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SUCCESSION DE LA FILLE ET DE LA FEMME BURUNDAISE> Avis des uns et des autres

L’héritage des burundaises, une question à bien mûrir

 

La question sur la succession des filles et des femmes burundaises devrait être traitée selon plusieurs disciplines voire domaines social, politique, culturel, juridique pour ne pas créer des entraves ultérieurement. Cela est souligné dans la mesure où certaines gens sont pour l’héritage équitable des biens des parents entre les enfants de sexes opposés et d’autres qui contrarient cette pratique.

 

DSC 1900Stéphanie Niyokwizera, femme cultivatrice et chef de la colline Shanga dans la commune Musongati en province de Rutana réclame la loi sur la succession des filles et femmes burundaises. Elle a ajouté que la fille ou la femme a le droit d’hériter des biens des ses parents comme c’est fait pour les enfants de sexe masculin. Pour elle, la succession des filles et femmes devrait être un signe d’honneur et d’appartenance familiale. Car, dit-elle, celles-ci se sentent bien intégrées dans leurs familles restreintes, familles de sang. S’il advient que la fille ou femme décide de léguer ou d’attribuer un bien à son petit ou grand frère, elle le fait de son gré tout en sachant qu’elle avait le plein droit au bien octroyé. Pour cela, Mme Niyokwizera souhaite que la loi sur la succession des filles et femmes puisse être promulguée et mise en application le plus rapidement possible. Ce qui pourra aussi contribuer à la promotion de la femme burundaise.

Ne pas créer des entraves ultérieures
Quant à Blandine Niyongere, femme journaliste, elle souligne que la question d’héritage pour les filles et des femmes doit être traitée d’une manière approfondie pour ne pas créer des entraves ultérieurement. Pour elle, il faut analyser tous les secteurs concernés à savoir au niveau de l’égalité des enfants devant la loi ainsi qu’au niveau de la coutume burundaise. Elle a informé qu’il existe certaines femmes qui réclament la loi sur la succession et d’autres qui la refusent. « C’est donc une question à mûrir », a-t-elle renchéri. Elle s’est en outre posé la question de savoir si une fois cette loi promulguée ne peut pas dérouter la fille. Ici, Mme Niyongere veut signifier que la fille en cours de scolarisation peut compter beaucoup sur les biens légués par ses parents et laisser de se concentrer sur les études, base fondamentale de sa vie future.

L’un des remèdes face aux litiges fonciers

Selon l’opinion de Martin Karabagega, jeune homme intellectuel, les enfants de sexe masculin et féminin doivent hériter de manière équitable les biens de leurs parents pour éviter des mésententes entre frères et sœurs. Il explique qu’après avoir été légué tel ou tel autre bien de ses parents, l’enfant doit veiller à sa bonne gestion. Dans le cas contraire, il ne pourrait rien réclamer. M. Karabagega affirme que le partage équitable des biens hérités entre les enfants de sexes opposés pourrait être l’un des remèdes face aux litiges fonciers. Si non, révèle-t-il, il y aura toujours des querelles entre ceux qui ont bénéficié des lègues et d’autres qui n’en ont rien eu.

Une question pertinente dans la tradition burundaise

Selon Domitien Nizigiyimana, professeur à l’Université du Burundi au département des littératures et langues africaines, se basant sur les écritures de Jean Baptiste Ntahokaja, c’est une question pertinente dans la tradition burundaise. Il a ajouté que, les enfants essentiellement les garçons héritaient les biens de leurs parents. De plus, révèle-t-il, les filles pouvaient hériter lorsqu’elles n’avaient aucun frère. «Cependant, à la mort du mari, c’est à la femme qu’ont été légués les biens laissés par son mari afin d’en jouir et de pouvoir éduquer les enfants », a martelé M. Nizigiyimana. Généralement, a-t-il ajouté, c’était les enfants de sexe masculin qui avaient le droit d’hériter les biens de leurs parents.

