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Centre ville de Bujumbura > Après le coup d’Etat raté

Les activités ont petit à petit repris leur cours normal

Dans la mi-journée du mercredi 13 mai 2015, un coup d’Etat a été déclaré par un groupe de militaires. Ainsi, les activités ont été paralysées à tous les niveaux de vie dans la ville de Bujumbura et tous les magasins ont été fermés. Après que ce coup d’Etat ait été déjoué, la rédaction du quotidien Le Renouveau a fait un tour dans la ville de Bujumbura, le samedi 16 mai 2015, pour se rendre compte de la reprise des activités et de l’ambiance qui  y régnait.

 

DSC 0937Faisant un tour dans différentes rues et autres places de la ville de Bujumbura, nous avons constaté qu’après quelques jours de paralysie de différentes activités, elles ont repris le cours normal malgré qu’il y ait certains magasins qui étaient encore fermés. Ausi, en passant devant différentes banques, on a constaté qu’elles étaient presque toutes ouvertes.
Sur la route Bujumbura Rumonge, au niveau de l’endroit dit Parquet général, nous avons vu que les gens qui aiment le sport étaient en train de jouer au basketball. Tout près de la station Engen communément appelée chez Katikati et tout autour de la Place de l’indépendance, beaucoup de magasins étaient ouverts. C’était la même chose au niveau du rond- point non loin de l’hôtel water front, au boulevard de l’Uprona, aux avenues de la victoire et de la mission et à la chaussée prince Louis Rwagasore où presque tous les magasins ont réouvert leurs portes. Bref, sur toutes les rues et différentes places visitées, comme au Kiosque de la Brarudi, l’ambiance était de fête.
Autour de l’ancien marché central de Bujumbura, le constat a été que le mouvement de gens et des engins automobiles était intense. Les bus et les taxis se faisaient remarqués sur tous les parkings sauf sur celui de Musaga. Le commerce ambulant dans les rues n’était pas comme d’habitude mais les femmes qui vendent les fruits tout autour de l’ancien marché central ont repris également leurs activités. C’était la même chose au Grocery store (l’ex grenier du Burundi) où les activités ont repris leur cours normal à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Dans tous les lieux que nous avons visités au centre ville, les gens vaquaient à leurs activités normales sauf pour le cas des cliniques privés qui étaient encore fermés.

Astère Nduwamungu

 

Dossier>Réconciliation

Le pardon n’est pas à confondre avec l’impunité

Pas de paix sans justice réconciliatrice. Le mandat du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie donne la latitude au procureur d’inculper tous les auteurs de crimes internationaux, y compris des chefs d’État en exercice. Cette disposition sans précédent provoque de vraies interrogations auprès des médiateurs des Nations unies et de l’Union européenne ainsi que des diplomates occidentaux à Genève. De ce qui précède, nous sommes en droit de nous demander si la réconciliation est une tâche possible et facile au Burundi.

DSC 3336La réconciliation est un processus difficile mais possible, c’est un signe qui montre que les humains sont réellement humains. Tels sont les propos de Mgr Jean-Louis Nahimana, président de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) au Burundi.
Pour lui, les conflits sont humains, toute personne humaine dispose de la conscience du bien et du mal.
Au niveau personnel, chacun de nous est animé d’un esprit biface et certaines personnes choisissent de faire le bien en évitant le mal, tandis que d’autres tombent dans le mal, donc dans le péché.
Parlant des relations interpersonnelles, Mgr Nahimana dit que le conflit est inévitable, nos ancêtres disaient que « ntazibana zidakubitana amahembe», ce qui signifie que si on cohabite, il est difficile d’éviter la collision.

