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TRAITEMENT DU PASSE >Initiatives mémoriales

Pour la reconstruction nationale

 

Les conflits qui jalonnent l’histoire récente de notre pays, dit frère Emmanuel, Ntakarutimana président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNIDH), ont été d’une profondeur inouïe. Il indique que nous portons en nous de profondes blessures générées par la perte des nôtres souvent dans des conditions atroces et inhumaines. C’était le mardi 16 décembre, au deuxième jour de la commémoration commune des organisations des familles des victimes, dans un exposé sur le rôle de la commémoration et les initiatives mémorielles dans le traitement du passé.

 

A côté des cassures des infrastructures, du ralentissement des initiatives de développement, une profonde suspicion s’est développée entre les filles et les fils du peuple burundais. Et frère Ntakarutimana d’ajouter que, de par leur configuration, les pouvoirs politiques successifs n’ont pas toujours permis ni facilité l’organisation des deuils et les cérémonies de levée de deuil.
Aujourd’hui, ces pouvoirs tentent de chercher comment gérer les mémoires blessées à travers les mécanismes de la justice transitionnelle et particulièrement la Commission Vérité Réconciliation. La question qui occupe notre pays revient à articuler le triplet délicat « vérité », « justice » et « réconciliation » pour une renaissance nationale après les décennies de déconstruction de l’architecture du capital social. Le défi aujourd’hui, dit le président de la CNIDH, est de parier sur la renaissance de la société avec régénération des énergies intérieures des populations.
Il s’agit de travailler à nouveaux frais au renforcement du capital social avec renaissance de la confiance par rapport aux discriminations et exclusions. C’est aussi par le renforcement de la réciprocité et de la solidarité par rapport aux exclusions et aux réflexes de réclusion réduisant l’espace public ; c’est également le renforcement des valeurs partagées en réponse à la méfiance envers les institutions dont on ne partage plus la même base des normes. C’est, enfin, le renforcement du sens de sécurité face au sentiment diffus de peur et d’incertitude.

Guérison des mémoires

C’est dans le bouillonnement d’appels à la renaissance nationale que des pionniers ont commencé à réfléchir sur le rôle de la commémoration. Ils ont lancé des initiatives mémorielles, dit frère Ntakarutimana, engageant dans une gestion qui conduit progressivement à la guérison des mémoires face à un passé très douloureux.

Comment développer notre mémoire comme un souvenir stratégique ?

Nous voulons que nos enfants, nos petits enfants et nos arrières petits enfants vivent ensemble dans la paix. Mais à quel prix ?, se demande frère Ntakarutimana. Notre mémoire devra être stratégique. Nous le savons. Les blessures et les humiliations du passé ont un long impact sur la mémoire des populations. Les conflits armés, les dictatures, les désastres humains et les violations massives des droits humains ont un long impact sur les archives mentales des populations. C’est ainsi, dit l’homme d’Eglise, qu’ils peuvent même conduire au cercle vicieux de la violence, les bourreaux d’hier pouvant avoir été des victimes d’avant-hier. Les bourreaux d’aujourd’hui peuvent avoir été des victimes d’hier.
Quoi qu’il en soit, nous devons courageusement nous décider à casser le cercle vicieux des engrenages du potentiel de violence. Comment rendre nos mémoires stratégiques pour permettre à nos arrières petits enfants de vivre dans la paix ? Comment enraciner notre mémoire stratégique dans une conversion des ingrédients ancrés dans nos archives mentales et culturelles ? Le défi de rebâtir la confiance est fondamental.
Les blessures du passé sont profondes et leur mémoire fait mal. Elles touchent des choses souvent très intimes et profondément personnelles. Nous sommes, dit frère Ntakarutimana, confrontés à des aspects très confidentiels de la vie des gens. Comment ne pas être des activistes ou des chercheurs irresponsables ? Comment être accoucheurs d’une société guérie et réconciliée ? Il faut pour ce faire, aborder la mémoire sous trois aspects

