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Déclaration de l’Association pour la paix et le développement communautaire (APADECO) sur la tenue du dialogue interburundais prévu du 16 au 18 février 2017 à Arusha en République Tanzanienne

Après une analyse à la loupe des points à l’ordre du jour et de la liste des participants y conviés pour arrondir les angles sur le malentendu entre les membres de la classe politique burundaise l’Association pour la Paix et le Développement Communautaire, APADECO en sigle, porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale ses espoirs et ses inquiétudes à travers cette déclaration :

1. L’APADECO exprime ses sympathies vis-à-vis des imminents personnalités de la communauté internationale et de la communauté est-africaine qui ne cessent d’apporter leur contribution à la consolidation de la paix et de l’harmonie sociale au Burundi.
2. L’APADECO remercie tout particulièrement le Facilitateur dans le dialogue inter burundais, S.E. Benjamin William Mkapa, pour sa sagesse et sa détermination d’aider les dignes fils et filles de ce pays de parvenir à construire un pays stable, toujours plus beau et prospère.
3. L’APADECO reconnaît que la construction de la paix et du développement endogène durables passent par le rendez-vous du donner et du recevoir soutenu par communication et le dialogue franc et sans faux-fuyant, interne et externe, pour éviter le perpétuel recommencement à l’instar du mythe de Sisyphe.
4. Cependant, force est de constater une aberration reflétant une machination orchestrée sans doute à partir des villes métropolitaines qui hébergent les détracteurs de la paix et de la sécurité depuis la période des manifestations violentes entamées le 26 avril 2015 ayant emporté la vie des populations innocentes et des forces de l’ordre ; sans omettre la tentative de coup d’Etat qui en est découlé le 13 mai 2015; mais, vite déjoué par la vigilance des corps de défense et sécurité.
5. Ainsi, l’APADECO trouve inopportuns certains points prévus à l’ordre du jour mais qui ne sont plus d’actualité à telle enseigne de faire l’objet de débats d’envergure. Il s’agit notamment de :
- La question de sécurité pour le moment maîtrisée à travers tout le pays,
- L’Accord d’Arusha et la Constitution auxquels tout le monde et les institutions se réfèrent depuis la nuit des temps ;
- Les libertés publiques, individuelles et collectives, respectées mordicus tel que stipulé dans la constitution ;
- Le gouvernement d’union nationale qui reste un rêve des fossoyeurs de la démocratie qui cherchent le pouvoir au bout du canon au lieu de passer par la voie des urnes.
6. Par contre, l’APADECO soutient fermement la mise à l’agenda de la question sur l’ « Etat de droit et la lutte contre l’impunité des crimes », d’où la nécessité qu’il plaise au Bureau de la Facilitation de rayer de la liste des participants à ces assises toutes les personnes inculpées dans le coup d’Etat du 13 mai 2015 et leurs associés qui ont endeuillé le pays.
7. L’Etat de droit n’est pas synonyme de faire la guerre à son pays et son peuple. Raison pour laquelle ces personnes en cavale, recherchées par la justice burundaise, sous des mandats d’arrêt internationaux, doivent d’abord être déférées devant la justice pour y répondre de leurs actes au lieu de les présenter sous le beau jour et les associer dans le débat sur l’avenir radieux de ce pays.
8. Par conséquent, l’APADECO avise la Facilitation qu’il serait judicieux de convier à ce dialogue inter-burundais seuls les gens qui ont des mains propres, qui inspirent la confiance au peuple souverain et qui ont la légitimité de représenter les formations politiques non virtuelles et reconnues par la loi en vigueur au Burundi.
9. Pour toutes les raisons susmentionnées, l’APADECO se joint aux autres patriotes avisés pour dire oui au dialogue inclusif mais dans le strict respect de la loi ; de la Résolution 2248 du Conseil de sécurité des Nations unies et de la souveraineté tant de notre pays le Burundi que de son Peuple.
10. Enfin, l’APADECO réitère son appel vibrant à l’endroit de la Communauté internationale pour reprendre sans délais la coopération bilatérale et multilatérale avec le Burundi en guise d’accompagner ce pays dans son processus de dialogue intérieur et extérieur dans le but ultime de consolider la démocratie, la bonne gouvernance, l’Etat de droit et le développement durable.

Fait à Bujumbura ; le 14/02/2017
Le Représentant Légal de l’APADECO,
BIMENYIMANA Fabien.

 

SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DU GOUVERNEMENT> Communiqué du gouvernement sur le dialogue interburundais prévu à Arusha du 16 au 18 février 2017

1. Le gouvernement de la république du Burundi a reçu, en date du 13 février, une invitation de son Excellence Monsieur William Mkapa, Facilitateur dans le dialogue interburundais, pour qu’il envoie des délégués dans la Session prévue du 16 au 18 février à Arusha en Tanzanie.

