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PARLEMENT BURUNDAIS> Retour du président de l’Assemblée nationale de Corée du Sud

Un voyage fructueux pour le Burundi

 

DSC08989La participation du président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda,  à la Fédération de paix universelle en Corée du Sud va être bénéfique pour le Burundi aux regards du financement des projets de développement.   

 

Le président de l’Assemblée nationale,  est rentré au pays, le lundi 11 février 2019,   après avoir participé à la Fédération de paix universelle qui s’était tenue à Séoul, en Corée du Sud. D’après lui, c’est une fédération qui est utile pour le Burundi parce que cette organisation prêche à travers les projets de développement.    Il s’agit d’une fédération qui n’est pas très connue au Burundi parce qu’elle est née au mois de juin 2018 quand les dirigeants de cette fédération avaient envoyé une délégation ici au Burundi pour lui faire part de ses activités. Ainsi, il y a eu un groupe de députés et sénateurs burundais qui avaient adhéré  à cette fédération. Le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda avait, à cette occasion, obtenu un certificat qui le nommait comme ambassadeur de la paix. Et c’est pour cette raison qu’il a avait été invité à ce sommet. Il a précisé que c’est la première fois qu’il y participe. Et d’ajouter que c’est une fédération qui a des moyens eu égard  aux personnalités qui étaient invitées audit sommet. Il y avait 120 pays qui étaient représentés à Séoul.   Le minimum pour chaque délégation était de cinq personnes. Pour dire qu’il y avait beaucoup de participants. Et d’autres étaient invités en tant que Sud-coréens. M. Nyabenda a fait savoir que cette fédération ne prêche pas la paix oralement. Quand les membres de cette fédération parlent de la paix, c’est pour dire réellement la paix parce qu’ils soutiennent des projets différents dans  divers pays du monde pour pouvoir faire asseoir effectivement la paix. Les organisateurs ont montré par vidéo beaucoup d’industries qui appartiennent à la fédération en plus des campus universitaires. Et ce sont des institutions qui rapportent beaucoup de moyens à la fédération. Même si le Burundi est membre de cette fédération, a poursuivi M. Nyabenda, il y a certaines conditions que ce dernier n’a pas encore remplies. Des conditions liées au financement aux différents projets qu’on aura présentés. Les parlementaires burundais vont essayer de travailler vite pour que justement on puisse y avoir toutes ces conditions remplies en vue de répondre aux exigences de  cette fédération. Ainsi, le Burundi pourrait bénéficier des moyens financiers pour soutenir différents projets qui sont utiles à la population burundaise.  Le président de l’Assemblée nationale a ajouté que d’autres pays sont en avance en termes des conditions exigées. C’est dans cette perspective que l’actuel président de la Banque africaine de développement a eu le samedi 9 février 2019 un prix à Séoul. Il a eu ce prix parce qu’il avait bien travaillé de façon à transformer les mentalités de différentes personnes surtout quand il était ministre de l’agriculture au Nigéria.   C’est une personnalité qui a une vision pour pouvoir utiliser de l’argent en transformant l’économie. Il y a eu une somalienne qui avait eu un prix parce qu’elle a pu lutter pour les droits des jeunes filles surtout en Somalie et au Soudan où il y a des pratiques de mutilations sexuelles. Pour M. Nyabenda, son déplacement en Corée du Sud a été utile parce qu’il a pu se rendre compte qu’il y a moyen de saisir cette opportunité pour développer notre pays. Ainsi, le Burundi va gagner pas mal de choses. C’est une fédération qui est, somme toute,  utile pour la population burundaise.             

Masta Shabani

 

ASSEMBLEE NATIONALE> Séance plénière du lundi 11 février 2019

Pour la présentation d’un rapport de la Commission permanente ayant le genre dans ses attributions

 

DSC 0267Le lundi 11 février 2019, l’Assemblée nationale du Burundi s’est réunie en sa séance plénière pour la présentation du rapport de la descente que la commission des Affaires sociales, du genre, du rapatriement, de l’égalité des chances et de la lutte contre le sida a effectuée dans six provinces du pays. C’était dans le but d’évaluer la mise en application de la loi portant prévention, protection des victimes et prévention des violences basées sur le genre.  

