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DOSSIER > Tapage nocturne causé par certaines Eglises

Une nouvelle loi est en vigueur

 

DSC03653Le tapage nocturne fait par certaines églises déstabilisent les populations environnantes. Il est des fois source de l’insécurité dans les familles mais aussi dans la société en général. Avec la nouvelle loi qui régit la création et le fonctionnement des églises, le ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique précise que certaines mesures ont été prises pour empêcher ou suspendre certains comportements observés dans les Eglises qui peuvent engendrer l’insécurité. 

 

Dans certains quartiers de la ville de Bujumbura et à l’intérieur du pays, certaines Eglises organisent des veillés de prière. Au cour de ces derniers, les fidèles de ces Eglises peuvent prier à voix basse ou à haute voix. D’autres peuvent chanter en utilisant même les instruments de musique. La population environnante se lamente que ces veilléess de prière faites dans les ménages déstabilisent les gens qui veulent se reposer pendant la nuit.« J’habite au quartier Kamenge. Nous remarquons que des  églises naissent comme des champignons. Parmi elles, certaines organisent des veillées de prière. Au cours de celles-ci, les fidèles peuvent prier à haute voix, d’autres chantent en utilisant des instruments traditionnels et modernes. Quand quelqu’un habite près de ces Eglises, il ne peut  pas dormir pendant la nuit », a signalé L.N.Notre interlocutrice a ajouté que souvent, ce sont surtout les jeunes et les femmes qui répondent nombreux à ces veillées. Elle a précisé que quand on demande aux parents de ces jeunes ou aux partenaires de ces femmes, ils disent qu’ils ne sont pas d’accord dans  l’organisation de ces prières.Elle a ensuite dénoncé l’escroquerie qui se remarque actuellement dans certaines Eglises. « On peut constater qu’il y a une Eglise qui ne fait que l’évangélisation de prospérité. Elle ne prêche que sur la dîme, sur comment faire vivre un pasteur ou un représentant légal mais aussi sur la participation financière des fidèles. D’autres, quand elles prêchent, parlent du mal pour d’autres églises dans le but de garder ses fidèles », a-t-elle ajouté. Notre source déplore également le comportement de certains administratifs à la base qui, au lieu d’écouter les mécontentements de la population, acceptent d’être corrompus par les responsables des Eglises qui font du tapage nocturne. Dans ce cas, la population se demande pourquoi elle a porté plainte chez le chef de quartier ou de zone qui n’a  rien changé.Elle a enfin laissé entendre qu’elle est scandalisée par des comportements qui naissent des chambres de prière notamment l’adultère, le vol d’argent, etc.

Certains pasteurs sont contre le tapage nocturne

Athanase Hakizimana, pasteur et représentant légal de l’Eglise Rhema Church implantée dans la zone Kamenge,  fait savoir que dans la Bible, il est écrit que « Quand tu veux prier, entres dans ta chambre et parle avec ton Seigneur sans faire du bruit». Il a dit qu’aujourd’hui, certaines églises font juste le contraire de ce qui est recommandé dans la Bible. « Maintenant, on remarque les fidèles d’une église quelconque qui s’organisent pour passer toute une nuit en train de prier. Jusque là, je ne trouve aucun problème. Mais, quand ces fidèles commencent à utiliser des microphones ou des instruments sonorisés pour prier ou chanter, comme s’ils sont en train d’implorer un Dieu qui est très loin, ces gens sont en train de causer de l’insécurité à leurs voisins. Pasteur Hakizimana a précisé que maintenant, les chrétiens se rencontrent dans ce qu’on appelle « les chambres de prière ». Ils y passent toute la nuit ou la journée en train de prier. « Le malheur est que des fois, certains de ces chrétiens ou pasteurs sont animés de mauvaise foi. Quand les hommes et les femmes passent toute une nuit ensemble. Certains de ces chrétiens peuvent avoir des tentations sataniques. Par conséquent, ils se retrouvent à la longue en train de commettre des péchés », a-t-il mentionné.Notre source a également déploré certains comportements qui se font en cachette dans ces chambres de prière : « J’ai été scandalisé quand j’ai appris  qu’il y a des pasteurs qui utilisent une escroquerie spirituelle  pour gagner de l’argent. Ils procèdent de différentes manières. On sait qu’une bouteille de kinju coûte entre 1300 et 1500 FBu. Dans ces chambres de prière, un pasteur peut demander à un chrétien de l’acheter à 10 000 FBu en prétextant que cette eau est bénie. D’autres utilisent l’huile d’olive en le versant sur les chrétiens qui ont des problèmes ou des maladies quand ils sont en train de prier Dieu pour qu’il les guérisse. Mais, ce qui est étonnant, c’est que certains pasteurs vendent cette huile à un prix très élevé à ces mêmes chrétiens qui ont besoin de la prière pour être guéri », a-t-il ajouté.