2. Le gouvernement de la république du Burundi accuse bonne réception de cette invitation et remercie le Facilitateur pour son engagement à accompagner ce processus et sa promptitude à soutenir le peuple burundais chaque fois qu’il en a besoin. Le gouvernement de la république du Burundi apprécie à sa juste valeur la détermination et les efforts désintéressés du Facilitateur, qui constituent le leitmotiv qui mènera à bon port le processus de dialogue interburundais en cours, ce qui a d’ailleurs été mis en exergue de la façon la plus claire qui soit lors de sa dernière visite de décembre 2016 à Bujumbura.
3. Tout en se félicitant de l’évolution appréciable du processus piloté par le Facilitateur William B. Mkapa, le gouvernement de la république du Burundi trouve qu’il y a certaines irrégularités au niveau de l’organisation de la présente session et qui s’écartent de l’habituel esprit de concertation pour ce qui concerne l’établissement de la liste des invités ainsi que l’ordre du jour de la session. Ainsi, la présence des acteurs violents, notamment des putschistes recherchés par la justice parmi les éventuels invités empiète sur la souverneté de la république du Burundi et des lois qui régissent le pays, notamment la loi sur les partis politiques.
4. Par ailleurs, la présence présumée de certaines personnalités dans cette session, notamment M. Jamal Benomar, Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, qui a été récusé par le gouvernement de la république du Burundii et dont ce dernier attend le remplacement, ne garantit pas la sérénité des travaux de cette session.
5. Par voie de conséquence, le Gouvernement de la république du Burundi a décidé de ne pas envoyer de délégués à Arusha dans la session du 16 au 18 février 2017. Certes, les burundais ont besoin de la solidarité internationale mais doivent jouir de leur droit le plus absolu d’être respectés dans leurs choix et dans la conduite d’un processus de dialogue qui est le leur à part entière.
6. Le gouvernement de la république du Burundi réaffirme son engagement à soutenir et à promouvoir la culture du dialogue, la lutte contre l’impunité et la préservation de la souveraineté nationale. A cet égard, le gouvernement se réjouit de l’étape franchie par le processus du Dialogue intérieur et dénonce toute démarche qui viendrait remettre en cause les résultats du consensus enregistrés à ce jour. Enfin, il lance un appel aux Burundais épris de paix qui sont encore à l’étranger, de rentrer dans le pays pour joindre leur contribution à celle de leurs compatriotes de l’intérieur, et ce pour bâtir un Burundi meilleur.

Fait à Bujumbura, le 15 février 2017
Le Secrétaire Général du Gouvernement
Et Porte-Parole du Gouvernement
Philippe Nzobonariba

 

CNDI> Session de dialogue interburundais

Donner une issue favorable à tous les Burundais pour qu’ils vivent en paix et démocratie durables

00aze11La Commission nationale de dialogue interburundais (CNDI), a organisé le jeudi 16 février 2107 à l’hôtel Source du Nil et dans d’autres endroits, une session de dialogue interburundais sur le thème suivant : Donner une solution durable et consensuelle de tous les Burundais pour qu’ils vivent en paix et démocratie. La CNDI était représentée par Imelde Sabushimike, la secrétaire générale, qui a invité les participants à donner leurs avis sur la solution durable. Il était aussi invité Gérard Nduwayo qui a piloté les dialogues, Aimable Barandagiye, chargé de la commission nationale des droits des enfants, Festus Ntanyungu et les étudiants représentant les autres dans différentes universités se trouvant à Bujumbura.
Les invités ont proposé des solutions qui pourraient pousser les Burundais à vivre en paix et en démocratie. Les participants se levaient en groupes de 9 ou 10 personnes pour donner leurs points de vue. Le premier invité a d’abord remercié la CNDI qui les a invités. Comme proposition, il a demandé que le gouvernement diminue le taux de chômage qui est élevé et qui serait à l’origine des conflits entre les Burundais. Il ajouté qu’il faut diminuer le nombre de partis politiques même si le multipartisme est nécessaire. Il a fait savoir qu’il y a des partis politiques qui ne méritent pas d’être agréés au niveau du ministère de l’Intérieur parce qu’ils n’ont pas de membres. Il faut éviter toute sorte de discrimination et oublier tout événement passé pour bâtir le pays ensemble sans distinction aucune.
Il faut construire un monument unique pour toutes les victimes des faits de guerre
Il faut construire un monument unique pour tous les Burundais qui sont morts suite aux tueries qui se sont passées dans le pays et les commémorer ensemble parce que c’est le Burundi qui a perdu. Il faut que la Commission vérité et réconciliation traduise devant la justice toute personne condamnée à ceci ou cela, partager le pouvoir et éviter l’égoïsme, respecter la Constitution et donner l’emploi selon les compétences. Il faut aussi s’élire les dirigeants sans tenir compte de la question des mandats. Jean Marie Dusabe a proposé que les politiciens cessent de manipuler les jeunes surtout pendant la période électorale.

