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Exode rural> Son impact sur les jeunes Exode rural> Son impact sur les jeunes

Ils sont souvent en conflit avec la police

0000000a191Les jeunes qui proviennent de l’intérieur du pays, ont des illusions selon lesquelles la vie en ville se gagne facilement. Et quand ils arrivent, ils éprouvent beaucoup  de difficultés.  La rédaction du quotidien Le Renouveau, s’est entretenue  le lundi 6 mai 2019, avec quelques jeunes qui ont fait l’exode rural et ont indiqué qu’ils sont souvent poursuivis par la police.


L.U est l’un des jeunes de la province Mwaro qui a décidé de se rendre à Bujumbura pour voir s’il peut trouver un emploi. Il a fait savoir que les premiers jours, il est allé vivre chez sa tante paternelle. Il y a passé deux mois mais il voyait que c’était une honte pour lui de vivre chez quelqu’un sans rien produire.C’est à partir de l’année 2014 qu’il s’est lancé dans le métier de porte-faix mais il trouvait aussi ce métier dur. Il a dû quitter l’enclos familial pour aller vivre avec les autres jeunes de même âge.  Il indique que le métier de porte-faix demande beaucoup d’énergie alors que la ration coûte cher. « Il arrivait que je volais pour avoir de quoi me nourrir et la police m’attrapait. Je devenais malheureux en prison », signale-t-il. 

« Beaucoup d’entre eux sont exploités économiquement et sexuellement »

Pierre Nkurikiye, le porte- parole de la Police nationale, explique les problèmes que la plupart de ces jeunes rencontrent quand ils quittent la campagne. « Ces jeunes ne trouvent pas d’emploi.  Ils s’adonnent à la mendicité, au vol, à la criminalité, à la prostitution pour les jeunes filles, ainsi qu’à d’autres maux. Ils sont tellement vulnérables à tel point que ces gens dont la vie est précaire sont utilisés dans différentes fraudes comme le trafic des humains, le brassage des boissons alcoolisées, la vente des stupéfiants ainsi que dans la consommation de ces derniers. Les malfaiteurs les utilisent pour organiser la criminalité dans le lancement des grenades, des cailloux, et quand ils sont attrapés, explique-t-il, ils sont punis en leurs noms et non en ceux qui les ont envoyés », renchérit M. Nkwirikiye. Les problèmes sont multiples. Beaucoup d’entre eux sont exploités économiquement et sexuellement. Il y a des gens de mauvaise foi qui louent des maisons et y mettent un certain nombre de jeunes filles pour la prostitution. Elles sont payées à la fin du mois ou ne sont même pas payées. L’exploitation économique de ces gens s’observe surtout quand on les emploie comme des domestiques et qu’on les paie une somme modique. 
« La police joue un rôle important pour diminuer ces méfaits »M. Nkurikiye annonce que la police fait le meilleur d’elle-même pour retirer obligatoirement ces personnes des cachots avant de les transférer jusque dans leurs provinces d’origine. M. Nkurikiye termine en faisant un clin d’œil à la population en général et aux  jeunes en particulier qui terminent leurs études, de ne pas rester les bras croisés et chercher des activités génératrices de revenus, car les emplois sont limités au sein de la Fonction publique. Une personne qui a deux bras, deux jambes, deux yeux et une intelligence ne peut en aucun cas manquer de quoi faire. Il invite en fin les concernés à être très créatifs et cesser de déambuler. 

Irene Niyongabire (Stagiaire)

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