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Jeux paralympique> Etat des lieux des jeux

Un pas satisfaisant a été déjà franchi

 

IMG 0070Les Jeux paralympiques réunissent des athlètes en situation de handicap de tous les pays pour des épreuves handisports. Y participent des athlètes handicapés physiques ou visuels (amputés, aveugles, infirmes moteurs, cérébraux ou en fauteuil roulant, ou tout autre handicap physique) ainsi que les athlètes handicapés mentaux. Ils sont organisés par le Comité international paralympique (et non pas par le Comité international olympique) et ont lieu tous les 4 ans à la suite des Jeux olympiques. Au Burundi, ces jeux sont en train de connaître une évolution très significative. 

 

Dans un entretien avec le directeur technique adjoint du Comité national paralympique (CNP), Cassien Bizabigomba, il nous a défini tout d’abord les jeux paralympiques comme étant un sport olympique comme celui des personnes normales. Il dit que la seule différence est que les jeux paralympiques sont spécifiques aux personnes handicapées seulement alors que les jeux olympiques accueillent toute personne qui en a besoin.Concernant l’état des lieux des jeux paralympiques au Burundi, M. Bizabigomba  fait savoir qu’ils sont à un niveau satisfaisant car, dit-il, seules quatre provinces sur dix-huit n’ont pas encore commencé à jouer ces jeux. Il s’agit de Bubanza, Cankuzo, Ruyigi et Cibitoke. Ces jeux intéressent beaucoup les personnes vivant avec handicap à l’intérieur du pays où des compétitions sont organisées au niveau régional. Il rappelle que le championnat  national des jeux paralympiques est organisé chaque année. « Je peux alors dire que les provinces de l’intérieur du pays ont atteint un niveau satisfaisant, car il y en a même celles qui sont en train de préparer des athlètes qui vont représenter le pays dans les compétitions internationales. Dans ces provinces, ils jouent tous les jeux même s’ils ne sont pas développés comme il faut.»M. Bizabigomba évoque le problème de déplacement qui est une question cruciale pour arriver aux terrains d’entraînement, cela pouvant décourager les joueurs qui se déplacent à l’aide des chaises roulantes. « A côté de ce problème de déplacement, même le manque de terrains adéquats entrave le développement des jeux paralympiques. Nous avons seulement un seul stade paralympique qui nous a été construit par l’association Handicap international en province de Gitega, mais celui-ci ne possède pas non plus de tribune », communiqué-t-il. 

Pas de moyens pour participer aux compétitions de classification

Il ajoute que le manque de moyens pour participer à des compétitions de la sous-région constitue une sorte de barrière pour les compétitions internationales. Ce sont ces jeux de classification organisés au niveau de l’Afrique qui donnent les minimas qui leur permettent de participer aux compétitions internationales. « Mais, quand-même, nous avons un athlète connu sous le nom de Remy Nikobimeze qui a déjà participé aux jeux paralympiques qui se sont déroulés en Chine en 2008. Il a aussi participé aux jeux paralympiques de Londres en 2012 et ceux de 2016 qui se sont tenus à Rio de Janeiro au Brésil. Il se prépare pour les jeux paralympiques de 2020 qui se tiendront à Tokyo au Japon. Nous avons eu une bonne occasion de préparer trois autres athlètes qui vont l’accompagner. Nous remercions Ajitos, une sociète internationale qui a donné les moyens pour que ces trois athlètes puissent aller chercher les minimas dans les jeux paralympiques qui vont se tenir au Maroc au mois d’Avril», informe M. Bizabigomba.