Actuellement, les choses changent

« Evidemment les choses changent. Actuellement, suite à la lumière de nouvelles idées voire conceptions des opinions mondiales, certaines gens optent que les enfants puissent jouir de manière équitable des biens laissés par leurs parents quel que soit le sexe et d’autres qui refusent », a indiqué le professeur à l’université du Burundi. Donc c’est une question très importante qui devrait être abordée par les scientifiques selon plusieurs approches. Là, précise-t-il, les sociologues peuvent traiter ladite question selon les spécificités de leur discipline. Il en est de même pour les juristes. Il appuie que c’est une question sensible qui intéresse plus d’une personne qu’il faut soumettre à un débat pour recueillir les avis des uns et des autres. Actuellement, grâce à la modernité, les gens y compris les parents n’ont pas les mêmes points de vue. Il y a ceux qui croient toujours à la tradition et d’autres qui voudraient que les enfants héritent de manière équitable. Domitien Nizigiyimana a enfin précisé que c’est une question à plusieurs disciplines d’où il faut écouter les gens, reposer les questions pour qu’ils s’expriment.
Nous avons essayé d’approcher approché les responsables au niveau du ministère de la Solidarité nationale et des droits de la personne humaine et du genre pour nous parler de l’état d’avancement de la loi sur la succession de la fille et femme burundaise, mais en vain.

ESPERANCE NDAYIKENGURUTSE

 

ENTRETIEN > Avec les travailleurs domestiques

Ils demandent d’être respectés

 

Dans les différentes villes du pays, la plupart des familles sont obligées de chercher d’autres personnes qui les aident à réaliser certains travaux ménagers. Elles font alors appel aux travailleurs domestiques. Ces derniers font face à des problèmes divers. Certains ne maitrisent pas convenablement leur travail et d’autres leurs salaires sont gardés jalousement par leurs employeurs.

 

100 5344La rédaction du journal «Le Renouveau» a dernièrement fait un entretien avec certains travailleurs domestiques pour savoir les problèmes qui les guettent. Eric Wiringiyimana travaillait dans la commune urbaine de Kinindo comme domestique avec le devoir de préparer la nourriture. Il indique que sa patronne le sous-estimait. Un autre problème pertinent était lié au maigre salaire qui lui était octroyé. Suite à un service non proportionnel au salaire, il a été obligé d’abandonner le travail. La plupart des employeurs pensent que les travailleurs domestiques sont des objets mécaniques, indique Wiringiyimana. Ils exigent que la nourriture soit prête à midi alors qu’ils ont donné l’argent pour aller faire des courses tardivement. Le dénigrement et les injures envers les travailleurs domestiques caractérisent certains patrons. Pour ce, certains employeurs gardent injustement le salaire de leurs travailleurs domestiques surtout par ruse. Ces derniers peuvent alors se venger en cherchant à récupérer leur argent par tous les moyens. A l’absence de leurs patrons, ils volent certains objets de la maison surtout de grande valeur, précise Wiringiyimana.

Entretenir les travailleurs domestiques pour protéger les vies de la maison

Laetitia Kezakimana travaille au quartier Kigobe. Elle a la charge de préparer la nourriture et de garder les enfants. En provenance du service, sa patronne lui grondait en lui disant qu’elle a mal fait le travail de cuisine, que les enfants étaient mal entretenus. «Je ne pouvais pas bien exécuter les deux tâches. Les grondements aboutissent souvent au non payement du salaire convenu. On a gardé mon salaire de deux mois», indique Kezakimana. Les employeurs ont par conséquent l’intérêt de bien entretenir et respecter les travailleurs domestiques. Mme Kezakimana précise que ces derniers détiennent entre leurs mains les vies de toutes les personnes vivant dans la maison si non les domestiques peuvent préparer un sale coup pour se venger.

Martin Karabagega (stagiaire)

 

 

Droits des enfants> Utilisation des enfants dans la mendicité

Une bombe à retardement si rien n’est fait dans les brefs délais

 

Un phénomène ignoble qui consiste à utiliser les enfants en général et des enfants handicapés en particulier dans la mendacité se pratique dans la ville de Bujumbura. Ces enfants sont donnés par leurs propres parents ou tuteurs à des personnes qui veulent avoir de l’argent à travers la mendicité. Pour faire face à ce phénomène honteux, tous les ministères doivent collaborer pour trouver des solutions d’urgence dans le but de prévenir les conséquences fâcheuses de ce phénomène.