Olivier Nishirimbere (Stagiaire)

 

ASSEMBLEE NATIONALE> Présentation des rapports des descentes sur terrain

Le centre d’épuration des eaux usées de Buterere menacé par l’attribution des parcelles

00aze1La station de pompage des eaux usées vers le centre de traitement de Buterere est en panne depuis un certain temps à la suite de l’arrêt du système de pompage, cela a pour conséquence que les eaux usées se déversent directement dans le lac Tanganyika. Cela a été dit par le député Bernard Ndayisenga, président de la commission de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, de développement communal et des travaux publics, le jeudi 16 février 2017, lors de la présentation des rapports effectués sur terrain par les députés membres de la commission.

L’objectif des descentes effectuées en mairie de Bujumbura en novembre 2016 était de se rendre compte de l’état d’assainissement de la ville de Bujumbura et de la protection du littoral de la rivière Ntahangwa pour agir en conséquence. Lors de ces descentes, le président de la commission fait savoir que les usines comme Afritan, Afritextile et Setemu ont été visitées.
Au sein de l’Afritan, le directeur général de l’usine a indique à la commission que la canalisation des eaux usées est raccordée au canaux de services techniques municipaux (Setemu), chargés entre autres, de la collecte, de la gestion et de l’évacuation des déchets ménagers et industriels en provenance de différents quartiers de la ville de Bujumbura vers le centre de traitement de Buterere. Il a indiqué que l’usine a un contrat avec la Setemu et déplore le fait que la station de pompage des eaux usées vers le centre de traitement de Buterere est en panne depuis un certain temps à la suite de l’arrêt du système de pompage.
A l’usine Afritextile (ex Cotebu), la commission a visité les lieux d’évacuation, les infrastructures et les machines y affectées. Là aussi, le système d’évacuation, selon les informations fournies à la commission, est raccordé aux égouts des Setemu. Les eaux usées après prétraitement sont directement acheminées vers le centre d’épuration de Buterere sans transiter par le lieu de pompage.

Les égouts publics sont presque tous bouchés.
A la Setemu, le directeur général a indiqué que ces services ont vu le jour en 1983 pour appuyer techniquement à l’assainissement de la ville, l’évacuation des eaux usées ainsi que l’entretien et la réhabilitation des routes. Ces services font face aux défis des revenus qui ne sont pas réguliers et sûrs. Il s’agit également des infrastructures techniques et matérielles connexes qui sont vétustes.
Le centre d’épuration de Buterere a été conçu pour accueillir 45 000 mettres cubes des eaux usées mais aujourd’hui, selon le rapport des députés, il n’accueil que 10 000 mettre cubes soit 25% de l’exploitation totale parce que ces égouts publics sont presque tous bouchés. L’exploitation en parcelles du terrain réservé à l’extension du centre d’épuration des eaux usées par des personnes privées a été évoquée. Selon le rapport, le problème est grave vu que les constructions atteignent les lits de séchage alors que ces derniers dégagent des odeurs nauséabondes.
Entre autres recommandations, sur ce chapitre, les députés membres de la commission ayant l’environnement dans ses attributions ont demandé d’allouer un budget suffisant afin que les Setemu puissent bien assurer leur mission. Ils ont également recommandé d’ériger des centres de transit des eaux usées dans les nouveaux quartiers.

La production de la saison culturale A, a été perturbée.
Les députés membres de la commission de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, du développement communal et des travaux publics, ont, dans le domaine de l’agriculture, visité plusieurs provinces du pays. Le député Reverien Nzigamasabo, vice président de la commission, a indiqué que le projet visant à faciliter l’accès à l’engrais chimique à la population a été bénéfique. La production s’est accrut bien que la croissance démographique reste un défi, surtout dans les provinces du nord du pays.
Il a indiqué que la saison culturale A, n’a pas été comme prévu suite aux aléas climatiques. La pluie n’a pas été régulière et parfois elle a été accompagnée par des intempéries qui ont provoqué la destruction des champs et cultures. Il a indiqué que les conséquences de la sécheresse sont entre autres la faim due au retard de la récolte, la monté des prix des denrées alimentaires sur les marchés, la destruction des champs des marais, les maladies provoquées par la malnutrition et autres.