Des violations graves
De fait, la justice en temps de guerre provoque la consternation mêlée d’hostilité des médiateurs internationaux. Ils redoutent que leur difficile travail soit encore compliqué par cette intrusion du judiciaire et ne vienne ruiner leurs efforts de mettre fin à la guerre. Ainsi, un auteur anonyme, écrit un article dans la revue Human Rights Quarterly, où avec une brutale franchise, il donne son point de vue : « La quête de justice pour les victimes d’atrocités d’hier ne doit pas faire des vivants d’aujourd’hui les morts de demain. Telle est une des leçons que la communauté des droits de l’Homme a pu tirer de l’ex-Yougoslavie. Il y a eu des milliers de morts, qui devraient être aujourd’hui vivants, parce que les moralistes cherchaient une paix parfaite. Malheureusement, une paix parfaite est quasiment inatteignable dans le contrecoup d’un conflit sanguinaire. Poursuivre les criminels est une chose, faire la paix en est une autre».
Y a-t-il une incompatibilité entre rendre justice et « faire la paix » ? Absolument pas, répond le procureur du TPIY, Richard Goldstone dans Human Rights Quarterly. Il répond à cet interlocuteur anonyme que c’est se leurrer gravement que de croire en la parole de paix de criminels de guerre :
« Une paix acceptée par une société dotée de la volonté et de la capacité de se guérir, de la volonté et de la capacité de dépasser les souffrances du passé, est la seule paix réellement viable. Telle est la paix que la communauté internationale devrait chercher à favoriser.
Une paix qui serait téléguidée par des criminels de guerre, malfaisants et méprisants de toutes les règles ou normes fondamentales du droit international, et soucieux de protéger leurs intérêts, ne saurait être ni viable, ni durable. »

Faut-il tourner la page sans la lire ?
Le président de la CVR reconnaît que le Burundi a connu de violations sociopolitiques graves sur une période de plus de 50 ans, de l’indépendance à nos jours. Ce qui a provoqué des blessures cruelles.
Pire encore, précise-t-il, il n’y a jamais eu de volonté politique, mais plutôt celle de tourner la page sans la lire.
Aujourd’hui, la jeune génération de Burundais veut prendre le bœuf par les cornes. Depuis l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi, on veut regarder en face tous ces maux qui ont rongé notre pays, cela constitue un atout à capitaliser.
Jean-Louis Nahimana dit qu’à côté de cette génération, une autre catégorie de gens affiche une méfiance. Celle-ci a, à force de vivre des événements douloureux, fini par verser dans le désespoir.

Accorder un crédit à la jeune génération
Ce n’est pas une solution magique, c’est un processus d’éducation des consciences afin que les gens se sentent responsables.
Ce n’est pas aux autorités d’imposer la réconciliation, mais une démarche interpersonnelle qui consiste à conscientiser, à regarder en face les problèmes qu’ils ont vécus, afin d’aboutir à une réconciliation effective.
Il importe de faire rencontrer l’offenseur et l’offensé. L’offenseur doit être préparé pour être à la hauteur de demander pardon et l’offensé à pardonner.
Le plus important pour quelqu’un qui a été profondément blessé, c’est de pouvoir pardonner.
Les offenses que nous subissons nous blessent, mais nous ne pouvons pas rester dans cet état.
Une personne qui n’a pas pardonné reste dans une sorte de prison, en portant le poids du malfaiteur.

Pardonner, force ou faiblesse ?
Pardonner, a expliqué Mgr Nahimana, est une grande force d’esprit qui nous permet de ne pas tomber dans le piège de celui qui nous a fait du mal et de se libérer du joug de la haine.
Le pardon n’est cependant pas synonyme de l’impunité, dit notre interlocuteur. C’est tout un processus. Il évoque le cas de saint Jean Paul II, qui est allé voir son agresseur en prison mais qui a laissé la justice faire son travail. D’autres exemples à suivre sont ceux du roi Mwambutsa Bangiricenge, qui a demandé à la population de rester sereine après l’assassinat de son fils bien aimé. M. Ndadaye père a fait la même chose. Pour y arriver, il faut se mettre au-dessus de la violence subie et se débarrasser du poids de vengeance.

Préparation spirituelle
Il faut oser regarder en face l’histoire que l’on a vécue avec beaucoup de lucidité. Le pardon est un aboutissement d’un long processus et chacun a sa façon d’y arriver.
On doit savoir mettre sur la balance le poids de la douleur et le prix à payer pour sauver les générations présentes et futures.
Nous devrions penser à Jésus qui a accepté de mourir pour payer notre dette.
Après avoir subi la violence, la victime vit un moment de haine qu’il faut respecter afin de préparer d’autres étapes, qui aboutiront au pardon.

