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DOSSIER> Les jeunes perdent la notion de culture au profit de la mode

La modernité pourrait-elle s’intégrer dans la culture burundaise ?

 

MissLa mode fait partie de ces arts qui favorisent la création des objets et en font un luxe accessible à la classe supérieure. Quoiqu’il en soit, la mode rend l’économie d’un pays ou d’une région, importante. Raison pour laquelle il est nécessaire d’en faire une activité génératrice de revenus bien plus conséquente. Cela fonctionne pour les autres pays, il n’y a pas de raison que le Burundi n’en profite pas aussi. Le quotidien Le Renouveau a pu interroger des particuliers à cet effet.

 

La mode ne se résume pas qu’à des tendances de vêtements mais, aujourd’hui, il s’agit également d’un business qui rapporte. La faculté qu’ont les stylistes-modélistes à créer des vêtements relève du génie. Aussi, pour faire face à la concurrence, il est conseillé d’innover à chaque fois et surtout rester original. Voilà en quoi la culture est nécessaire dans un pays.

L’avis d’une professionnelle du vêtement

Premièrement, l’on a consulté une couturière qui fait ce métier depuis peu mais qui est déjà très sollicitée car son talent ne laisse personne indifférent. D’après elle, la culture burundaise est une grande inspiration. Elle ne se contente pas de confectionner des tenues traditionnelles pour ses clients, surtout elle ose proposer des idées. Elle a révélé que la mode fut sa passion depuis toujours. Ainsi, elle faisait, déjà petite, partie des filles qui apportaient à leurs tenues une touche personnelle. Elle s’est très vite rendue compte que le «Mvutano» la tenue traditionnelle du Burundi, pouvait être diversifiée, modifiée, transformée. Plus tard, elle a constaté que la culture devait être manifestée à travers autre chose que des vêtements. Ce qui l’a davantage inspirée. Malheureusement, la jeunesse actuelle n’y est pas aussi sensible.

L’opinion de la grande majorité dans le milieu jeune

L’on a rencontré un groupe de jeunes étudiants. Les filles, tout comme les garçons, ne partagent pas le moins du monde cette idée de promouvoir toujours et encore la culture burundaise à travers la tradition. Selon eux, tout cela est dépassé, il faut évoluer et favoriser la modernité. Ils prétendent à la promotion d’une mode n’ayant rien à avoir avec la culture. Alors, ce sont des vêtements classiques, rock & roll, sportifs, populaires… Ils sont plus intéressés par l’apparence tout comme les chanteurs et les sportifs.

L’intervention des parents à ce sujet

Les parents sont extrêmement déçus et, surtout, ils essayent de trouver une solution durable pour ramener leurs enfants dans le droit chemin. Afin de mieux les aider, ils se doivent de les comprendre. Et la meilleure façon de réussir cela est d’essayer de se mettre à leur place. Ainsi, les parents adoptent les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, les activités extra scolaires et académiques. Certains ont effectivement réussi cet exploit et confient que cette nouvelle attitude qu’ont les jeunes de tout justifier au nom de la mode les consterne profondément. Les valeurs ancestrales qu’ils essayent de transmettre sont l’unique raison de leur combat. Les parents sont révoltés et manquent de confiance en leurs enfants qui se laissent facilement influencer.

