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ART> Première édition du Festival Vuga

Pour la promotion de l’art oratoire

 

DSC03021Le Collectif « Jewe slam » organise, du 3 au 6 juin 2019 dans la municipalité de Bujumbura, le festival intitulé « Vuga ». Des ateliers et une exposition sont programmés en faveur des jeunes slameurs. 

 

En marge du Festival « Vuga », des activités sont prévues à l’Institut français du Burundi (IFB) et dans toutes les communes de la municipalité de Bujumbura.Lors de l’entretien accordé à la rédaction du quotidien « Le Renouveau », le coordinateur du Collectif jewe slam, Junior Adasopo, a indiqué que des ateliers et une exposition sont programmés en faveur des jeunes slameurs et photographes. D’après lui, il est prévu des babel slams dans certains lieux de la capitale. Dans la commune Muha, cet événement a été tenu au quartier Kanyosha (Ku masanganzira) tandis qu’il se tient le vendredi 5 juillet 2019 au Centre jeunes Kamenge en commune Ntahangwa et le samedi 6 juillet 2019 à la Place de l’Indépendance en commune Muha. Il est également prévu des soirées concerts à l’IFB, selon toujours le coordinateur du Collectif « Jewe slam ». Les slameurs des Grands lacs ont organisé cette activité le jeudi 4 juillet 2019, tandis que la soirée « Femmes » est prévue le vendredi 5 juillet 2019 de 18 h à 20h et le slam musique sera organisé le samedi 6 juillet 2019.Le but de ce festival, selon M. Adasopo, est de promouvoir l’art oratoire en général. Il s’agit aussi de promouvoir le slam au sein de la société burundaise et de permettre aux jeunes la liberté de s’exprimer afin de sortir de leur cadre habituel. Ce festival vise aussi la cohésion sociale pour rassembler les gens et contribue à la politique de parité genre. C’est également la revalorisation de l’art oratoire après avoir constaté que le slam et la poésie burundaise sont relégués au dernier plan  et tendent à disparaître, a-t-il souligné. M. Adasopo a expliqué que le mot «Vuga» signifie «parle» en français car, les slameurs ou les poètes extériorisent leurs pensées lyriques en parlant. Il convient de faire savoir que le coup d’envoi de ce festival a été lancé le lundi 3 juillet 2019 à l’IFB par le début des ateliers. Il réunit les jeunes de diverses nationalités.

Eric Mbazumutima

 

LE KIRUNDI> Des actions défavorisant sa promotion

Le développement est quasi impossible si on ignore la langue maternelle

 

DSC 3333La Constitution du Burundi promulguée en date du 7 juin 2018, en son article 5, reconnaît le Kirundi à la fois comme la langue nationale et langue officielle. Cependant, certaines actions défavorisent sa promotion. Le professeur Denis Bukuru, linguiste enseignant à la Faculté des langues et sciences humaines à l’Université du Burundi affirme que le développement durable n’est pas possible aussi longtemps que les Burundais n’accordent pas plus d’importance à leur langue. 

 

Plusieurs activités montrent bel et bien  que les Burundais accordent peu d’importance à leur langue. C’est le constat de la rédaction du journal Le Renouveau après avoir parcouru certains lieux de la municipalité de Bujumbura.Dans les milieux tant publics que privés, rare est de trouver des affiches en Kirundi alors que la majorité de la population ne parle que cette langue. On peut également citer le faible temps de parler, lire et écrire le Kirundi tant dans le milieu scolaire qu’au niveau familial.

Le linguiste Denis Bukuru s’exprime sur cette problématique

Parlant à ce sujet, le professeur Dénis Bukuru regrette le fait que les Burundais  considèrent leur langue comme pauvre en vocabulaire, raison pour laquelle, selon lui, les procès verbaux sont rédigés en français alors que les réunions ont eu lieu en Kirundi. En plus, il ne comprend pas pourquoi lors des préparatifs des fêtes, les invitations sont en français alors que tous les discours sont parlés en Kirundi. « C’est aussi fort incompréhensible de voir même un coiffeur de la région la plus reculée de la ville se donne la peine de se faire des publicités en français alors que la négociation ne se fait qu’en Kirundi ».Pour ce professeur, c’est paradoxalement acceptable de voir une pancarte d’un projet de développement rédigée en français et érigée au milieu d’un champ de bananeraies à l’intérieur du pays où toute la population ne parle que le Kirundi. « Cela montre l’importance minime qu’on attribue au Kirundi, une langue considérée depuis longtemps comme une langue à oralité et non d’écriture ». Pour ce dernier, il n’est pas trop tard de revaloriser notre langue maternelle, tout simplement cela dépendra de la volonté de tout un chacun.                                         

Moise Nkurunziza

 
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