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ZONE BURINGA> Lamentations des vendeurs de fourrage

Il n’y a plus de clients à cause de la délocalisation du marché

 

DSC 1209A l’occasion d’une descente que le Deuxième vice-président de la République, Joseph Butore, a effectuée le mercredi 18 janvier 2017 au marché des fourrage de la zone Buringa de la commune Gihanga en province de Bubanza, les vendeurs de ce fourrage ont exprimé leurs doléances auprès de cette autorité tout en espérant qu’une solution durable sera trouvée.

 

Dans un entretien que le Deuxième vice-président de la République, Joseph Butore, a mené avec ces vendeurs, Innocent Habimana, un des vendeurs de ce fourrage et représentant des autres, a indiqué sous forme de doléance les problèmes qu’ils rencontrent dans ce commerce. « Il arrive des cas où nous sommes obligés de jeter le fourrage suite au manque de clients, ou que nous vendons trois fagots de fourrage à mille francs seulement. Il n’y a pas de prix fixe pour ces produits.Cela dépend du marché, si le fourrage est abondant, le prix diminue alors qu’il est revu à la hausse quand il est en quantité minime sur le marché.
Mais il a précisé que cela est dû au fait qu’on a chassés les vendeurs de la place où ils effectuaient leur métier aisément. « Nous vendions le fourrage le long de la RN5. Là-bas, nous y trouvions beaucoup de clients venant de tous les coins », a-t-il indiqué. A cette époque où nous pratiquions ce commerce sur le long de la RN5, a-t-il continué, il y avait plusieurs éleveurs clients qui, en passant sur cette route, partaient après avoir acheté beaucoup de fourrage pour leurs vaches. Il a affirmé qu’ils ont appris sans aucune consultation qu’une décision de quitter la place étai déjà prise. « La même décision stipulait que nous devions aller à cet endroit dit ku Ninga, très éloigné de la route comme vous le voyez. Nous nous demandons si nous payons des taxes communales ou pas », a insisté le vendeur.

Rétention des objets de travail

M.Habimana a mentionné que la question qui les préoccupe beaucoup est que l’Administration leur a donné une place très éloignée de la route. « Etant dans cet endroit actuel, a-t-il expliqué, personne ne peut penser que notre commerce existe dans cette localité. Certains de nos anciens clients pensent que nous avons abandonné ce commerce, car, a-t-il précisé, ils ne nous voient plus. Nous demandons que l’Administration puisse nous réattribuer notre ancien marché là-bas le long de la RN5 pour que même celui qui se rend à Cibitoke puisse acheter la quantité de fagots de fourrage qu’il veut. Nous sommes au point de ne rien vendre à cause de ce problème. »
Un autre problème qu’il a exposé est celui de la rétention de leurs outils suite manque de frais des taxes communales. En effet, a révélé notre source, en venant des champs ou d’ailleurs où nous trouvons le fourrage, un vendeur de ce dernier peut ne pas avoir cent francs de taxe communale et donner en garantie sa faucille pour la récupérer après la vente. De retour, le percepteur lui dit qu’il n’a pas laissé de faucille . Il a signalé que ce problème se produit à cause de certains gens qui se déclarent perceptrices de taxes alors qu’elles ne portent pas de badge de travail comme cela a été décidé par l’administrateur communal. « Nous demandons à notre administrateur d’user de son pouvoir pour arrêter toutes ces manœuvres dans notre métier ».
Il arrive aussi des cas où nos droits sont bafoués sans aucune raison. Un d’entre nous peut être arrêté et passer tout le jour dans un cachot sans justification de cette arrestation ». Sur cette lamentation, le Deuxième vice-président de la République lui a demandé s’il y a eu des arrestations qui sont intervenues sans aucune raison et M. Habimana s’est réservé à répondre clairement. L’administrateur communal de Gihanga a promis qu’il va, en concertation avec d’autres concernés octroyer un marché de travail à ces vendeurs grâce à qui la commune perçoit plus de 5 millions de francs de recettes.

