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ART> Le secteur cinématographique au Burundi

Une bonne politique de gestion des œuvres est l’un des défis

 

Arthur Ban, comédien réalisateur burundais qui travaille pour la compagnie de théâtre «Umunyinya» a déjà réalisé trois films. Il a accordé un entretien au journal Le Renouveau le mardi 3 avril 2018 au cours duquel il a parlé des défis rencontrés par les jeunes cinéastes burundais. 

 

Arthur Ban a trois films à son actif. Le premier intitulé «Umutwe w’inkuba» a deux parties. La première partie de 68 minutes est sortie en 2015 et la seconde de 66 minutes en 2017. « C’est un film qui évoque les droits des enfants en général et les droits des orphelins en particulier. Le film traite aussi de la complémentarité entre les cultures parce que c’est un film qui montre aussi les arts martiaux chinois, ce qu’on appelle le « wushu » ou le « kung fu » dans les termes les plus connus», a-t-il indiqué. Il a également produit un court métrage de 9 minutes intitulé « Arrêtez Elsie » qui a été produit en 2014. Le 3e film est aborted vow, un court métrage produit qui a participé à la 9e édition du Festicab. Il a souligné qu’il a produit d’autres films en collaboration avec différents cinéastes burundais dont des courts métrages ainsi qu’un long métrage.


Le manque de moyens freine la création du travail

Selon lui, parmi les trois films ci-mentionnés, «Umutwe w’inkuba» a connu plus de succès. «Nous n’avons pas fait de statistiques mais, nous pouvons nous référer aux différents commentaires que nous entendons quand nous réalisons des projections ou à travers les réseaux sociaux ou les autres médias que nous utilisons pour la diffusion de nos films. Il y a beaucoup de gens qui connaissent le film et nous avons reçu beaucoup de commentaires qui nous rassurent qu’il y a des jeunes qui ont aimé le film», a-t-il souligné. Il a fait savoir que du fait que, dans le domaine du cinéma burundais, on ne fait pas une diffusion bien assurée, il y a des gens qui ne sont pas sur le sol burundais mais qui ont déjà vu le film «Umutwe w’inkuba ». «Nous n’avons jamais vendu le film à l’extérieur du Burundi mais, il y a des étrangers qui connaissent le film ou qui le réclament pour le voir. C’est bénéfique pour nous car, on voit au moins qu’il y a des talents au Burundi auxquels on peut faire appel en cas de besoin d’une main-d’œuvre mais, cela a aussi des inconvénients dans la mesure où l’on continue de consommer nos œuvres gratuitement», a-t-il expliqué. Partant de son expérience des moyens qu’il utilise pour réaliser un film, son constat est qu’on met beaucoup de moyens dans la production d’un film que ce qu’on peut gagner en retour. « Ce qui est important est juste de voir à quel degré le public aime le film ou à quel niveau les gens vont apprécier le travail qu’on a fait. Sinon par rapport aux moyens, nous ne sommes pas toujours certains de récupérer l’argent utilisé sans parler de bénéfice matériel escompté», a-t-il dit. Il a expliqué que le producteur du film est contraint d’utiliser le peu de moyen dont il dispose car, il y a peu de gens qui acceptent d’investir dans un film. Ce manque de moyens financiers, selon notre interlocuteur, limite la création du travail, car, certains métiers autour d’un film sont exercés par une seule personne. « La plupart du temps, nous nous mettons ensemble avec des gens qui ont une certaine expérience. Une personne peut faire deux métiers ou trois et ce n’est pas tout le monde qui peut travailler dans ces conditions», a indiqué Arthur Ban. Il a précisé qu’il est possible d’offrir du travail à plusieurs personnes quand il s’agit d’un film de commande car, on engage une équipe technique en plus des comédiens. 

La diffusion est limitée

Notre interlocuteur a déploré le fait qu’il n’y ait pas assez de diffuseurs au Burundi. « La diffusion que nous faisons est limitée à la projection dans les salles, nous proposons des événements nous-mêmes, les gens payent à l’entrée ou bien nous vendons les DVR. Ce qui est regrettable mais qui ne peut pas nous empêcher de continuer notre travail. Nous espérons qu’on pourra trouver un autre diffuseur au pays ou à l’étranger», a-t-il indiqué. Il a expliqué que la diffusion des œuvres cinématographiques burundaises à la télévision nationale est problématique. Il a expliqué qu’alors que la télévision devrait payer les redevances pour ces œuvres, il est demandé aux réalisateurs de payer pour que ces œuvres soient divisées. «C’est paradoxal, nous ne pouvons pas diffuser de cette manière», a-t-il dit.                   Selon notre interlocuteur, les grands défis rencontrés par les jeunes cinéastes burundais sont notamment le manque de moyens, l’absence du diffuseur et le manque d’une bonne politique de la gestion des œuvres ainsi que le désintéressement de la population. «Le gouvernement, les médias, les cinéastes et le secteur privé doivent se mettre ensemble et trouver la solution à ces défis», a-t-il conclu.    Grâce-Divine Gahimbare

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