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DOSSIER> Des Burundais incarcérés à l’étranger

L’Interpol joue un rôle important pour rétablir les gens dans leurs droits

 

DSC02459Certains Burundais se retrouvent en cas de détention dans les pays étrangers. Dans ce cas, les polices rassemblées au sein de l’Interpol se communiquent pour régler ces cas. Toutefois, certains cas d’irrégularités s’observent au niveau des personnes qui voyagent. Il faut des procédures à suivre, des documents à présenter, des lois à respecter et du côté du voyageur et du côté du pays qui l’accueille. Les avis des uns et des autres nous en disent plus sur ce sujet. 

 

OPC1 Emmanuel Nyamwiza , chargé du commissariat interpole à Bujumbura explique qu’Interpol est une association des polices des 192 pays du monde. Ce sont des pays qui se sont convenus de travailler ensemble. Si on veut adhérer, une assemblée générale décide si il faut admettre ou non. Leur rôle est de faciliter la communication entre les polices de ces pays afin de lutter contre la criminalité, spécialement les crimes transnationaux. Si quelqu’un est détenu à l’extérieur du pays, la personne doit porter plainte. Les deux nations se communiquent pour suivre le cas de la personne ensemble. S’il arrive que le cas soit compréhensible, une communication entre les deux pays aboutit à l’extradition du cas dans le pays natal de la personne  détenue. Et si elle est innocente, elle est tout de suite acheminée vers son pays. Néanmoins, les choses se compliquent quand la personne est détenteur de deux nationalités. Ses détenteurs ne peuvent pas le relâcher car l’individu est de leur nationalité. Mais si les cas sont simples, la personne relâchée est désormais prise en charge par le pays qui l’a réclamée. Si le Burundi poursuit ses citoyens ayant fui après avoir commis des crimes, c’est le Burundi qui  se chargera d’acheminer la personne vers le pays. OPC1 Nyamwiza déclare que récemment,  le cas du Kenya est un bon exemple de la coopération entre les pays ayant Interpol en commun. Selon lui, jusqu’ici, on n’a pas encore eu de cas où s’observe l’absence de communication. On a toujours eu une bonne relation avec les pays avec lesquels on collabore. On ne peut pas commettre un crime et dire que cela est fini parce qu’on a déjà traversé les frontières. Si on a été dévalisé par exemple et que le voleur s’enfuit vers l’étranger, la victime devrait le faire savoir à l’Interpol. La personne retrouvée suivra de procédures judiciaires et répondra de ses actes. «  La police est partout. Et interpol est un organe lesquels travaille dans la compétence », ditNyamwiza.