Vincent Mbonihankuye

 

UNIVERSITE DU BURUNDI> Hausse des frais pour l’octroi des documents académiques

Ils sont très utiles mais malheureusement chers pour le moment

 

Le ministère de l’Education, de l’enseignement secondaire et de la recherche scientifique a haussé le coût des documents qui y sont delivrés. Cela se retrouve dans son ordonnance no 610/2300 du 30 décembre 2016

 

Les documents académiques sont très nécessaires surtout pour quelqu’un qui a déjà terminé ses études universitaires. A l’Université du Burundi, les frais de retrait de certains documents comme les bulletins se sont multipliés par 5 pour les uns et par 10 pour les autres. Les demandeurs de ces documents se plaignent comme quoi, ils ne comprennent pas pourquoi les frais pour le retrait de ces documents ont ainsi monté. Dans la direction des services académiques, le service chargé de la communication a dit que ce n’est pas l’Université du Burundi qui a haussé les frais des documents académiques, que c’est plutôt l’ordonnance émanant du ministère de l’Education, de l’enseignement secondaire et de la recherche scientifique qui a fixé les redevances administratives des documents delivrés par le ministre.
Dans cette ordonnance, ce ne sont pas seulement les frais des documents academiques qui ont augmenté mais c’est tout document administratif qui est delivré par le ministère de l’Education. Cela inclut alors les documents qui se delivrent à l’Université du Burundi. Les demandeurs de ces documents disent que cette hausse va leur poser un problème serieux.
Par exemple, le bulletin qui se retirait à 500 FBu l’année passée est retiré à 2 000 FBu pour le moment. L’attestation de reussite qui se retirait à 450 FBu est retirée à 2 000 FBu et les diplômes de candidature et de licence qu’on retirait à 2 000 FBu chacun sont retirés à 20 000 FBu chacun. C’est-à-dire 40 000 FBu alors qu’avant on payait seulement 4 000 FBu. Si les frais de retrait d’un diplôme se multiplient par dix, il sera difficile pour certains de les retirer étant donné que les moyens financiers ne sont pas les mêmes pour tous.

La hausse des frais des documents academiques est un obstacle

Dans ces jours où il est même difficile d’avoir un emploi, si par hasard on a la chance d’être recruté quelque part et qu’on n’a pas les 40 000 FBu pour ceux qui ont fait la licence, c’est un problème sérieux. Il en est de même pour les bacheliers qui ne retirent seulement qu’un diplôme. Il y en a qui préféreront les laisser à cause de la pauvreté et surtout qu’ils n’ont pas où les acheminer. Il y a d’autres qui préféreront retirer le diplôme de licence et laisser celui de candidature. Un demandeur de documents qui n’a pas voulu dire son nom a donné un exemple de celui qui veut déposer son dossier dans des organisations internationales, ces dernières ne considèrent pas les attestations de réussite. Elles exigent le diplôme conforme à l’original. C’est la même chose pour celui qui veut aller faire le Master à l’étranger. On ne peut pas accepter qu’il donne une attestation de reussite. Donc, cette hausse des frais va constituer un obstacle dans le retrait . Encore plus, cette décision vient de façon subite. Les demandeurs n’y avaient pas pensé. L’Université du Burundi dit qu’elle a mis en exécution l’ordonnance du ministère, pour insinuer qu’elle ne peut rien changer.

Olivier Nishirimbere (stagiaire)

 

ASSOCIATIONS> A la découverte de l’Amecorde-Turivuyeko

Les orphelins et les enfants de la rue devraient se sentir capables de se prendre encharge

 

DSC 0454Le quotidien burundais d’information Le Renouveau s’est dernièrement entretenu avec Prosper Ngendakumana, représentant en mairie de Bujumbura de l’Association des mécaniciens, orphelins démunis et enfants de la rue (Amecorde- Turivuyeko) et son trésorier au niveau national. Selon lui, Amecorde enseigne aux orphelins et autres catégories de vulnérables la mécanique automobile et compte diversifier les métiers. Il rappelle que les orphelins et les enfants de la rue doivent se sentir capables.