La mémoire comme un acte politique

Au frère Emmanuel Ntakarutimana de dire que le président allemand Von Weizsäcker, dans son discours au Bundestag pour le IVe anniversaire de la guerre, déclara : « Nous tous, coupables ou non, vieux ou jeunes, nous devons accepter le passé. Nous sommes tous affectés par ses conséquences et tenus à les assumer… Quiconque ferme les yeux sur le passé est aveugle au présent. Quiconque se refuse à faire mémoire de cette inhumanité s’expose à de nouveaux risques d’infection. »
La question de la mémoire et de la commémoration est donc cruciale. La mémoire enregistre au-delà du contrôle de la raison. Elle est sélective suivant plusieurs critères. La commémoration est un acte décidé de retour à la mémoire pour donner vie à ce qui est arrivé, l’organiser à nouveaux frais pour l’articulation du respect aux disparus. C’est en outre le réveil des énergies intérieures pour les survivants, les témoins, les membres de la communauté familiale, locale ou nationale, ainsi qu’une projection symbolique de l’histoire désirée après les profondes déconstructions du passée.
Toute communauté humaine fonctionne sur la capitalisation des différents événements qui jalonnent son itinéraire historique et qui sont progressivement constitués en archives cultureles. Savoir gérer la mémoire avec sagesse marque la grandeur des hommes d’Etat. Il s’avère important, dira –t-il de réfléchir sur ce qu’est la mémoire du moment, que c’est elle qui inspire la commémoration.

Les mémoires, le pouvoir et l’ordre social

Pour frère Ntakarutimana, chaque ordre social s’organise en mettant l’accent sur certaines mémoires qui confectionnent une certaine version de l’Histoire. Les narrations qui en découlent vont glorifier certaines personnes ou catégories de personnes qui en acquièrent le statut de héros. Celles-ci appartiennent à une certaine classe sociale, à un certain groupe politique, à une certaine identité ethnique. Pendant que ces narrations sur le passée mettent à l’honneur certains groupes de gens, elles dévaluent les autres groupes en transformant les différences en justificatifs pour la discrimination. Ces versions de la narration sont soit acceptées, soit refusées par les groupes exclus qui produisent à leur tour des narrations alternatives. La mémoire peut être un lieu de tension où les hiérarchies, les inégalités et les exclusions sociales sont, soit construites, soit renforcées, soit confrontées et transformées.
La mémoire est aussi le lieu de légitimation sociale et politique. Le lieu où les amitiés et les inimités se tissent. Sur base de leurs mémoires, dit le président de la CNIDH, les groupes sociaux évaluent les décisions et les stratégies des acteurs dans les conflits. Ils adoptent des attitudes différentes par rapport à l’ordre social, aux institutions et aux acteurs sociaux et politiques. A travers le filtre de leur mémoire, ces groupes vont donner à ces acteurs des degrés différents de légitimité. Ils vont exprimer des plaintes différentes en face de la violence et se situer différemment face aux impératifs de réparation.

De la mémoire personnelle à la mémoire collective

Le processus de démocratisation requiert qu’on considère le rôle de la mémoire, y compris les mémoires individuelles, comme le résultat de pratiques sociales et politiques. Ces derniers sont le fruit de la confrontation entre plusieurs acteurs jouissant de différents degrés de pouvoir. Nous ne naissons pas avec des mémoires fixes. Nous les construisons tout le long de notre vie en fonction des relations continues avec les autres et l’apprentissage social. Les versions officielles des mémoires ont toujours une charge de pouvoir. Ces versions retenues officiellement peuvent ne pas être les mêmes que les narrations au niveau régional, au niveau locale ou au niveau familial. A chaque niveau, il y aura des voix qui auront la préséance grâce à la place que les acteurs occupent dans la structure sociale. Il pourra même y avoir des discordances entre les versions de mémoire des mêmes événements.
Pour frère Ntakarutimana, c’est par amour et passion pour le pays que nous devons faire en sorte que ce qui s’est passé ne se répète plus. En cherchant à faire la vérité, la mémoire de tous les hommes et femmes justes, à honorer nos héros et nos saints, à vivre des commémorations symboliquement chargées, il faut désirer guérir le pays. La commémoration doit devenir un souvenir vivant mais pacifié qui nous conduit à une reconstruction positive de notre histoire.

 Charles Makoto

 

BUREAU DE L’OMBUSDMAN> Audience accordée aux représentants des associations de vendeurs de plants fruitiers de la province de Kayanza

Il leur a promis qu’il va serrer les ministères concernés pour l’argent qu’ils leur doivent

 

L’ombudsman burundais, Mohamed Rukara, a reçu en audience le jeudi 18 décembre 2014, les représentants des associations de vendeurs de plants fruitiers de la province de Kayanza. L’échange portait sur le résultat des réclamations de l’argent de ces derniers auprès des ministères qui avaient donné des marchés à ces associations.

