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ONELOP>Le recrutement des enfants

Un crime contre l’humanité, selon le statut de Rome

 

L’Observatoire national des élections et des organisations pour le progrès (Onelop), a organisé le vendredi 9 janvier 2015, à Bujumbura, une conférence de presse pour donner sa position sur les récentes attaques des rebelles dans la province de Cibitoke. Gilbert Bécaud Njangwa, représentant légal de l’Onelop-Burundi regrette que certaines organisations de la société civile devancent les enquêtes et se lancent dans une campagne d’apologie de la guerre.

 

DSC 4494Pour M. Njangwa, les agressions armées contre tout Etat souverain sont actuellement considérées comme des crimes internationaux punissables par la Cour pénale internationale. Il regrette, en effet, le fait que les enfants ont été recrutés et utilisés sur le front. « C’est un crime contre l’humanité, selon le statut de Rome », a-t-il indiqué, soulignant que l’Onelop se réserve le droit de traduire devant la justice les auteurs de ces recrutements.
Au moment où les Burundais se préparent aux élections de 2015, M. Njangwa condamne avec la dernière énergie les tentatives de déstabilisation du processus électoral, qui à ses yeux sont des actes de terrorismes. Actuellement, dit-il, tout observateur avisé ne peut qu’affirmer que ces actes barbares de déstabilisation visent principalement la perturbation du processus électoral en cours. Il poursuit en disant que les commanditaires de ce phénomène, qu’il juge de diabolique, doivent être rapidement identifiés et neutralisés. Cela permettra d’éviter que les plans macabres des rebelles ne génèrent des résultats dévastateurs.
Répondant à la question des journalistes de savoir si l’Onelop est au courant de l’identité des commanditaires, le représentant légal répond que les archives sont révélatrices à ce sujet. Citant le numéro 142 du 28 novembre 2011 du journal Iwacu, avec des affirmations comme : il n’y aura pas des élections en 2015 sauf un miracle, les élections des bêtes sauvages c’est fini, vyanse mumashi tuzoshira mumigere, il y aura une révolution dans trois ans. Il affirme que ces propos sont indicateurs de la situation actuelle.
En dépit du climat tempétueux observé autour des élections, l’Onelop encourage la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) à garder la sérénité dans l’organisation des opérations électorales transparentes et apaisées.
CHARLES MAKOTO
MARTIN KARABAGEGA

 

FEDERATION DE FOOTBALL DU BURUNDI> Signature de contrat avec la Télévision AZAM

Révérien Ndikuriyo : « C’est un grand avantage pour le football burundais et pour le pays »

 

La signature d’un contrat entre les deux organismes a eu lieu le jeudi 8 janvier 2015, au siège de la Fédération de football du Burundi (FFB). Le contrat concerne la diffusion des matches de la première division, la Ligue A nationale, pour une durée de trois ans et demi. C’est un grand avantage pour le football burundais, a indiqué Révérien Ndikuriyo, président de la FFB.

 

DSC 2166Pour le président de la Fédération burundaise de football, ce contrat contribuera à la promotion du football au Burundi. Cela permettra à chaque Burundais ainsi qu’aux étrangers vivant au Burundi et à l’extérieur du pays, possédant le décodeur Azam, de suivre les matches de football en direct là où ils sont, même sur les collines, comme cela se passe dans les autres pays. Selon le dit contrat, la télévision Azam versera, à la FFB, une somme de 80 000 dollars américains par an.
Il a indiqué que le football burundais connaît depuis longtemps des problèmes liés aux sponsors suite au manque de visibilité sur les chaînes de télévision. Alors, ce contrat, selon lui, va changer pas mal de choses : la fédération et les clubs vont maintenant bénéficier de sponsors tout comme les joueurs burundais seront désormais connus à travers le monde. Les clubs burundais ont de très bons joueurs mais qui n’ont pas souvent la chance d’aller évoluer à l’étranger, alors c’est une occasion de les lancer aussi sur les marchés extérieurs.

Les contrats avec les clubs, ce sera plus tard

Selon le président de la FFB, les bénéfices de ce contrat ne reviendront pas seulement à la fédération, aux clubs et aux joueurs mais aussi au pays car la télévision nationale aura également une chaÏne, qui va diffuser les images du Burundi là où elles n’arrivent pas. Les formalités avec le Conseil national de communication avancent très bien, a-t-il dit.

