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QUARTIER JABE> Clôture de la semaine dédiée aux sports et à la culture

Le Premier vice-président de la République demande aux habitants de continuer à sauvegarder la paix et la sécurité

 

DSC01529L’Association des  natifs du quartier Jabe en zone Bwiza de la commune urbaine de Mukaza, a procédé à la clôture de la semaine dédiée aux sports et à la culture organisée par les jeunes en vacances, le vendredi 06 avril 2018 au quartier Jabe. Les cérémonies ont été caractérisées par deux matches de basketball et ont été rehaussées par la présence du Premier vice-président de la République Gaston Sindimwo. 

 

Les cérémonies de la clôture de la semaine dédiée aux sports et à la culture a été marquée par deux matches de basketball. Le premier match a opposé les équipes de Gymkhana et de Tuze. Dans ce match, la victoire a été remportée par Gymkhana sur un score de 41 sur 36 de Tuze. Le deuxième match a opposé les joueurs de Mutanga united et les Hippos. La victoire a été remportée par ces derniers sur un score de 62 contre 56.Pour les encourager, des prix composés d’enveloppes et de coupes ont été décernés respectivement aux Hippos et à Gymkhana. Pour le remercier, l’Association des natifs de Jabe a donné une médaille au Premier vice-président de la République. Prenant la parole, le Premier vice-président de la République a remercié les organisateurs de ces matchs au cours des vacances de Pâques. Il a aussi remercié les habitants du quartier Jabe pour avoir pris soin du terrain de basketball se trouvant dans ce quartier.En plus de cela, M.Sindimwo n’a pas oublié de demander aux habitants de ce quartier de continuer à sauvegarder la paix et la sécurité. Ces matches s’y sont déroulés car la paix et la sécurité y règnent maintenant, a-t-il dit. Evitez de prêter une oreille attentive aux détracteurs de la paix. Laissons derrière ce qui s’est passé afin de pouvoir continuer d’aller de l’avant, a-t-il ajouté.Actuellement, les lampes électriques qui éclairaient ce terrain ne sont pas fonctionnelles. Pour ce, M. Sindimwo a demandé à la Regideso de réhabiliter cette électricité afin de permettre aux joueurs de jouer pendant la soirée. Quant à la construction de la clôture, le Premier vice-président de la République leur a demandé de commencer d’abord, lui ne devait venir que pour les appuyer.
Martin  Karabagega

 