 

DSC 1436A la sortie de l’audience, la conseillère de l’ombudsman burundais, Angèle Barumpozako a fait savoir dans un point de presse que dans l’entretien de Mohamed Rukara avec les représentants des associations de vendeurs de plants fruitiers, ces derniers ont beaucoup insisté auprès de l’ombudsman qu’il réclame pour eux l’argent qui leur est dû car c’était en 2011 que ces associations avaient fourni des plants fruitiers au gouvernement pour une somme de quatre milliards de francs burundais. Quant à M. Rukara, il leur a indiqué qu’il ne pouvait pas se prononcer dans combien de temps, leur argent leur parviendrait mais qu’il allait continuer les négociations avec les ministères concernés qui sont, entre autres, le ministère de l’Environnement et celui des Finances, et amener ces derniers à réagir dans les plus brefs délais. Mme Barumpozako a encore fait savoir que M. Rukara a promis qu’il allait continuer de suivre de près les dossiers d’une partie des associations transmis au parquet général près la Cour anti-corruption parce qu’ils avaient été jugés contenir des irrégularités. Elle a indiqué que lors de l’entretien, M. Rukara s’est convenu avec les représentants des planteurs de convaincre les membres des associations de cesser le sit in et de retourner chez eux dans la province de Kayanza, car il leur a promis d’exercer une pression sur les ministères concernés.
Mme Barumpozako a indiqué que les représentants de ces associations ont remercié l’ombudsman burundais du pas déjà franchi, qu’il a réellement fait son devoir car parmi les membres de ces associations, 50% de ces derniers ont déjà perçu presque la totalité de l’argent réclamé.
Ornella MUCO (stagiaire)

 

CENI> Signature d’un accord relatif à la deuxième tranche de contribution des Pays-Bas

«Nous voulons que le processus électoral de 2015 réussisse»

 

Les cérémonies de signature d’un accord relatif à la deuxième tranche de la contribution des Pays-Bas au processus électoral de 2015 se sont déroulées le mercredi 17 décembre 2014 à Bujumbura. Il s’agit d’une deuxième tranche d’un montant de 1 300 000 dollars américains.

 

DSC00868« Le Royaume des Pays-Bas, à travers son ambassade au Burundi, nous offre de nouveau une heureuse opportunité de célébrer l’amitié, la solidarité et la coopération entre les peuples. Il s’agit d’une deuxième tranche qui porte sur un montant de 1 300 000 USD.», a dit Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission électorale nationale indépendante, (Ceni). Il a indiqué que ce financement arrive à point nommé car, il intervient au lendemain de la clôture de l’opération d’enrôlement des électeurs. « En effet, les jours passent vite. Pour aider la Ceni du Burundi à organiser les élections libres, transparentes, inclusives et apaisées, les ressources matérielles et financières sont nécessaires aujourd’hui.», a dit M.Ndayicariye.

Une opportunité de conseiller les acteurs politiques

Avec cette signature, la contribution des Pays-Bas aux élections de 2015 s’élève à 2 600 000 dollars américains. «Nous voulons que le processus électoral de 2015 réussisse. La responsabilité de réussir ce processus est grande et nous n’avons pas le droit d’échouer.», a expliqué l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Burundi, Jolke Oppewal. Il a saisi cette opportunité pour prodiguer des conseils aux différents acteurs politiques burundais. « Je dois demander au gouvernement de comprendre qu’au Burundi, comme dans le monde, les perceptions font partie de la réalité. Vous avez besoin de prendre au sérieux les perceptions et leur apporter des réponses avec une communication transparente. En retour l’opposition ne devrait pas demander l’impossible.», a conseillé l’ambassadeur Oppewal.
Au nom du représentant résident du Pnud, Natalie Boucly, directeur pays du Pnud au Burundi, a réaffirmé son engagement à tout mettre en œuvre pour assurer la gestion efficace des fonds qui leur sont confiés. « Notre partenariat fructueux qui associe le gouvernement du Burundi, la Ceni, la communauté internationale et les Nations unies est un élément clé pour la réussite du processus électoral au Burundi.», a-t-elle souligné.
Grâce-Divine Gahimbare

 

CULTURE OMANAISE> Conférence internationale

Tisser davantage les relations entre Burundais et Omanais

 

L’insistance sur l’importance de la coopération entre les universités du Sultanat d’Oman et les universités des pays africains y compris ceux de la région des Grands lacs est l’une des recommandations émises lors de la clôture des travaux de la conférence internationale du 12 décembre 2014 sur la civilisation et la culture islamique et le rôle des Omanais dans les pays des Grands lacs.

