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Métier de poterie> Chez les femmes «batwa»

L’écoulement des objets issus de ce métier, constitue un défi

000 aa 2020Le métier de la poterie est  en général  attaché à la catégorie des femmes batwa. Mais actuellement ce métier semble être abandonné même au sein de ces familles des peuples autochtones. Dans un  entretien  qu’elle a accordé dernièrement à la rédaction du quotidien Le Renouveau, Médiatrice Ntimpirangeza, femme «mutwa», a fait savoir que les défis liés au métier de la poterie sont aujourd’hui multiples, ce qui conduit à son abandon. 


Comme le signale Mme Ntimpirangeza, à part, le manque de matières premières, même les produits issus de ce métier ne trouvent plus de marché d’écoulement. Parlant des outils nécessaires pour le métier de poterie, notre interlocutrice indique que ces derniers sont aujourd’hui difficiles à trouver. L’argile, par exemple, est aujourd’hui rare. « Les vallées dans lesquelles nous extrayions  l’argile sont actuellement exploitées par les agriculteurs. Et si on parvient à  trouver  une petite parcelle pour extraire l’argile, on y  reçoit la mauvaise qualité parce que la bonne qualité est extraite dans une vallée non exploitée», explique Mme Ntimpirangeza.  Aussi dans le métier de la poterie, pour avoir des produits prêts à vendre,  il faut des herbes sèches pour griller les objets fabriqués.

Notre interlocutrice signale que cela cause aussi un défi majeur, du fait que les familles des Batwa n’ont pas de propriétés suffisantes pour y couper ces herbes, par contre elles sont contraintes de quémander auprès de ceux qui en possèdent en suffisance. Un autre grand  défi signalé par Mme Ntimpirangeza est le marché d’écoulement des produits issus de la poterie. Avec la  modernisation, les gens abandonnent petit à petit la poterie en privilégeant les objets métalliques et plastiques. « Il est aujourd’hui impossible de vivre grâce  au seul métier de poterie car  ce que nous fabriquons ne se vendent plus», signale l’interlocutrice. Elle poursuit en disant que même le troc qui se faisait  auparavant ne se fait plus car les utilisateurs des pots sont aujourd’hui rares.Etant donné que la poterie est actuellement  improductive, Mme Ntimpirangeza fait savoir qu’elle tente d’autres métiers comme l’agriculture. Cependant, elle éprouve des difficultés liées au manque des terres arables pour ses cultures.

Eric Sabumukama

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