La CVR ne manque pas de défis
Au niveau politique, la Commission Vérité et Réconciliation se heurte à des personnes ou groupes de personnes qui n’adhèrent pas encore au processus.
La commission a le devoir de les convaincre et de leur montrer qu’il y va de leur intérêt et de celui de la nation.
Mgr Nahimana trouve que ceux qui affichent la méfiance a priori ont besoin d’ un sursaut de conscience.
Au niveau technique, la commission a un mandat de 4 ans pour traiter des violations vécues pendant 50 ans. Il est donc pertinent de planifier en conséquence pour être efficace et efficiente.
Sur le plan culturel, notre interlocuteur parle des difficultés des Burundais de dire la vérité. La solidarité négative bloque les choses.
Il est nécessaire de recourir à la sagesse, d’avoir beaucoup de tact, pour mener un peuple qui n’est pas habitué à dévoiler la vérité. On doit expliquer que la rétention de la vérité a des conséquences sur l’avenir et qu’il faut donc éviter de léguer les mêmes misères à nos enfants.
Notre interlocuteur en appelle à la responsabilité de tout un chacun afin de laisser un Burundi où tout le monde a une place au soleil avec des droits bien respectés.
Pour y parvenir, notre peuple doit se souvenir qu’il faut se serrer les coudes dans le malheur. Quand on est isolé, on se croit le plus malheureux du monde, mais lorsqu’on en parle avec les autres, la douleur s’atténue.
Le plus important, c’est de faire la lumière sur le passé douloureux du pays et préparer un avenir meilleur pour nos enfants.

La justice n’est pas négociable même si elle conduit à exclure des chefs politiques et militaires.
À l’inverse, les « démocratiseurs » adoptent une logique confrontationnelle, car ilconsidèrent que la justice n’est pas négociable même si elle conduit à exclure des chefs politiques et militaires. La justice est, selon eux, la pré-condition à la démocratisation, garantie d’une paix durable. Ils s’appuient sur des normes qu’ils tiennent pour universelles et estiment moralement faux que des médiateurs restent dans une position de neutralité lorsque des crimes de masse sont commis.
« Démocratiseurs » et « gestionnaires de conflit » se rejoignent sur deux points. Ils ont tous deux recours à des raisonnements hypothétiques pour justifier leur point de vue. Ils ont tendance – même si cela est moins vrai aujourd’hui – à présenter la tension entre la recherche de la paix et de la justice comme un jeu à somme nulle. Ce que l’un gagne, l’autre le perd. Cependant, différentes réflexions ont conduit à repenser l’articulation entre mécanismes judiciaires et processus de paix, y compris dès l’élaboration du Statut de la Cour pénale internationale en 1998.
Nous verrons aussi comment cette opposition frontale entre « gestionnaires de conflit » et « démocratiseurs » est en train d’ouvrir sur une réflexion plus large sur les synergies qui peuvent se dégager entre processus de paix et processus de justice.

