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FESTIVAL IGIHUGU > Leçons tirées des lieux visités

Le peuple burundais a toujours été vaillant

 

DSC 0264Le festival Igihugu, la première édition du 28 au 30 août 2019 a visité différents lieux historiques du pays. L’histoire relatée par les experts sur ces sites laisse des enseignements. L’un d’entre eux est que le peuple burundais a toujours été vaillant.  

Le pèlerinage du festival Igihugu a tiré des leçons des différents sites visités situés dans différentes provinces du pays. Le site appelé «Agasumo ka Mwaro» est le seul endroit où le culte de possession de Kiranga était pratiqué trois jours successifs à l’occasion de la fête des semailles (Umuganuro). L’expert dans la culture burundaise, Jean Claude Karerwa a expliqué que cette pratique rassemblait le peuple car, toutes les régions et clans y étaient représentés. Selon lui, l’objectif de cette fête était de partager le surplus de la production et de bénir les semences. Il a souligné qu’à cette occasion, le peuple priait pour le roi et qu’en suivant ce modèle, le peuple actuel devrait prier pour les dirigeants. En citant les paroles des chansons récitées durant ces festivités, il en a déduit que les Burundais ne priaient pas Kiranga mais, qu’il reconnaissait que le roi était son supérieur et qu’au niveau suprême, il y a un Dieu. M. Karerwa a expliqué que nous sommes un peuple acculturé et déraciné car, les étrangers avaient déjà constaté que notre culture est une force et une richesse.

Que Mwezi Gisabo nous serve de modèle !

Le festival s’est rendu également en province de Kirundo. Le chercheur burundais, Aloys Batungwanayo a fait savoir qu’en date du 13 avril 1763 une guerre féroce a opposé les Burundais et les Rwandais. Ces derniers ont attaqué le Burundi et les combattants du roi Mutaga II appelés «Inzobe» ont laissé l’armée rwandaise avancer jusqu’au centre de l’actuelle province de Kirundo pour les encercler et les éliminer tous. Dans la même province en 1775, l’armée du roi rwandais est revenue pour se venger. Le chercheur a expliqué qu’après quelques batailles remportées, cette armée croyait avoir conquis la colline Shinge et comptait avancer sur une autre colline appelée Rugero mais les vaillants guerriers du Burundi lui ont tendu un piège et le Rwanda a perdu les deux localités. Il a ajouté que les Rwandais auraient aussi attaqué le Burundi en passant par la frontière tanzanienne et se sont installés au carrefour Kirundo-Muyinga pendant quelques temps. Selon Jean Claude Karerwa, une leçon qu’on peut tirer des différentes guerres entre le Rwanda et le Burundi est que le peuple burundais était pacifique mais qu’il ne se laissait pas faire, il veillait sur sa patrie. Les festivaliers se sont rendus au site naturel et historique de Kiganda en province de Muramvya. Le guide touristique a expliqué tout ce qui concerne la naissance du royaume du Burundi qui émerge sous la dénomination «Burundi de Nyaburunga» vers le XVe siècle et les différents rois du Burundi et ce qui a marqué leurs règnes. L’expert Karerwa a ajouté que les écrits sur les actions de Mwezi Gisabo sont minimes par rapport à tout ce qu’il a fait. Il a expliqué que les étrangers qui voulaient conquérir le Burundi avaient promis à ce roi différents dons pour lui et sa famille pour qu’il livre le Burundi. Mais sa seule réponse a été que le pays n’était pas sa propriété, qu’il appartenait plutôt à tous les Burundais. Contrairement aux autres rois des pays africains, le roi Mwezi Gisabo a résisté longtemps car, il aimait le Burundi de tout son cœur. Jean Claude Karerwa a invité les jeunes festivaliers à prendre ce roi pour modèle. 

Des interdits pour inculquer des valeurs aux enfants

M. Karerwa a invité les festivaliers à avoir de la compassion et à être pacifistes comme le roi Mwezi Gisabo qui n’a pas accepté la destruction de la forêt car, selon la croyance burundaise, la forêt servait d’intermédiaire entre Dieu et les Hommes. M. Karerwa a déploré que les jeunes Burundais ne respectent pas l’interdit. Il a souligné que les Burundais établissaient des interdits pour inculquer des valeurs aux enfants. Par exemple, quand un parent interdisait à l’enfant de tuer un lézard, il savait que quelqu’un qui ne peut pas tuer un petit animal ne pourrait pas tuer un homme. Il était aussi interdit de manger dans l’obscurité pour semer la transparence et la loyauté. Selon lui, ces interdits servaient de barrière. Il a recommandé de restaurer ces bonnes valeurs burundaises.En se référant au fait que quelques rois burundais ont eu des relations extraconjugales, Jean Claude Karerwa a précisé que c’est l’un des comportements à bannir dans notre société. Il a également souligné que des études sociologiques et anthropologiques montrent que le Burundi est caractérisé par une seule ethnie au Burundi. Son explication est que ces études soutiennent que les personnes de différentes ethnies ne parlent pas une même langue, qu’elles ne vivent pas dans une même communauté, et n’ont pas les mêmes coutumes alors que les Burundais partagent tout. Selon la même source, les Burundais ont toujours été un peuple de Dieu et cela se manifestait dans leur langage et ou la façon dont ils construisaient leurs maisons. Les autres valeurs qui caractérisaient ce peuple, c’est la paix, la justice, la bravoure, le courage, etc. Il a expliqué que le véritable mobile des crises que le Burundi a connues est sa situation géographique et les richesses dont il regorge.

L’Histoire volontairement cachée

Dans la même province, les festivaliers ont découvert grâce aux explications du chercheur Batungwanayo que dans l’objectif de séparer le peuple burundais de son Histoire, des endroits historiques sont volontairement cachés. C’est le cas sur la colline Ndago en commune et province de Muramvya où est érigée l’entreprise Minolac. A cet endroit, il y avait une fosse commune des soldats du roi Mwezi compris entre 2 000 et 3 000, selon le chercheur. C’est le même constat à Mugera où un site reconnu dans l’Histoire du pays comme origine de deux principaux rois du Burundi est dans les enceintes d’une église.

GRACE-DIVINE GAHIMBARE

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