Trois athlètes vont aller au Maroc pour chercher les minimas

Nous n’avons pas croisé les bras, nous sommes en train de chercher d’autres partenaires qui peuvent nous aider pour faire sortir beaucoup d’athlètes qui représentent le pays. Parmi ces trois autres athlètes qui vont chercher les minimas, il y a une fille unibrassiste, une malvoyante et son guide. «  Nous tenons à remercier les ambassades des Etats-Unis et de France au Burundi qui nous ont offert une aide le samedi 02 février 2019 lors des matches de démonstration au terrain du Parquet. Ils nous ont donné le matériel qui va beaucoup aider nos équipes. Cette aide comprend les ballons, les chaises roulantes, les maillots, etc». Le directeur technique-adjoint du CMP a informé que c’est surtout en province de Gitega, au Club Kirimiro, qu’on joue le sitting volley-ball et au Club Muzinga de Bujumbura. Les provinces de Makamba et Rutana aussi  possèdent des athlètes qui peuvent participer aux jeux paralympiques. « Nous avons trouvé une autre athlète membre de l’Association des personnes vivant avec handicap en commune Mugamba. A l’UPHB aussi, nous avons des athlètes dans  différentes disciplines. Il y a aussi le judo adapté au club Kirimiro de Gitega ; il y a le Tae Kwondo joué au club Muzinga de Bujumbura pour les filles et les enfants du centre Saint Kizito qui jouent le tennis de table. Il y a le Goalball qui est joué par les malvoyants du club Muzinga handisport où ils ont même remporté une coupe au niveau de la Communauté d’Afrique de l’Est au mois de novembre en 2017 en Ouganda. Nous avons aussi été représentés en Ouganda dans le Cityball. La différence entre le sitting volley-ball et le cityball est que ce dernier est joué par seulement 5 joueurs et on peut aligner une femme parmi les hommes ou une personne valide. Ce jeu peut aussi être joué par trois personnes vivant avec handicap, une personne valide  et une femme. Mais pour le sitting volley-ball, seules les personnes vivant avec handicap sont autorisées à jouer», explique M. Bizabigomba.Au niveau du sitting volley-ball, il a fait savoir que les équipes burundaises des personnes vivant avec handicap ont déjà représenté le pays pendant plusieurs fois en Ouganda, au Kenya et au Rwanda. Il a ajouté que le Badminton et le basket en fauteuil vont bientôt commencer. Il signale que ce dernier demande beaucoup de moyens, car ces chaises coûtent très cher, mais ils espèrent qu’ils auront des bienfaiteurs qui vont les aider.

«Nous avons déjà effectué des sorties»

IMG 0047Anne Marie Nduwimana, une des femmes  vivant avec handicap qui ont commencé le jeu de sitting volley-ball à Bujumbura et dans certaines provinces du pays comme Gitega, Ngozi, Rutana, Makamba et Bujumbura (Rural) est la présidente de l’équipe Les Vaillantes. Elle a déjà représenté le pays trois fois en tant que femme joueuse vivant avec handicap. Elle est allée en Ouganda, au Kenya en 2010 et au Rwanda dans le cadre des Jeux paralympiques de 2015. Elle nous a fait savoir que les Jeux paralympiques occupent une place plus ou mois satisfaisante au Burundi. « Je dirais que les jeux paralympiques au Burundi se portent bien car nous avons connu une évolution remarquable. A part le sitting volley-ball, nous avons d’autres jeux», expliqué Mme Nduwimana. Elle  fait savoir que les jeux paralympiques sont très importants pour les personnes vivant avec handicap car c’est un sport qui les aide beaucoup à se maintenir en bon état de santé. « Ces jeux peuvent être une porte pour effectuer des sorties à l’extérieur du pays. Quand nous effectuons des sorties, nous rencontrons d’autres personnes des pays étrangers qui peuvent nous être utiles surtout dans le renforcement des capacités. Nous nouons des relations amicales et c’est très important. C’est un grand honneur pour nous les personnes vivant avec handicap en général et pour les femmes en particulier. Les sorties nous aident à élever le niveau dans une discipline quelconque. »                           