Editorial> La loi, rien que la loi pour résoudre le contentieux bancaire

Le Bundi vient d’abriter les seizièmes journées annuelles de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers. Venus de douze pays du continent africain, plus de cent participants ont examiné en profondeur le thème proposé à savoir : « La spécificité de l’activité bancaire et résolution efficace du contentieux y relatif ». Une précieuse occasion a été offerte aux membres du corps judiciaire, aux avocats, aux notaires, aux juristes des banques et des établissements financiers et autres spécialistes du droit et pratiques bancaires, de partager leurs expériences et d’échanger des informations, en partant des cas vécus dans leurs pays respectifs en matière notamment de contentieux bancaires, qui désignent tous les litiges opposant les banques à leurs clients et qui, d’après Clément Nduwimana, président de l’antenne burundaise de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers, n’ont d’autre issue que la voie judiciaire via les cours et tribunaux. Et de conseiller : «  Il faut que tous les professionnels du droit qui interviennent, que ce soit dans la réalisation des garanties ou dans la mise en place des crédits, aient une même vision qui s’applique en matière juridique et pratiques bancaires ». Le directeur du Service national de législation, Léonard Gacuko, a recommandé notamment, après une commmunication riche en interventions sur les difficultés de remboursement des crédits en Afrique, aux pouvoirs publics de prendre des mesures assez protectrices de l’industrie bancaire, aux clients de payer leurs dettes à temps et aux banques d’être attentives dans l’octroi des crédits.Le Bundi vient d’abriter les seizièmes journées annuelles de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers. Venus de douze pays du continent africain, plus de cent participants ont examiné en profondeur le thème proposé à savoir : « La spécificité de l’activité bancaire et résolution efficace du contentieux y relatif ». Une précieuse occasion a été offerte aux membres du corps judiciaire, aux avocats, aux notaires, aux juristes des banques et des établissements financiers et autres spécialistes du droit et pratiques bancaires, de partager leurs expériences et d’échanger des informations, en partant des cas vécus dans leurs pays respectifs en matière notamment de contentieux bancaires, qui désignent tous les litiges opposant les banques à leurs clients et qui, d’après Clément Nduwimana, président de l’antenne burundaise de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers, n’ont d’autre issue que la voie judiciaire via les cours et tribunaux. Et de conseiller : «  Il faut que tous les professionnels du droit qui interviennent, que ce soit dans la réalisation des garanties ou dans la mise en place des crédits, aient une même vision qui s’applique en matière juridique et pratiques bancaires ». Le directeur du Service national de législation, Léonard Gacuko, a recommandé notamment, après une commmunication riche en interventions sur les difficultés de remboursement des crédits en Afrique, aux pouvoirs publics de prendre des mesures assez protectrices de l’industrie bancaire, aux clients de payer leurs dettes à temps et aux banques d’être attentives dans l’octroi des crédits.Il nous plaît de noter que le thème choisi pour les seizièmes journées annuelles de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers, s’inscrit dans la droite ligne de la promulgation, le 21 août 2017, d’une nouvelle loi burundaise s’y rapportant. Selon  la ministre de la Justice et garde des sceaux, Aimée Laurentine Kanyana, les innovations apportées par cette loi concernent notamment les pratiques bancaires en matière de réalisation des garanties. Il nous plaît également d’affirmer dans cet éditorial, que la loi en question est venue consacrer comme tant d’autres la primauté du droit et de la justice dans tous les secteurs de la vie nationale y compris le secteur bancaire. Préparées par des hommes et des femmes répondant à des critères qui veulent que la compétence dans le domaine du droit et de la justice, soit incontestable et d’un niveau élevé, les lois burundaises attestent essentiellement du chemin parcouru par notre processus démocratique et permettent de constater qu’elles s’élaborent en tenant compte des exigences évolutives de la société burundaise. Ainsi, cette œuvre vouée à la justice, est tenue, par son essence même d’enrichir et d’approfondir, d’une façon continue, les acquis déjà obtenus en matière démocratique.  L’Assemblée nationale qui contribue, lors de chacune de ses sessions au renforcement de notre potentiel législatif, ne vote les lois qu’après de longues discussions et un débat fructueux.En organisant et en abritant les seizièmes journées annuelles de l’Association africaine des juristes des banques et établissements financiers, le Burundi a fait preuve de sa solidarité avec les pays du continent africain et d’ailleurs qui accordent l’importance voulue à l’encouragement et au développement des bonnes relations entre la banque et ses clients en ne s’inscrivant que dans la seule logique de la  loi.
Louis KAMWENUBUSA

 

CHINE> Le système de l’Assemblée populaire nationale

Il est différent des assemblées placées sous le système occidental

 

DSC0030Au mois de mars de chaque année depuis 1954, l’Assemblée populaire nationale de Chine (APN), tient régulièrement sa session annuelle. Il y a deux semaines, la 13e APN a clôturé sa première session. Une session pendant laquelle les representants du peuple chinois ont réalisé plusieurs activités notamment l’amendement de la Constitution, la réélection de Xi Jiping comme président de la République populaire de Chine pour un autre mandat.  La participation dans diverses activités de cet organe nous a poussé à savoir plus sur son système. 

