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Période des fêtes de fin d’année> Hausse des prix

Ils peuvent doubler

 

A l’occasion des fêtes de fin d’année, une hausse des prix se remarque en général. Elle concerne plus particulièrement les habits pour adultes et pour enfants ainsi que certains vivres. Cette hausse ne résulte pas d’une pénurie d’habits mais plutôt du profit que veulent avoir les commerçants car les clients viennent nombreux pendant la période des fêtes de fin d’année.

 

DSC05615La période de fin de l’année est une période, pendant laquelle la plupart de gens font des achats. Aux fêtes de Noël et de Nouvel An s’ajoutent beaucoup de cérémonies habituelles de mariages, de baptêmes, de levée de deuil … Les commerçants en profitent pour hausser les prix et en tirent un grand profit. Un des commerçants interrogés a expliqué qu’ils haussent les prix exprès car durant la période de fin d’année, les clients viennent en grand nombre. Si l’un n’apprécie pas le prix, certainement qu’un autre va apprécier et acheter, souligne- t-il. Un autre vendeur a précisé qu’il hausse les prix durant cette période car les clients viennent très nombreux alors qu’au début de l’année, ils viennent au compte goutte ou encore aucun client ne se présente durant toute la journée. Ce commerçant a indiqué qu’il préfère hausser les prix conserver sa marge bénéficiaire, compte tenu de la faible clientèle pendant la période ordinaire. Des fois, ils peuvent doubler le prix, révèle un des commerçants interrogés. En observant la joie des gens, lors des achats de divers articles dans des différents magasins, on peut remarquer qu’ils ne se soucient pas de l’argent qu’ils vont utiliser durant la période des fêtes de fin d’année car, pour eux, cela vaut la peine de dépenser.
Le plus souvent, après ces fêtes de fin d’année les prix baissent de façon surprenante.

Ornella MUCO (Stagiaire)

 

Société burundaise > Réconciliation

La restauration de la vie et de ses fondements

 

La Commission vérité et réconciliation (CVR) vient d’être mise sur pied. Beaucoup de personnes l’ont accueillie avec un ouf de soulagement. D’autres par contre ont exprimé leurs inquiétudes quant à sa composition mais aussi quant à son fonctionnement. Pour que cette Commission puisse être efficace pour le bien de tout un chacun, il importe de rappeler les piliers de la réconciliation nationale.

 

Le Burundi a été marqué par des années de conflits sociopolitiques, les uns plus tragiques que les autres, suivant les composantes sociales. L’explication de leur origine diffère selon les auteurs. Le révérend Père François Xavier Ntirampeba, de la congrégation des Pères Missionnaires de la Réconciliation (PMR), une des trois branches de l’Œuvre apostolique vie nouvelle pour la réconciliation (VNR) fondée par Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega, donne son point de vue.
« La cause première des bouleversements de la société burundaise commence avec la perturbation de la conception du Dieu traditionnel burundais : Imana », dit-il.
Une autre cause est l’introduction d’une notion de différence d’origine ethnique et géographique des Hutu et des Tutsi. La réconciliation ne sera possible qu’avec la restauration de la vie et de ses fondements. La Commission vérité et réconciliation ne devrait pas négliger ces quatre piliers de la réconciliation que sont la place du Dieu Imana, l’importance de la communauté, la dimension des individus et l’étendue du cosmos.
La réconciliation pour la paix au Burundi est une étape très importante à laquelle toute Burundaise et tout Burundais aspire. Néanmoins, pour régler définitivement le conflit et parvenir à une situation de paix au Burundi, il importe, selon Père Ntirampeba, d’utiliser un procédé qui intègre rigoureusement chaque pilier de l’hiérarchie vitale négro-africaine. Pour lui, la méthode de la palabre remplit cette condition et représente un moyen efficace et cohérent pour parvenir à la paix.

Comprendre la vie en son essence et en son existence

La théorie de la vie en Afrique noire considère que la vie part de Dieu et va vers la communauté. En amont se trouvent les défunts ou ancêtres, en aval les enfants appelés aussi les non encore nés. Ces derniers ont besoin d’être protégés. Au milieu se trouvent les vivants, appelés aussi anciens qui sont les individus présents membres de la communauté. Un autre élément de cette hiérarchie est le cosmos, qui est fait du monde animal (vaches, chèvres, moutons, etc.) et végétal (champs), l’eau (utuzi tw’Imana : une petite eau divine), le sous-sol (les minerais), etc. Nos ancêtres considéraient Dieu comme source de vie, qui accorde la parole à la communauté. C’et la vie dans son essence.
Quant à la vie en existence (concrète), Père Ntirampeba a, dans son travail de fin d’études théologiques intitulé « La Réconciliation palabrique pour la paix au Burundi », proposé les éléments de son rétablissement.
Avant la colonisation, Dieu était au dessus de tout et accordait la parole au roi, considéré par les Barundi d’antan comme son lieutenant. Après le roi, venaient les princes de sang, puis les Tutsi banyaruguru, les hutu banyamabanga, les simples tutsi et hutu, les tutsi hima, exclus de la cour royale depuis les années 1410, et les twa.
Dans cette structure, chaque catégorie y trouvait son compte, car la justice était une réalité, à part quelques cas très isolés.

