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ENTRETIEN> Immatriculation des vélos

L’application du nouveau code de circulation pose problème

 

L’activité d’immatriculation des vélos est une application du contenu du nouveau Code de circulation routière. Cette affirmation est de Kandide Kazatsa, chargée de la communication à la mairie de Bujumbura. Elle indique ne pas comprendre l’attitude insurrectionnelle des conducteurs de vélos qui a conduit dernièrement à la perturbation de la circulation routière sur la route nationale n°9.

 

DSC 1142L’article 434 du nouveau Code routier stipule que «toute bicyclette affiliée au transport rémunéré doit être munie d’une plaque d’identification délivrée par la commune ». C’est pour mettre en application cette nouvelle loi que la mairie a organisé cette activité, affirme Mme Kazatsa. Des réunions d’information et de sensibilisation ont été ténues à l’endroit des responsables des associations de transport à vélo.
Ainsi, dit-elle, le but était de les préparer pour la mise en application consensuelle de cette loi. Cela étant, un dossier d’appel d’offres a été lancé et les plaques ont été fabriquées et sont disponibles à la mairie, précise Mme Kazatsa. Elle indique qu’une plaque coûte 6 000 francs burundais. Cependant, poursuit-elle, le transporteur doit également s‘acquitter du paiement de la taxe municipale de 1 000 francs par trimestre et une d’un taxe de propriété de 750 francs par an.
Mme Kazatsa fustige les propos de certains responsables des associations de transporteurs à vélo faisant état d’exagération du montant d’achat de la plaque. Elle réaffirme que même un délai supplémentaire d’un mois a été accordé pour se conformer à la nouvelle loi car elle devrait entrer en vigueur au mois de septembre.

Les conducteurs de vélos ne l’entendent pas de cette oreille

DSC 1139Pour eux, la mairie et leurs représentants veulent s’enrichir sur leur dos. Ils mettent en évidence une nouvelle carte individuelle initiée par le réseau de transporteur à vélo qui coûterait 5 000 francs alors qu’ils disposent d’autres cartes de membre. « Cette nouvelle carte devrait être délivrée gratuitement », estiment-ils en soulignant ne pas comprendre le coût élevé de la plaque. A Ngozi, estiment-ils, « la même plaque coûte 4 000 francs. Comment expliquer qu’à Bujumbura elle coûte 6000 francs ? », se demandent-ils.
L’article 435 du nouveau Code de circulation routière stipule que « toute bicyclette affectée au transport doit être assurée». Les conducteurs de ces bicyclettes se demandent l’intérêt d’une plaque alors qu’ils ne sont pas pris en charge par les maisons d’assurance. « Nous sommes limités dans la circulation urbaine. Nous doter d’une plaque d’immatriculation nous laisse penser qu’il nous sera autorisé de circuler partout, sans peur d’être pourchassés par la police », disent-Ils.
Sur la question de savoir s’ils ont été impliqués, ils répondent par la négative. Ne refusant pas d’adhérer à cette activité, ils demandent qu’ils soient considérés comme les autres et que le prix de la plaque soit revu à la baisse. Ils proposent également que la priorité soit portée sur la prise en charge de leur métier par les maisons d’assurance.
« Si nous avons un accident, quand on n’est pas mort on voie notre vélo emporté et sans suite car nous ne sommes pas assurés», indiquent-ils. La loi ne doit pas être discriminatoire. Les bicyclettes affectées au transport urbain doivent opérer dans les mêmes conditions que ceux de l’intérieur du pays. Ils s’inscrivent en faux contre les dirigeants de leurs organisations qui tiennent, sur la voix des ondes, des propos qu’ils jugent mensongères. Nous ne sommes pris en charge en rien, disent-ils. Quand bien même on meurt par accident , c’est nos familles et nos amis qui se démènent pour l’enterrement. Et lorsque nos vélos sont embarqués, personne ne nous vient au secours pour plaider notre cause, ajoutent-ils. « Qu’ils cessent leur mensonges et leurs coups de publicité et qu’ils plaident réellement pour nos frères qui sont injustement emprisonnés», indiquent-ils.