 

IMG 8698« L’étude en profondeur que les organisateurs viennent de réaliser sur l’histoire de la civilisation et de la culture islamique et le rôle des Omanais dans la région des Grands lacs d’Afrique dans ses aspects politiques, économiques, sociaux et culturels a mis à jour les connaissances des participants à propos de l’histoire commune aux Omanais et aux Burundais pendant plusieurs siècles », a précisé l’ombudsman burundais, Mohamed Rukara. Il a ajouté que ladite conférence a amené une nouvelle vision des moyens nécessaires pour renforcer les relations entre les populations omanaises, celles des pays des Grands lacs africains et celles du Burundi en particulier. Pour cela, M. Rukara a demandé aux participants de mettre en action les recommandations issues de la conférence. Il s’agit de donner l’importance de la langue arabe dans l’Afrique orientale et les pays des Grands lacs; de consolider les liens économiques, sociaux et éducatifs entre d’une part les peuples des pays des Grands lacs et de l’Afrique orientale et d’autre part les peuples arabes et islamiques pour renforcer la fraternité et la paix dans tous les domaines. A ceux-là s’ajoutent l’échange des bourses d’études au profit des étudiants universitaires dans le Sultanat d’Oman et les pays des Grands lacs et le fait de donner de l’importance aux arts, aux patrimoines et aux cultures dans les pays des Grands lacs et l’Afrique orientale, etc.

Une communauté de vie et d’intérêts communs

A son tour, le ministre de la Jeunesse, des sports et de la culture, Adolphe Rukenkanya, a fait savoir que les riches exposés qui ont été présentés aux participants ont montré que des relations interculturelles très profondes ont fait des deux peuples une communauté de vie et d’intérêts communs. Il a renchéri que les débats ont aussi permis d’être informé sur la vie des Omanais vivants au Burundi. De plus, les participants ont constaté qu’il y a des liens matrimoniaux qui se sont tissés entre les Burundais et les Omanais. Selon lui, le gouvernement du Burundi à travers le ministère de la Jeunesse, des sports et de la culture s’est réjoui des échanges interculturels qui se sont tissés au cours de la tenue de la conférence. Car, a-t-il informé, la culture est au service du développement du Burundi.

L’acceptation mutuelle a été réciproque

Le président du Conseil national des églises au Burundi a, quant à lui, indiqué que les Omanais et les Burundais se côtoient aux quatre points cardinaux du Burundi. Cela veut dire que l’acceptation mutuelle a été réciproque en dépit des différences de tous ordres. Pour lui, le Burundi a été un cas d’école où l’islam dont l’introduction est imputable aux Omanais coexiste harmonieusement avec les autres religions tout en étant minoritaire.
Espérance Ndayikengurutse

 

Processus électoral> Entretien avec le porte-parole de la Ceni

Processus électoral> Entretien avec le porte-parole de la Ceni

Dans le but de se rendre compte de l’état d’avancement du processus électoral et surtout de savoir le point de vue de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sur le déroulement et les résultats de l’enrôlement des électeurs, la rédaction du quotidien « Le Renouveau » s’est entretenue le mardi 16 décembre 2014, avec le prote-parole de cette institution, Prosper Ntahorwamiye. Il se réjouit du pas déjà franchi même s’il y a quelques défis. Il demande ensuite aux parties prenantes à ce processus de coopérer avec la Ceni et aux bailleurs de disponibiliser à temps les fonds promis.

DSC 3804Le Renouveau : Où en êtes-vous avec le processus électoral ?

Prosper Ntahorwamiye : L’inscription des électeurs vient de se terminer et nous sommes en train de collecter, de recevoir les registres et les attestations d’enregistrement. Toutes les provinces ont déjà amené les registres.

L.R. : Quels sont les défis rencontrés au cours de l’enrôlement des électeurs ?

P.N. : Les défis sont liés à tout un processus. Il y a eu pas mal de débats sur la problématique de la Carte nationale d’identité, certains sont allés même jusqu’à demander l’annulation de toute l’opération. Pour le moment, cela est le grand défi mais je pense qu’on aura le temps d’échanger avec les parties prenantes pour essayer d’harmoniser les points de vue et arriver au stade d’avoir une lecture commune de ce qui s’est passé.

L.R. : Auriez-vous déjà eu le chiffre total de ceux qui se sont déjà fait enrôler pour les prochaines élections ?