Le rétrécissement des amnisties permis sibles
À ce dispositif légal et politique, il faut encore ajouter un élément essentiel : le rétrécissement des amnisties permissibles. Traditionnellement, les amnisties étaient considérées comme un élément essentiel dans un règlement négocié. Selon les chiffres d’une étude conduite par Cherif Bassiouni, sur les 313 conflits qui se sont déroulés entre 1945 et 2008, 126 se sont conclus par des amnisties générales. Des pays tels que l’Espagne, le Portugal, le Mozambique, le Nigeria, le Liban et bien d’autres les ont utilisés, y compris lorsqu’il s’agissait de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’Homme.
Mais dans le courant des années 1990, avec la création des tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, les règles internationales évoluent. En 1998, le Statut de la Cour pénale internationale institutionnalise marque le changement d’approche de la communauté internationale. Au nom de la « réconciliation », l’accent est désormais mis sur la lutte contre l’impunité s’agissant de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide. En théorie, les amnisties générales pour les crimes internationaux sont désormais proscrites par les deux tribunaux ad hoc des Nations unies.
Ainsi, dans un langage musclé, un représentant du procureur de la CPI (Cour pénale internationale) souligne que les règles du jeu ont changé :
« cent quatre États ont volontairement souscrit aux Statuts de la CPI qui dit trois choses : l’impunité est terminée ; les juridictions nationales se chargeront de ceux qui ont violé le droit pénal, et si elles ne veulent ou elles sont dans l’incapacité de le faire, la CPI interviendra.
La question que les médiateurs doivent se poser, c’est comment faire passer ce message aux belligérants, à savoir que les options ont changé et que l’impunité n’en est plus une. Tout autre message serait trompeur et potentiellement dangereux. Ce que tout le monde doit comprendre, c’est le fait que le Statut de Rome ne rend pas la paix impossible.
Il rend simplement ­inacceptable le fait que l’impunité soit offerte en échange de la paix, lorsque des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des actes de génocide ont été commis.
Ce qui fut jadis considéré comme un prix acceptable pour obtenir la paix n’est plus une possibilité légale. C’est une décision que les États ont pris et c’est la nouvelle réalité juridique.
Les médiateurs peuvent évidemment proposer des amnisties. Les États peuvent décider en ce qui les concerne, de ce qu’ils peuvent offrir et comment ces amnisties seront conformes à leurs obligations internationales, mais la CPI ne sera pas liée par ces amnisties. La protection offerte par ces deals deviendra considérablement moins attractive. »
Les Nations unies se sont adaptées à ces nouvelles règles et au printemps 1999. Elles ont envoyé un message confidentiel à tous leurs représentants pour leur signifier que l’Onu ne peut plus accepter, y compris dans des traités de paix, le principe d’offrir des amnisties dont bénéficieraient les auteurs de crimes internationaux.
Le premier cas concret a surgi à peine quelques semaines plus tard. Francis Okelo, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour le conflit de la Sierra Leone, qui opposait alors le gouvernement à l’impitoyable guérilla du Revolutionary United Front (RUF), a finalisé un accord de paix qui prévoit dans son article IX, une amnistie générale : « Afin d’apporter une paix durable, le gouvernement de la Sierra Leone prendra toutes les mesures appropriées pour garantir au caporal Foray Sankoh un pardon absolu et inconditionnel (« absolute and free pardon »). Après la signature de cet accord, le ­gouvernement de la Sierra Leone offrira aussi un pardon absolu et inconditionnel à tous les combattants et collaborateurs, indépendamment de ce qu’ils ont fait pour atteindre leurs objectifs, et ce jusqu’à la signature de cet accord. »
Sur instruction du Secrétaire général, Kofi Annan, une clause est alors introduite à la dernière minute par son représentant spécial, interdisant l’octroi d’amnisties pour les auteurs de crimes internationaux. Cette nouvelle disposition a concrétisé la nouvelle approche des Nations unies. Kofi Annan s’en est expliqué, affirmant que la recherche de la paix impliquait certes des compromis, mais que ceux-ci ne pouvaient justifier l’impunité pour les crimes les plus graves : « Comme d’autres accords de paix, beaucoup de compromis ont été nécessaires dans les accords de paix de Lomé. Avec pour résultat que certains des termes qui ont rendu cette paix possible, en particulier, les dispositions concernant l’amnistie sont difficiles à réconcilier avec le but de mettre un terme à la culture de l’impunité, laquelle a inspiré la création des tribunaux des Nations unies pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda.
Depuis lors, plusieurs pays (notamment la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire, la Croatie, l’Éthiopie, le Venezuela) ont adopté une législation qui interdit expressément l’octroi d’amnisties pour des crimes internationaux.
De même, sans surprise, la jurisprudence des tribunaux pénaux internationaux est consistante sur ce point-là. Dans l’affaire Furundzija, le TPIY a affirmé que l’octroi d’amnisties pour des crimes internationaux n’était pas acceptable au regard des règles internationales. Les juges du tribunal spécial de la Sierra Leone ont été eux aussi parfaitement explicites :

Un État ne peut amener dans le monde l’oubli d’un crime contre le droit international
« Dès lors que la compétence est universelle, un État ne peut empêcher un autre État de se prévaloir de sa compétence de poursuivre un criminel, au prétexte que celui-ci est au bénéfice d’une amnistie. Il est pour cela irréaliste de considérer l’octroi d’une amnistie par un État comme étant universellement acceptée, dès lors qu’il s’agit de crimes internationaux où la compétence est universelle. Un État ne peut amener dans le monde de l’oubli un crime, si celui-ci est un crime contre le droit international et dont d’autres États ont le droit de se souvenir. »
La Cour interaméricaine de justice a aussi affirmé que l’amnistie générale accordée au Pérou, qui décourageait les enquêtes et refusait des réparations aux victimes était invalide. La cour a estimé que « toutes les dispositions sur la prescription et sur l’établissement de mesures destinées à éliminer la responsabilité étaient inadmissibles, parce qu’elles visent à prévenir des enquêtes et à punir les responsables de violations des droits de l’Homme ». La même cour, dans différentes affaires, a aussi estimé que les lois d’amnistie au Chili, en Argentine, au Salvador, sont incompatibles avec la Convention interaméricaine, car elles ne satisfont pas au devoir de poursuivre de tels crimes.
YOLANDE NINTUNZE
CHARLES MAKOTO

 

 

Zone Gatumba> Réunion du gouverneur de Bujumbura avec la population

La consolidation de la sécurité et la paix au centre des échanges

Après deux réunions de sécurité tenues séparément par trois émissaires du commandant du camp Infanterie de Gatumba, le gouverneur de la province de Bujumbura, Emmanuel Masumboko, a rassemblé la population de Gatumba dans le but de renforcer les propos de la force de défense nationale en poste dans cette circonscription allant dans le sens de la consolidation de la paix et de la sécurité.