 

Le système de l’APN est le système politique fondamental de la Chine. Différente des Assemblées placées sous le système occidental de « séparation des trois pouvoirs », l’APN de Chine est définie par la Constitution chinoise comme l’organe du pouvoir suprême d’État. Contrairement à certains d’autres pays exigeant l’âge de 35 ans ou plus, tous les citoyens chinois âgés de 18 ans révolus ont le droit d’élire les députés et d’être élus députés. L’APN est composée de députés élus par les provinces, les régions autonomes et les municipalités relevant directement des autorités centrales et de l’Armée. Chaque mandat de l’APN a une durée de 5 ans. L’Assemblée se réunit une fois par an en session plénière et la session dure deux semaines. Pendant la session régulière annuelle, les députés venant de tous les coins du pays doivent écouter les rapports sur les activités du gouvernement présentés par le premier ministre du Conseil des Affaires d’État, les rapports de travail donnés respectivement par la Cour populaire suprême et le Parquet populaire suprême. Ils débattent ces rapports et arrêtent des résolutions correspondantes. Pendant la période de la clôture de l’Assemblée, le Comité permanent de l’APN, institution permanente de cette Assemblée, exécute les fonctions confiées par l’Assemblée, telle que l’explication de la Constitution, la supervision de l’application de la Constitution, l’élaboration et la révision des lois sauf les lois arrêtées par la session plénière. Le Comité est responsable envers l’Assemblée et doit rendre compte de son travail.

Elaboration de la Constitution

Parmi ses pouvoirs, le pouvoir législatif est un des pouvoirs fondamentaux de l’APN. En effet, depuis quelques dizaines d’années, l’APN a élaboré la Constitution, la loi pénale, la loi civile, la loi d’élection, la loi sur l’autonomie des régions des minorités nationales et d’autres lois concernant les  domaines politique, économique, scientifique et technologique, éducatif, culturel, diplomatique et social, etc... Concernant les problèmes existant dans le travail du gouvernement, de la Cour et du Parquet, l’APN doit demander en même temps des explications aux départements intéressés en exigeant leurs réponses. Le Comité permanent de l’APN peut encore créer des groupes d’enquête provisoires visant à enquêter et à superviser des problèmes importants et l’état de fonctionnement des lois. En plus du pouvoir législatif et de contrôle, l’Assemblée est dotée du pouvoir décisif sur les grands évènements. L’élaboration, pour certaines périodes, des programmes pour le développement de l’économie nationale et le progrès social est déjà devenue une mesure politique importante pour le développement de la société chinoise, mais ces programmes ne seront appliqués qu’après leur ratification et approbation par l’Assemblée populaire nationale. Une autre importante attribution de l’Assemblée populaire nationale de Chine concerne la nomination et la destitution des personnels.Notons que la première Assemblée populaire nationale de Chine s’est tenue en 1954. L’APN  de cette année est la 13 e et, a respectivement débuté et cloturé ses activités en dates du 5 et 20 mars.

Vincent Mbonihankuye

 

Cyprien Ntaryamira > Commémoration du XXIVe anniversaire de son assassinat

«Nous sommes appelés à changer nos comportements»

 

DSC 0676Chaque année, les Burundais commémorent la mort du président Cyprien Ntaryamira survenue dans un accident d’avion au Rwanda le 6 avril 1994. Dans une messe en sa mémoire, Mgr Evariste Ngoyagoye a fait savoir que, pour que de telles circonstances disparaissent dans les nations, tout dépendra de leurs peuples et de leur volonté. Après cette messe, les différentes personnalités notamment le président de la République, Pierre Nkurunziza, ont déposé des gerbes de fleurs sur sa tombe.  

 