P.N. : Oui, nous avons un chiffre provisoire 3 678 090 personnes. Il ne faut pas prendre cet effectif en valeur absolue puisque ce sont des informations qu’on a captées par téléphone parce qu’il y avait des endroits où on n’avait pas encore finalisé la sommation. Avec quelques centres d’inscription, il y avait également un problème de communication, ils ne pouvaient pas nous donner les chiffres. Mais globalement, le chiffre provisoire est celui-là. Il faut aussi ajouter les inscrits dans les ambassades et les consulats ainsi que les contingents militaires et policiers qui se trouvent en Centrafrique et en Somalie. On attend que les résultats tombent. C’est après la collecte de toutes ces données et la consolidation de toutes les données au niveau national qu’on va donner le chiffre définitif. Nous pensons que ce dernier va tourner autour 3 700 000 personnes.

L. R. : Quelle est l’étape suivante après l’enrôlement des électeurs ?

P. N. : On va faire la saisie informatique des données et puis produire la liste provisoire des électeurs. Cette liste sera ensuite affichée dans les différents bureaux d’inscription et nous allons recevoir les différents recours. Après on va produire la liste définitive et les cartes d’électeurs.

L. R. : A quand les cartes d’électeurs ?

P.N. : Selon nos projections, ce sera entre mars ou avril 2015 au plus tard.

L.R. : Lors de l’enrôlement des électeurs, il y a des gens qui ont été appréhendés en possession de beaucoup de Cartes nationales d’identité, quel est leur sort ?

P.N. : Pour le moment, ils sont dans les mains de la justice et nous attendons l’issue de ces dossiers. Quant à la part de la Ceni en ce qui concerne la sanction de ces gens, notre institution n’est pas une juridiction. Le seul travail de la Ceni est de ne pas enregistrer des gens qui présentent des documents irréguliers. Les autres institutions surtout la justice et la police vont continuer à fonctionner surtout en ce qui concerne les infractions d’ordre pénal.

L. R. : La Ceni est aujourd’hui accusée de faire la sourde oreille aux revendications de la société civile et des partis politiques de l’opposition surtout en ce qui concerne les irrégularités observées au cours de l’enrôlement des électeurs. Peut-on dire que vous n’êtes pas en bons termes avec eux ?

P. N. : Dire qu’on n’est pas en bons termes, c’est un peu difficile. Mais il faut savoir que le travail de la Ceni et de tout organe des élections est un travail controversé et complexe puisque l’enjeu politique est de taille. Il ne faut pas également exclure une sorte de positionnement politique par rapport au processus électoral en cours. Sinon, nous sommes à l’écoute de tout le monde et nous essayons de tenir compte de toutes les observations et de toutes les doléances. Bien entendu, il y en a qui sont possibles et d’autres qui ne le sont pas. C’est à ce niveau qu’il y a peut-être des points de discordance car il y a des points sur lesquels on n’arrive pas à s’entendre et à harmoniser les vues.

L. R. :Au niveau de la Ceni, quelle est la valeur que vous donnez à leurs revendications ? Sont-elles fondées ou pas ?

P. N. : Oui certaines des revendications sont fondées mais à notre avis elles ne sont pas de nature à invalider tout le processus. C’est une question d’appréciation.
L. R. : Certains partis politiques, notamment de l’opposition, ont demandé qu’il y ait une rencontre entre la Ceni et toutes les parties prenantes au processus électoral. Quelle est la réaction de la Ceni à cette demande ?

P. N. : Oui, on va le faire très prochainement. Ce lundi, il y aura une rencontre entre la Ceni et toutes les différentes parties prenantes comme on l’a d’ailleurs fait pendant la période d’enrôlement des électeurs.

L. R. : Certains échos de la société civile et des partis de l’opposition disent que la commission électorale nationale indépendante roule pour le parti au pouvoir. Quel est votre commentaire ?

P. N. : C’est un point de vue. Je n’ai pas de commentaire particulier à faire là-dessus. C’est une perception. Et s’ils ont cette perception, c’est peut-être le temps qui va clarifier si oui ou non on est du côté du parti au pouvoir ou pour tout le monde. Mais on ne peut pas arracher de force à quelqu’un un point de vue ou une perception. C’est lui-même qui change son point de vue avec le temps et avec les faits.

L. R. : Au point où vous en êtes avec le processus électoral, est-ce qu’aujourd’hui la Ceni dispose de tous les fonds nécessaires pour pouvoir arriver au bout du processus ?

P. N. : Effectivement les fonds ne sont pas tous au complet mais nous espérons qu’au fur et à mesure qu’on va avancer dans le processus on va les avoir.