DSC08065Le gouverneur de la province de Bujumbura, Emmanuel Masumbuko, en collaboration avec le chef de poste de police à Gatumba a organisé, le lundi 11 mai 2015, une réunion en vue de consolider la paix et la sécurité dans la zone Gatumba. Cela intervient après la barricade de la route nationale numéro 4 communément appelée « Chaussée d’Uvira ». Cette barricade a eu lieu au centre de la zone Gatumba. Mais, les forces de défense et de sécurité n’ont pas tardé à dégager le tronçon.
Le gouverneur de Bujumbura a profité de l’occasion pour demander à la population de rester sereine dans la mesure où les forces de défense et de sécurité sont là pour sa protection. Il est question de dénoncer à temps tout mouvement suspect que l’on peut observer. Et de préciser que ça ne sert à rien de traverser les frontières burundo- congolaises étant donné que la zone Gatumba s’est toujours caractérisée par la paix et la sécurité. Surtout que les réunions ne cessent d’être organisées pour apaiser la population. Il a terminé en demandant à la population de Gatumba de ne pas suivre l’exemple de certains quartiers de la capitale Bujumbura d’autant plus qu’elle a toujours été unie.

Eviter les rumeurs
Le chef de poste de police à Gatumba, le major Arthémon Niyonkuru, a rassuré la population que la police et l’armée vont collaborer pour la protéger. Et d’ajouter qu’il faut éviter des rumeurs qui n’ont d’autres objectifs que de la démoraliser.
Certains intervenants ont demandé au gouverneur de Bujumbura de convoquer dans les brefs délais une réunion où les jeunes de toutes les tendances politiques pourraient se rencontrer en vue de les sensibiliser sur les bienfaits de la paix et de la sécurité. Ils ont promis de faire de leur mieux pour que la paix et la sécurité restent une réalité à Gatumba, comme cela l’a toujours été pendant les moments cruciaux de l’Histoire de Burundi.
Masta Shabani

 

CNIDH > Les nouveaux membres

Qui sont-ils ?

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH), vient d’être dotée de nouveaux membres dont quatre nouvellement nommés et un qui a été reconduit. Après leur nomination, ils ont juré de remplir fidèlement et en toute impartialité leur mandat. Ils se sont également engagés à respecter la Constitution de la république du Burundi, la Charte de l’unité nationale et d’autres lois en vigueur. La rédaction du quotidien Le Renouveau a jugé bon de vous parler de ces nouveaux membres de la CNIDH.

Qui est le nouveau président de la CNIDH, Jean-Baptiste Baribonekeza ?


DSC 1351En remplacement du frère Emmanuel Ntakarutimana, Jean-Baptiste Baribonekeza est le nouveau président de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme. Il dispose d’un diplôme de maîtrise en droit de l’Homme et démocratie obtenu à l’université de Pretoria en Afrique du Sud et d’une licence en droit à l’université du Burundi. Il a publié pas mal d’ouvrages et a déjà exercé différentes fonctions tant au Burundi qu’à l’extérieur du pays. De 2013 à 2014, il était chargé du Programme gouvernance et droits de l’Homme au bureau pays du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à Dakar au Sénégal. De 2011 à 2013, il était analyste de programme, gouvernance et droits de l’Homme au centre régional pour l’Afrique de l’Ouest et du centre au sein du programme des Nations unies pour le développement de Sénégal. Le nouveau président de la CNIDH a également exercé la fonction du spécialiste des droits de l’Homme au sein de l’opération des Nations unies, de 2009 à 2011, en Côte d’Ivoire.
De septembre 2008 à février 2009, Jean-Baptiste Baribonekeza était consultant au sein de l’organisme Avocats sans frontières à Bujumbura et de février à juin 2008, il a fait un stage au bureau du procureur à la cour pénale internationale de Lahe au Pays-Bas. Il a également effectué un stage au haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme à Genève en Suisse, de 2007 à 2008. En 2007, M Baribonekeza était professeur à la faculté de droit de l’université du Burundi et de 2005 à 2006, il était formateur juridique au Programme protection du Conseil norvégien pour les réfugiés à Makamba après qu’il ait exercé les fonctions d’attaché juridique à la Banque nationale pour le développement économique (BNDE), en 2005.

