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Sécurité>La menace terroriste

Des suspects arrêtés pour subir un interrogatoire

La Police nationale a organisé une conférence de presse le mardi 28 octobre 2014, pour faire le point sur l’état actuel de la sécurité. Le porte-parole de la police OPC 1 Hélménégilde Harimenshi, a affirmé que la menace terroriste, la déstabilisation déguisée en prédication et le vol dans les ménages par des bandes organisées constituent un nouveau phénomène de criminalité à combattre au Burundi.

DSC 0417Depuis l’an 2009, tous les pays qui ont envoyé des troupes en Somalie sont sous menace terroriste du mouvement Al shaabab. Les pays comme le Kenya, l’Ouganda  et l’Erythrée en ont déjà vécu l’expérience malheureuse. Le Burundi et les pays partenaires dans la lutte contre le terrorisme, échangent des informations pour la prévention. Cette collaboration a également pour but d’augmenter la capacité de réponse en cas d’attaque.
Dans ce cadre,  a indiqué OPC 1 Harimenshi, des suspects, jusqu’ici des étrangers, ont été arrêtés dans notre pays. A l’aide d’un réseau conjoint d’information, la Police burundaise a découvert qu’il y a des Burundais en contact avec des réseaux suspects d’endoctrinement terroriste. «Deux Burundais sont déjà identifiés et les suspects sont arrêtés pour subir des interrogatoires », a précisé le porte-parole de la police.  Les enquêtes ont pour but de vérifier si les personnes arrêtées sont conscientes  et savent réellement avec qui elles sont en contact. D’après l’OPC 1 Harimenshi, les milieux terroristes utilisent des méthodes déguisées pour le recrutement. Cette méthode fait  de sorte que la personne ciblée ne saura pas a priori qu’elle est en train d’être recrutée pour le compte terroriste.

La police nationale déterminée à combattre tout fauteur de trouble

Pour l’OPC 1 Helménégilde Harimenshi, la période pré-électorale a été toujours propice à la rumeur. Des personnes déguisées en prédicateurs véhiculent des idées de déstabilisation inacceptables du point de vue sécuritaire. Il s’agit notamment de Eusébie Ngendakumana   et de Damascène Gakwaya .   La première est toujours en cavale et le deuxième d’origine rwandaise va être expulsé vers son pays d’origine  car il s’est irrégulièrement introduit sur le sol burundais.
Pour ce qui est des bandits opérant dans des bandes armées avec des objets tranchants,  l’OPC 1 Harimenshi a indiqué que les arrestations opérées dans les provinces de Mwaro et Bujumbura montrent que la plupart de ces bandits sont connus dans les environs. Il a affirmé enfin que des mesures ont été prises pour démanteler ces bandes qui sont également signalées dans les communes urbaines de Kinindo et Kanyosha.

Charles Makoto (Stagiaire)

 

CROIX-ROUGE du Burundi> Au cœur du développement communautaire

Plus de 450 000 volontaires au service des vulnérables

Anselme Katiyunguruza, secrétaire général de la Croix-Rouge du Burundi fait savoir que  les défis humanitaires restent énormes alors que les moyens de les gérer s’amenuisent de plus en plus. Il indique que la présence  des représentants des différentes sociétés nationales à la réunion des partenaires édition 2014 est rassurante.

DSC 0378« Si chacun apporte la pierre à l’édifice, je suis confiant que nous parviendrons à  surmonter. les défis», a dit Anselme Katiyunguruza avant d’ajouter que le développement durable et pérenne de la Croix-Rouge du Burundi ne saurait passer ailleurs qu’à l’unité collinaire. Des actions importantes doivent donc être concentrées à cette structure qui doit illuminer toute l’organisation. « Cela est possible », indique-t-il. La Croix-Rouge du Burundi compte aujourd’hui près de 2 900 unités collinaires, sur une couverture de plus de 98% du territoire national. Sur ces unités collinaires œuvrent plus de 450 000 volontaires qui offrent régulièrement des  services aux plus vulnérables.

