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MARIAGE PRECOCE> Ses conséquences sur la mariée

Une d’entre elles, la violation du droit à l’éducation

 

La rédaction du journal Le Renouveau s’est entretenue, le mercredi 6 février 2019, avec Antoinette Manirambona, une jeune femme de la zone urbaine de Kamenge qui a subi des conséquences du mariage précoce. Elle a indiqué que la violation du droit à l’éducation est l’une d’entre elles.  

 

Les mariages précoces maintiennent les jeunes filles dans des conditions de pauvreté et d’impuissance. Les filles mariées précocement voient alors leur droit à l’enfance et à l’éducation volé, et leurs perspectives d’avenir et d’évolution limitées. Dans la plupart des cas, ces jeunes filles se marient quand elles sont encore au banc de l’école fondamentale lorsqu’elles tombent enceintes et elles sont obligées d’abandonner l’école. D’autres se marient illégalement à l’insu des parents sur promesse qu’elles vont continuer les études. Leur épanouissement au développement économique est limité car elles n’ont pas la chance de continuer leurs études. Mme Manirambona a indiqué qu’elle s’est mariée illégalement en 2006 avec un motard quand elle était en 8e lorsqu’elle avait l’âge de 14 ans. « Après avoir constaté que je suis enceinte, ma famille d’accueil m’a chassée et je me suis convenue de faire l’union libre avec l’auteur de la grossesse et celui-ci m’a rassuré qu’il va continuer à me payer  les études à l’école privée», a-t-elle précisé.Selon Mme Manirambona, la cohabitation était bonne durant les premiers temps mais elle s’est dégradée progressivement. Au sevrage de son enfant, Mme Manirambona a indiqué qu’elle réclamait de regagner le banc de l’école comme convenu, son mari l’avait menacé qu’il lui fait vivre alors que lui, ne sait ni lire ni écrire. Mme Manirambona a décidé de rompre avec son mari pour continuer les études à l’intérieur du pays car, a-t-elle expliqué, il y a une ONG qui s’est chargé de payer les études pour les femmes célibatoires. Elle a terminé la 10e et a été orientée. Non satisfaite de son orientation, elle est retournée à la capitale Bujumbura pour suivre la Section technique d’informatique et de gestion. De son retour à Bujumbura, Mme Manirambona s’est unie encore une fois à son ancien mari et a fait le second enfant tout en poursuivant ses études.Au cours de leur nouvelle union libre, la cohabitation n’a jamais été pacifique. La femme accusait son mari d’avoir des concubines et de son côté, l’époux accusait la femme d’avoir des concubins. A l’époque le gouvernement sensibilisait des couples en union libre de se faire inscrire gratuitement à l’état-civil,  le mari a refusé reprochant sa femme d’infidélité. A la conception du 3e enfant quand la femme avait terminé l’enseignent technique, la situation dans le ménage est allé de mal en pis. Le mari reprochait la femme qu’elle ne vaut rien et n’est capable de rien sauf de consommer. Mme Manirambona a témoigné qu’elle a demandé à son mari un petit capital pour qu’elle fasse un petit commerce autour du marché Ngagara II, ce que son époux a accordé.Mme Manirambona a fait savoir que son mari y passait chaque jour pour se rassurer que sa femme était en train de faire son activité. S’il ne la trouvait pas sur les lieux, quand elle était partie pour se ravitailler en marchandises, son mari l’accusait d’aller faire de l’adultère avec d’autres hommes. A la naissance du 3e enfant, Mme Manirambona  a indiqué que le père conjugal a désavoué la paternité de cet enfant, causant ainsi la séparation de résidence. Elle a dit qu’actuellement, son mari vit avec deux premiers enfants et elle, sans emploi, vit avec le cadet. 

Ezéchiel Misigaro

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