Il a également exercé beaucoup d’autres fonctions
D’octobre 2004 à février 2005, il était agent électoral à la Commission électorale provinciale indépendante (Cepi) à Gitega. Dans l’intervalle de 2003 à 2004, M. Baribonekeza était à la fois consultant et encadreur de formation à l’Office du haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme au Burundi ainsi que stagiaire à l’Office du haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme au Burundi.
Concernant les activités civiques, communautaires et volontariat, Jean Baptiste Baribonekeza a été membre de Nouvel horizon, une organisation non gouvernementale œuvrant dans le domaine de la résolution pacifique des conflits à l’Université du Burundi. Il a également été membre d’honneur de l’Union des jeunes contre le sida. C’est une organisation œuvrant dans le domaine de la lutte contre le Sida. En 2006, le président de la CNIDH était guide et interprète à la Coupe du monde des Sans abris à Cap Town en Afrique du Sud. La même année, il était volontaire des Nations unies en ligne et il travaillait comme traducteur anglais, français et kirundi pour le collectif pour le renforcement des communautés du Canada et teach a man to fish de la Grande Bretagne. M Baribonekeza a également participé dans beaucoup de cours d’été, des séminaires et des ateliers au Burundi, en Afrique et ailleurs.
M. Baribonekeza parle anglais, français, kiswahil et kirundi. Il a également beaucoup de connaissances en informatique comme World, Excel, Power Point, Outlook, Internet explorer, Lotus notes et des bases de données pertinentes à son domaine de spécialisation.

Qui est Claudine Niyimbonera ?
DSC 1349De son côté, Claudine Niyimbonera dispose d’un diplôme de maîtrise en droit de l’Homme et résolution pacifique des conflits obtenu à l’Université du Burundi, Chaire Unesco. Elle dispose également d’un diplôme de licence en droit obtenu à l’université du Burundi dans la faculté de droit. Concernant d’autres formations complémentaires, elle a suivi des formations en techniques de médiation ; en guide pratique de police administrative ; dans la nouvelle technologie de rédaction des jugements ; en management des cours et tribunaux ; en techniques de formation des adultes ; en application des conventions internationales relatives aux droits de la femme au Burundi ; dans la promotion et protection des droits de la femme ; dans l’utilisation des conventions internationales relatives au droit du travail par les juridictions nationales ainsi que dans la protection internationale des droits de l’Homme.
Quant aux qualifications clés, Mme Niyimbonera est qualifiée en analyse et résolution des situations à la lumière de loi et dans la conception, mise en œuvre, supervision, exécution et suivi-évaluation des projets relatifs au droit en général et particulièrement à l’accès à la justice, droits de l’Homme, résolution pacifique des conflits, genre, etc. Elle a également une qualification dans la sensibilisation et plaidoyer sur les thèmes variés de droit en général et particulièrement sur les droits de l’Homme, succession, sécurisation foncière, police de proximité, police administrative. Mme Niyimbonera est aussi qualifiée en appui des ministères partenaires sur des thèmes juridiques et autres.

Ses compétences
Comme l’indique son curriculum vitae, la vice-présidente de la CNIDH a beaucoup de compétences en résolution pacifique de conflits notamment la médiation ; la formation des adultes sur les thèmes variés notamment le droit foncier ; le droit de la famille, succession, libéralités et régimes matrimoniaux ; procédure judiciaire; violences basées sur le genre ; rédaction des jugements, etc. ; l’appui et l’accompagnement à l’élaboration des modules de formation et des textes de lois ; etc.
Quant aux activités professionnelles, Mme Niyimbonera a été conseillère nationale justice au sein du programme d’appui à la bonne gouvernance au Burundi «Gutwara neza», de juillet 2009 à décembre 2014. Elle était chargée de préparer, budgétiser, mettre en œuvre et suivre des activités relatives à la mise en place des réformes pour l’amélioration de la justice de proximité et la protection, la promotion et le renforcement des droits de l’Homme et libertés fondamentales dans huit provinces d’intervention du programme. De juillet 2008 à juin 2009, elle était assistante de la coordinatrice de l’association des femmes juristes du Burundi. De 2003 à 2005, elle était juge au Tribunal du travail et de 2005 à 2008 elle était vice-présidente et présidente ad intérim de ce même tribunal.
Mme Claudine Niyimbonera parle bien le français et le kirundi. Elle parle moyennement l’anglais et le kiswahili. Elle dispose également de connaissances informatiques comme World, Excel, Power Point et Internet explorer.