L. R. : Monsieur le porte-parole de la Ceni, quel est le message que vous pouvez lancer aux différentes parties prenantes au processus électoral ?

P. N. : Aux hommes politiques et à la société civile, qu’ils tiennent un langage apaisant et non un langage alarmiste, car, celà ne sert en rien le pays. Et puis, qu’ils coopèrent avec la Céni. Il faut qu’ils aient un minimum de confiance à l’organe de gestion des élections.
A la population, nous demandons de suivre le processus électoral en cours et surtout de répondre massivement aux élections. Aux bailleurs, de continuer d’appuyer le pays et la Ceni comme ils l’ont toujours fait et de concrétiser à temps les promesses faites.
Propos recueillis par
Astère Nduwamungu

 

 

Lu pour vous> Mairie de Bujumbura

Ses communes passent de treize à trois

 

D’importants changements sont intervenus au niveau de l’administration de la mairie de Bujumbura, plus particulièrement au niveau de sa subdivision. En effet, depuis le 28 novembre 2014, Bujumbura ne compte plus que trois communes : Muha, Mukaza et Ntahangwa.

 

Jusqu’à la date de promulgation de cette nouvelle loi, il y avait treize communes urbaines : au nord, se trouvaient celles de Buterere, Cibitoke, Gihosha, Kamenge, Kinama, Ngagara. Au centre, il y avait les communes de Buyenzi, Bwiza, Nyakabiga et Rohero. Au sud, se trouvaient les communes de Kanyosha, Kinindo et Musaga.

Qu’est-ce qui change dans la nouvelle loi ?

Nous y revenons parce que cette loi semble encore inconnue de la population. Mais dans la présente édition, nous ne parlerons que des Titres III et IV. Dans le Titre III, les chapitres I et II parlent de la délimitation et de l’organisation de la province de Bujumbura-mairie ; ainsi que du budget. Le titre IV parle des dispositions transitoires et finales.
Selon l’article 124, il est dit que le périmètre actuel de la mairie de Bujumbura compte trois communes : Muha, Mukaza et Ntahangwa.
L’article 125 en donne les détails. Il stipule que :
La commune de Muha s’étend sur le territoire des entités administratives de Kanyosha, Kinindo et Musaga, avec chef-lieu à Kanyosha.
La commune de Mukaza s’étend sur le territoire des entités administratives de Rohero, Bwiza, Nyakabiga et Buyenzi, avec le chef-lieu à Rohero.
La commune de Ntahangwa s’étend sur le territoire des entités administratives de Cibitoke, Gihosha, Buterere, Kamenge, Kinama et Ngagara avec comme chef-lieu à Kamenge.

Désormais, les communes gèreront leur propre budget

Avant la promulgation de cette loi, le budget était centralisé au niveau de la mairie, ce qui gênait l’autonomie et la capacité de gestion des communes urbaines.
Depuis le 28 novembre 2014, comme le stipule l’article 135, les recettes fiscales et non fiscales, les recettes rémunératoires et les droits d’occupation sont recouvrés par les communes urbaines et gérés de façon autonome à l’instar des autres communes quitte à verser chacune dix pour cent (10%) du produit total des recettes réservé au fonctionnement de la mairie de Bujumbura.

Des services transférés de la mairie aux communes

L’article132 parle des services qui sont transférés de la mairie de Bujumbura aux communes urbaines. Ces derniers sont : l’état civil ; la délivrance de la carte nationale d’identité ; les visas requis à tout acte de la vie civile ; la planification du développement local ; la gestion de l’environnement ; la perception et la comptabilité des recettes ; l’élaboration du budget communal ; l’établissement des ressources communales ; l’ordonnancement des dépenses communales.

Des dispositions transitoires

A partir de la promulgation de la présente loi, précise l’article 136, les limites géographiques et administratives des communes, des collines et des zones actuellement en vertu de la loi et des règlements sont maintenues en l’état.
Le même article stipule que pour les communes de la mairie de Bujumbura, les limites et les autorités territoriales respectives restent inchangées jusqu’à la fin des mandats des autorités en place.
Toutefois, informe l’article 136, lors des élections de 2015, ce sont les nouvelles communes qui seront considérées comme circonscriptions électorales en mairie de Bujumbura.
Ces changements d’ordre administratif vont entraîner des conséquences sociales et même des problèmes structurels. Un de ces problèmes sera la capacité de constituer un budget équilibré par rapport aux besoins si multiformes.
Fulgence Wakana

 

 
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