Des difficultés ne peuvent pas manquer

Mme. Nduwimana a évoqué les problèmes rencontrés souvent dans leurs jeux. « Nous avons des problèmes liés au déplacement surtout quand nous allons à l’entraînement. Un autre problème est lié aux terrains qui ne sont pas adaptés à notre état de santé. Normalement, il y a des terrains propres aux personnes vivant avec handicap. Donc, quand nous utilisons les terrains des personnes normales, ils nous demandent d’être toujours en possession de nouvelles culottes et chaussettes. Ce genre de matériel s’use très rapidement et cela nous  cause des problèmes financiers. Nous pouvons aussi être blessées. Le manque de vestiaires nous cause un autre problème sérieux. C’est anormal de voir une dame respectueuse changer d’habits en plein air. Je ne peux pas manquer d’évoquer le problème des autres femmes qui ne nous soutiennent pas lorsque nous jouons. Quand des personnes normales ont un match, nous allons les assister mais nous aussi, nous voulons leur soutien ».La présidente du club les Vaillantes demande au Gouvernement de mettre en place des terrains adaptés aux jeux paralympiques. « Nous demandons au gouvernement du Burundi par le biais du ministère de la Culture et des sports, de faire   tout son possible pour la mise en exécution du règlement international des Jeux paralympiques, car c’est ce même règlement qui montre comment les jeux des personnes vivant avec handicap doivent être organisés. Lorsque le ministère organise des jeux pour un événement quelconque, il ne faut pas oublier les personnes vivant avec handicap. Par exemple, si on organise des matches dans le cadre de célébrer la journée internationale de la femme, ils peuvent aussi donner une occasion aux femmes vivant avec handicap pour qu’elles puissent démontrer ce dont elles sont capables en jouant». Aux fédérations, elle demande de prendre en considération les jeux destinés aux femmes  vivant avec handicap. Elle n’a pas manqué de réitérer ses sincères remerciements au Comité national paralympique qui ne ménage aucun effort pour sensibiliser la population à venir assister aux jeux paralympiques. « Les journalistes sont aussi à remercier. Ils ne cessent de diffuser des informations sur les matches qui opposent les personnes vivant handicap. Je leur demande de redoubler d’efforts et de continuer dans la même voie».

Le CNO joue toujours son rôle 

Salvator Bigirimana, le directeur technique au Comité national olympique (CNO) fait savoir que les jeux paralympiques doivent avoir une place au Burundi. « Pour diverses raisons, il y a beaucoup de Burundais qui vivent avec handicap physique ou mental, car il y a eu la guerre ou les accidents qui peuvent être à l’origine d’un handicap. Donc, toutes ces personnes qui vivent avec handicap ont besoin d’être prises en charge. Elles ont besoin d’être intégrées dans la société comme les autres, et le sport est l’outil le plus important pour l’intégration de ce groupe de gens», expliqué-t-il.Au niveau de la prise de confiance pour ces personnes, il dit que  si quelqu’un qui vit avec handicap se voit sur le  podium valorisé par le sport, c’est très important car c’est à ce moment qu’il voit qu’il est utile dans la société. Et, à travers le sport, il y a une sorte de sensibilisation parce qu’il y a beaucoup de familles qui ont des enfants qui vivent avec handicap et qui préfèrent les cacher mais, à partir du moment qu’elles voient que les autres enfants peuvent participer à des compétitions, jouer avec les autres, s’amuser, faire valoir leurs talents sportifs, etc, cela signifie que les jeux paralympiques ont une place de choix au Burundi. Il signale que les personnes vivant avec handicap au Burundi ont des dirigeants responsables qui oeuvrent pour le développement de ces jeux paralympiques. «Si ces dirigeants sont conscients du rôle qui est le leur et qu’ils le font très bien, ils vont chercher des partenaires qui vont les aider »,  indique M. Bigirimana. En ce qui est de la part du CNO dans la promotion du sport paralympique, M. Bigirimana informe que comme le Comité national paralympique est membre comme d’autres fédérations, cette institution intervient dans le sens de la formation des cadres techniques et administratifs. Il remercie les dirigeants de cette fédération des personnes vivant avec handicap du fait qu’ils participent régulièrement dans les formations offertes par le CNO. « Nous contribuons aussi pour l’une ou l’autre compétition, qu’elle soit nationale ou internationale », ajoute M. Bigirimana.

Les personnes vivant avec handicap doivent être valorisées

S’agissant des défis, M. Bigirimana nous informe que les personnes vivant avec handicap ont besoin de faire du sport en guise de prise en charge collective. Selon lui, la mise en place d’infrastructures est aussi très importante pour les personnes vivant avec handicap. « Il faut que ces personnes aient accès aux stades, aux salles de réunion lorsqu’une assemblée générale se tient. Il faut que les gens éveillent leur conscience et se sentent impliqués pour soutenir les jeux ou les autres activités des personnes qui connaissent l’une ou l’autre sorte de handicap. Un enfant qui a un handicap est un enfant comme les autres. Donc, il faut lui donner la valeur qui lui convient. Et le Gouvernement est appelé à leur accorder des sorties à l’extérieur du pays pour participer aux compétitions internationales et, s’ils amènent des médailles, il faut les célébrer comme on célèbre celles des personnes valides ».

Olivier Nishirimbere

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