L’accès à l’engrais chimique reste problématique
L’engrais chimique a été disponible à temps et bien distribué par endroit, a dit le vice-président de la commission ayant l’agriculture dans ses attributions. En province de Bubanza, il a été signalé que les responsables n’ont pas permis que l’engrais parvienne à la population. En province Cibitoke l’engrais chimique n’est pas arrivé à destination. En province de Ngozi, le rapport indique que l’engrais qui a été distribué a diminué par rapport aux années antérieures. Cela a été dû aux faibles moyens de la population qui n’a pas été à mesure de se payer un sac de 25 kg d’engrais. Par rapport à l’avance qui n’est pas remboursable à la population qui ne parvient pas à payer la totalité du prix d’un sac d’engrais, Pascal Nyabenda suggère que le contenu d’un sac soit ramené au pouvoir d’achat de la population. Ainsi, des sacs de 5, 10 et 15 kg pourraient répondre aux besoins de ce qui ont des faibles revenus et ainsi rendre l’engrais chimique accessible à tous. En attendant que des sacs d’engrais de 5 à 15 kg soient envisagés, le député Adolphe Mbonimpa propose que la population puisse se regrouper par équipe selon les besoins afin d’éviter le défaut de paiement à l’arrivée des intrants.
Par contre la demande a été grande en province de Kayanza. Le rapport indique que les commerçants achètent ce produit pour le revendre à ceux qui n’ont pas pu acheter un sac de 25 kg.
Concernant les plants de patate douce, Pascal Nyabenda président de la chambre basse du parlement, a demandé qu’il y ait concertation des autorités pour que les provinces qui accusent un manque soient épaulées par d’autres qui ont ces plants en suffisance. « Si c’est nécessaire, ces plants pourront provenir de l’étranger car la patate douce contribue énormément dans la l’alimentation des Burundais », a souligné M. Nyabenda.

Une nouvelle espèce de charançons a attaqué les plants de maïs
A la question des pesticides, le président de l’assemblée nationale indique qu’il y aurait eu négligence, ou lenteur des procédures de passation du marché car la rupture des stocks est difficilement compréhensible quand il s’agit du domaine clé de la vie du pays comme l’agriculture. Point de vue que ne partage pas le député Adolphe Mbonimpa.. Celui-ci a indiqué que les charançons s’attaquent à la tige au moment où à l’accoutumé seuls les fruits étaient attaqués. « C’est pour cela qu’ils ont été obligés de commander d’autres pesticides mais il n’y a pas eu de rupture de stock », a-t-il indiqué.

« Le café, principale source des devises pour le pays »
« Le café est la principale source des devises pour le pays au moment où les ressources minières ne sont pas encore exploitées », a dit M. Nyabenda. La libéralisation de ce produit a entrainé la démotivation de la population vue le désordre enregistré dans le paiement des agriculteurs. L’usage du fumier organique à base des excréments humains a été évoqué par certains députés comme étant une meilleure façon de répondre à la cherté des engrais chimiques. D’autres ont proposé l’exonération des pompes à eau afin de permettre l’arrosage des cultures pendant la pénurie des pluies et la saison sèche.

Charles Makoto



 

SECURITE> Départ des militaires burundais en Somalie pour la relève

952 militaires vont remplacer leurs confrères

0azerLes militaires burundais du 40 ème bataillon ont pris l’avion le jeudi 16 février 2017 pour la Somalie au niveau de l’Amisom. Ils vont faire la relève du 34ème bataillon qui a déjà dépassé une année suite aux enjeux techniques. Les 952 militaires vont remplacer leurs confrères.

Le Burundi a déployé des militaires de maintien de la paix en Somalie depuis décembre 2007 sous l’appel de l’Union africaine afin d’y ramener la paix. Les insurgés Al Shabbab s’étaient faits maîtres dans ce pays et le Burundi a été parmi les pays qui ont été sollicités et a accepté de fournir des troupes, a fait entendre le porte-parole des Forces de défense nationale, Colonel Gaspard Baratuza. Ce dernier a tenu à signaler que les forces de défense nationale comptent aujourd’hui des militaires brevetés en mission de maintien de la paix dans le monde entier, raison pour laquelle les rotations leur étaient très aisées pour trouver ceux qui suppléaient ceux qui terminent leur mandat.
Aujourd’hui, c’est le tour du 40ème bataillon qui va relever le 34ème bataillon qui a déjà dépassé une année suite aux enjeux techniques. Les 952 militaires vont remplacer leurs confrères, a dit M.Baratuza.
A propos des arriérés de salaires des militaires burundais, M. Baratuza a fait savoir que cette question a été évoquée et manipulée longtemps par des détracteurs. Avec la récente visite du commissaire paix et sécurité de l’Union africaine au Burundi, les choses se sont mises en bon chemin et ont enlevé les obstacles qui se trouvaient dans les textes en signant l’addenda du mémorandum.

