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CULTURE > Avis des jeunes sur la sacralité du tambour burundais

« Il est inacceptable que la femme batte le tambour »

 

ta2Lors de la tournée cinématographique dans les école dans le cadre des activités de la 9ème édition du Festicab, l’un des films qui ont été projetés pour susciter le débat était intitulé « Le ou la tambour ». Il montrait une femme burundaise originaire de la province de Ngozi qui a pu percer comme tambourinaire. Faut-il laisser les filles battre le tambour ?

 

Selon Ange Irakoze, élève du lycée Vugizo qui a regardé le film « Le ou la Tambour », la femme a besoin de l’émancipation, mais il y a des choses sacrées qui doivent être respectées telles qu’elles sont. « Il est vrai que la femme peut physiquement battre le tambour, mais, à quoi lui aura servi cet exploit ? A mon avis, c’est une dévalorisation de notre culture.», a-t-elle dit. Elle a souligné que le tambour et ses rites doivent être respectés tels qu’ils nous ont été légués par les ancêtres, car le tambour symbolise le Burundi. Selon elle, ce sont ces interdits autour du tambour qui font son originalité, mais qui disparaissent un à un à l’atteinte de notre culture.

Les avis diffèrent les uns des uns

Guise Ingabire est du même avis que la précédente interlocutrice. Elle a expliqué qu’étant donné que les noms des parties du tambour sont identiques à ceux d’une femme, il est inacceptable que la femme batte le tambour. Elle a justifié son point de vue par le sens littéral de l’adage en kirundi qui dit « Akari mu nda y’ingoma, kamenywa n’uwayikanye », ce qui signifie que seul celui qui a fabriqué le tambour connaît ses secrets. « Pour fabriquer les tambours, les hommes restaient des mois à l’extérieur dans la forêt, il y a aussi l’initiation pour être accepté comme tambourinaire qui ne s’est pas adaptée à la femme», a souligné Guise Ingabire. Pour la prénommée Eliane, une autre interlocutrice, les temps sont révolus, aujourd’hui les filles et les femmes burundaises peuvent rester à l’extérieur. «Est-ce que les athlètes féminins comme Francine Niyonsaba ne restent pas à l’étranger des jours et des jours ? Pourquoi pas le tambour ?», s’est interrogée Eliane.
Les avis de ces jeunes différaient les uns des uns. Pour les départager Léonce Ngabo, président du festicab, leur a demandé de voter pour ou contre les femmes tambourinaires. La majorité a été contre.
Grâce-Divine Gahimbare

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