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Famille recomposée> Relations parents-enfant

Etre beaux-parents n’est pas toujours facile

 

DSC 0121Une famille recomposée est une famille où on a l’union de deux familles  monoparentales qui comprend  un père et les enfants et une autre qui comprend une mère et les enfants. Les deux familles s’unissent pour fonder une seule famille. Les enfants des deux familles monoparentales doivent s’accepter mutuellement. 

 

Les parents sont responsables de l’éducation de leurs enfants. Même dans une famille recomposée, la mère doit jouer un rôle dans l’éducation des enfants des deux parties. Les parents et les beaux-parents doivent faire en sorte que tous les  enfants se sentent chez eux, comme dans une famille normale, malgré qu’il y a des paramètres qui font que ces enfants ne parviennent pas à s’intégrer dans la nouvelle famille.

Des problèmes d’autorité peuvent  surgir

Pour la psychologue Rénovate Irambona, le beau-parent a de la peine à pouvoir gérer les enfants de l’autre parent. Il se demande s’il a le droit de punir ses beaux-enfants, de les conseiller, etc. Le beau-parent se pose toujours des questions dans sa relation entre les beaux-enfants, poursuit notre interlocutrice. Tout comme les parents se posent des questions, les enfants aussi s’en posent. Les parents peuvent se poser des questions comme la place du beau-parent au sein de la famille, en tant qu’enfant, ce dernier se demande comment accueillir le beau-parent au sein de la famille, comment accepter le nouveau partenaire de l’un ou l’autre parent, etc. Selon Mme Irambona, les enfants de l’un des parents croient que les enfants du beau-parent sont privilégiés par rapport à eux, ils croient à l’injustice. La mère par exemple peut se demander comment elle doit se comporter envers les enfants de son mari, pour satisfaire sa conscience, elle aura tendance à favoriser les beaux-enfants  au détriment de ses propres enfants sans le savoir. Cela révolte les enfants défavorisés qui auront le sentiment d’abandon de leur propre mère, tout cela pour gagner l’amour des beaux-enfants. Ou, alors, les beaux-enfants peuvent croire que leur beau-parent ne se soucie pas d’eux. Ils se sentent délaissés, dans ce cas, les enfanfs auront un sentiment d’injustice tendis que  le beau-parent aura  un sentiment d’abandon. 

Quelle est la conduite des parents dans ce cas

La place du beau-parent se dessine en fonction de l’investissement que ce dernier est prêt à offrir à sa relation avec l’enfant, mais ce dont les enfants ont besoin de trouver auprès de lui. Le beau-parent peut prendre une place parentale à part entière, dans son implication au quotidien auprès de ses enfants avec le parent présent. La famille recomposée est un cas particulier des autres familles, quoi qu’il en soit, il y aura toujours à dire.  La belle-mère est souvent affublée du costume de la marâtre. Difficile de la voir autrement que comme la jalouse, la méchante, la sorcière, la voleuse d’enfants. Les beaux-pères sont plus souvent accueillis comme les sauveurs. Les parents de cette famille doivent savoir qu’ils doivent traiter tous les enfants de la même manière et éviter de se poser des questions sur la punition des uns et des autres.  Selon toujours notre interlocutrice,  le fait de se demander si on a ou pas d’autorité sur les beaux -enfants est un début d’échec dans leur relation. Pour pallier à ce problème, les deux parents doivent créer des occasions  de rencontre, par exemple fêter des anniversaires ensemble, faire des sorties ensemble, rendre visite à leurs familles ensemble, etc.

Ces enfants présentent déjà des blessures 

Ces enfants ont des blessures pendant toute leur vie. La nommée Mukeshimana, est une fille de 19 ans qui n’a pas connu de père. Cet enfant a souffert de la torture de sa mère car  elle serait née d’un autre père alors que sa mère avait déjà d’autres enfants. Mlle Mukeshimana nous a révélé que ses frères la traitaient très mal de même que sa mère. « A ce moment, j’ai eu un sentiment de suicide car j’étais trop maltraitée ». Elle nous a dit ensuite qu’elle a pu s’enfuir de la maison familiale. Elle a passé par plusieurs familles d’accueil, mais l’intégration n’a pas été automatique car des fois la façon de vivre dans ces familles lui rappelait souvent le pire moment qu’elle a vécu chez elle. Cela montre que les blessures ne finissent pas du jour au lendemain. Selon la psychologue Irambona, ces enfants présentent déjà des blessures. Ils ont, soit, perdu l’un de ses parents suite à la mort, soit par le divorce avec tout ce qu’il implique dans les couples en instance de divorce (mésentente entre les parents, coups et blessures), tout cela blesse les enfants qui assistent à ces événements. Cela peut être aussi des enfants qui n’ont pas été reconnus par l’un des parents. La recomposition de la nouvelle famille ne va pas guérir nécessairement les blessures de ces enfants. Si la recomposition se passe au moment où l’enfant est encore en bas âge, et qu’il a une bonne situation familiale, la récupération est rapide car les enfants sont encore malléables. Par contre, pour les jeunes qui ont déjà eu une personnalité propre, il est difficile de panser la blessure, mais c’est toujours bon d’essayer pour rendre l’ambiance plus détendue à la maison. Les familles recomposées rencontrent toujours des difficultés. Au Burundi, c’est encore plus compliqué si c’est l’homme qui entre dans la famille, c’est-à-dire que c’est la femme qui se remarie.  Toute la famille pointe un œil sur eux, soi-disant  pour garder les biens de la famille. Les beaux-enfants dans ce cas ne se sentiront jamais comme chez eux, car ils doivent se soumettre à une autre autorité supérieure à la famille, qui est la belle famille de leur papa. 

Des conséquences ne manquent pas dans cette relation

Dans la famille recomposée, il y a présence de deux familles qui n’ont aucun lien de parenté. Les jeunes peuvent commettre dans ce cas  l’inceste, car les liens sont aussi considérés. La famille doit mettre l’accent beaucoup plus sur l’éducation sexuelle de leurs enfants. Ces cas sont remarqués par le fait que ces enfants se considèrent comme des étrangers les uns envers les autres. Cela veut dire que l’intégration n’est pas réussie.

Aline Nshimirimana 

 

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