Identification ou commercialisation, quoi retenir ?

DSC 1145Citant la lettre n°723 /DGT /0011 / 2014 du 14 février 2014 du directeur général des Transports, Emmanuel Nimbona, vice-président de l’association Solidarité des taxi-vélos du Burundi (Sotavebu) affirme que l’attribution des cartes revient aux organisations des transporteurs. Pour lui, le problème majeur qui a conduit au soulèvement des conducteurs de vélos le 3 novembre 2014 est le prix élevé des plaques. C’est également le travail de commercialisation desdites plaques qui, d’après lui, ne reflète pas le consensus. « Nous nous étions convenus que le travail de distribution des plaques devrait s’accompagner de l’identification des vélos et leurs conducteurs.», a-t-il martelé. Il accuse la mairie de se soucier uniquement du volet commercial mettant de coté l’aspect identification.
Evoquant les raisons de sécurité à la fin de l’année, il fustige la légèreté avec laquelle les plaques sont distribuées par la mairie. Il suffit, dit-il, de payer l’argent et présenter le bordereau de versement pour avoir une plaque. Or, poursuit-il, un conducteur mal intentionné peut se procurer de plusieurs plaques et s’en servir pour nuire à autrui. L’identification devrait permettre l’établissement d’une base de données. Partant, il sera facile de retracer jusqu’à la colline d’origine tout conducteur impliqué dans le transport rémunéré.
Chaque fois à la fin de l’année, les taxi-vélos sont des boucs émissaires de l’insécurité. « Nous sommes inquiétés et avons peur qu’il s’avère impossible d’identifier un malfaiteur qui s’infiltrerait au cas où il aurait plusieurs plaques. », dit M. Nimbona. Il met en cause la qualité des plaques dont les écrits ne sont pas facilement identifiables pour les non instruits.
Il invite la mairie à s’impliquer dans la libération de dix conducteurs de vélo emprisonnés à la prison centrale de Mpimba ainsi que plus de cent vélos stockés au poste de police à l’ex-Palais du premier novembre.
Faisant suite aux préoccupations des conducteurs de vélos, le vice-président de la Sotavebu indique que leurs interventions se limitent au niveau de leurs membres. Pour la réclamation concernant la prise en charge des taxis-vélos par les assurances, il indique que ces dernières n’accueillent pas les engins non motorisés. La législation en matière d’assurance doit changer pour que les taxi-vélos puissent être considérés. Pour ce qui est du coût de la nouvelle carte introduite part la synergie des associations des transporteurs à vélo, elle coûte 3 000 francs pour un nouveau adhérant et 2 000 francs pour les anciens membres. La nouveauté pour cette carte est le numéro de la plaque qui, dorénavant, figurera sur la carte du membre. Le soulèvement du mardi 3 novembre avait entraîné la perturbation de la circulation sur la route nationale n° 9 Bujumbura-Bubanza trois heures durant.

Charles Makoto (Stagiaire)

 

BUREAU DE L’OMBUDSMAN> Audience accordée au représentant de l’Union africaine

« Féliciter l’Ombudsman burundais pour son élection à la vice-présidence de l’AOMA »

 

DSC 1200L’Ombudsman du Burundi, Mohamed Rukara, a reçu en audience, le jeudi 13 novembre 2014 en fin d’après-midi, le représentant de l’Union africaine, Boubacar Diarra.

