Publications de Presse Burundaise, Rohero I Avenue de la JRR N°17 Immeuble le SAVONNIER, Téléphone standard : (257) 22 22 62 32, Fax :(257) 22 22 58 94, email: pressequotidienne@yahoo.fr

SOCIETE> Jeux de hasard et les ligalas

Ils constituent une source d’insécurité

 

Les jeux de hasard sont des jeux monnayés où le perdant doit donner un montant d’argent convenu à l’avance. Le jeu vise le gain par la voie du sort et doivent se faire sur des places ou voies publiques. Ces jeux sont courants tant dans les centres urbains qu’en campagne. Quant aux ligalas, certaines personnes pensent qu’ils sont des lieux où se commettent des crimes, voire même les lieux de préparation des crimes à commettre. 

 

Les jeunes sans emploi sont les plus cités comme fréquentant le plus les ligalas et jouent ainsi aux jeux de hasard. Les autres causes sont notamment l’oisiveté, l’effet de groupe, la légèreté dans le contrôle parental, etc.Les endroits cibles des  « ligalas » sont notamment  les voies publiques, autour des marchés, près des cabarets, sur les parkings des bus, bref dans des endroits à forte concentration de gens. Les ligalas sont perçus par les gens de différentes manières. Certaines personnes pensent que les ligalas sont des lieux où se commettent des crimes, voire même les lieux de préparation des crimes à commettre.Pour les autres, les ligalas sont des endroits de rencontres où peuvent se tenir des débats politiques, un lieu de passe-temps pour ceux qui n’ont rien à faire, un lieu de rendez-vous des jeunes pour des blagues et des informations éventuelles. Ces jeux de hasard ne restent pas sans conséquence sur la sécurité. Il ya lieu de citer notamment les querelles suite aux tricheries lors du jeu ou du refus de donner l’argent, et la dislocation des ménages en cas de dilapidation des récoltes. D’autres conséquences sont  les vols. Ce sont souvent les enfants qui commettent les vols pour avoir avec quoi jouer. Le conseiller de l’administrateur de la commune Gisuru donne l’exemple du cas de  son enfant qui lui a pris 15 000 FBu pour aller jouer aux jeux de hasard.Ignorance par la population du caractèreLa population ignore que les jeux de hasard sont punis par la loi burundaise. Certains gens expliquent qu’il y a des jeux similaires qui sont reconnus par le gouvernement et qui paient même les taxes. C’est le cas de la Lona (Loterie nationale), les casinos, etc. La législation sur les jeux de hasard est pourtant claire et interdit ces jeux sous toutes leurs formes.Le Code pénal burundais prévoit des sanctions. Les  articles 447 et 453 du Code pénal interdisent de jouer les jeux de hasard sur les places publiques. « Les jeux de hasard sont interdits dans les lieux publics ou ouverts au public, dans tous les lieux non clôturés où le public peut avoir vue directement, ainsi que dans tous les autres lieux, même privés, où quiconque, désireux de s’adonner au jeu est admis librement à pénétrer ». L’article 448 prévoit une sanction de 1 à 2 ans de servitude pénale et jusqu’à 50 000 FBu d’amende ou une de ces peines seulement. Mais l’article 449 dit que les loteries nationales sont autorisées quand elles font des actes de bienfaisance sur autorisation du ministre de l’Intérieur.

Absence de sensibilité de la police et de l’administration aux jeux de hasard et ligalas.

Ces jeux sont joués au vu et au su de tout le monde. Les ligalas sont installés partout, mais la répression n’est pas systématique. Suite à l’ignorance du caractère illégal de ces jeux par la population, par certains policiers mais aussi par certains administratifs à la base, le contrôle est faible. Par conséquent le phénomène tend à se propager petit à petit.Dans la commune Rumonge, on a découvert une forme de ligalas. Des hommes commerçants musulmans qui, toute la journée, restent sur le ligala mais coordonnent leurs affaires par téléphone. Certains d’entre eux pensent que cela ne pose pas de problèmes, alors que d’autres pensent le contraire car souvent, viennent se joindre à eux d’autres personnes sans emploi, ce qui favorise l’oisiveté.La monnaie est la plus souvent utilisée dans les jeux de hasard, mais les réalités locales ont révélé que les joueurs peuvent donner d’autres biens comme les récoltes et les habits. A titre d’anecdote, il a été mentionné que certains parviennent à parier sur leurs femmes quand ils ont épuisé tous les biens.Un autre cas est celui d’une femme de la province de Ngozi qui a joué au jeu de hasard, et qui a donné tout son argent, puis ses vêtements, ensuite son enfant qu’elle portait sur le dos et enfin ses deux jambes. Les gens avec qui elle jouait l’ont gardé en otage jusqu’à ce que son mari vienne la réclamer en payant une grosse somme d’argent. 

MARTIN  KARABAGEGA

Ouvrir