Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

THEATRE BURUNDAIS > De nouvelles pistes à exploiter

Le festival du théâtre scolaire est l’une d’entre elles

Rivardo Niyonizigiye est un acteur de théâtre. Il a déjà participé aux festivals organisés dans différents pays. De ces opportunités, il a retenu quelques pistes dont le théâtre burundais pourrait exploiter pour se développer. Le festival du théâtre scolaire est l’une d’entre elles.  
Selon Rivardo Niyonizigiye, quand un acteur de théâtre a l’opportunité de se rendre à l’extérieur du pays, il peut remarquer des techniques qu’on ne fait pas au Burundi. « Je vous donnerais l’exemple du festival du théâtre scolaire qu’on fait à Goma et dans les autres régions, ce théâtre existe. Il rentre à l’idée d’aider les jeunes élèves et écoliers à développer leur capacité d’éloquence, capacité de mémorisation, de s’exprimer, exprimer leurs sentiments d’une manière théâtrale. Il développe aussi l’expression du Français ou de l’Anglais selon les pays. C’est une piste à exploiter dans notre pays», a-t-il fait savoir. 

Le théâtre tend à disparaitre dans les écoles

Il a déploré le fait qu’au Burundi, les représentations théâtrales ne soient plus une priorité dans les écoles. « Même ici à Bujumbura, il y a seulement quelques écoles qui le font notamment à l’Institut français du Burundi. C’est surtout le lycée du St. Esprit, le lycée Notre Dame de Rohero et le Lycée International. Le théâtre tend à disparaitre dans les écoles. Le festival du genre pourrait inciter les jeunes à faire du théâtre. Les établissements scolaires devraient y contribuer», a indiqué notre interlocuteur. « Je me souviens, quand j’étais encore au lycée, on nous obligeait à prendre un rôle au théâtre pour s’exercer», a-t-il mentionné.Une deuxième piste que notre interlocuteur a citée est le théâtre pour le jeune public. « C’est un festival qui existe au Rwanda. Joué par les personnes adultes, il est réservé aux tout-petits de 3 à 10 ans mais, on compte le faire aussi pour un public âgé de 0 à 3 ans. C’est une autre voie à exploiter dans le domaine du théâtre national. Il faut aussi développer le théâtre joué par les enfants eux-mêmes. Ce procédé pourrait aider surtout les enfants vulnérables et ceux qui ont des problèmes psychologiques à développer l’estime de soi en voyant qu’ils peuvent jouer devant un public», a-t-il dit. Selon lui, le théâtre burundais pourrait aussi développer le théâtre paysage qu’on ne fait pas en salle. « C’est un théâtre qu’on adapte par exemple à un arrêt de bus. C’est l’idée de se conformer à un endroit pour faire quelque chose qui colle avec cet endroit. Il pousse les gens à aimer le théâtre car, grâce à ce genre théâtral, on constate que le théâtre, c’est la vie. Et quand on dit que tout le monde joue au théâtre sans le savoir, c’est vrai. Selon notre interlocuteur, il y a aussi une piste liée au contenu. « Par exemple au Burkina Faso, on prend un texte d’Aimé Césaire ou d’un autre auteur qui n’est pas de ce pays qu’on mélange avec les réalité du pays. On peut puiser de la tradition de notre pays, la littérature orale, les chansons, Ingoma, Ibicuba. C’est ainsi qu’on pourra développer le théâtre historique qui nous parle de nous-mêmes. Quand on jouait le théâtre que  j’ai écrit  « Ingundu  y’umuganuro », on a constaté que les Burundais aiment le théâtre historique», a-t-il souligné.

Le Kirundi, c’est une originalité à défendre

Selon lui, dans le domaine du théâtre, la langue est quelque chose de très important. « Quand par exemple on va jouer à Buyenzi, il faut le faire dans la langue que les gens de cette localité comprennent le mieux», a-t-il dit. Toutefois, il a déploré le fait que les Burundais n’aiment pas les théâtres en Kirundi et a conseillé aux acteurs de défendre cette originalité. « Au Burkina Faso, on me demandait pourquoi les créations burundaise sont en français alors que nous avons le privilège d’avoir une seule langue maternelle utilisée sur tout le territoire. Nous ne sommes pas des Européens. C’est une piste qui va nous aider à réconcilier les générations, réconcilier la population scolarisée et non scolarisée», a indiqué Rivalido Niyonizigiye. Notre interlocuteur s’est réjoui que les acteurs burundais soient bien considérés lorsqu’ils vont jouer à l’extérieur.      

GRACE-DIVINE GAHIMBARE

Ouvrir