 

A la sortie d’audience, Boubacar Diarra a indiqué qu’il était venu féliciter l’Ombudsman burundais pour son élection au poste de vice-président de l’Association des Ombudsmans et médiateurs africains (AOMA), qui a eu lieu à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine, du 4 au 6 novembre 2014.
Il a laissé entendre qu’après cette reconnaissance, par ses pairs, des efforts et du rôle imminent joué par l’Ombudsman burundais pour faire progresser les idéaux de paix et de stabilité au Burundi, il a tenu à venir lui adresser en son nom propre et au nom de l’ensemble du Bureau de l’Union africaine, les félicitations pour cette élévation.
M. Diarra a, en outre, souligné qu’il a eu l’avantage d’apprendre de la part de Mohamed Rukara, le contenu des entretiens qu’il a eu avec l’ensemble du Bureau de l’Union africaine et notamment avec Aicha Abdoulaye qui s’occupe des questions d’élections, de la démocratie et de la bonne gouvernance.
KAZADI MWILAMBWE

 

VOYAGE D’ETUDE> Les leçons apprises sont nombreuses

Le traitement du passé, une piste pour une paix durable

 

Le Forum pour le renforcement de la société civile (Forsc) a organisé, le mardi 11 novembre 2014, une soirée d’échange avec les diplomates à Bujumbura sur les leçons apprises du voyage d’étude sur la commémoration du 20e anniversaire du génocide au Rwanda.

 

DSC 1117Pour Vital Nshimirimana, délégué général du Forsc, les années 1990 furent une période des plus sombres de l’histoire de la région des Grand lacs. Cette situation, dit-il, a conduit à la perpétration du génocide au Rwanda.
Le Burundi continue à vivre la douleur d’un passé. Les leçons apprises au cours du voyage d’étude sur la commémoration du 20e anniversaire du génocide au Rwanda permettront de s’inspirer de l’exemple de cet Etat frère pour faire de même au Burundi.

Rôle du service civil pour la paix

La coordinatrice du Service civil pour la paix du GIZ, Barbara Kemper, a indiqué que la commémoration des victimes et ceux qui ont souffert de la violence et des conflits est un élément important. Dans le processus de traitement d’un passé douloureux, endiguer la violence sans employer la force est l’une des missions du programme de Service civile pour la paix du GIZ.
Selon elle, le Service civil pour la paix rend publics les intérêts des groupes défavorisés et travaille avec les victimes de violence traumatisées. Dans cette approche, a dit Mme Kemper, la GIZ soutient les acteurs étatiques et non-étatiques. « Notre soutien s’inscrit dans les domaines de la réhabilitation psychosociale, de l’éducation à la paix, de la justice transitionnelle ainsi que dans le traitement du passé», a-t-elle ajouté.
L’Allemagne a connu une histoire douloureuse de la deuxième Guerre mondiale. Partant de ce passé, elle a déclaré qu’un processus du traitement du passé adapté au contexte est la piste la plus sûre pour arriver à une réconciliation d’une société et à une paix durable. « De temps en temps, nous oublions la souffrance des autres quand la nôtre est encore forte. La réflexion sur l’histoire et le vécu des autres personnes peut nous permettre de mettre notre focus sur des traits universaux qui unissent l’humanité. »

Pourquoi commémorer ?

Pour la coordinatrice du Service civil pour la paix, tous les hommes portent en eux le meilleur et le pire de l’humanité. En effet, toute l’humanité partage, et la destruction et la création. Le danger se trouve dans le non-respect ou l’ignorance des leçons du passé. Le risque partout dans le monde est une récurrence de la violence et donc une répétition d’une histoire douloureuse.
Les activités commémoratives sont un moyen contre l’oubli ou l’ignorance et pour exprimer et vivre le «plus jamais ça». Quand on connaît l’histoire, on peut construire un futur paisible et réconcilié. Commémorer, c’est important pour honorer les victimes de violence, mais c’est en plus crucial pour la non-répétition des tragédies et la prévention de la violence. Dans ce sens, commémorer est un pas en matière de réconciliation d’un pays.