Le Burundi a commémoré le XXIVe anniversaire de l’assassinat du président Cyprien Ntaryamira survenu au Rwanda lors d’une chute de l’avion qui transportait également le président rwandais Juvénal Habyalimana en 1994. Une messe en sa mémoire a eu lieu à la Cathédrale Regina Mundi avant le dépôt des gerbes de fleurs par différentes personnalités du pays dont le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza et son épouse.  D’autres hautes personnalités du pays notamment les parlementaires, les membres du gouvernement, les officiers des corps de défense et de sécurité, les diplomates accrédités à Bujumbura, les partis politiques agréés, et la famille de feu Cyprien Ntaryamira.Dans son homélie, l’archevêque émérite  de Bujumbura, Mgr Evariste Ngoyagoye, a d’abord rappelé que la résurrection du Christ et la nôtre sont un projet de Dieu. Cela parce que, comme le dit l’Evangile selon Jean, Dieu a tant aimé le monde jusqu’à donner son fils unique pour que quiconque croira en lui ait la vie éternelle.  Pour Mgr Evariste Ngoyagoye, quand on est avec Dieu, on est soutenu par sa puissance et on s’évertue à affronter plusieurs difficultés. Par contre, a- t-il ajouté « Si l’on veut réaliser des projets avec confiance avec sa propre  intelligence, sa propre force, son propre plan, l’on n’ira pas loin. Quelques fois on échoue. Mais soutenu et accompagné par Jésus-Christ, on réalise des prouesses. Si nous voulons donc cheminer ensemble avec le seigneur Jésus Christ, nous devons invoquer son nom chaque instant de notre vie ».Il a précisé qu’en offrant le déjeuner à ces disciples qui avaient passé la nuit à pêcher sans rien prendre, le Christ a voulu leur montrer qu’il reste toujours avec eux pour les consoler et les réconforter. « Jésus a voulu les rassembler car ils étaient dispersés, afin qu’ils sachent que dans leur vie, c’est l’amour et le soutien mutuel qui doivent les caractériser ». 

Quel est  le rôle de tout un chacun ?

« Comme le Christ est mort pour nos péchés, il nous est demandé de changer nos cœurs, d’abandonner tous nos péchés et nous comporter comme des rachetés. De cette manière, il n’y aura plus ni d’assassinats, ni de haine dans notre pays et dans le monde. Pour que des crimes comme l’assassinat que nous sommes en train de commémorer soient éradiqués dans les nations, tout dépendra des peuples, de leurs politiques, de leurs relations sociales, de leurs coutumes et de leur volonté », a souligné l’archevêque émérite de Bujumbura, Mgr Evariste Ngoyagoye. Après la messe, ces hautes autorités ont déposé des gerbes de fleurs sur la tombe de  feu président Cyprien Ntaryamira. Rappelons que ce dernier est né sur la colline Gitwe située dans la zone Mageyo en commune Mubimbi, province de Bujumbura.  Les cérémonies ont été clôturées par le discours de feu Cyprien Ntaryamira qui était en définitive axé sur  la discipline dans tous les secteurs de la vie nationale. 

Masta Shabani

Jean Bosco Nkunzimana     
            

 

EDITORIAL > Le président Cyprien Ntaryamira prônait un comportement humain qui s’appelle la discipline

