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CINEMA BURUNDAIS > Sa diffusion et l’engouement du public

Des défis dont la résolution exige le concours de tout un chacun

 

Lors de la conférence de presse sur la 10e édition du Festicab le mardi 27 mars 2018, les différents participants se sont exprimés sur le cinéma burundais, notamment en ce qui concerne la diffusion de celui-ci et l’engouement que le public burundais lui porte. 

 

 

« Concernant la diffusion des œuvres des jeunes cinéastes burundais, nous avons l’impression que les Burundais ne regardent pas les films burundais. L’Institut français fait des efforts pour mettre en place une salle de projection mais il y a d’autres canaux, notamment la télévision. Nous voyons des cinémas d’ailleurs comme de la Tanzanie, du Nigéria. Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour qu’on commence à voir sur nos écrans les œuvres produits par les jeunes burundais ?». Le débat autour du cinéma burundais est parti de cette question de Christian Nsavye de la radio Isanganiro. 

Le problème se pose presque partout en Afrique

DSC01173Selon Diane Kaneza, responsable de la programmation au Festicab, il y a quelques salles de cinéma notamment à l’Institut français du Burundi, au Centre jeunes Kamenge et à l’Alliance française de Gitega, mais la question primordiale est pourquoi les gens ne vont pas dans ces salles.           « C’est un problème qui ne se pose pas seulement au Burundi, il se pose presque partout en Afrique. Nous avons un problème d’aller voir nos films. On dirait que le public n’aime pas ce qui vient de chez lui, ce qui est différent de la situation au Nigéria ou en Tanzanie par exemple : les gens achètent les films de chez eux. Les Burundais n’achètent pas les films de chez eux, ce qui est dommage parce que le jeune qui s’autoproduit a pris dans sa poche et la production est très chère. Quand il n’y a pas de retombée en retour, il ne pourra pas continuer à produire», a déploré Diane Kaneza.  Elle a souligné que le Festicab est un diffuseur et qu’il donne la visibilité. « Est-ce que c’est le rôle du Festicab d’aller vers la Radio-télévision nationale et d’exiger d’elle la diffusion des films burundais ? Nous sommes en train de voir comment la RTNB peut par exemple diffuser des films burundais. Je suis moi-même réalisatrice, mais nos films sont vus ailleurs parce que la Télévision nationale du Burundi n’a pas les moyens d’acheter ces œuvres. Il est temps que les Burundais croient d’abord qu’ils ont des gens talentueuses et qu’ils se disent qu’il est important de faire leur promotion», a-t-elle dit. Selon Diane Kaneza, il y a un problème de distributeur au Burundi. Elle a demandé aux journalistes d’être des porte-voix pour annoncer qu’il y a un film qui est sorti et inviter le réalisateur sur le plateau. « C’est aussi votre rôle de nous aider à faire la promotion de nos films dans un premier temps et quand il y aura des distributeurs, il y aura vraiment une chaîne de production complète», a-t-elle dit.  Arthur Ban, jeune cinéaste burundais a abondé dans le même sens que Diane Kaneza et a souligné que les problèmes du cinéma au Burundi seront résolus grâce au concours de tout un chacun. Il a rappelé que le secteur de la cinématographie peut contribuer à la vie de la société. Il a témoigné qu’il n’est pas facile de faire diffuser les œuvres à la Télévision nationale du Burundi. « Il faut trouver d’autres moyens pour intéresser les Burundais. On a déjà donné l’exemple de la Tanzanie, auparavant le public tanzanien préférait les œuvres venant des autres pays. Il y a eu une mobilisation et les Tanzaniens ont commencé à aimer les œuvres locales. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui vivent du cinéma dans ce pays. C’est un sujet que nous devons tous aborder et voir comment intéresser les Burundais avec le peu de moyens que nous avons et donner de la valeur au cinéma», a-t-il indiqué.

Il manque des écosystèmes effectifs 

DSC01175Selon la directrice adjoint de l’Institut français du Burundi, Stéphanie Soleansky, c’est une question générale à tout le secteur culturel au Burundi. « Ce qui manque, ce sont des écosystèmes qui fonctionnent effectivement. Dans tous les secteurs, il y a une chaîne. C’est une industrie culturelle, il y a des gens qui veulent investir juste pour faire de l’argent. Il faut faire un forum de discussion, imaginer à quoi ressemblerait le secteur du cinéma au Burundi dans 20 ans et tout ce qu’il faut mettre ensemble pour que cela puisse exister. On peut suggérer à l’Administration des propositions concrètes», a-t-elle indiqué. Elle a expliqué qu’en France, il y a eu une alliance entre la télévision et le cinéma, le public quand il va en salle, il paye sa place. «C’est un écosystème qui fonctionne, ce qui explique que le cinéma français soit le deuxième exportateur mondial», a-t-elle souligné. Elle a ajouté qu’on ne parle pas d’éducation alors qu’il en faut. C’est dans ce but que l’IFB prévoit une séance de cinéma pour les enfants tous les mardis après-midi.Selon Christian Nsavye, il est nécessaire de faire une mobilisation pour le cinéma burundais. Il a suggéré que le décideur puisse encadrer le secteur pour qu’il y ait des initiatives et inciter cette culture. La directrice du Festicab, Francine Munyana, a fait savoir que le festival a plus de 50 films burundais dans les tiroirs. «Si tous ces films étaient donnés à la Télévision nationale du Burundi, peut-être que le public burundais pourrait avoir le goût et se rendre compte que finalement on fait des films burundais. Le public sera habitué à consommer les films burundais gratuitement et personne ne gagne», a-t-elle déploré. « Et si l’on mettait du cinéma dans les bars au lieu des musiciens du karaoké ? Les patrons des bars pourraient acheter un petit projecteur et un écran et à la place du musicien, on paye le réalisateur», a suggéré la directrice de l’IFB.  Grâce-Divine Gahimbare

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