Un voyage riche de leçons

Pour Adèle Ahishakiye, qui a représenté les associations des familles des victimes, les leçons apprises de l’histoire du génocide des Tutsi au Rwanda sont nombreuses. «L’émotion a été intense. Nous avons parfois pleuré et avons été conduits hors de nos états. Lors de nos visites sur les différents sites mémoriaux au Rwanda. Bien que l’histoire du Rwanda soit parfois différente de la notre, les victimes eux partagent le même statut, celui des victimes », a-t-elle martelé.
Sur le plan humanitaire, Mme Ahishakiye est revenue sur l’implication effective du gouvernement rwandais dans la commémoration. Elle a souligné la prise en charge psychosociale des victimes par l’Etat, le respect des morts par rapport aux mœurs, l’enterrement des restes avec dignité ainsi que la protection, l’aménagement et la valorisation des tombes et des sites mémoriaux
Sur le plan judicaire, au niveau international, elle a noté la comparution, la condamnation des auteurs du génocide ainsi que la reconnaissance du génocide par les Nations unies.
Au niveau national, elle a insisté sur la réparation par restitution des biens aux familles des victimes, la contribution des juridictions Gacaca et les travaux d’intérêt général visant l’insertion sociale des boureaux.
Pour la conservation de la mémoire, elle a mis un accent particulier sur l’implication de la jeunesse dans l’appropriation de l’histoire du pays. Ce qui permet la prévention des crimes similaires dans l’avenir.
Ce voyage d’étude a été effectué en avril 2014 par les associations des familles des victimes et quelques organisations de la société civile sur financement du Service civil pour la paix du GIZ.
Charles Makoto (Stagiaire)

 

CNIDH> Atelier de validation d’une enquête

«Les saisies immobilières résultant du non respect des engagements bancaires »

 

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH) a tenu un atelier de validation de l’enquête le jeudi 13 novembre 2014 sur « Les saisies immobilières résultant du non respect des engagements bancaires ». Cet atelier a permis de réaliser que les banques et leurs clients peuvent améliorer leurs pratiques pour promouvoir le respect des droits économiques.

 

DSC 1190Selon la vice-présidente de la CNIDH, Sonia Ndikumasabo, a informé que cette commission est préoccupée par le respect et la promotion des droits de l’Homme, entre autres les droits économiques, sociaux et culturels. La CNIDH est consciente que sans le développement économique, on ne peut parler des droits de l’Homme. Après avoir été saisie par le Sygeco (Syndicat général des commerçants) en ce qui concerne le défaut de paiement des débiteurs des banques et la réalisation des garanties hypothécaires, la CNIDH a opté pour une étude pour avoir plus de lumière.

Objectifs de l’enquête

Mme Ndikumasabo a ajouté que l’objectif général de l’enquête est d’avoir plus de lumière sur les divergences qui subsistent entre les banques et leurs clients. Egalement, la CNIDH a voulu contribuer au respect de la loi en matière de vente des immeubles hypothécaires. Le premier objectif spécifique de l’enquête est d’analyser les dispositions légales en matière de saisie immobilière et la réalisation des garanties hypothécaires. Le deuxième est d’analyser la légalité de la pratique de capitalisation des intérêts effectués par les banques. Le troisième est d’analyser le fondement juridique de la clause « par voie parée » et la façon dont elle est mise en œuvre, ainsi que ses conséquences sur le climat des affaires. Le quatrième est de composer des solutions réalistes en vue d’assainir les relations banques-clients et garantir le respect de la loi en la matière.

Améliorer leurs pratiques pour promouvoir le respect des droits économiques

Les participants ont donné leurs contributions pour l’enrichissement de l’enquête. Le souhait de Mme Ndikumasabo est que les recommandations des participants pour cette enquête puissent figurer dans le rapport annuel que la CNIDH va adresser à l’Assemblée nationale et au président de la République a-t-elle voulu. Les participants sont priés de donner des arguments prouvés et vérifiables puisque c’est une enquête touchant aux vies des familles. Les banques et leurs clients peuvent améliorer leurs pratiques pour promouvoir le respect des droits économiques, a-t-elle souligné. Pour elle, en contractant des crédits, certains clients ne savent pas exactement à quoi ils s’engagent. Ils ne comprennent pas la portée des engagements qu’ils prennent. Du côté des banques, certaines invoquent de très anciennes lois pour saisir les immeubles hypothéqués.
Ezechiel Misigaro (Stagiaire)

 
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