Content de contribuer au développement du sport burundais

Le secrétaire exécutif de la Télévision Azam, Rhys Torrington, se réjouit, quant à lui, de contribuer au développement du sport au Burundi et particulièrement le football. Le choix du football, selon lui, a été dicté par le fait que c’est la discipline qui regroupe beaucoup de monde et surtout qui ne cesse de participer à la réconciliation de la population dans ce pays.
Yahya Mohamed Kimaro, chargé des opérations et productions à Azam télévision, a fait savoir que le Burundi est le deuxième pays, après la Tanzanie, où les matches de la Ligue A seront retransmis en direct par Azam télévision. Ce premier contrat est signé avec la fédération et pour les clubs, ce sera, peut-être, plus tard.
Kazadi Mwilambwe

 

Cachots communaux > Garde à vue

Elle dépasse souvent les délais prévus par la loi

 

La garde à vue de police judicaire ne peut excéder sept jours francs sauf prorogation indispensable décidée par l’officier du ministère public. Cependant, en visitant les cachots des communes, force est de constater que des gens sont retenus en garde à vue pendant un délai dépassant celui prévu par la loi. La cause principale est le manque de matériel mis à la disposition des officiers de police judicaire(OPJ).

 

La garde à vue est définie par le Code de procédure pénale dans son article 32 comme « le fait de retenir pour une cause pendant une brève durée déterminée par la loi, une personne sur le lieu même de son interpellation où dans un local de police ou de sûreté pour les besoins d’une mission de police judicaire ou de justice. »
Même si la loi prévoit dans son article 34 du Code de procédure pénale que la garde à vue ne peut dépasser sept jours, l’on constate que dans les cachots communaux, certaines personnes sont retenues en garde à vue pendant des délais excédant même la prorogation en cas de besoin des enquêtes complémentaires. Richard Nimubona, observateur juridique des prisons à l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh) souligne que les règles de procédures sont d’ordre public et que, de cette manière, aucune raison ne devrait être avancée pour retenir des personnes dans les cachots des communes plus de sept jours. Selon lui, si on détient une personne pendant un délai dépassant celui prévu par la loi, la détention devient arbitraire.

Un manque criant de matériel

Pour Richard Nimubona, le dépassement des délais de garde à vue est causé principalement par le manque de matériel mis à la disposition des officiers de police judiciaire (OPJ). « Lors des visites effectuées dans les cachots communaux de la mairie de Bujumbura ou de l’intérieur du pays, nous avons constaté que le matériel manque cruellement aux officiers de police judicaire pour traiter les dossiers. Les papiers duplicataires pour faire les procès verbaux ainsi que les registres pour l’enregistrement font défaut. Une autre chose qui retarde la garde à vue est le manque de moyen de déplacement pour transférer les détenus une fois les enquêtes terminées », indiquet-il.

Des cachots bénéficient du matériel

Richard Nimubona fait savoir que pour défendre ceux qui sont détenus arbitrairement, l’Aprodh effectue des visites conjointes avec le parquet dans tous les cachots pour constater des irrégularités. Après ces visites, des ateliers de restitution à l’intention de tous les partenaires œuvrant pour la défense des droits de l’Homme sont organisés afin de trouver des solutions ensemble. C’est dans ce cadre que l’Aprodh distribue aux postes de police du matériel de travail comme les papiers duplicataires et les registres.

Pour une meilleure garde à vue

Pour que la garde à vue respecte les dispositions prévues par la loi, Richard Nimubona trouve que la garde à vue ne devrait pas avoir lieu pour des infractions mineures. Ce qui permettrait par ailleurs de désengorger les cachots, comme prévue dans la politique sectorielle du ministère de la Justice. En plus, le ministère ayant la justice dans ses attributions devrait mettre à la disposition des OPJ tout le matériel nécessaire ainsi que les moyens de déplacement pour permettre le traitement des dossiers et le transfert des détenus à temps.
Lyse Gahimbare.

 

LA CVR> La solution

La justice transitionnelle est orientée vers la réconciliation

 

La justice transitionnelle(JT) fascine car elle apparaît, au terme d’un siècle sanglant, telle une nouvelle Jérusalem. Elle prétend répondre à la fois aux crimes du passé et aux violences du présent. Elle entend encore participer à la guérison des sociétés et au rétablissement de la démocratie et de l’Etat de droit en refondant les communautés politiques, en redressant l’histoire, en la moralisant, en la réparant à coup de procès, de devoir de mémoire ; de commission vérité et de lois mémorielles. Il y a là la tentation de conférer une toute puissance au droit et à l’histoire.

