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LECTURE> Bibliothèque «Dr. Pascal Mukene»

Des défis et des forces d’une initiative privée dans ce domaine

 

IMG 0016Une bibliothèque privée est une chose rare au Burundi. L’expérience de la bibliothèque «Dr. Pascal Mukene» nous instruit sur le fonctionnement, les défis et les forces d’une telle initiative.  

 

La bibliothèque Dr. Pascal Mukene est située au quartier Carama II, avenue Muyange N°68.En entrant dans la bibliothèque, des livres sont disposés par classe. En partant du côté gauche, dans la classe 00, y sont classes, les généralités et les bibliographies ; dans la classe «100», c’est marqué la philosophie et la psychologie ; la classé «200» la religion, etc. dans les autres rayons, il y a des livres sur le droit, les sciences exactes et natures, la linguistique, etc. il y a aussi quelques bandes dessinées. L’un des bibliothécaires, Théogène Hategekimana a expliqué que c’est la classification décimale de Dewey qui est utilisée. «Elle permet de subdiviser les documents en dix classes. Chaque livre a un numéro qui aide les usagers à trouver les documents qu’ils désirent, a-t-il expliqué. Et à droite, il est amenagé un coin pour les lecteurs.«L’idée est de lui, la concrétisation est de nous»Selon Germaine Manirariha, veuve de feu Pascal Mukene, de son vivant son mari avait toujours eu beaucoup de livres. «Je lui demandais ce que je ferai de ces livres s’il décède avant moi. Il disait qu’il faudra les mettre quelque part où des gens pourraient les consulter. Quand il est mort en avril 2015, cet  espace était encore un chantier. Nous nous sommes concertés avec les enfants pour en faire une bibliothèque pour classer les livres de leur père. L’idée est de lui, la concrétisation est de nous», a-t-elle expliqué. Selon elle, ce sont surtout les enfants qui viennent faire la lecture. «Quelques adultes lisent. Je suis désolée, les femmes ne lisent vraiment pas, très peu de femmes viennent chercher un livre. Ce sont surtout des enseignantes qui viennent chercher un document pédagogique», a-t-elle indiqué.Mme Manirariha a fait savoir qu’elle puise dans les économies du ménage pour acheter de nouveaux livres au marché. Elle a aussi des amis qui pourraient lui envoyer des livres, le défi reste le dédouanement s’ils arrivaient en gros lot.La bibliothèque emploie trois bibliothécaires bénévoles, une préposée pour l’accueil et l’entretien du livre ainsi qu’une nouvelle recrue dans le maniement du livre.«Je voudrais avoir des fonds pour un bibliothécaire permanent. Je fais payer un abonnement de dix mille francs burundais par an pour les enfants et douze mille pour les adultes. Nous avons actuellement 85 abonnés mais, je ne peux pas dire que ce sont des fonds car, on ne garde pas cet argent dans la poche», a-t-elle dit. 

Aucun regret depuis la création de la bibliothèque

Toutefois, elle a souligné que depuis qu’elle a ouvert la bibliothèque, elle n’a aucun regret et elle compte perpétuer cet héritage. «La preuve est que j’ai quitté un projet qui me payait très bien et chaque année,  la dame chef de projet me proposait de revenir mais je refusais en lui disant que la bibliothèque est pour moi ce que le projet est pour elle». Bien qu’il y ait d’autres activités qui pourraient stimuler les lecteurs, notre interlocutrice préfère se focaliser sur le livre. «J’ai la possibilité de créer un cyber par exemple car il y a de l’espace mais, les machines distraient le lecteur, il va plutôt courir vers la machine. Je préfère privilégier le livre», a-t-elle conclu.    

Grâce-Divine Gahimbare

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