Il y a 24 ans, le 6 avril 1994, le président Cyprien Ntaryamira perdait la vie dans un attentat perpétré contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyalimana, qui trouva la mort dans les mêmes circonstances. L’avion présidentiel survolait l’aéroport international de Kanombe, à Kigali, la capitale rwandaise, alors qu’il ramenait de la ville tanzanienne d’Arusha, les deux chefs d’Etat qui venaient de participer à un sommet sur la crise qui secouait le Rwanda à l’époque. Le président Cyprien Ntaryamira venait de succéder au président Melchior Ndadaye mort assassiné quelques mois plus tôt. Nombreux sont les Burundais qui apprirent la triste nouvelle le lendemain de l’attentat, c’est-à-dire dans la matinée du 7 avril 1994. C’est, en effet, le 7 avril 1994 que la nouvelle se répandit dans tout le pays où l’on n’hésita pas à parler de malédiction, car le Burundi venait de perdre successivement deux chefs d’Etat en l’espace de sept mois seulement, mais dans des circonstances tout à fait différentes.Il y a 24 ans, le 6 avril 1994, le président Cyprien Ntaryamira perdait la vie dans un attentat perpétré contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyalimana, qui trouva la mort dans les mêmes circonstances. L’avion présidentiel survolait l’aéroport international de Kanombe, à Kigali, la capitale rwandaise, alors qu’il ramenait de la ville tanzanienne d’Arusha, les deux chefs d’Etat qui venaient de participer à un sommet sur la crise qui secouait le Rwanda à l’époque. Le président Cyprien Ntaryamira venait de succéder au président Melchior Ndadaye mort assassiné quelques mois plus tôt. Nombreux sont les Burundais qui apprirent la triste nouvelle le lendemain de l’attentat, c’est-à-dire dans la matinée du 7 avril 1994. C’est, en effet, le 7 avril 1994 que la nouvelle se répandit dans tout le pays où l’on n’hésita pas à parler de malédiction, car le Burundi venait de perdre successivement deux chefs d’Etat en l’espace de sept mois seulement, mais dans des circonstances tout à fait différentes.Du président Cyprien Ntaryamira, le peuple burundais gardera toujours le souvenir d’un homme d’Etat qui, pour essayer d’apporter une réponse à la crise burundaise, avait opté pour les voies les plus justes, notamment celle de la discipline. Lors de son investiture au Palais des congrès de Kigobe, sous les applaudissements nourris d’un parterre d’invités, il déclara du haut de la tribune d’honneur, que dans tous les secteurs de la vie nationale, le peuple burundais devait s’armer de la discipline pour faire face aux difficultés que le pays traversait, notamment celles qui suivirent le lâche assassinat du président Melchior Ndadaye et de ses plus proches collaborateurs. Notre pays était alors plongé dans une crise sociopolitique sans nom, marquée par des violences les plus meurtrières que le Burundi indépendant ait jamais connues. Comme en 1965, en 1972 et en 1988, des Burundais appartenant à un même pays, à une même culture, parlant une même langue, labourant dans les mêmes champs, empruntant les mêmes sentiers, ayant souffert d’un même passé colonial, se sont entre-tués pendant plus d’une décennie pour ne récolter que le deuil et les larmes.Si le mot d’ordre du président Cyprien Ntaryamira était la discipline, c’est que cette dernière figure en bonne place parmi les valeurs humaines positives qui nous ont fait tant défaut dans le passé. Si nous nous étions comportés dignement et humainement, nous aurions dit non aux intolérances qui mènent tout droit aux violences que nous avons malheureusement  connues. Le sous-développement, l’ignorance, l’obscurantisme du passé colonial ont si bien enraciné toutes sortes d’intolérances que c’est nous tous ensemble qui devons dicter la conduite à tenir, celle nous amenant à donner le meilleur de nous-mêmes pour dépasser notre passé, sans toutefois l’effacer de notre mémoire collective et individuelle.Le 24e anniversaire de la disparation du président Cyprien Ntaryamira arrive au moment où la paix et la sécurité sont en train d’être consolidées dans tout le pays. Armons-nous de la discipline, cette valeur humaine positive qui ne peut que contribuer largement à l’instauration d’une morale sociale saine.

Louis Kamwenubusa

 

Président Cyprien Ntaryamira > Commémoration du XXIVe anniversaire de son assassinat

« Les Burundais ont le droit de savoir les circonstances dans lesquelles il a trouvé la mort »

 

DSC 0012 ntaryaLe 6 avril de chaque année, le Burundi commémore la mort du président burundais Cyprien Ntaryamira, survenue au Rwanda lors de la chute de l'avion qui transportait également le président rwandais Juvénal Habyarimana, en 1994. En marge de la commémoration officielle de cette disparition, nous nous sommes entretenus avec un des compagnons de feu Ntaryamira pour savoir qui était cet illustre disparu, ce qu’il pense de l’état d’avancement de ce dossier et surtout pour savoir s’il y a un lien entre l’assassinat du président démocratiquement élu Melchior Ndadaye et celui du président Cyprien Ntaryamira.  