La professionnalisation et la fidélisation des volontaires restent un défi 

Chaque unité collinaire compte plus ou moins cinquante volontaires. C’est un bon noyau à mobiliser pour remorquer le reste  de la communauté vers le développement. M. Katiyunguruza atteste en effet, que la professionnalisation, l’encadrement et la fidélisation de ces volontaires reste un défi. Des pistes ont déjà été identifiées et essayées. Il s’agit notamment de l’appui en initiatives génératrices de revenus des unités collinaires. Cela a déjà montré ses preuves. Le nombre de vulnérables assistés a, en effet, augmenté. D’autres pistes sont à essayer notamment la professionnalisation des volontaires en métiers utiles : maçons, menuisiers, charpentiers, ferrailleurs, soudeurs, tout ce travail demande des moyens.   
La Croix-Rouge du Burundi est en train de développer et de mettre en œuvre des outils de communication afin de toucher et de sensibiliser les volontaires des unités collinaires. Il s’agit notamment d’U-Report, Tera, Radio communautaire mobile et d’autres actions liées à la communication avec les bénéficiaires. Pour exploiter ces outils, Anselme Katiyunguruza compte sur le concours du gouvernement et des partenaires. Il affirme être  confiant qu’à la sortie de la réunion des partenaires, ces derniers continueront à appuyer ce genre d’actions.

Charles Makoto (Stagiaire)

 

Constitution de la personnalité> La part de l’hérédité

Le comportement de l’Homme a un lien étroit  avec ce qu’il a hérité de ses parents

Dans la vie de l’Homme,  il y a des événements qui se passent  depuis son enfance. Et, au fur et à mesure qu’ils s’encrent dans son fort intérieur, ils peuvent générer des comportements qui caractérisent la personnalité de l’Homme. Ces comportements ont un lien étroit avec ce qu’il a hérité de ses parents au cours de sa croissance. Tels sont les propos de la psychologue Médiatrice Nibaruta, lors d’un entretien qu’elle a accordé à la rédaction du quotidien Le Renouveau.

DSC07006La psychologue Nibaruta a fait savoir que depuis son enfance, l’Homme assiste à différents événements qui se passent dans sa famille.  Elle a indiqué que lorsqu’il a l’âge compris entre 1 et 7 ans, il observe tout ce que ses parents font. Dans certains cas, les maris maltraitent leurs femmes en présence ou non de leurs enfants. Dans d’autres cas, les femmes ne respectent pas leurs maris. Par conséquent, il y a souvent des querelles dans ces familles. Certains couples essaient de cacher aux enfants ce qui se passe entre eux. D’autres n’y arrivent pas. Mais, dans tous les cas, les enfants déduisent qu’il y a quelque chose qui ne va pas entre leurs parents.
 
Les parents doivent bien se comporter devant leurs enfants

Mme Nibaruta a précisé qu’il y a des couples qui ont reçu les conseils qu’avant de se disputer, il faut s’assurer que les enfants ne l’entendent pas ou soient déjà au lit si c’est pendant la nuit. Malgré ces conseils, il y a ceux qui n’arrivent pas à se retenir et commencent à se chamailler en présence de leurs enfants.
 Elle a ajouté que qu’ils soient présents ou non, les enfants observent chaque jour le comportement de chacun de leurs parents. Et, au fur et à mesure qu’ils grandissent, ces enfants encaissent les comportements qu’ils ont vus de leurs parents. Ces comportements ont un effet très important dans la vie de ces enfants. Elle a signalé que c’est pour cette raison que malgré lui, tel ou tel autre enfant manifeste le même comportement que l’un de ses parents.
 A la question de savoir pourquoi l’enfant se comporte comme l’un de ses parents alors que ce dernier n’a pas un bon comportement et pourquoi il n’évite pas ce qu’il a vu de mal en provenance de ces parents. Mme Nibaruta a fait remarquer que contre son gré l’enfant a encaissé ce qu’il a vu de ces parents et il peut dans beaucoup de cas se comporter de la même manière.
 Lorsque cet enfant voit toujours ses parents en train de se chamailler, comment peut-on vouloir qu’il donne la paix aux autres alors qu’il ne l’a pas eu chez lui, s’interroge-t-elle.
 La psychologue Nibaruta a alors interpellé les parents d’essayer de montrer un bon exemple à leurs enfants en donnant la paix dans leur famille.