Les perturbations de la vie en essence et en existence

Les préliminaires du conflit burundais peuvent être situés dans l’exclusion des tutsi hima due à l’opposition du roi Ntare Rushatsi, hutu, à Ruhinda tutsi hima, qui aurait tenté de connaître l’épouse du roi Ntare Rushatsi. Selon notre interlocuteur, le colonisateur a trouvé au Burundi une catégorie déjà frustrée qu’elle permit de se venger.
Les étrangers nés des mariages mixtes ont également besoin d’êtres réintégrés dans la société burundaise.
Avec l’arrivée des missionnaires, le Dieu pourvoyeur de toute chose, Imana, est remplacé, selon toujours Père Ntirampeba, par le Dieu Mungu, nom swahili qui, en kirundi, désigne charançon. Par conséquent, Dieu Imana, créateur de la vie est remplacé par un « insecte coléoptère nuisible ». Cette nouvelle notion conduit à un début d’une désintégration de la communauté car, une partie des Burundais continue à croire en Imana, une autre par contre, sous peine d’être qualifiée de païens et d’être persécutée, accepte le nouveau Dieu Mungu. Cela crée des camps, celui des « croyants conservateurs », attachés aux valeurs religieuses traditionnelles, et celui des « croyants progressistes », qui s’adaptent et se soumettent aux missionnaires et à leur religion nouvelle.
Ce bouleversement engendre des conséquences qui sont allées jusqu’à toucher la légitimité même du gouvernement. La conception gouvernementale hiérarchique burundaise considérait que le pouvoir du roi, chef de l’Etat, dépendait directement du Dieu Imana. Dès lors que Mungu remplace Imana, le roi perd automatiquement son autorité et son ascendance, au profit d’une nouvelle forme de gouvernement, calquée sur le fonctionnement occidental.
Père Ntirampeba avance une hypothèse selon laquelle cette situation aurait entraîné des coups d’Etats et des assassinats politiques car la communauté hutu est partisane du pouvoir royal désormais sécularisé, tandis qu’une partie des tutsi adhère aux idées nouvelles du colonisateur qui minimise la conception de Dieu. « Cette partie impose ses idées « progressistes » considérées comme supérieures à celles des hutu, jugées « rétrogrades ». Dieu n’est plus le dénominateur commun, le Père d’une même nation, mais devient un instrument de rivalité », a indiqué Père François Xavier. L’opposant n’a plus droit à la parole, poursuit-il.

Une intégration de tout un chacun

Une vraie réconciliation ne sera possible qu’avec la résurrection de la parole donnée à tous les acteurs de la société. Il faut communiquer avec Dieu, les humains, morts, présents et futurs, mais également la nature (champs).
Lazare Sebitereko, docteur en théologie, est du même avis. En travaillant la terre, on communique avec elle. On se réconcilie avec elle mais aussi avec Dieu, son créateur.
Aujourd’hui, les défunts, les parents et les enfants, le cosmos, n’ont pas droit à la parole.
Les quatre éléments de la hiérarchie ont perdu le droit d’expression suite à l’injustice et à l’impunité.
Le non accès au pâturage, à la propriété foncière, à l’eau potable, aux minerais, la sous alimentation due à l’expropriation, constituent une menace réelle à la réconciliation entre les différentes parties de la société burundaises.
Marie Consolate Nibizi, 53 ans, regrette que les Burundais ne profitent pas aujourd’hui du sous -sol burundais alors que c’était le cas bien avant la colonisation.
Jadis, les femmes burundaises portaient des bracelets de bonne qualité fabriqués à partir des minerais burundais. « Je garde l’image de ma grand-mère portant des bracelets de cuivre sur les bras et du pied au genou, marchant comme une reine, et je me demande si notre culture évolue en decrescendo », regrette-t-elle.
Elle interpelle les décideurs actuels et futurs à penser au partage équitable du gâteau national entre les enfants de la même nation.

Droit à la parole, outil de la réconciliation ?

Père Ntirampeba estime que la manière dont l’occident a tenté de résoudre le conflit burundais n’est ni constructive, ni efficace, ni cohérente, car, elle ne respecte pas certains principes fondamentaux qui régissent le fonctionnement vital burundais. Celui-ci est fondé sur les quatre piliers pris en compte par les Burundais dans leur mode de vie quotidien.
La complication importante découlant du conflit burundais n’est pas l’opposition ethnique, politique, économique etc., mais la perturbation systémique provoquée par les nouvelles idéologies introduites par les colonisateurs et relayée par une grande partie de l’élite burundaise.
Des méthodes négligeant au moins un pilier de la hiérarchie vitale, que ce soit la place de Dieu, l’importance de la communauté, la dimension des individus ou l’étendu du cosmos ne peuvent pas aboutir à une réconciliation effective.
Pour régler définitivement le conflit et parvenir à une situation de paix au Burundi, il importe d’utiliser un procédé qui intègre rigoureusement chaque pilier de cette hiérarchie vitale négro-africaine. Pour terminer, Père Ntirampeba de la Congrégation des Peres Missionnaires de la Réconciliation propose la méthode de la palabre, qui représente un moyen efficace et cohérent de parvenir à la paix.
Yolande NINTUNZE