 

Dans ce rapport, le président de la commission, Adolphe Banyikwa, a précisé qu’en date du 29 novembre 2018,  les membres de ladite commission, en collaboration avec la Concertation des collectifs des associations féminines de la région des Grands-lacs (Cocafem/GL), ont  effectué une descente dans les provinces de Bujumbura, Rumonge, Gitega, Ngozi, Kayanza et Muyinga, où ils ont organisé une journée d’échange sur la mise en application de la loi sur les VBG.  Pour lui, la loi a déjà produit un impact positif au sein de la communauté même si des défis persistent.« Pour ce qui est des réalisations, a signalé M. Banyikwa,  la loi a été suffisamment vulgarisée à l’endroit des responsables administratifs à tous les niveaux ainsi qu’aux autres couches de la communauté, des chambres spécialisées en VBG ont été mises en place au niveau des Polices judicaires, des  TGI, des parquets, avec un personnel formé en la matière. Il y a eu accompagnement et assistance des victimes des VBG. Certaines élèves renvoyées pour des grossesses non désirées ont réintégré l’école, et il y a eu régularisation des unions libres et l’enregistrement des enfants non enregistré à l’état-civil ».

La loi accuse des lacunes

Le même rapport précise aussi que même si la loi porte déjà des fruits, des lacunes existent encore. C’est le cas notamment des articles unpremier, quatorze, vingt-et-un, trente-six et quarante-deux, qui attenuent la lourdeur de la loi, ne précisent pas la suite après les sanctions, qui restent floue avec des dispositions discriminantes  et qui ne précisent pas l’après peine et payement de l’amende, respectivement. D’autres lacunes signalées dans cette loi, ce sont les sanctions qui sont les mêmes pour les adultes et les enfants, l’absence de sanctions aux filles concubines ainsi que le silence de celle-ci pour les personnes extérieures de l’école en ce qui concerne les élèves. En plus de ces lacunes, la mise en application de la loi sur les VBG se heurte à de nombreux défis notamment le silence de la loi sur le sort de la femme non régularisée pour le cas d’une situation d’un homme ayant plus d’une femme, les victimes qui n’acceptent pas que les auteurs soient punis pour des raisons économiques et d’insécurité, les règlements à l’amiable qui favorisent la recrudescence et l’impunité des cas de VBG, de même que le refuge à l’Islam des hommes en unions libres ou ceux  qui veulent avoir plus d’une femme.

Informatiser les services de l’état-civilpour éviter des mariages à répétitions 

Considérant les réalisations et les défis relatifs à cette loi, l’Assemblée nationale a demandé de traduire en Kirundi cette loi, de la vulgariser à plus grande échelle tout en renforçant les capacités des vulgarisateurs mais aussi sensibiliser les communautés et des responsables à tous les niveaux et mettre en place des mesures d’accompagnement.Elle recommande en plus de mettre en place des mesures protégeant la première épouse en cas de régularisation, d’informatiser les service de l’état-civil pour éviter des mariages à répétitions, multiplier  et doter des moyens suffisants aux centres de prise en charge des VBG jusqu’au niveau des districts sanitaires, et prévoir des peines alternatives pour les cas de violences domestiques entre conjoints.Dans le but de savoir plus sur les perspectives du gouvernement en ce qui concerne les lacunes et les défis relevés, l’Assemblée nationale a adressée des questions au ministre des Droit de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, Martin Nivyabandi, qui avait représenté le gouvernement du Burundi. La rédaction reviendra sur les  réponses qu’il leur a données dans la prochaine édition. 

Jean Bosco Nkunzimana

 

