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Résolution 2250 > Pour les jeunes

«Que son application soit effective, y compris dans le domaine de l’emploi»

GiswaswaLes jeunes devraient prendre une part active à l’instauration d’une paix durable et œuvrer à restaurer la justice et la réconciliation. Leur importance démographique constitue, par ailleurs, un atout non négligeable pour contribuer durablement à la prospérité économique. C’est pour cela que le Conseil de sécurité des Nations unies a recommandé aux dirigeants des pays signataires de la Résolution 2250 relative aux jeunes, adoptée le 9 décembre 2015 dans sa 7573 ème session, de leur accorder une place considérable dans tous les domaines de la vie nationale.


Selon la législation burundaise, est appelé « jeune », une personne dont l’âge est situé entre 18 et 35 ans. Le Burundi étant l’un des pays signataires de ladite résolution, nous avons voulu savoir si cette résolution est connue dans différents départements du ministère de la Communication et des médias. Ensuite il a été question de savoir si, parmi les personnels en général et  les journalistes en particulier, il y a suffisamment de jeunes de 18 à 35 ans. Le constat global est que très peu de jeunes employés œuvrent dans les 4 départements dudit ministère. Aux Publications de presse burundaise (PPB), sur un personnel total de 131 employés, seuls 23 ont l’âge requis pour être appelés « jeune » parmi lesquels 4 journalistes. Certains jeunes de ce département ministériel avec qui nous nous sommes entretenus disent qu’ils regrettent le fait qu’ils ne sont pas considérés à leur juste valeur par leurs aînés, entre autres la hiérarchie,  alors qu’ils ont la force, l’aptitude et la compétence nécessaires pour travailler et même exercer les tâches de responsabilité. Ils  laissent croire que ce sont les jeunes qui travaillent le plus mais qui sont, paradoxalement les moins bien payés ! Mais pour  Floride Ndakoraniwe, ancienne journaliste reporter du quotidien Le Renouveau, actuellement secrétaire de rédaction adjoint dans ce même journal, les jugements de ces jeunes sont non-fondés parce que le fait même de les avoir recrutés et de les envoyer regulièrement sur terrain  montre bien que leur force est très considérée. Concernant les salaires,  « normalement, le salaire va en augmentant  au fur des années», devait-elle souligner, avant d’expliquer qu’un nouvel employé ne peut en aucun cas prétendre avoir la même rémunération qu’un ancien employé.  Concernant  le gel des annales qui fait que les salaires restent statiques, a-t-elle signalé,  les jeunes ne doivent pas oublier que cela affecte tous les salariés du secteur public y compris les anciens. Mme Ndakoraniwe  n’a pas enfin manqué de les encourager de continuer à bien s’acquitter de leur travail, en attendant des lendemains meilleurs qui s’annoncent bien avec l’amélioration de la situation politique, sécuritaire et économique.


Développer l’amour du travail bien fait  

 Par ailleurs, certains  de ces jeunes affirment avoir pris connaissance de la Résolution 2250 relative aux jeunes, même s’ils ne se sont pas encore bien imprégnés de son contenu. Ils aimeraient néanmoins que son application soit effective dans toutes les instances du pays, y compris dans le  domaine de l’emploi. La directrice du journal « Le Renouveau du Burundi », Pascaline Biduda, qui assure aussi présentement  l’intérim du directeur général des PPB en congé, apprécie le travail des jeunes journalistes, surtout sur terrain,  mais, souligne t- elle,  il y en a ceux qui se cherchent encore et qui nécessitent des formations  à l’interne pour le renforcement de leurs connaissances et compétences en matière  journalistique. Madame Biduda a, cependant, reconnu la nécessité de mettre en application la Résolution 2250 relative aux jeunes mais elle demande aux jeunes eux- mêmes, à travers différentes associations, de cultiver l’amour du travail bien fait et d’humilité ainsi que le désir de vouloir toujours apprendre et s’améliorer en acceptant et en suivant les conseils et les corrections de leurs aînés.   Ce faisant, pense-t-elle, l’on pourra espérer  avoir  une  jeunesse responsable et travailleuse, utile pour son pays  et le monde. Pour sa part, le directeur de l’hebdomadaire Ubumwe, Donatien Sabiyumva, juge qu’appliquer la résolution pour intégrer les jeunes dans toutes les instances de développement du pays est une bonne chose, voire, une nécessité pour assurer la continuité des Etats et du monde. Mais, a-t-il ajouté, il ne faut pas que les jeunes attendent toujours qu’on leur offre sans le mériter, sans s’affirmer partout où ils sont notamment en milieu de travail. « Il faut qu’ils montrent ce dont ils sont capables en faisant convenablement le travail qu’ils sont appelés à faire au lieu de se limiter aux revendications seulement et au maintien des  conflits stériles  des générations  », a-t-il dit en substance.  

