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Art > Rôle des producteurs dans la promotion de la musique

Guider et orienter les productions musicales des jeunes musiciens

 

« Quoique des failles importantes se soient manifestées jusqu’ici dans leurs travaux, j’aimerais tout de même féliciter le courage et le zèle des arrangeurs et orchestrateurs (appelés ici « producteurs ») opérant ici au Burundi, pour tout ce qu’ils ont fait malgré le manque de formation appropriée en musique. Certains cependant, comme le « Studio Tanganyika » sont bien ancrés dans le métier, mais nombreux sont les amateurs dont la compétence laisse fortement à désirer. » Tels sont les propos tenus par Mgr Justin Baransananikiye, directeur de l’Institut de musicologie de Gitega lors d’un entretien avec le quotidien Le Renouveau.

 

Les producteurs arrangeurs et orchestrateurs doivent premièrement apprendre et maîtriser la science musicale en général pour être en mesure de corriger et perfectionner les chansons qui leur sont présentées par les artistes. Ils doivent ensuite savoir qu’en tant que Burundais, leur mission est d’œuvrer pour la promotion de la musique de leur pays, et non pas servir de ponts de déversement des musiques étrangères dans l’espace artistique de nos chanteurs.

Sauvegarder et protéger l’expression linguistique de notre langue

Pour le directeur de cet institut, ils doivent apprendre à appliquer les principes de la recherche dans l’ethnomusicologie burundaise afin de pouvoir guider et orienter les productions musicales des jeunes musiciens dans les styles musicaux originaux.
Les producteurs doivent en outre être remplis de connaissances sur les droits d’auteur et les droits voisins, pour pouvoir les respecter eux-mêmes d’abord, et ensuite les faire respecter par les chanteurs/musiciens qui viennent dans leurs studios. Qu’ils sachent que la loi punit, et les chanteurs qui piratent les œuvres d’autrui, et les producteurs dont l’étiquette est collée sur les supports audio-visuels mis sur le marché. Même les imprimeurs font attention et n’impriment pas des plagiats. « Que ces producteurs apprennent enfin à sauvegarder et à protéger l’expression linguistique de notre langue « le Kirundi » dans les chansons qu’ils produisent, et non pas mutiler les textes en imposant aux chanteurs des termes la déformant », a précisé Mgr Baransananikiye.

Lamentations des chanteurs

L’Institut de musicologie de Gitega a même pu récolter des lamentations de chanteurs/musiciens au sujet de ces « producteurs» qui ne peuvent même pas jouer correctement à un instrument de musique, mais qui leur imposent de chanter de manière improvisée sur des morceaux de musique instrumentale téléchargés sur Internet. « Dommage ça ! Comment peuvent-ils corriger les fautes de leurs clients musiciens, alors qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas ce domaine ? », a-t-il déploré.
Dans leurs nombreux studios dits « de production musicale » qui sont nés en désordre à Bujumbura, la musique burundaise moderne a perdu de sa saveur et de son originalité, et s’est écartée des premières pistes de développement qu’elle avait prises avant l’arrivée de ces maisons. Pour lui, c’est parce que les talents innés et originaux des compositeurs burundais y ont été étouffés par la tempête des copies des styles musicaux exotiques que ces producteurs ont sans cesse imposés à nos artistes de suivre.
Leur rôle étant capital dans la promotion de la musique burundaise, cet institut leur propose un programme de plusieurs ateliers et séminaires, chaque année, où ils seront formés de manière intense afin qu’ils puissent désormais évoluer de pair avec la vision et la méthodologie nouvelles que nous avons mises sur pied pour la promotion de la musique burundaise moderne.

Yvette Irambona

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