 

DSC 7494La directrice du département de l’égalité du genre au Ministère de la Solidarité nationale, des droits de la personne humaine et du genre, Spès-Caritas Barankariza a fait savoir qu’un phénomène d’utilisation des enfants en général et des enfants handicapés en particulier pour mendier est malheureusement une réalité surtout dans la ville de Bujumbura. Elle a indiqué que selon les entretiens menés avec certains de ces enfants, ces derniers disent qu’ils proviennent de différents quartiers voire des zones périphériques de la mairie notamment les provinces de Bujumbura rurale, Bubanza et Cibitoke. Elle a précisé que lorsqu’on approche ces enfants, ils sont apparemment seuls. Mais en réalité, les personnes qui les ont « loués » sont cachées non loin d’eux. Elles suivent tous les mouvements des gens qui leur donnent de l’argent. Et, après quelques heures, elles se dévoilent pour récupérer l’argent déjà disponible.
« Ce qui est révoltant, c’est que ces personnes qui « louent » les enfants pour avoir de l’argent par le biais de la mendicité ne peuvent pas avoir pitié d’eux. Ils les considèrent comme des instruments pour atteindre leurs objectifs. C’est pour cette raison qu’on constate que la plus part de ces enfants ont faim et soif parce qu’ils passent toute la journée sans rien mettre sous la dent. Et, beaucoup de gens ont pitié d’eux et leur donnent par conséquent de l’argent. Entre-temps, leurs parents sont tranquilles à la maison, les personnes qui les« louent» jubilent en voyant l’argent qu’elles sont en train de gagner», a -t-elle souligné.
Pour éradiquer cette pratique, Mme Barankariza a précisé que le gouvernement doit travailler en collaboration avec tous les ministères pour trouver des stratégies urgentes afin que le phénomène d’utiliser les enfants dans la mendicité prenne fin dans la mairie de Bujumbura mais également dans tous le pays.
Rose Mpekerimana

 

L’Office du haut-commissaire aux droits de l’Homme au Burundi> Point de presse

Pour parler de la prochaine visite du haut-commissaire et présenter la nouvelle configuration de l’office

 

Le représentant au Burundi du haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, M. Patrice Vahard, a animé une conférence de presse ce jeudi 9 avril 2015 à Bujumbura. Il était question de parler de la prochaine visite du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme et de présenter la nouvelle configuration de la représentation depuis qu’elle est redevenue Bureau-pays.

 

100 5391Le représentant au Burundi du haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme a d’abord remercié les journalistes car c’était la toute première rencontre avec la presse. M. Vahard a confirmé que Zeid Ra’ad Al Hussein, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme effectuera une visite de travail au Burundi du 12 au 14 avril 2015. Il a ensuite fait savoir que ce sera la toute première visite du haut commissaire en Afrique depuis sa prise de fonction en septembre 2014. L’objectif de sa visite au Burundi est de renforcer le partenariat entre le gouvernement du Burundi, les Nations unies et les autres partenaires pour la promotion et la protection des droits l’Homme. Il vient également pour apporter son appui à un processus électoral que l’on souhaite respectueux des droits de l’Homme, a dit M Vahard. Pendant son séjour au Burundi, M. Zeid Raad sera reçu en audience par les différentes hautes autorités et institutions nationales et rencontrera les formations politiques et les organisations de la société civile. Il visitera enfin le centre Humura de Gitega qui accueille les femmes victimes des violences.

Champs d’application de l’Office

L’office est structuré en deux unités distinctes. L’une est chargée de la surveillance et du rapportage. L’autre est chargée de la coopération technique et du renforcement des capacités des institutions et organisations ayant pour mandat la promotion et la protection des droits de l’Homme. Dans son mandat de protection des droits de l’Homme, l’office collabore avec les autorités burundaises auxquelles incombe la responsabilité première de respecter et de protéger les droits l’Homme, a indiqué M Vahard. Il affirme aussi que l’office produit des rapports sur la situation des droits de l’Homme après des vérifications approfondies et formule des recommandations en vu de remédier aux manquements constatés. M. Vahard a signalé que l’office œuvre aussi pour le renforcement des capacités des institutions nationales telles que la police, l’armée, la justice et les médias dans le but de consolider la culture des droits de l’Homme et de promouvoir la paix et la cohésion sociale au Burundi.

MARTIN KARABAGEGA (STAGIAIRE)

 
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