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ENTRETIEN > Avec la représentante légale de l’Association des femmes rapatriées du Burundi

Réintégration socio-économique d’un rapatrié

 

IMG 4838L’Association des femmes rapatriées du Burundi (Afrabu) a été initiée par 9 femmes qui ne sont pas nécessairement rapatriées. Elle œuvre dans les 17 provinces du pays et elle a l’objectif de consolider la paix à travers le renforcement économique des femmes et des filles et la promotion des droits de la femme. 

 

Dans un entretien que Godelieve Manirakiza, représentante légale de l’Association des femmes rapatriées du Burundi nous a accordé, le mercredi 6 mars 2019, elle rappelle que cette association a été initiée par 9 femmes qui ne sont pas nécessairement rapatriées mais plutôt une variété de femmes rapatriées, de femmes déplacées et de femmes qui n’ont même pas bougé de leur communauté. C’est une organisation initiée par ces femmes car il y avait la nécessité de la mettre en place et avec l’objectif de pouvoir aider les femmes et plaider pour elles. Mme Manirakiza  a précisé que l’objectif de l’association est  la consolidation de la paix à travers le renforcement économique des femmes et des filles et la promotion des droits de la femme. Elle a fait savoir que l’association n’est pas composée seulement de filles et de femmes mais également par des hommes.  Car si on veut traiter des questions des rapatriés, si on veut traiter des questions de consolidation de la paix, on ne peut pas le faire en tant que femmes seulement. Concernant la réintégration, Mme Manirakiza salue les initiatives du ministère en charge des droits de la personne humaine et de l’Assemblée nationale. «Beaucoup de réfugiés qui étaient fonctionnaires ont été licenciés, leurs contrats résiliés. Pour réintégrer, il fallait faire des manœuvres, des gymnastiques pour avoir cette place. Heureusement que le ministère ayant les droits de la personne humaine dans ses attributions et l’Assemblée nationale ont donné un document qui autorise toute personne rapatriée de regagner son poste de travail. Et quand on réintègre, on réintègre son ancien département, entreprise ou ministère et on garde le même statut que ceux qui n’ont pas quitté le pays. C'est-à-dire que même si on n’a pas régularisé pécuniairement les rapatriés, on a donné cet avantage pour toutes les années qui n’ont pas été  prestées, on a été coté très bon pour encourager cette catégorie de gens. Donc, cette lettre a beaucoup aidé ceux qui se sont rapatriés après », a dit Mme Manirakiza. Et de  souligner qu’avec ce document, la vie devient de plus en plus facile. 

Les problèmes ne manquent pas

Elle a ajouté que néanmoins, les problèmes ne manquent pas. Les terres d’un réfugié peuvent être exploités par une autre personne  et celle-ci ne sera pas contente si elle voit que l’autre est de retour car elle voit qu’elle va perdre les avantages qu’elle en tirait.  « Un autre cas alarmant est la situation des femmes qui se rapatrient avec des enfants et qui trouvent que leurs maris se sont remariés avec d’autres femmes, et le mari s’exprime en disant qu’il avait entendu  qu’elle était morte. Dans ce cas, c’est un conflit qui surgit à partir du rapatriement », a dit Mme Manirakiza qui a ajouté que, dans ce cas, heureusement que la CNTB intervient pour essayer de régler de tels conflits.Pour mieux réussir cette réintégration, Mme Manirakiza  souligne qu’il est indispensable d’écouter et d’organiser des entretiens avec les rapatriés parce que les cas différent d’une personne à une autre, d’une région à une autre, de l’origine à l’autre. Donc, il faut nécessairement les écouter, connaître leurs problèmes et bien organiser leur réintégration dans les communautés.  

Emélyne Iradukunda

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