4 garçons et 4 filles ; même chose pour le judo ; Cyclisme : trois filles ; Karaté : deux garçons ; Tennis : un garçon et une fille ; Lutte associée : un garçon et Natation : un garçon. Donc, en tout c’est 25 athlètes ». M. Bigirimana a ajouté que sur le plan préparation, les enfants étaient bien habillés, bien équipés et ils étaient assurés. Il a réiteré ses sincères remerciements au gouvernement pour sa contribution car, dit-il, payer les billets pour 25 athlètes et 10 officiels, ce n’est pas chose facile. Il  a signalé qu’en plus de la préparation, des équipements, le Cno en collaboration avec le gouvernement, a donné l’argent de poche aux athlètes et aux officiels.

Les résultas étaient satisfaisants

Concernant les résultats, M. Bigirimana a fait savoir qu’ils sont satifaisants. « Au tennis de table, tous les deux ont décroché les médailles d’argent et c’est très bien. Au karaté, une médaille d’argent et une médaille de bronze. C’est un grand honneur de voir un karatéka burundais éliminer le vice-champion du monde. L’equipe de Judo a décroché une médaile de bronze. En athletisme aussi, la présence du Burundi a été très remarquable », a-t-il indiqué. Il n’a pas oublié de signaler que le Burundi s’est classé troisième dans la sous région après le Kenya et l’Ethiopie, pays traditionnellement reconnus sur l’echiquier mondial. Occuper la 25e place sur 54 pays dans une compétition où l’on trouve des pays qui amènent plus de 300 athlètes, c’est une satisfaction pour le Burundi.     

Olivier Nishirimbere

 

ART> Cinéma burundais

L’avenir est prometteur malgré les défis

 

DSC 2058Des sources s’accordent pour dire que le cinéma burundais est un secteur jeune qui se cherche encore. Elles font remarquer aussi que ce secteur a beaucoup de forces et que son avenir est prometteur malgré les défis.  

 

Selon Jean Richard Niyongabo alias Tuguru, le cinéma est l’une des branche de la culture au Burundi mais qui n’est pas assez développé malgré les efforts des différents intervenants. Il a souligné que, par rapport aux années passées, le cinéma burundais connait des progrès. Il a salué les initiatives des jeunes qui ont créé des associations pour produire un film. Il a cité notamment Tous ensemble, Gift focus studio et KMM films. Il s’est réjoui que le Festicab reçoit plus de films chaque année et des films réalisés avec des techniques modernes. Il a souligné que le cinéma burundais a été développé grâce aux formations organisées par le Festicab ou le Collectif des producteurs pour le développement de l’audiovisuel et du cinéma du Burundi (Coprodac). « Les différents intervenants dans secteurs du cinéma au Burundi sont à l’œuvre mais ont besoin d’être soutenus pour que le secteur soit développé davantage», a-t-il dit.

Seuls les passionnés du métier peuvent continuer

M. Niyongabo est un acteur-réalisateur depuis dix ans. Différents films dont «Après la pluie » (prix meilleur rôle masculin Festicab 2015), « Les gros cailloux» (prix mention spécial du jury Festicab 2016), « Smile » (tourné en Égypte), etc. sont inscrits à son actif. Il a fait savoir que le fait qu’il a des cinéastes burundais qui ne prospèrent dans le métier est dû à plusieurs facteurs. « Il y a ceux qui commencent avec des illusions des profits rapides et qui se découragent rapidedment comme ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent au bout du compte. Il y a aussi ceux qui manquent du matériel et qui se rendent compte que ce n’était qu’une perte de temps. Seuls les passionnés du métier peuvent continuer grâce à leurs sacrifices», a-t-il dit. Selon lui, le cinéma est un meilleur moyen pour transmettre ses idées. «Grâce au cinéma, j’ai pu étudier deux ans à l’université et participer à des formations à l’étranger. Le fait de voir mes films primés m’a donné le courage de continuer cette carrière», a-t-il souligné. M. Niyongabo a indiqué que les défis du cinéma burundais sont liés au manque de formation ou de moyens financiers et matériels pour faire de bonnes productions. « Personnellement, mon propre matériel me fait défaut. On travaille sans garanti de récupérer l’argent engagé et encore moins d’en tirer bénéfice», a-t-il dit. Il a expliqué que ce manque de moyens oblige à une seule personne d’exécuter plusieurs métiers du cinéma, ce qui influe sur la qualité des productions. Toutefois, il s’est réjoui du pas déjà franchi et espère qu’une industrie cinématographique est possible au Burundi. « Il faudrait que les différents intervenants dans le secteur travaillent en synergie. Il faudrait aussi que le ministère de la Culture et des sports soutienne vraiment le secteur et qu’il ait la création d’un cabinet chargé du cinéma, je l’ai vu au Burkina-Faso. Il faut aussi des initiatives des personnes sponsors», a-t-il dit. Il a conseillé les jeunes intéressés par la carrière dans le domaine de l’audiovisuel de postuler dans des compétitions comme celle organisée par le Festicab chaque année.  