Qui est le secrétaire de cette commission, Ernest Nyabenda

DSC 1352bbbLe secrétaire de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme, Ernest Nyabenda était professeur de l’Université et magistrat à la Cour suprême avant d’être nommé dans ses nouvelles fonctions. Il dispose d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DSS) obtenu à l’Université du Burundi, Chaire Unesco ; d’un certificat de réussite obtenu à l’Institut syndical pour la coopération au développement en Italie où il a passé deux ans de formation en droit du travail et de la sécurité sociale et d’un diplôme de licence en droit obtenu à l’Université du Burundi.
Selon son curriculum vitae, le secrétaire de la CNIDH a suivi des formations qui ont été sanctionnées par des certificats. Ernest Nyabenda a suivi beaucoup de formations au Burundi et à l’étranger. Il s’agit d’une formation en droit international d’arbitrage dispensé par DLA PIPER en août 2014; une formation sur les normes internationales et leur application par les juridictions suprêmes africaines, organisée par le Bureau international du travail (BIT) en 2013 en Zambie ; une formation sur les normes internationales du travail relatives au travail des enfants et leur application par les tribunaux et l’inspection du travail, organisée à Bujumbura par le Bureau international du travail (BIT) en collaboration avec le ministère de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, en 2013. Il a également participé dans deux séminaires. L’un était sur la pratique pénale. Il était organisé par International bridges to justice (IBJ) en collaboration avec Aprodh en 2009 et l’autre était sur la Justice juvénile qui a été organisé par le ministère de la Justice, en collaboration avec Terre des hommes, en 2012.

Ses activités professionnelles
Concernant ses activités antérieures, M. Nyabenda a effectué des activités académiques et juridiques. Comme activités académiques, il a été, en 2014, en même temps professeur à temps partiel de droit bancaire à l’Institut supérieur de développement et d’Introduction à l’étude du droit à l’Université étoile de l’Afrique de l’Est de Cibitoke, campus Rugombo. De 2012 à nos jours, M. Nyabenda a été professeur à temps partiel de droit administratif à l’Université Martin Luther King. De 2011, il a été professeur à temps partiel de droit de la sécurité sociale et de droit administratif à l’Institut international libre d’Afrique ; professeur de droit judiciaire privé et de droit judiciaire répressif à l’Université des Collines (Hills university) et professeur à temps partiel des contrats usuels et de droit judiciaire privé à l’Institut supérieur d’enseignement technique de Rumonge. De 2008 à 2012, il a été professeur à temps partiel du droit des obligations à l’Université Espoir d’Afrique.
Comme activités judiciaires, M. Nyabenda a, de 2012 à nos jours, été juge à la Cour suprême et membre du bureau de l’Assemblée générale de la Cour suprême. En 2012, il a été nommé conseiller juridique et avocat de l’Etat. De 2010 à 2012, il fut juge au tribunal de Grande instance en mairie de Bujumbura. De 2008 à 2010, il était juge au tribunal de Grande instance de Bujumbura et de 2007 à 2008, chef du personnel et conseiller juridique à la Société régionale de développement de l’Imbo (SRDI). De 2006 à 2007, il était enseignant à l’école secondaire. Ainsi, selon toujours son curriculum vitae, M. Nyabenda parle le kirundi, le français, l’anglais et le kiswahili. Il dispose également des connaissances informatiques notamment le Word et l’Excel.

 

Qu’en est-il du commissaire Déo Ndikumana ?

DSC 1359Selon le curriculum vitae de Déo Ndikumana, il dispose d’un diplôme de licence en droit obtenu à l’Université du Burundi. Comme expériences professionnelles, il a occupé plusieurs fonctions. De 1995 à 1996, il a effectué un stage au Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) dans le cadre des bourses des meilleurs étudiants. De 1996 à 1997, le commissaire de la CNIDH a été consultant à l’Unicef. Il était chargé de la formation des magistrats et des journalistes en droit de l’enfant et spécialement dans la vulgarisation de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.
De 1997 à 2011, Déo Ndikumana était avocat spécialisé dans la défense des droits de l’Homme, et des enfants en particulier, mais également en charge d’autres dossiers. Dans cet intervalle, il faisait partie d’un groupe de cinq avocats sélectionnés pour la défense des prisonniers dits « politiques » dans le cadre du Programme d’assistance judiciaire initié par le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Il a été également sélectionné pour la défense des réfugiés dans le cadre d’un projet initié par une Organisation non gouvernementale (ONG) internationale américaine.

