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Famille> Son rôle dans l’accompagnement des soins sanitaires

Elle joue un rôle prépondérant

 

DSCI6261La famille est le premier et principal soutien du malade. Chacune a sa façon d'être, de vivre la maladie et l'hospitalisation. Certains rencontrent des difficultés liées à l’accompagnement durant les soins à l’hôpital. C’est pour cette raison que la rédaction du journal le Renouveau a voulu savoir le point de vue du service psychosocial du Centre hospitalo-universitaire  de Kamenge (CHUK) concernant l’accompagnement des familles pendant les soins de santé.  

 

Une personne atteinte d’une maladie chronique telle que le diabète, le VIH-sida, le cancer etc. reste à l’hôpital plus longtemps qu’une autre atteinte d’une maladie curable. En plus du soutien médical, la famille a aussi un rôle à jouer dans la guérison du malade  avant qu’il ne meure.  Gloria Ingabire est chargée du service psychosocial au Chuk, elle nous décrit le rôle de la famille dans l’accompagnement du malade. Pour elle, un malade atteint d’une maladie chronique est plein de désespoir, il a besoin de quelqu’un pour lui remonter le moral. La famille est la plus visée pour son soutien. Un malade qui n’est pas soutenu perd son estime de soi, et augmente sa culpabilité par exemple une personne atteint du VIH/Sida, elle commence à s’imaginer la façon dont elle a atteint le VIH/Sida, elle peut ne plus prendre ses médicaments, tout cela ne le conduit que vers la mort. Pour elle, «  le malheur partagé est à moitié soulagé ».

Des difficultés d’ordre économique seraient à la base de l’abandon

Les malades chroniques ont besoin de beaucoup de médicaments et le plus souvent très chers. Ces familles se retrouvent dans l’incapacité de payer les soins médicaux. Francine Nijimbere, est une femme atteint du cancer du sein. Elle n’a pas de garde-malade. Elle vient de passer à l’hôpital presque une année. Son mari l’a abandonnée, des fois, selon elle, il vient pour le voir mais ne lui apporte rien. Les soins de santé de la patiente sont supportés par le ministère des Droits de la personne humaine. Il leur offre des bons de commandes pour tous les soins. Mais tous cela seraient accompagnés par le soutien familial, poursuit-elle. 

La place du psychologue dans l’accompagnement des soins

L’hôpital est un milieu où le malade ne trouve que des injections, des médicaments etc. Il a besoin de quelqu’un pour le soutenir dans le processus de soin. Selon Mme Ingabire, les malades peuvent attraper une dépression due par exemple à l’amputation des membres, ou encore à l’annonce de la maladie. Le psychologue doit être là pour aider à accueillir la nouvelle. Les malades réagissent différemment devant un stimulus. Il y en a qui préfèrent arrêter les médicaments, d’autres qui attrapent une dépression, toutes ces pathologies sont dues au manque du soutien que ce soit familial ou psychologique.Les enfants et les adultes n’accueillent pas de la même façon le fait qu’ils ont été abandonnés sur un lit d’hôpital. Les adultes peuvent comprendre un peu même si les conséquences ne manquent pas. Les enfants quant à eux, la compréhension est loin d’être. La preuve en est que certains abandonnent l’école, croient que leurs projets s’arrêtent  là, ils n’ont plus le goût de vivre, des fois ils s’adonnent même à la toxicomanie pour essayer d’oublier leur situation, ajoute Mme Ingabire. Au Chuk, il existe un service social qu’on ne trouve pas partout dans les hôpitaux. Mme Ingabire se réjouit de ses services, car, dans chaque service, un apport du psychologue est toujours nécessaire.  Pour elle, une personne amputée d’un membre, par exemple, doit être préparée à l’avance, pour lui remonter le moral et lui dire que ce n’est pas la fin de sa vie comme certains le croient. On travaille en synergie avec les médecins pour des cas nécessitant une prise en charge psychosocial, poursuit-elle. Pour elle, l’Etat devrait donner une place que les psychologues méritent d’autant plus que leur rôle se remarque partout et surtout à l’hôpital. Elle demande que les malades soient soutenues par leur famille car leur rétablissement en  dépend énormément car la maladie est un événement qui atteint un corps vivant habileté par un sujet, mais aussi un corps vivant social. 
ALINE NSHIMIRIMANA

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