DSC 0108Pour Louis Marie Nindorera, consultant indépendant, il faut dans le cas du Burundi, comprendre la JT comme une façon de traiter le passé d’une manière exceptionnelle, aussi exceptionnels que sont les événements à traiter. Pour aller de l’avant, on ne peut pas continuer à ignorer le passé. Ce passé qui s’étale sur une longue période a été tellement lourd, tellement préjudiciable qu’on ne peut pas le traiter avec les moyens de la justice moderne qui est souvent sans compromis.
La JT est un compromis entre la nécessité de traiter le passé douloureux pour aller de l’avant. Les premiers embryons de la JT sont très anciens avec la séparation de pouvoir au XVIII, XIX e siècle, dit M. Nindorerara. En référence à l’existence de la justice moderne, c’est le compromis par rapport à cette dernière pour résoudre les conflits internes récurrents. Dans ses formes actuelles, dit le consultant, elle commence avec l’établissement de la Commission vérité en Argentine (1983) et culmine avec l’instauration de la Truth and reconciliation commission (TRC) en Afrique du Sud (1995). La JT est orientée vers la réconciliation sociale au sein d’une société qui sort des dictatures sanglantes et des longues années de violations graves des droits de l’homme.

La JT doit marquer une rupture avec les modes de gouvernance et de gestion de l’ancien système

Est-il possible de créer un Etat de droit en mettant de côté les crimes du passé ? Est-il possible de punir les responsables des crimes sans compromettre la stabilité et la démocratie naissante ? Théoriquement, dit M. Nindorera, la JT est supposée s’amorcer dans un pays qui renoue avec la normalité, qui revient à un mode de fonctionnement régulier, ce qui n’est pas toujours le cas. Dans les pays encore convalescents, le gros défi de la JT est le dysfonctionnement des systèmes, dont le système judiciaire. C’est dans ces circonstances qu’on espère que la JT puisse influer sur la justice habituelle. Il faut que, d’après le consultant, le traitement du passé puisse avoir un effet ou une influence positive sur le traitement des violences qui sont commises dans le présent. Cela dépend d’un excellent leadership dans la gestion du processus de la Commission vérité et réconciliation (CVR). Satisfaire les besoins du passé et du présent en même temps, est un défi concomitant pour les pays qui sont confrontés à des situations où l’Etat de droit n’est pas encore effectif.
La JT doit marquer une rupture avec les modes de gouvernance et de gestion du passé. Il faut investir les moyens dans le bon fonctionnement du système judiciaire pour traiter et connaître les crimes du présent. Les victimes du passé cherchent des indicateurs de bonnes perspectives dans le fonctionnement actuel. Pour le Burundi, l’environnement de la CVR et la CVR elle-même doivent être suffisamment forts pour induire les changements au système judiciaire actuel. Impulser le mode à suivre aux dirigeants qui traitent les violences par rapport aux crimes du présent permettra de créer un environnement favorable au traitement des crimes du passé.

La vérité et ses exigences

La réconciliation exige que les victimes et les auteurs affrontent et acceptent le passé afin d’envisager la possibilité d’une relation constructive. Il faut, dit M. Nindorera, connaître la vérité. Pour se libérer du poids qui pèse sur le cœur, renaitre et avoir un nouveau visage dans la société; pour qu’on soit humain, il est impératif de dire la vérité et de la connaître afin de l’accepter. Le devoir des victimes et des bourreaux est d’agir comme leur conscience le leur dicte ; de dire la vérité sans tenir compte des conséquences que cela peut apporter.
A ce sujet, Eric Brahm, dans son livre intitulé Trauma Healin, dit que l’une des exigences de la réconciliation est que les victimes et les auteurs des crimes parviennent à accepter le passé, plutôt que de le considérer comme une simple préfiguration de l’avenir. Qu’ils parviennent à percevoir l’humanité de l’autre, qu’ils s’acceptent les uns les autres et qu’ils envisagent la possibilité d’une relation constructive.
Judith Lewis Herman dit, quant à elle, dans Trauma and Recovery, que la réaction habituelle à des atrocités est de les bannir de la conscience. Certaines violations du pacte social sont trop affreuses pour être dites à haute voie : c’est le sens du mot « indicible ». Mais les atrocités, elles refusent d’être enterrées. Tout aussi puissante que le désir de nier les atrocités, il y a la conviction que le déni ne résout rien… Se rappeler la vérité, dire la vérité sur les événements terribles sont deux préalables indispensables à la restauration de l’ordre social et à la guérison des victimes.
En partant de la prémisse qu’à chaque mémoire correspond une vérité différente, Mauro Bottaro observe en termes anthropologiques, que ce qui importe est la libération de la « parole en tant que telle » : la parole qui se souvient, la parole qui reconstruit, la parole qui accuse, la parole qui pardonne et qui amnistie. La parole en tant que contre don dans la réciprocité. Finalement, la parole qui affranchit et qui réconcilie. La parole en tant qu’instance refondatrice.
Dans les années 1970, le président Charles de Gaule va jusqu’à justifier l’interdiction de la diffusion française du documentaire le chagrin et la pitié, de Max Ophuls au nom de l’unité nationale : « la France n’a pas besoin de la vérité… ce qu’il faut lui donner, c’est l’espoir, la cohésion et un but.» Un demi-siècle après, le silence, jadis sensé être le garant de l’unité nationale, est écarté au profit de la parole. Dé-sormais, après des périodes sanglantes, la recomposition de l’unité nationale et de la réconciliation passent par un besoin de la « vérité ». Le rappel des crimes n’entretient pas les plaies ouverte de la nation.