 

Le Renouveau (L.R.) : D’où vous est venue l’idée de créer l’association Amecorde-Turivuyeko ?

Prosper Ngendakumana (P.N) : Nous avons commencé cette association en 2008, après avoir suivi une formation en Mécanique automobile à l’Etalibu. Nous avions répondu à l’appel de son excellence le Président de la République s’adressant aux orphelins et enfants de la rue de suivre une formation professionnelle afin de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Dans son discours, le jour de la remise des certificats, le chef de l’Etat nous avait demandé de nous mettre ensemble et de créer des associations; il nous a aussi promis un soutien. C’est alors qu’au nombre de vingt, nous avons songé à créer l’association Amecorde- Turivuyeko.

Le Renouveau (L.R) : Qui sont les membres de l’association?
P.N. : Au départ l’association était destinée à accueillir les orphelins, les indigents et les enfants de la rue. Mais, il est arrivé que quelques-uns des vingt fondateurs partent. Au fil des jours, d’autres personnes qui ne sont ni orphelins ni enfants de la rue furent intéressées et fascinées par nos activités et demandèrent d’être intégrées. Nous en avons alors accueilli beaucoup. Des diplômés chômeurs se sont eux aussi joints à nous. Aujourd’hui, Amecorde-Turivuyeko rassemble de nombreuses catégories de gens.

L.R : Quelles sont vos principales activités?

P.N : Même si notre association est pour les mécaniciens, nous avons aussi songé à incorporer dans nos activités d’autres métiers. C’est notamment l’électricité, la soudure, la menuiserie, la couture, l’agriculture et l’élevage, etc. Aussi, pour que nous allions avec le temps, l’informatique n’a pas été ignorée.

L.R : Les bénéficiaires sont-ils satisfaits de vos activités ?

P.N : Parmi les métiers déjà enseignés figure la Mécanique automobile. La première promotion de plus de soixante lauréats a été formée en 2013-2014. D’autres ont été formés en 2014-2015 et nous sommes entrain de former la troisième promotion. Actuellement, les mécaniciens déjà formés témoignent leur satisfaction car ils nous contactent souvent et nous disent qu’Amecorde-Turivuyeko leur a été plus qu’utile.

Le Renouveau : On remarque que vous faites des travaux qui demandent beaucoup de moyens. Où tirez-vous vos financements ?

P.N : Nos financements viennent principalement de nos cotisations. Mais puisque nous avons diversifié les activités, nous pouvons trouver les financements des travaux réalisés notamment de la couture. Les élèves en formation payent aussi le minerval. Comme beaucoup sont satisfaits par nos actions, il y en a qui nous soutiennent financièrement. C’est le cas notamment du chef de l’Etat qui nous a fourni un matériel d’équipement et du Premier vice-président de la République qui nous a fort aidés dans le lancement des travaux de notre Antenne en province de Kayanza.

L.R : Vus vos objectifs et ce que la société attend d’Amecorde-Turivuyeko, quelles sont vos perspectives d’avenir ?

P.N : Nous voulons réaliser tous nos projets. Mais premièrement, nous aimerions étendre notre champ d’action surtout dans la mécanique automobile. Si les moyens nous le permettent, nous voulons nous doter d’un garage propre à nous, nous doter d’un atelier de soudure, celui de couture et celui de menuiserie pour permettre à nos membres de mettre facilement en pratique ce qu’ils auront appris. Nous avons aussi dans nos ambitions l’idée de nous doter d’une institution médicale pour que les enfants vulnérables trouvent facilement où se faire soigner. Nous allons aussi construire une école et mettre en place une microfinance pour participer activement dans le développement du pays. En résumé, il ne fallait pas que les orphelins et les enfants de la rue se croient inférieurs aux enfants des autres couches sociales. Plutôt, ils devraient se sentir eux aussi capables de quelque chose. Le pas que notre association Amecorde-Turivuyeko a déjà franchi devrait leur servir de leçon.
Jean Bosco Nkuzimana(stagiaire)

