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Art > Rôle de la musique

Pérenniser et renforcer notre culture

 

DSC 0015Hormis les clubs culturels qui ont lutté contre vents et marées pour garder la saveur musicale et chorégraphique burundaise, plus de 80% des autres chanteurs/musiciens ont tout simplement dévié de ce devoir. La modernisation de notre musique n’a pas suivi les échelons artistiques que nous avions tous souhaités. Tels sont les propos tenus par Mgr Justin Baransananikiye, directeur de l’Institut de musicologie de Gitega lors d’un entretien accordé à notre rédaction.   

 

D’un seul bond, la musique burundaise s’est retrouvée face à des productions musicales qui s’écartent de l’expression traditionnelle, conséquence évidente du manque d’encadrement ayant la vision d’accorder  la priorité à nos valeurs culturelles. D’un seul bond, la musique burundaise s’est retrouvée face à des productions musicales qui s’écartent de l’expression traditionnelle, conséquence évidente du manque d’encadrement ayant la vision d’accorder  la priorité à nos valeurs culturelles.  

Absence d’un cadre compétent de recherche en ethnomusicologie

D’après Justin Baransananikiye, la musique burundaise moderne, tout comme les musiques des autres pays africains, a aussi subi les grandes influences imposées par les styles étrangers que nous pourrions qualifier de « forts », car dominant le marché de la chanson depuis bien des décennies. Le problème particulier qu’elle a rencontré est surtout l’absence d’un cadre compétent de recherche en ethnomusicologie au sein de notre patrimoine musical national, que les chanteurs/musiciens burundais auraient dû entreprendre depuis longtemps pour sauvegarder une création originale. Bref, la musique burundaise a essentiellement évolué sur base d’imitations de musiques puisées ailleurs.Bien avant 2015, la présence et le positionnement de la musique burundaise moderne originale sur les podiums interafricains et internationaux étaient quasi inexistants. « Nous n’avions et n’avons toujours rien à vanter comme œuvres représentatives de notre art musical propre comme le font les Guinéens, les Sénégalais, les Congolais, les Ivoiriens, et plusieurs autres peuples du continent noir ». La prise de conscience culturelle chez nous a tardé à se mettre en marche. Et voilà 2015 qui vient déclencher une fuite de talents musicaux non encore ancrés dans la vision de promotion et de sauvegarde de leur propre culture, mais cherchant toujours à s’affirmer au travers des styles musicaux empruntés à d’autres peuples, a-t-il ajouté. Pour notre interlocuteur, il est grand temps d’organiser et d’entreprendre des travaux de recherche au sein de l’Ethnomusicologie burundaise auxquels doivent obligatoirement être associés les chanteurs/musiciens burundais. 

Sauvegarde de notre identité         

« Il n’y a pas d’autre alternative si nous désirons progresser vers la guérison de nos infirmités en matière de promotion de notre véritable musique qui pourrait alors servir comme fondement d’une pérennisation de notre culture ». Tant que les musiciens burundais continueront à être laissés à eux-mêmes, sans encadrement culturel adéquat, sans programme national clairement défini en vue d’une recherche pour la sauvegarde de notre identité dans tous les arts, sans avoir accès à la formation dans les facultés de musique qui leur ouvriraient les horizons de la connaissance de la musique dans toute son étendue, rien ne pourra réussir, a souligné Mgr Baransananikiye.Le monde entier vibre actuellement à la vitesse d’une vision universelle des        « musiques du monde ». Des recherches approfondies sont menées au sein des entités socioculturelles de tous les pays pour développer de nouvelles musiques englobant le traditionnel et le moderne, d’où l’expression « chansons tradi-modernes » justement désignées pour pérenniser la culture des peuples. Le Burundi n’a jamais conçu de programme approprié pour organiser scientifiquement ce travail, et les artistes ne peuvent que travailler en tâtonnant.

La formation de nos musiciens est primordiale

« Comment pourrions-nous prétendre lutter et œuvrer pour la pérennisation de notre culture par le biais de la musique moderne, tant que nous continuons à refuser de revenir à nos propres valeurs culturelles, à nos chants traditionnels, nos instruments, nos danses ? », s’est interrogé notre source. Nous suggérons au ministère ayant la culture dans ses attributions de changer de stratégie en inaugurant une nouvelle ère de formation obligatoire des chanteurs/musiciens burundais afin de les préparer aux travaux de recherche à entreprendre, a précisé Justin Baransananikiye. Selon lui, ce n’est pas la musique moderne en soi qui constitue une cause de disparition progressive de la culture burundaise. « C’est plutôt le manque de formation de nos artistes qui est à la base de cette déviation. Que le ministère  en charge de la culture réserve une part de son budget pour supporter les frais d’études de certains musiciens performants ayant terminé le Lycée, et aussi pour l’organisation de nombreux ateliers de promotion bien conçus et ciblés.                                         

Yvette Irambona

 

Musique> L’apport de la publicité

Elle revêt une importance capitale pour les musiciens

 

IMG 5051La musique est très importante dans la relation publicitaire puisqu’elle donne des informations. Sachant que la publicité est une forme de communication ayant pour but d’inciter les gens à faire quelque chose, la rédaction du quotidien d’information Le Renouveau s’est entretenue ce jeudi 15 novembre 2018 avec un musicien dans le but de savoir quel est l’apport de la publicité dans la promotion de la musique. 

 

Dans un entretien avec Arnaud Ndayizeye connu sous le surnom d’Arnovic, un chanteur burundais, il a indiqué que la publicité est d’une importance capitale pour les musiciens. Ceci pour faire connaître leurs talents. Il s’agit d’une façon de vendre son œuvre car, à travers la publicité bien faite, on peut gagner beaucoup surtout dans des concerts organisés ici et là. Une publicité bien réussie apporte beaucoup et permet de faire sortir d’autres chansons, a dit M.Ndayizeye.Les chanteurs burundais, ne s’intéressent pas  beaucoup à la publicité car ils la considèrent comme une façon de leur soutirer de l’argent. Même s’il y en a qui ont compris que la publicité les aide à se faire connaître et faire connaitre leur travail, les autres méritent d’être sensibilisés sur les bienfaits de la publicité, a signalé M. Ndayizeye. Il dit que, pour lui, il essaie de s’organiser avec ses amis chanteurs comme lui, ils mettent ensemble tout l’argent nécessaire avant de lancer un concert, ils prévoient un mois de publicité pour essayer d’attirer l’attention de ceux qui les suivent. Ils font cela ensemble car s’ils le font individuellement, cela demande un très grand capital alors qu’ils ne l’ont pas.Il a fait savoir que le problème des chanteurs burundais est qu’ils n’ont pas d’argent et cela les freine dans leur travail. Certains d’entre eux sont toujours sur le banc de l’école ou sont des chomeurs, ce qui fait qu’ils ne pensent même pas à faire la publicité de leur musique. Ils demandent aux propriétaires de grandes sociétés de soutenir les artistes chanteurs, comme on le fait dans les autres pays de la sous-région, afin de promouvoir la musique burundaise. 

Sonia Busogoro (Stagiaire)

 
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