Les salaires de deux mois et demi seront mis sur les comptes respectifs incessamment
Selon un récent message, les salaires de deux mois et demi de 2016, c’est–à-dire janvier, février et 14 jours du mois de mars, vont être incessamment disponibles à la banque centrale. Ils vont être directement transférés sur les comptes respectifs des militaires. M. Baratuza a aussi signalé que pour le reste, il y a un compte qui a été ouvert dans l’une des banques commerciales sur lequel le reste des dus doit y être transféré afin qu’il arrive aux bénéficiaires.

Martin Karabagega

 

Editoral> L’intérêt national, avant tout

Sur toutes les questions d’intérêt national, la position du gouvernement n’a jamais changé et ne changera jamais d’un iota. En décidant de ne pas envoyer de délégués à Arusha dans la session du 16 au 18 février 2017 sur le dialogue interburundais, le gouvernement a encore une fois été on ne peut plus clair dans ses orientations, dont le réalisme et l’objectivité, illustrent parfaitement son souci de stimuler l’effort dans la lutte contre les aspects négatifs contraires aux principes de la Nation, parmi lesquels figure au premier plan la souveraineté, un principe sacré qui inspire fondamentalement le comportement et l’action du peuple burundais, un principe auquel il ne saurait souffrir la moindre atteinte, d’où qu’elle vienne.


En décidant de ne pas envoyer de délégués à Arusha, le gouvernement ne récuse pas, de ce fait, le facilitateur dans le dialogue interburundais, l’ancien président tanzanien William Benjamin Mkapa dont il apprécie plutôt à sa juste valeur, « la détermination et les efforts désintéressés, qui constituent le leitmotiv qui mènera à bon port le processus de dialogue interburundais en cours, ce qui a d’ailleurs été mis en exergue de la façon la plus claire qui soit, lors de sa dernière visite de décembre 2016 à Bujumbura ». Loin donc du gouvernement l’idée de récuser le facilitateur à la hauteur de sa lourde et noble mission. Seulement, le Gouvernement du Burundi trouve qu’il y a « certaines irrégularités au niveau de l’organisation de la présente session et qui s’écartent de l’habituel esprit de concertation pour ce qui concerne l’établissement de la liste des invités ainsi que l’ordre du jour de la session. Ainsi, la présence des acteurs violents, notamment des putschistes recherchés par la justice burundaise parmi les éventuels invités empiète sur la souveraineté de la République du Burundi et des lois qui régissent le pays, notamment la loi sur les partis politiques ». Ceci ressort d’un communiqué du gouvernement dans lequel on peut encore lire que « la présence présumée de certaines personnalités dans cette session, notamment M. Jamal Benomar, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, qui a été récusé par le gouvernement et dont ce dernier attend le remplacement, ne garantit pas la sérénité des travaux de cette session ». Voilà ce sur quoi le gouvernement fonde son refus de participer à la session d’Arusha du 16 au 18 février.
En écho au communiqué du gouvernement, des partis politiques ainsi que des associations de la société civile comme Action pour la paix et le développement communautaire (Apadeco) et l’Association pour la consolidation de la paix au Burundi (Acopa-Burundi» ont vivement réagi, l’Apadeco soulignant « une machination orchestrée sans doute à partir des villes métropolitaines qui hébergent les détracteurs de la paix et de la sécurité, depuis la période de manifestations violentes entamées le 26 avril 2015 ayant emporté la vie des populations innocentes et des forces de l’ordre, sans omettre la tentative de coup d’Etat qui en a découlé le 13 mai 2015, mais vite déjoué par la vigilance des corps de défense et de sécurité ». De même, Acopa- Burundi « désapprouve la liste des personnes invitées à la session et demande au bureau de la facilitation de se conformer à la résolution 2248 du Conseil de sécurité de l’Onu ».
Principal garant de l’intérêt national, le gouvernement ne saurait, sous peine de dysfonctionnements et de retards redoutables dans l’œuvre d’édification nationale, s’accommoder des situations dangereuses nous amenant à recommencer les erreurs du passé. Notre pays se trouve à un moment où il n’est plus possible de reculer et les actions à entreprendre pour édifier la Nation doivent l’être sans remettre en cause notre souveraineté et notre intérêt national.

Louis Kamwenubusa

 
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