Un ancien détenu au Zimbabwe témoigne

Jean Bosco Ntungimbona ,aussi appelé Pagal  revenait de l’Afrique du Sud après plus de 15 ans passée en exil. Il est burundais et n’a jamais su que certaines procédures de retour le conduiraient en prison dès son transit en Zimbabwe. Selon lui, il est important que les Burundais et d’autres Africains sachent quelles procédures prendre.M. Ntungimbona dit que dès son arrivée à la frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, il lui a été demandé des documents. Comme certains avaient expirés, la police l’a retenu pour un temps. A la frontière, il explique qu’il est malade, qu’il y a des medicaments qu’il doit prendre car souffrant d’une maladie chronique. Comme il rentrait chez lui, n’ayant jamais demandé  d’autres nationalités, les policiers de la frontière entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe le lâchent. Mais au cours de l’exit, d’autres policiers     l’interpellent et le traîne en justice. La Cour tranche pour une peine de 21 jours. Après avoir purgé la peine, il est mis dans un centre de déportation. « j’étais dans une situation régulière. De la prison, j’avais envoyé quelqu’un pour m’aider à régulariser mes papiers à l’aide de l’ambassade du Burundi se trouvant en Afrique du Sud d’où je revenais. J’ai présenté les papiers demandés mais, de la prison, je suis transféré dans un centre de déportation où je passe une année », dit Jean Bosco Ntungimbona.Ces propos sont justifiés par l’OPC1 Emmanuel Nyamwiza, charge du commissariat Interpol à Bujumbura quand il explique que le pays qui détient l’étranger est à lui de se charger de le transférer dans son pays natale au cas où il n’y a plus de plaintes contre lui. Mais cela n’a pas été le cas pour Pagal et ses compatriotes se trouvant en prison à Zimbabwe. A ce sujet, notre témoin indique qu’il apprécie le fait que la loi soit là. Mais il se plaint du fait que les gens croupissent dans les prisons et les centres de déportations sans ticket retour pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Il fait savoir que d’autres sont détenus et que pour lui l’important est que la loi soit appliquée selon les Constitutions des pays. Pour lui, les centres de déportation sont plus qu’une prison car il y a passé plus de jours par rapport à la prison. S’il a été acquitté, pourquoi devait-il passer cette longue année dans ce centre sans liberté ? se demande-t-il. Pagal dit qu’il a eu de la chance d’avoir de la famille qui a beaucoup contribué pour qu’il puisse avoir le ticket retour. Il dit qu’il y a des gens qui viennent d’y passer 4 ans. Sa sœur s’est battue pour qu’elle puisse avoir des informations sur son frère. Elle dit qu’il a fallu qu’elle se confie au ministère des Relations extérieures pour que ce dossier avance. Ce ministère l’a aidée à contacter l’ambassade du Burundi en Afrique du Sud afin que son frère puisse avoir des papiers demandés. Jusqu’aujourd’hui, Pagal dit qu’il a tous les documents et qu’il n’a pas pu comprendre les procédures de détention dans le centre de déportation. Il demande : combien de jours doit on passer dans ce centre ? Après la détention, quelles seraient les mesures à prendre par le pays qui l’a détenu afin qu’il puisse rentrer chez lui ? Qui paie les frais de déportation ? Des questions le hantent mais son souci est autre. Dix Burundais qu’il a laissés là-bas sont sans aide. Certains ne sauront pas quand ils en sortiront. Ils espèrent qu’un jour ils aient la chance que Pagal a eue. 

Une sensibilisation des jeunes  sur le patriotisme restera toujours importante

Le ministère de l’Intérieur aide souvent des Burundais retournant au pays. Y aurait-il des rencontres qu’il fait avec ces Burundais afin de les écouter et les aider à se reconstituer après tant d’années  a l’étranger. Beaucoup reviennent trouvant les choses changées. Ils ont besoin de savoir à qui s’adresser pour obtenir leur nouvelle carte d’identité, vivre dans la légalité et s’occuper utilement. Les réponses seront peut-être trouvées dans nos éditions ultérieures car les sources n’ont pas été disponibles. Cela aiderait les Burundais qui rentrent d’inciter les autres à revenir. Cela renforcerait aussi l’esprit de patriotisme que ce ministère ne cesse d’enseigner à la population burundaise. 

Que la communication soit large

Sachons de nos jours que des jeunes africains  partent à l’étranger pour gagner leur vie. Parfois, on a besoin d’aller loin pour chercher mieux. Certains partent dans la légalité, avec des passeports tandis que d’autres partent en clandestinités. Mais Pagal nous dit que ses amis rencontrés avaient des passeports. Cela devient aussi un sujet de sensibilisation pour ces jeunes qui partent à l’étranger. Partir dans la légalité aide quand il faut demander de l’aide en cas de problèmes. Pour notre interlocuteur, l’important n’est pas de recouvrer ce qu’il a perdu et tout le temps perdu dans ce centre. Sa famille l’a accueilli, mais il déplore que pour les autres restés, leurs familles se sont disloquées. D’autres  reviennent et ne parviennent pas à retrouver leurs familles. Se souvenant d’où ils vivaient, ils trouvent leurs parcelles familiales vendues n’ayant plus de contacts avec leurs parentés. Pour cela, M. Ntungimbona demande que les Burundais ayant parti pendant la période de crise et ayant gardé leur nationalité burundaise soient facilitées dans leur retour. En plus, qu’une sensibilisation soit faite à l’endroit de ceux qui partent afin de savoir quel chemin prendre, avec quel moyen de déplacement, quelles procédures suivre, etc. Il demande enfin d’aider ceux qui reviennent avec des talents et que le gouvernement les aide à          appliquer ce qu’ils auront  appris à l’étranger. 
BLANDINE NIYONGERE

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