Rose Mpekerimana

 

Mémoire des disparus>Un droit et un devoir

Les familles des victimes doivent mettre en place une synergie

Pour Aloys Batungwanayo, représentant légale de l’Association pour la mémoire  et la protection de l’humanité contre les crimes internationaux (Amepci), la mémoire fait partie de l’identité des êtres humains. Les rites autour des  morts dans la culture et la tradition burundaise, montrent  les relations existantes entre les vivants et les morts. Que les familles des victimes commémorent les leurs, cela leur permet de pérenniser l’identité de leurs familles.

DSC 0381La commémoration dans les temps où les disparus ont été victimes des massacres à caractère politique  est un droit mais aussi un devoir. Les personnes qui, dans les circonstances de crises, ont perdu les leurs gardent une sorte de frustration. Cela est  dû au fait qu’ils n’ont pas eu le temps de faire les obsèques des leurs, d’observer le deuil et tous le rituel au tour  des morts selon la tradition.

Une mémoire parallèle

S’exprimant à propos de la gestion des mémoires parallèles, M. Batungwanayo estime qu’il y a eu récupération politique du malheur des familles des victimes. Selon l’identité ethnique des victimes, les politiciens ont récupéré la situation pour leur compte.  L’exemple le plus parlant d’après Batungwanayo, est celui des déplacés du site de Ruhororo. Alors qu’un programme de rapatriement et de réinsertion de ces déplacés dans leurs ménages était préconisé, certains politiciens ont, malheureusement, empêché ces derniers de rentrer. « Les raisons sont purement et simplement politiques », affirme Batungwanayo qui souligne une exploitation de la situation pour des visées électorales. Cette manipulation a comme conséquence la commémoration séparée avec comme résultat les mémoires parallèles.
Pour Batungwanayo, les accords d’Arusha   pour la paix et la réconciliation ont été signés entre les politiciens. Considéré comme une bible dans la gouvernance démocratique, cet accord n’a pas intégré la place  des familles des victimes. Les familles des victimes, qu’elles soient hutu ou tutsi, revendiquent l’établissement dans leurs droits.  Elles doivent, à cet effet, mettre en place une synergie et éviter de tomber dans les pièges des politiciens. Elle sera mal vue certes, mais aura démontré une maturité dans la compréhension de leur statut de victimes.

La loi sur la CVR tient compte des victimes

Aloys Batungwanayo félicite le gouvernement et le parlement pour avoir mis sur pied la loi sur la Commission vérité et réconciliation. Cette loi promulguée le 15 mai 2014, a pour mérite d’avoir tenu compte de la place des victimes, dans les mécanismes da la justice transitionnelle. Elle prévoit notamment  la construction des monuments en mémoire des victimes, la réparation des victimes, une journée nationale en mémoire de ces derniers ainsi que la réécriture de l’histoire. Cette pérennisation de la mémoire est un profit pour les victimes.
Il fustige cependant le retard dans la mise en application de cette loi. Des hommes et des femmes intègres doivent être choisis pour l’application de la loi sur la CVR. Le  traitement du passé, dans un pays où il y a eu de graves violations des droits de l’Homme, doit passer par quatre piliers dont le pied angulaire est la vérité. La justice, la réparation et la garantie de non répétition sont des résultats de la vérité.  Les victimes doivent être au centre de ces mécanismes sous peine de vouer à l’échec les initiatives entreprises.
Selon M. Batungwanayo, l’impunité a été à l’origine du cycle des violences qu’a connu notre pays. Les recherches qui ont été menées ont prouvé que les victimes d’avant-hier ont été les bourreaux d’hier. « Rien n’empêche donc que les victimes d’aujourd’hui deviennent les bourreaux de demain si la justice ne joue pas pleinement son rôle », affirme-t-il.
Charles Makoto (Stagiaire)

 
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