Editorial> La souveraineté, un principe sacré des Etats membres de la CEA

Le Secrétaire général du parti CNDD-FDD Evariste Ndayishimiye a récemment animé une conférence de presse au cours de laquelle il a répondu à plusieurs questions posées par les journalistes, dont celle concernant les relations entre le Burundi et le Rwanda, ne se portant pas bien à l’heure qu’il est. Les journalistes ont voulu savoir si notre pays n’a pas d’inquiétudes à se faire compte tenu du fait que c’est le chef de l’Etat rwandais Paul Kagame qui préside la Communauté est-africaine. Le Burundi ne peut, en aucun cas, s’en inquiéter, car jouissant pleinement de sa souveraineté, principe sur lequel est bâtie la Communauté est-africaine, chaque Etat membre devant scrupuleusement le respecter, en ne s’ingérant pas dans les affaires intérieures d’un autre Etat. C’est ainsi que l’on peut s’autoriser de paraphraser la réponse du Secrétaire général du parti CNDD-FDD, qui a précisé que la présidence de la Communauté est-africaine est une présidence tournante que chaque Etat membre exerce annuellement, dans le strict respect des principes qui guident la Communauté est-africaine et des décisions prises en commun par les chefs d’Etat des pays membres.Le Secrétaire général du parti CNDD-FDD Evariste Ndayishimiye a récemment animé une conférence de presse au cours de laquelle il a répondu à plusieurs questions posées par les journalistes, dont celle concernant les relations entre le Burundi et le Rwanda, ne se portant pas bien à l’heure qu’il est. Les journalistes ont voulu savoir si notre pays n’a pas d’inquiétudes à se faire compte tenu du fait que c’est le chef de l’Etat rwandais Paul Kagame qui préside la Communauté est-africaine. Le Burundi ne peut, en aucun cas, s’en inquiéter, car jouissant pleinement de sa souveraineté, principe sur lequel est bâtie la Communauté est-africaine, chaque Etat membre devant scrupuleusement le respecter, en ne s’ingérant pas dans les affaires intérieures d’un autre Etat. C’est ainsi que l’on peut s’autoriser de paraphraser la réponse du Secrétaire général du parti CNDD-FDD, qui a précisé que la présidence de la Communauté est-africaine est une présidence tournante que chaque Etat membre exerce annuellement, dans le strict respect des principes qui guident la Communauté est-africaine et des décisions prises en commun par les chefs d’Etat des pays membres.C’est donc, essentiellement, en raison de sa pleine souveraineté devant être respectée par chaque Etat membre de la Communauté en question, que le Burundi n’a pas de soucis à se faire. C’est au nom de la souveraineté que notre pays a pris la décision d’adhérer à l’ensemble régional, la souveraineté étant ce pouvoir suprême reconnu à l’Etat, qui implique l’exclusivité de sa compétence sur le territoire national et son indépendance internationale, où il n’est limité que par ses propres engagements. C’est donc en toute souveraineté que le Burundi a décidé d’adhérer à la Communauté est-africaine dont, rappelons-le, la présidence est tournante. Obtenue au prix d’immenses sacrifices, la souveraineté nationale est un principe sacré qui nous est aussi chère que la prunelle de nos yeux. C’est, essentiellement, pour cette raison que nous devons la préserver et la faire respecter par tous les Etats souverains comme l’Etat burundais.Est-il besoin de rappeler que les relations et la coopération économique et commerciale, entre le Burundi et la Communauté est-africaine sont au beau fixe ? Est-il besoin de redire et de souligner la volonté partagée des Etats membres de la Communauté est-africaine, de renforcer la coopération régionale basée sur la solidarité, le respect de la souveraineté de chaque Etat membre et de ses règles démocratiques? Est-il enfin besoin de redire que le Burundi demeure profondément attaché aux valeurs qui sont celles de la Communauté est-africaine, une même Communauté d’objectifs, une même Communauté de destin pleine de promesses, dans l’intérêt des populations de la région, à la recherche d’un développement régional intégral ?Il nous plaît de redire en terminant la rédaction de cet éditorial, que la politique de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre Etat membre est un principe inviolable sur lequel est solidement bâtie la Communauté est-africaine. Il en sera toujours ainsi.

Louis Kamwenubusa

 

Décorticage> Sur la nouvelle CVR

Les trois mots d’ordre : la vérité, la réconciliation nationale et la dignité des victimes

 

CVR 1La nouvelle CVR (Commission vérité et réconciliation) a organisé le 29 janvier 2019, à Bujumbura, une réunion d’information des partenaires nationaux sur ses missions. Dans les lignes qui suivent, nous revenons sur les passages que nous jugeons importants de la loi   N° 1/022 du 6 novembre 2018 qui modifie celle N° 1/18 du 15 mai 2014 portant création, mandat, composition, organisation et fonctionnement de la CVR. Nous allons aussi nous appuyer sur les commentaires du commissaire Déogratias Ndikumana qui a présenté le contenu de la loi sous examen ainsi que les débats qui l’ont entouré. Ainsi, les Burundais pourront recourir à la Commission en connaissance de cause. 