 

CIRCULATION ROUTIERE> Le tronçon de la route en face de Buyenzi City market

L’embouteillage nécessite une solution urgente

 

La route passant devant l’ex- Amsar devrait être élargie pour faciliter la circulation aussi bien des voitures, des camions, des motos, des vélos que des piétons. Ce qui éviterait aux usagers le stress auquel ils font face tous les jours. En plus, il n’y aurait plus de détours de ceux qui empruntent la route conduisant vers l’Afritextile.

 

DSC07946L’embouteillage est monnaie courante au marché dénommée «Buyezi City market » communément appelé « Chez Sioni ». Une heure ne se passe sans observer les embouteillages. C’est ce que « le quotidien Le Renouveau » a constaté le lundi 15 décembre 2014 lorsqu’il faisait un tour en cet endroit.
Tenez ! Il est 9 h dans ce marché. On voit des camions, des voitures, des motos, des vélos et les piétons faire bon ménage dans la mesure où les embouteillages font parler d’eux. La circulation n’est pas difficile. On peut passer facilement 30 min sans qu’un véhicule se déplace. Ce sont surtout des piétons, les motos et les vélos qui ont facilité de circuler étant donné qu’ils font des zigzags en se faufilant entre les voitures et les camions.
Les véhicules et les voitures pressés sont obligés de faire des détours. Ils passent par l’« Afritextile », entreprise connue sous le nom de l’ex- Complexe textile du Burundi (Cotebu). Là, la circulation est facile. Sinon, si l’on passe par l’avenue Amsar, on est stressé de telle sorte que, des fois, les usagers sont contraintes de se jeter des injures.
Selon les témoignages recueillis sur place, la situation va s’aggraver avec l’ouverture du nouveau marché sis non loin de l’Afritextile, un marché qui a été construit après l’incendie qui s’était déclaré au marché central de Bujumbura, d’autant plus les embouteillages seront de toutes parts. Surtout avec les camions bennes se trouvant de part et d’autre de ce marché.
La solution serait d’élargir l’avenue de l’Amsar de façon à ménager le trottoir pour les piétons. Encore faut-il prévoir des canaux pour écouler les eaux pluviales. Celles-ci font que la route soit rétrécie. Ce qui pourrait permettre l’écoulement des eaux sans problème.
Masta Shabani

 

Genre>Témoignage sur les violences basées sur le genre

Le rôle des médias dans la lutte contre les VBG est indéniable

 

Les violences basées sur le genre (VBG) constituent un phénomène qui menace les droits de la personne humaine en général, et plus particulièrement les femmes et les filles. Comme certains le pensent, elle découle des relations inégales de pouvoir entre les hommes et les femmes. Les violences basées sur le genre entraînent des conséquences désastreuses dans les familles victimes. C’est ce que témoigne David Gatangurigwa de la commune Mpanda de la province Bubanza où il a apprécié les médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

 

DSC07864 - CopyAu cours d’un atelier organisé par le ministère de la Solidarité nationale, des droits de la personne humaine et du genre à Bubanza, les participants ont eu l’occasion de suivre le témoignage d’un certain Gatangurigwa David qui fait partie du groupe des « abatanga muco ». M. Gatangurigwa a apprécié le rôle des médias dans la lutte contre les violences basées sur le genre ainsi que les actions qui ont été menées par ledit ministère. Rappelons que les cas les plus courants des violences faites aux femmes dans la communauté burundaise sont essentiellement les agressions physiques, morales et sexuelles. L’inégalité des sexes et surtout la discrimination à l’égard des femmes en sont les causes profondes, a-t-il indiqué. La synergie des actions entre les médias et le gouvernement, ne peut que donner de bons résultats. Déjà, l’évaluation des actions des différents acteurs ainsi que de l’offre de service institutionnel apporté aux femmes a été faite et les résultats sont là. Après avoir écouté les émissions des radios en rapport avec les conséquences liées aux VBG.
M. Gatangurigwa a ajouté qu’il est nécessaire que les capacités des acteurs judiciaires doivent être renforcées afin d’accroître leur sensibilité au genre et plus spécifiquement aux VBG. Enfin, l’effectivité des structures de prévention et de lutte contre les VBG doit être assurée, à travers notamment la mise place des communautés à la base. L’adoption d’une loi spécifique sur les VBG apparaît ainsi comme l’opportunité de prendre en compte tous les aspects de la prévention, la répression, la réparation et la prise en charge des victimes de VBG.
Appolinaire Nimubona

 

 
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