D’autres activités juridiques
Au cours de cette même période, M. Ndikumana a été avocat de plusieurs ONG et entreprises comme l’International medical corps (IMC), l’Office du thé du Burundi (OTB), l’Office de transport en commun (Otraco), la Mutuelle de la Fonction publique, la Loterie nationale ainsi que plusieurs milliers de personnes privées. Déo Ndikumana a également représenté le Burundi en tant qu’avocat des enfants soldats sur demande du ministre ayant les droits de l’Homme dans ses attributions. Il a aussi présenté une étude sur la situation des enfants incarcérés avec l’appui de l’Unicef et a assuré une formation aux journalistes sur les délits de presse. De 2011 à nos jours, M. Ndikumana était commissaire à la CNIDH. Il a également eu l’occasion d’avoir des stages et formations à l’étranger sanctionnés par des certificats dont un certificat de spécialiste signé par le Premier ministre français après une formation en droit de l’Homme à l’Ecole nationale d’administration de France.
Il est membre de la Ligue burundaise pour l’enfance et la jeunesse « Libejeun ». Déo Ndikumana a déjà publié un mémoire pour l’obtention du grade de licencié en droit intitulé « Le principe de la liberté de la presse et ses limites burundaises ». Il a également fait des exposés sur la Commission nationale des terres et autres biens dans le cadre d’un atelier présenté devant les corps constitués sur « Le principe de bonne foi et l’indemnisation des sinistrés » et sur la décentralisation administrative en droit burundais.

Qui est Chantal Bakamiriza, une autre commissaire de cette commission ?

DSC 1354Comme l’indique son curriculum vitae, Mme Bakamiriza est native de la province de Kirundo dans la commune Bwambarangwe. Elle est détentrice d’un diplôme de licence en Sciences économiques et administratives obtenu à l’Université du Burundi. Comme expériences professionnelles, elle a été, de 2012 à nos jours, chef d’antenne régionale de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH) dans les provinces de Kayanza, Ngozi, Kirundo et Muyinga.
Avant d’être nommée chef d’antenne régionale de la CNIDH, Chantal Bakamiriza fut, en 2012, conseillère de l’ombudsman au département en charge des fautes d’injustice et de violation des droits de l’Homme. Elle réalisait les activités d’écoute, d’orientation des requérants et de traitement des saisines de ces derniers. Au sein de la même institution, elle a été directrice du département de Médiation, éducation civique et communication de 2011 à 2012.

Elle a exercé beaucoup d’autres fonctions
De 2008 à 2011, Mme Bakamiriza était observatrice des droits de l’Homme au sein de la Ligue des droits de l’Homme dans la région des Grands lacs. Elle était une cadre d’appui aux activités de coordination du programme Observatoire des droits humains. De 2005 à 2006, elle était assistante de programme (sécurité et réforme institutionnelle) à l’Opération des Nations unies au Burundi.
De 2004 à 2005, Chantal Bakamiriza a été productrice de la radio de l’Opération des Nations unies au Burundi. Elle assurait la couverture médiatique et faisait le reportage des différents événements. Elle a également été assistante aux commissions permanentes de l’Assemblée nationale dans les services de finance-budget et de coopération-affaires étrangères. Elle a été conseillère au département législatif. En tant que cadre d’appui dans ce département, elle suivait les séances plénières et produisait des procès-verbaux.
Selon toujours son curriculum vitae, Mme Bakamiriza a effectué, en 2002, une enquête pour le compte du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap). En 1999, elle a également effectué une investigation sur l’impact du magazine Ijambo sur le terrain d’entente pour le compte de Search for common ground.

Ses activités extra-professionnelles
Concernant les activités extra-professionnelles, Chantal Bakamiriza a été consultante en matière de formation électorale et de médiation. Elle a été également consultante en matière de formation des agents chargés de l’application de la loi en droits de l’Homme. Elle a aussi appuyé les activités de lutte contre les violences basées sur le genre pour le compte du Collectif des associations féminines Murekerisoni et les activités de protection et de promotion des droits des femmes et des enfants vulnérables (AFEV).
Chantal Bakamiriza parle bien le kirundi et le français, et moyennement, l’anglais et le kiswahili. Elle a également de bonnes connaissances informatiques notamment Word, Excel, Power point, Microsoft Publisher ainsi que Lotus Notes.

Astère Nduwamungu

 
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