La réponse à ces inquiétudes est proposée

Il y a des témoignages qui encouragent des initiatives positives. C’est le cas de J. D., un artiste qui publie sur sa page Facebook des dessins de l’histoire burundaise. Il s’est inspiré des problèmes dus à la crise dont a souffert le peuple burundais. Il s’agit d’une bonne idée que les parents et les autres personnes inquiètes de la situation pourraient adapter dans le cas de la mode. Plus sérieusement, il est possible de faire d’une pierre deux coups en sensibilisant les jeunes sur la culture burundaise, tout en facilitant l’économie du pays. Si jamais tous les Burundais consommaient la production locale, quelques problèmes d’ordre financier pourraient être résolus. Des débats divers ont même été soulevés et des stratégies telles que promouvoir la distribution et la vente des pagnes pour la confection des tenues traditionnelles et modernes. « Car, lorsqu’il s’agit du pagne, la tenue ne peut être complètement modernisée, quel que soit le modèle », s’est exprimée une jeune maman. Elle souhaite trouver un juste milieu entre le style traditionnel et la modernité classique. D’un autre côté, l’éducation à travers les chansons par exemple, composées par des artistes burundais essentiellement dans le but de renouveler les mentalités et conscientiser les jeunes à la valeur de la culture.
Fort heureusement, des exemples concrets sont à mentionner. La Miss Burundi de cette année est un espoir évident de prospérité dans la culture burundaise. Elle prouve que l’on peut rester glamour malgré un style traditionnel inspiré de sa culture.

La Miss Burundi montre l’exemple

D’après les témoignages et les photographies, la demoiselle appelée Ange Bernice Ingabire se présente régulièrement à ses apparitions vêtue de façon responsable, surtout en Mvutano la tenue traditionnelle ou des robes qui rappellent toujours la culture burundaise.

Ange Bernice Ingabire s’exprime à ce sujet

Le quotidien Le Renouveau s’est entretenu avec l’ambassadrice de la beauté burundaise afin de donner de bonnes raisons à la population jeune de s’accrocher à sa culture.
D’après la Miss Burundi, la mode est une façon d’exprimer ses sentiments pour chaque culture qui devrait se distinguer des autres. Elle a déclaré pour sa part : « Mon code vestimentaire varie. En semaine, je porte des pantalons et chemises avec un chignon pour les cheveux et, le weekend, des robes en pagne, cheveux relâchés et des sandales.» Pour défendre la culture burundaise, elle a confié son constat selon lequel la modernité serait perçue comme un atout. Elle souhaite ainsi favoriser la modernité dans ce sens. Plutôt que de complètement renoncer aux tenues traditionnelles, l’on pourrait les moderniser en y apportant quelques petites modifications afin qu’elles soient pratiques pour les déplacements de tous les jours. Ainsi, la Miss ajoute ne pas être contre un peu de modernité à condition que cela reste positif. Néanmoins, il y aurait des dangers. D’après elle, « le premier danger est que les gens finissent par perdre la notion de culture, ensuite le second est qu’ils n’ont plus de réserve face à cette modernité, ce qui les pousse à suivre aveuglément les promoteurs de cette tendance.» Selon elle, la perte de la culture puise son origine dans le fait que les valeurs ancestrales ne sont plus reçues comme aux temps des parents, malgré la transmission. Ce manque d’intérêt est justifié par la Miss sur la base des influences. « Les jeunes sont facilement influençables et ils ont pris l’habitude d’aimer copier tout ce qui est « à la Une » pour se sentir importants, ce qui fait que les valeurs ancestrales ne les intéressent pas le moins du monde.» Aussi, la Miss a proposé des astuces beauté intéressantes. « Pour inspirer les jeunes, je m’efforce de montrer l’exemple. En général, je prône moi-même la culture nationale à travers des habits et accessoires culturels.» Elle a ensuite ajouté: « Notre culture, c’est notre identité, en la défendant, c’est en fait nous-mêmes que nous défendons ».
Par ailleurs, elle a insisté sur le fait que le comportement, la mode et les langues qui font partie entière d’une culture sont des valeurs très importantes. « Il est nécessaire d’encourager les jeunes pour sauvegarder de telles valeurs, sinon on pourrait se retrouver dans dix ou vingt ans avec des jeunes sans aucun repère ».
La Miss Burundi encourage les jeunes à rester fiers de leurs origines et à faire preuve de responsabilité. Il est possible de continuer la transmission des valeurs ancestrales tout en adoptant un peu de modernité, estime-t-elle.

Grâce-Marie Inamahoro (Stagiaire)

 

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