Inculquer aux jeunes l’amour de la lecture

A l’agence burundaise de presse (ABP), le chef du personnel Jean Claude Ndayizeye nous a indiqué que sur 43 journalistes, y compris les correspondants provinciaux et les photographes,  5 seulement ont l’âge compris entre 18 et 35 ans. Ce sont des jeunes aptes qui manifestent la volonté de travailler, a-t-il dit. Cependant, il n’a pas manqué d’évoquer certains manquements des jeunes actuels imputables surtout à la baisse du niveau d’enseignement, en général, ces dernières années et d’apprentissage du français en particulier. C’est pour cela que, explique-t-il, les jeunes qui terminent l’université avec une licence, éprouvent d’énormes difficultés à produire  de bonnes rédactions et à s’exprimer en langue française. Ce qui porte préjudice à leur travail, notamment, journalistique une fois engagés sur le marché du travail. Pour lui, il est impérieux que l’on améliore la qualité de l’enseignement et que l’on ré-inculque la culture et l’amour de la lecture chez les jeunes  en vue de  rehausser leur niveau du français, langue de travail au Burundi, et des autres langues. « Il faut amener  et faire aimer les élèves et les étudiants ainsi que les jeunes en général,  la fréquentation des  bibliothèques », devait-t-il insister.

Jean Claude Ndayizeye pense que c’est légitime  d’intégrer les jeunes dans tous les domaines de la vie du pays mais il les interpelle d’aspirer au travail bien fait et d’accepter humblement les conseils et les corrections de leurs aînés pour ne pas toujours refaire les mêmes erreurs.Au Centre d’information, éducation et communication en matière de population et le développement (Ciep), le Directeur général Evrard Giswaswa affirme connaître la Résolution 2250 relatif aux jeunes. Il dit que son application peut contribuer efficacement au développement du pays pour autant qu’on a  des jeunes responsables et travailleurs qui savent bien faire une bonne planification du développement. Il s’est réjoui que dans son département, il y a pas mal de jeunes dont l’âge se situe entre 18 et 35 ans qui se défendent bien dans leur travail. Il y en a même parmi eux qui ont  des responsabilités dont une jeune femme de 30 ans qui est  Directeur administratif et financier, répondant au nom de Khadiatou Nzojibwami. Evrard Giswaswa n’a pas cependant manqué de suggérer aux dirigeants du pays à différents niveau en collaboration avec les organisations des jeunes, de cultiver et d’inculquer aux jeunes les bonnes valeurs du respect de leurs supérieurs et de leurs semblables, d’amour du travail et de la patrie. Pour lui, les jeunes doivent savoir qu’il ne faut pas revendiquer pour le plaisir de revendiquer. « Ils doivent plutôt mériter leurs revendications », devait-il souligner. Signalons qu’au Ciep, les données qui nous ont été fournies par le chef du personnel, Jean Bosco Ndayishemeza, montrent que sur un personnel de 30 employés, 11 ont l’âge compris entre 18 et 35 ans. Et parmi 5 journalistes que compte cette institution, 2 ont l’âge des jeunes. A la Radio–Télévision nationale du Burundi (RTNB),  le service du personnel n’a pas pu nous donner les statistiques des jeunes de 18 à 35 ans que contient la maison. Il en a été de même pour les journalistes. Mais les rédacteurs en chef, Jacques Bukuru de la radio nationale, et Aloys Haziyo de la Télévision nationale, ont, dans un bref entretien téléphonique, laissé entendre que ces deux structures ont des jeunes journalistes qui exercent d’une façon satisfaisante  le travail fatigant et contraignant des journalistes. « Nous faisons souvent recours à eux lorsqu’il s’agit d’aller sur terrain, surtout à l’intérieur du pays », a dit en substance Haziyo.

Ces deux rédacteurs en chef ont fait savoir que parmi ces jeunes, même s’ils ne sont pas nombreux, il y en a qui ont des postes de responsabilité comme  chefs de sections, tout en notant que le secrétaire de rédaction à la radio nationale est  un jeune de 32 ans du nom de Jonas Ndikumuremyi.De ce qui précède, il est clair  que la jeunesse burundaise doit être prise en considération dans différents programmes de développement du pays, y compris dans ceux des départements du ministère de la Communication et des médias. Les effectifs ci haut évoqués ont montré que les jeunes dans les quatre départements sont encore très peu nombreux, encore moins en ce qui concerne les postes de responsabilité. Pour rehausser leur nombre, la balle est dans le camp des dirigeants qui doivent mettre en place de bonnes politiques d’éducation,  de civisme et d’emploi. La balle est aussi dans le camp des jeunes  qui, de par même leur importance démographique (plus de 65 % de la population burundaise selon les dernières estimations statistiques), devraient bien s’organiser à travers des différentes associations pour susciter leur estime et montrer qu’ils sont capables de bâtir un pays épris de paix et de développement durables.

Schola Uwanyirigira

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