L’école de cinéma serait une meilleure opportunité

DSC 2025Francine Munyana, cinéaste-réalisatrice burundaise et directrice du Festival international du cinéma et de l’audiovisuel du Burundi a indiqué que le cinéma burundais est encore jeune. «Nous nous cherchons encore mais bien évidemment il avance depuis les années 2000. Il y a l’émergence des jeunes qui commencent à faire des films, ce sont notamment des jeunes qui ont étudié à l’université lumière de Bujumbura et qui ont continué dans le domaine de l’audiovisuel. Ils font des filme de création. Ils se débrouillent bien. Nous le constatons par le nombre de films que nous recevons au Festicab, chaque années le nombre de films augmente», a-telle indiqué. Concernant la formation dans le domaine du cinéma au Burundi, Mme Munyana a expliqué que l’université Lumière de Bujumbura dispense des cours dans la branche de l’audiovisuel mais que ce n’est pas une école de cinéma. « La meilleur opportunité qu’on pourrait avoir ici au Burundi serait une école de cinéma qui pourrait former des cinéastes et donner des cours entièrement réservés au cinéma. L’audiovisuel est un domaine très vaste, l’idéal serait d’avoir une école spécialisé dans le cinéma. Ainsi, les jeunes qui sont passionnés par ce métier pourraient aller à cette école et on serait sûr d’avoir des productions audiovisuelles bien faites», a-t-elle dit. 

Au Burundi, les cinéastes sont considérés comme des journalistes

Selon la même source, il y a aussi des jeunes cinéastes qui sont formés sur le tas. « Il y a des jeunes très passionnés qui font des films malgré le manque d’argent pour le faire ou de formation assez suffisante. Ils n’ont pas fait l’université mais, ils se forment grâce aux petites formations de deux semaines. Certains de ces jeunes n’ont même pas bénéficié de ces petites formations mais par passion, ils arrivent à produire. La formation c’est quelque chose d’important et de primordiale pour prétendre être cinéaste», a-t-elle souligné.Il y a quelques cinéastes burundais qui vont dans les autres pays mais selon la directrice du Festicab, les raisons qui les poussent à partir ne sont pas seulement liées au fait qu’ils ne peuvent pas faire du cinéma au Burundi. « Je connais ceux qui sont partis pour étudier. Ils font trois  ou une année de formation professionnelle et reviennent au pays pour continuer à faire des films. D’une manière générale, je ne dirais pas qu’il y a beaucoup de jeunes du domaine de l’audiovisuel qui partent à l’étranger pour faire des films», a-t-elle souligné. Elle a indiqué que les cinéastes burundais sont toujours considérés comme des journalistes. « Il y a une politique de l’audiovisuel mais les cinéastes burundais n’ont pas encore des lois qui les régissent directement comme tel mais d’une manière générale, nous sommes satisfaits. Nous espérons qu’à l’avenir, il y aura des lois spécifiques aux cinéastes», a-t-elle dit.

La volonté des jeunes cinéastes compte

Mme Munyana a suggéré qu’il y ait un fonds pour soutenir les jeunes cinéastes car, il y a beaucoup de scénarios dans les tiroirs qui ne demandent qu’à être produits. « On espère qu’on aura un jour un fonds pour pouvoir par exemple faire un film d’auteur par an et faire un concours. Il y a beaucoup d’histoires à raconter ici au Burundi», a-t-elle suggéré. Elle a expliqué qu’il y a beaucoup de films burundais bien qu’ils ne soient pas connus. Elle a fait savoir que dans le cadre du Festicab, on compte plus de cinquante films burundais. «Pour que les Burundais connaissent ces films, il faut que ces derniers soient diffusés mais, ce lien entre le diffuseur et le réalisateur et le producteur n’est pas encore assuré. Tous les métiers du cinéma se rencontrent sur une seule personne. L’idéale serait que de l’idée originale à la diffusion, il y ait un distributeur du film. Il y a aussi le fait que la RTNB qui devait acheter les droits pour diffuser ces films n’en a pas les moyens et les réalisateurs qui refusent de donner leurs films gratuitement. Ainsi, les Burundais ne peuvent voir que des productions étrangères. C’est un grand défis mais on espère qu’un jour il sera levé», a-t-elle dit. Selon Francine Munyana, il y a un programme de projection mobile dans les quartiers pour surmonter ce problème de diffusion et dire aux Burundais qu’il y a bel et bien des productions burundaises.Selon notre interlocutrice, l’avenir du cinéma burundais est prometteur malgré les défis. « Je serais peinée de voir que les cinéastes sont toujours les mêmes après des générations. Je suis une nouvelle tête de cette génération de cinéastes et après moi, je commence à voir de nouvelles têtes. C’est un plaisir de voir un jeune qui ose faire un film sans moyens. C’est surtout cette volonté qui compte et avec le concours de chaque personne, artistes cinéphiles et des amoureux du cinéma, on pourra fait des films extraordinaires et faire connaître le Burundi au monde entier», a conclu Francine Munyana. 

Grâce-Divine Gahimbare

 
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