 

Le président Cyprien Ntaryamira est né le 6 mars 1955 sur la colline Gitwe de la zone Mageyo, commune Mubimbi en province de Bujumbura. Il a fait l'école primaire à Rushubi et l’école secondaire au Collège du Saint-Esprit de Bujumbura. En 1972, il se réfugie au Rwanda où il continue l'école secondaire de 1973 à 1976, à Kigali et il obtient, en 1982, son diplôme d'ingénieur agronome à l'Université nationale du Rwanda, à Butare.Il rentre au Burundi en 1983 pour travailler au ministère de l'Agriculture et en 1985, il est emprisonné pour des motifs politiques. En août 1986, il devient un des membres fondateurs du parti Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu) et devient membre du bureau politique. Après la victoire de son parti politique aux élections de 1993, Cyprien Ntaryamira est nommé ministre de l'Agriculture dans le gouvernement de Sylvie Kinigi, sous la présidence de Melchior Ndadaye. Successeur du président Melchior Ndadaye, feu Ntaryamira est mort assassiné le 6 avril 1994 à Kigali au Rwanda deux mois seulement après son accession au pouvoir.

Un ancien compagnon témoigne

Compagnon politique du président Ntaryamira, l’ancien chef de l’Etat, Sylvestre Ntibantunganya se souvient  qu’ils ont fréquenté ensemble des organisations politiques depuis leur jeune âge . D’abord au Rwanda, au sein du Mouvement des étudiants Barundi progressiste vivant au Rwanda (Bampere) et ici au Burundi lors de la construction et l’agréement du parti Sahwanya Frodebu.  Il indique aussi qu’après la victoire du parti Frodebu en 1993, ils ont participé ensemble dans le gouvernement de Melchior Ndadaye. «J’en garde un excellent souvenir d’un étudiant studieux, d’un homme très cordial qui des fois pensait plus aux autres qu’à lui ». M. Ntibantunganya se souvient aussi que feu Ntaryamira avait un grand projet d’élevage de poules pondeuses dans sa commune  Mubimbi auquel il associait une bonne partie de la population. A la question de savoir si l’idée de discipline annoncée par le président Ntaryamira lors de son investiture est sortie de lui ou que c’était l’idée de son parti politique, le président Ntibantunganya indique que c’est sorti de lui. « Parce que quand vous êtes désigné chef de l’Etat, que cela soit par des élections au suffrage universel ou que ce soit par d’autres canaux, il y a une responsabilité particulière que vous tissez au-delà des obligations de votre parti et une relation particulière que vous tissez avec le peuple. Vous devez arrêter des stratégies les mieux adéquates pour répondre justement à ce dont le peuple a besoin ». Toujours à propos de cette idée de discipline, notre interlocuteur indique qu’à l’époque de Cyprien Ntaryamira, le pays était déjà dans le chao après l’assassinat du président Melchior Ndadaye. « Pour réaliser ce qu’il voulait faire atteindre au peuple burundais, il a senti que les Burundais avaient besoin  de discipline parce qu’il y avait de l’indiscipline quand on analyse ce qui se passait dans tous les secteurs  de l’Etat, dans tous les secteurs de la vie nationale, dans tous les groupes, etc ». Selon lui, les uns et les autres se comportaient comme si tout était autorisé et c’est là qu’ il faut comprendre la portée particulière de ce message qu’il a donné de discipline partout. « Discipline dans les corps de défense et de sécurité, discipline dans les partis politiques, discipline chez les étudiants à l’université, discipline même dans les confessions religieuses, discipline partout. Donc, le mot discipline reste et restera dans l’organisation d’une quelconque structure, que ce soit au niveau de la famille, au niveau d’une entité territoriale à diriger, ou au niveau d’une institution, etc»  

Y a-t-il un lien entre l’assassinat du président Ndadaye et celui du président  Ntaryamira ?