 

« Dans l’accomplissement de son mandat, la Commission est guidée par le souci d’établissement de la vérité, de la réconciliation nationale et du rétablissement de la dignité des victimes.» Tel est le contenu de l’article 5 de la loi. Pour dire que la CVR qui est un des mécanismes de justice transitionnelle, c’est-à-dire une justice qui intervient dans des situations post-conflit armé, est là pour rapprocher les Burundais, pour aider à la cohésion sociale qui tient compte des victimes et des présumés coupables. N’est pas aussi vrai que pendant la phase des dépositions que « la Commission est saisie par la victime, le présumé auteur, le témoin ou toute autre personne physique ou morale » ? (Voir l’article 49). Selon l’article 2 de la loi mettant en place la nouvelle CVR, la Commission n’a pas de pouvoir juridique. Elle n’est donc pas là pour juger. Bien plus, « toute la procédure devant la Commission est gratuite ». Ce qui n’est pas le cas de la justice classique rendue notamment par les tribunaux où tout acte est payant de la part des justiciables. La loi invite donc indirectement tout Burundais qui a à dire en rapport avec les violations graves des droits de l’Homme au Burundi à s’adresser à la Commission sans se soucier des questions financières. La loi du 6 novembre prévoit aussi la protection des témoins et des victimes. En effet, l’article 32 stipule que « la Commission se dote des services d’appui coordonnés par le secrétaire exécutif : les services administratifs et techniques centraux, y compris une unité de protection des victimes et des témoins, les services des experts nationaux et internationaux et les services décentralisés. » L’article 34 est beaucoup plus explicite à ce sujet. Il est en effet libellé comme suit : « la Commission met en place une Unité de protection et d’assistance des victimes et des témoins. Cette Unité est composée de cadres et d’agents en service permanent auprès de la Commission. Elle comprend notamment des spécialistes de la sécurité, du droit, de la santé mentale, des questions liées au genre et de l’assistance psychologique.» Les articles 45, 46 et 47 de la loi sous analyse s’intéressent toujours à la protection des victimes et des témoins notamment en ce qui concerne la garantie de la confidentialité et de l’anonymat ; le soutien psychologique et juridique ; l’encadrement des traumatisés, des enfants, des personnes âgées ou des victimes de violences sexuelles qui veulent participer au processus sans oublier les membres de familles des victimes et des témoins dont la sécurité peut être menacée de ce fait.Il est toujours stipulé dans l’article 2 que « Dans l’accomplissement de sa mission, la Commission jouit d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière et de gestion ». Ceci pour dire que la Commission jouit d’une indépendance vis-à-vis des pouvoirs Exécutif, Judiciaire et Législative. Toujours est-il que ses membres sont contrôlés au niveau disciplinaire par le Parlement burundais. Nous lisons en effet à l’article 22 que «Un Commissaire accusé d’avoir participé aux violations énoncées à l’article 6 alinéa 1 ou de ne pas remplir une des conditions exigées dans l’article précédent fait l’objet d’enquêtes d’une Commission parlementaire ad hoc qui soumet le rapport à la plénière en vue de son remplacement si les allégations sont prouvées. » A ceux qui craignent que cette disposition légale puisse entamer l’indépendance des commissaires qui risquent de travailler sous une peur bleue à l’idée que les parlementaires vont les faire déchoir, le commissaire Ndikumana rassure. Les commissaires ne sont pas au-dessus de tout. Les élus du peuple sont alors mieux indiqués pour contrôler leurs activités au lieu que ce rôle soit confié à l’Exécutif. Le contrôle administratif revient à la Commission elle-même. C’est ce que nous lisons notamment dans l’article 19 qui dit que « les commissaires jouissent d’une immunité dans l’exercice de leurs fonctions. Ils ne peuvent être ni arrêtés, ni détenus ni poursuivis pour des actes qui relèvent de leur mandat. L’immunité ne peut être levée que sur décision de la Commission. La décision de levée de l’immunité à un commissaire est prise par 2/3 des membres de la commission ». Les commissaires de la CVR étant au nombre de 13, il faut donc l’aval d’au moins 9 commissaires pour que l’immunité d’un commissaire soit levée. Des risques d’injustice sont ainsi minimes. Nous lisons toujours par rapport à l’aspect administratif que « les commissaires et le personnel ne sont comptables que devant la Commission » et que « la Commission peut prendre des sanctions à l’encontre d’un de ses membres qui, en connaissance de cause, est intervenu dans un dossier présentant un conflit d’intérêt l’impliquant » (Cf. article 43). 