 

LA FDN> Un corps apolitique

Ses prestations sont appréciées par la communauté internationale

 

Le Burundi est le premier pays d’Afrique francophone contributeur de troupes de maintien de la paix sur le continent africain pour le compte de l’Union africaine. Ses troupes sont aujourd’hui principalement déployées en République centrafricaine pour le compte des Nations unies dans la mission dite Minusca et en Somalie pour le compte de l’Union Africaine dans la mission dénommée Amisom.

 

Le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, indique que le Burundi est en Somalie depuis le 23 décembre 2007. « Au départ, les hommes en armes burundais dans l’Amisom étaient un bataillon », rappelle le porte-parole. Il indique que les effectifs se sont vus augmentés au fur et à mesure que les besoins se sont faits sentir.
« Le Burundi s’est fait apprécier par l’efficacité des prestations de ses hommes sur terrain », souligne col. Baratuza. L’effectif est passé de 850 à 5 432, soit dans le jargon militaire d’un bataillon à six bataillons. En République centrafricaine, le Burundi est représenté par un bataillon. Ces troupes de l’Amisca sont appréciées à tel point que les commandants de cette mission ont retardé la relève des troupes dont la mission arrivait à terme.
Puisqu’il s’agissait de sécuriser les populations et les différentes autorités lors des fêtes de fin d’année, une période sensible en matière de sécurité, le commandement de l’Amisca a jugé bon de garder les troupes qui avaient la maîtrise du terrain. Cela, dit le porte-parole, a été interprété par les détracteurs comme une sanction. Ils sont allés loin jusqu’à affirmer que les hommes en armes burundais allaient être renvoyés de la mission, ajoute-t-il.
« L’appréciation de la communauté internationale à l’égard des prestations des militaires burundais est positive », souligne col. Baratuza. Ils ont surmonté des endroits jonchés d’obstacles au profit des populations des pays bénéficiaires. Selon col Baratuza, les détracteurs ne manquent pas.
Sur le chapitre de paiement des indemnités des troupes burundaises déployées en Somalie, colonel Baratuza indique que toutes les troupes de l’Amisom, les Burundais y compris, n’ont perçu aucun sous durant toute l’année 2016. Il ne s’agit donc pas du Burundi seulement, mais également du Kenya, de l’Ethiopie, du Djibouti et de l’Ouganda.
En septembre 2015, l’Union européenne qui est le partenaire financier de l’Union africaine en ce qui concerne les indemnités d’opération Amison a pris la décision de réduire de 20% les indemnités qui étaient accordées à la mission. Cette décision allait prendre effet à partir du 1er janvier 2016.
L’impact a été senti car, dit le colonel Baratuza, l’Union africaine devait trouver un autre partenaire pour combler le vide créer par la réduction de l’enveloppe de 20% par l’Union européene afin que les militaires puissent continuer de jouir des mêmes avantages qu’avant. Cela a exigé plusieurs réunions qui, en fin de compte, ont accouché d’une souris jusqu’au mois d’août.
En ce qui est du cas du Burundi, certains détracteurs, ont fait du lobbying auprès de l’Union européenne allant jusqu’à demander que les soldats burundais soient payés dans la main. « Ce serait faire des militaires burundais des mercenaires car nulle part au monde une telle pratique n’existe », affirme col Baratuza. Il déplore le fait que l’Union européenne a été influencée jusqu’à politiser les indemnités Amisom alors que le professionnalisme de la Force de défense nationale (FDN) relève d’un corps apolitique. Il indique cependant que la question d’indemnités a été vidée et que les militaires auront leur argent sur leur compte au Burundi
Charles Makoto

 
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