D’après M. Ntibantunganya, quand on voit les circonstances dans lesquelles le président Ntaryamira a été tué, on ne peut pas croire qu’il y avait un plan qui était destiné particulièrement à lui en tant que président de la République du Burundi. «Il est mort en compagnie du Président du Rwanda, Juvénal Havyarimana alors qu’il revenait d’une réunion qui se tenait au niveau des chefs d’Etat de la région pour voir comment faire face aux problèmes que vivaient le Rwanda et le Burundi. Soucieux de communiquer rapidement aux Burundais les conclusions de cette réunion qui s’était beaucoup plus attachée au Burundi, il a demandé d’emprunter l’avion de Havyarimana pour qu’il arrive très rapidement à Bujumbura afin de communiquer les résultats atteints lors de la réunion.  C’est par les faits de circonstance qu’il a été dans cet avion qui a été malheureusement fatal pour lui ».

M. Sylvèstre Ntibantunganya garde un bon souvenir de feu Ntaryamira

Nouvelle image ntibaQuand au silence qui s’observe sur l’assassinat du président Ntaryamira, M. Ntibantunganya indique que ce n’est pas une volonté de l’oubli car il ne faut pas tout de même oublier surtout quand il s’agit d’un chef d’Etat. Il souligne que quand il était président de la République, il a posé cette question au gouvernement du Rwanda.  «On s’était convenu qu’au moment où les circonstances se seront apaisées, il faudrait que les deux gouvernements (C'est-à-dire le gouvernement du Burundi et celui du Rwanda) voient ensemble comment éclairer les circonstances dans lesquelles le président du Burundi est mort. Il revenait à dire les circonstances dans lesquelles l’avion à bord duquel étaient  les deux chefs d’Etat a été abattu ». Il déplore cependant le fait qu’aujourd’hui les relations entre les deux pays ne sont pas au bon fixe. « Mais je pense qu’au moment où tout se rétablira dans l’ordre il ne faudra pas laisser ce dossier dans l’oubli car les Burundais ainsi que sa famille (son épouse et ses enfants) ont le droit de savoir les circonstances dans lesquelles le président Cyprien Ntaryamira a trouvé la mort ». 

Pourquoi la communauté internationale n’a-t-elle pas fait d’enquête ? 

A la question de savoir pourquoi la communauté internationale n’a pas réagi à la mort du président Ntaryamira, M. Ntibantunganya indique que la communauté internationale réagit par rapport à une stratégie arrêtée par le gouvernement. « Si le gouvernement concerné au premier chef n’arrête pas une stratégie, ce n’est pas la communauté internationale elle-même qui va s’occuper d’une question comme celle-là. Compte tenu des circonstances dans lesquelles cette mort est intervenue lors de la crise rwandaise avec le génocide des tutsi qui a suivi, il y a tout un tas de circonstances qui ont compliqué les choses. C’est une question qui nécessite l’implication de l’Etat pour suivre quotidiennement les circonstances dans lesquelles cela a eu lieu ». M. Ntibantunganya tranquillise le peuple de ne pas s’inquiéter parce que peu importe celui qui a abattu l’avion du président Havyarimana, on sait où a été abattu l’avion qui transportait les deux présidents. « Donc, c’est avec l’Etat du Rwanda que le Burundi devrait plutôt parler mais les tentions qui existent entre nos  deux pays ne permettent pas de poser une question de ce genre dont on voit d’ailleurs la délicatesse ». 

Peut-on élever le président Ntaryamiraau titre du héros de la paix ?

A la question de savoir l’acte de reconnaissance que le Burundi peut poser à l’endroit du président Ntaryamira, M.Ntibantunganya trouve qu’il y a déjà des choses qui sont faites dans la mesure où chaque 6 avril le peuple burundais se rencontre pour commémorer la mort du président Ntaryamira. « On va à l’Eglise, on dépose des gerbes de fleurs, on écoute le discours qu’il a prononcé lors de son intronisation en insistant sur le mot discipline. La deuxième chose c’est que Cyprien Ntaryamira est enregistré comme un ancien chef d’Etat du Burundi. Donc, ses ayants-droit doivent jouir selon justement les termes de la loi portant statut d’un ancien chef d’Etat sur certains avantages et considérations ». 
Astère NDUWAMUNGU

 
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