Un déséquilibre auquel il faut mettre fin

Les communautés déchirées comme le Burundi, dit Louis Marie Nindorera, ont développé un déséquilibre entre l’écouté et la parole auquel il faut mettre fin. La multiplicité des vérités n’est pas en soit un défi mais un atout pour la connaissance de la vérité. Il y a des « histoires » qui sont conciliables pour peu que chacun puisse apprendre à accorder un peu plus du crédit à la douleur de l’autre et se montrer empathique.
Nous avons vécu de décennies assez difficiles où nous vivions, chacun immergé dans son milieu. Nous commercions ensemble, nous étudiions ensemble, nous vivions ensemble, nous travaillions ensemble mais certains espaces, certaines aires, celles de la mémoire ne se partageaient pas. Les gens ont appris à vivre avec ces parts de vérités qu’ils n’ont jamais voulu partager avec d’autres avec qui ils le partageaient jadis. On n’a pas su ériger des passerelles pour s’accorder à toutes ces vérités et avons vécu ensemble sans nous connaitre véritablement. La CVR va nous aider à comprendre la douleur de l’autre avec les autres, raison pour laquelle un tribunal ne peut pas remplacer la CVR dans le sens du rôle et de la mission. Guérir une société et permettre aux gens de mieux se reconnaître, redécouvrir le passé d’une manière qui leur donne la faculté, la possibilité de transmettre aux générations futures une nouvelle façon d’être et de vivre ensemble est le grand rôle de la CVR, dit M. Nindorera.

Le bon coté du Burundais, une brèche pour reconstruire la confiance.

La méfiance ultime est le résultat d’une longue période de conflit, de violence et d’impunité. Le travail de leadership consistera à aider les Burundais à faire renaitre ce qui est bon en eux. C’est toujours plus facile de voir les défaillances d’un système, que de voir ce qui est bon, les opportunités et les forces. Pourtant, dit le consultant, aussi faibles qu’elles soient, ces opportunités, ces forces et ces faiblesses, il faut avoir l’intelligence de les chercher parce que c’est la tâche la plus difficile. Si on fait cet effort de rechercher le bon coté du Burundais, c’est ça la brèche par laquelle il faut passer pour reconstruire et construire quelque chose à commencer par la confiance. La lourde et excitante tâche reste excitante d’amener les Burundais à se redécouvrir. Cette tâche se repose sur les épaules des onze commissaires de la CVR. Les Burundais doivent être honnêtes et intègres, dire ce dont ils se souviennent, avec un aperçu que nous sommes dans un processus de thérapie et non pas dans un processus pré-judiciaire. La parole est thérapie et médication, il faut se donner le temps d’écouter les victimes. La CVR est la solution pour une transition au Burundi. Tout dépend des Burundais et leur volonté de saisir cette opportunité qui leur est offerte. Nous avons passé un cap le plus difficile qui est l’arrêt des hostilités. Pour le reste, c’est ce test de la capacité des Burundais de tourner la page d’une histoire douloureuse après l’avoir minutieusement lue et compris le contenu pour garantir la non répétition.

Les médias ont un rôle primordial

Les médias ont un rôle primordial dans une procédure de découverte de la vérité. Louis Marie Nindorera espère que les médias burundais sauront traiter l’information relative aux témoignages devant la CVR selon les règles de l’art. Il est impératif que les médias soient correctement préparés au travail qui les attend.

CHARLES MAKOTO

 
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