«  Il faut juger les pasteurs par leurs actes » 

Pasteur Hakizimana a en outre dénoncé les disputes qui naissent entre les dirigeants des Eglises entre eux ou avec les chrétiens. Il affirme qu’il y a des gens qui se sont proclamés pasteurs alors qu’ils n’ont aucune vocation de servir Dieu. D’autres ont cette vocation mais, ils peuvent être détournés par l’arrogance, au moment où ils commencent à constater que ce sont eux  qui prennent les décisions en ce qui concerne le fonctionnement de l’Eglise. Dans ce cas, ils veulent tout accaparer. Par conséquent, il peut y naître des jalousies en provenance d’autres dirigeants mais aussi des chrétiens qui ont besoin de savoir comment fonctionne leur église. C’est pour cette raison que lorsque ces gens n’arrivent pas à s’entendre, on remarque des disputes ou même des querelles.Pour faire face aux comportements bizarres observés pendant le tapage nocturne de certaines églises, Pasteur Hakizimana demande au  ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique de bien surveiller comment les églises fonctionnent. Dans ce cas, il peut apprécier  si ces églises poursuivent leur vocation ou pas.Il demande aux chrétiens d’ouvrir les yeux pour différencier  les pasteurs qui ont la vocation de servir Dieu et ceux qui sont passés par les églises pour faire l’escroquerie spirituelle. Il les interpelle de juger les pasteurs par les actes  qu’ils posent 

Une nouvelle loi est en vigueur pour organiser les confessions religieuses

L’assistant du ministre de l’Intzérieur et de la formation, Thérence Ntahiraja a fait savoir qu’il existe une nouvelle loi qui est entrée en vigueur en 2014, qui régit la création et le fonctionnement des confessions religieuses. Il a précisé que cette loi définit clairement comment ces dernières doivent travailler. Et, elle a été révisée dans le but d’empêcher et suspendre certains comportements observés dans certaines églises. Il a cité entre autres la mesure prise pour empêcher les prières qui sont organisées dans les ménages appelés « les chambres de prière ». Il a indiqué que cette mesure a été prise pour résoudre les problèmes de tapage nocturne fait dans ces chambres de prière.Il a ajouté que pour  implanter une église, il y a des distances qui sont exigées. « Dans les villes, il faut qu’il y ait 500 m  entre une église et une autre. En milieu rural, la distance exigée est d’un kilomètre  », a-t-il indiqué.Pour créer une église, il a signalé qu’un pasteur fondateur et représentant légal doit au moins être un détenteur d’un diplôme des Humanités générales ou équivalent. 
 

Certaines irrégularités persistent dans le fonctionnement des églises

A la question de savoir pourquoi, on remarque beaucoup d’Eglises qui sont implantées dans les quartiers et qui ne suivent pas les distances ci-haut citées, il a répondu que la nouvelle loi date de 2014. «  S’il y a des églises qui ont été créées avant cette période, on est en train de corriger les irrégularités qui s’y trouvent en s’abstenant à les fermer. Cela parce que, la loi entre en vigueur le jour de sa signature ».Concernant les églises qui sont nouvellement créées et qui ne suivent pas les conditions exigées par le ministère de l’Intérieur et de la formation patriotique, il a tenu de signaler que ce sont les populations en collaboration avec les administratifs à la base qui doivent dénoncer ces irrégularités. M. Ntahiraja a rappelé que «   les chambres de prière », ont été suspendues par la nouvelle loi qui régit le fonctionnement des confessions religieuses. Il a précisé que ces dernières ont un endroit très précis où elles doivent organiser les cultes de prière en évitant le tapage nocturne.Pour ce faire, il a fait un clin d’œil à toute la population de dénoncer les églises qui créent du désordre et par conséquent de l’insécurité dans les quartiers auprès des administratifs à la base. Si ces derniers n’arrivent pas à résoudre ce problème, la population doit aller porter plainte à d’autres administratifs hiérarchiques.Il a donné un conseil aux administratifs à la base qu’il faut tout faire pour éviter tout comportement qui peut engendrer l’insécurité dans leur localité en les dénonçant aux chefs hiérarchiques.   

Rose Mpekerimana

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