« Enquêter et établir la vérité », un travail limité dans le temps et dans le domaine

L’article 6 de la loi énonce plusieurs missions assignées à la Commission au chef desquelles « Enquêter et établir la vérité sur les violations graves des droits de l’Homme et du Droit international humanitaire commises durant la période allant du 26 février 1885 au 4 décembre 2008, date de la fin de la belligérance. La Commission prend en compte la gravité et le caractère systématique et collectif des violations ». Ainsi, le travail de la CVR est très circonscrit dans le temps, du 26 février 1885 (un début qui inclut donc la monarchie au Burundi, la période coloniale ainsi que la République) au 4 décembre 2008 qui correspond à la signature de l’Accord de cessez-le-feu entre le gouvernement burundais et le dernier mouvement politique armé, le Palipehutu-FNL. A ce niveau, les participants à la réunion d’information trouvent que la période sur laquelle la CVR va travailler est très longue par rapport à  la durée de son mandat qui «est de quatre ans » même s’il est « renouvelable sur décision du Parlement» (Cf. article 17).  Sous un autre angle, les participants à la réunion craignent que le mandat des commissaires risque d’être renouvelé plusieurs fois devenant ainsi une Commission permanente alors qu’elle est en principe ponctuelle. La Commission doit donc  travailler très vite mais efficacement, surtout que « les commissaires exercent un emploi à temps plein au service de la Commission » et que «  la qualité de membre de la Commission est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction à caractère public ou privé » (Voir article 18).  Les tergiversations de la part de la Commission ne sont donc pas permises surtout que les Burundais ont véritablement soif de connaître la vérité, et surtout les générations montantes, afin de pouvoir tourner la sombre page de leur histoire et de s’atteler plutôt au développement. Le travail de la CVR est aussi limité dans le domaine. Toutes les violations des droits de la personne humaine commises sur la période prescrite ne la concernent pas et ne sont pas éligibles. Les violations des droits  de l’Homme doivent « être graves » et doivent présenter un « caractère systématique et collectif. » Encore faut-il que les commissaires se mettent ensemble ou fassent recourt aux experts en la matière pour pouvoir déterminer ce qui peut être accepté comme « violation grave ».Les enquêtes, qui se veulent plutôt scientifiques que judiciaires, visent aussi un certain nombre de choses, à savoir notamment : (a) élucider les violations des droits politiques, civils, économiques et sociaux majeurs ; (b) établir les responsabilités individuelles et celles des institutions étatiques, des personnes morales et des groupes privés ; (c) déterminer le rôle du colonisateur dans les violations cycliques qui ont endeuillé le Burundi ; (d) déterminer la nature, les causes et l’étendue des violations précitées, y compris les antécédents, circonstances, facteurs, contexte, motifs et perspectives qui ont conduits à ces violations ; (e) identifier et cartographier les fosses communes et tout autre endroit d’enterrement non reconnu par la loi, prendre les mesures nécessaires à leur protection, procéder à l’exhumation éventuelle des corps aux fins d’un enterrement digne à intervenir après manifestation de la vérité; (f) aménager un lieu de conservation des restes humains avant leur inhumation en dignité. Aussi, la CVR se doit de « qualifier toutes les violations » des droits de l’Homme graves identifiés (article 6 point 3).

Les secrets professionnel et des correspondances ne sont pas opposables à la Commission 

La loi accorde toute une série de prérogatives de nature à permettre aux commissaires de la CVR de découvrir la vérité, y compris le recours à la coercition. Elle met aussi en garde les faux témoins et ceux qui détruisent des documents pour cacher la vérité ou ceux qui refusent de présenter les documents lui demandés par la Commission. C’est en effet tout le contenu de l’article 7 qui stipule que la Commission a les prérogatives de : (a) convoquer et écouter toute personne et exploiter tout témoignage ; (b) accéder aux archives, documents, rapports et autres informations détenues par les institutions et/ou les personnes publiques ou privées ; (c) requérir l’intervention des pouvoirs publics, du ministère Public et des forces de l’ordre si besoin pour donner effet aux pouvoirs de coercition et de sanction lui reconnu par la présente loi ; (d) faire prêter serment aux témoins et experts qui font des déclarations dans le cadre des enquêtes et des auditions.Le même article 7 ajoute que « un agent de l’Etat qui détruit ou refuse de communiquer les documents demandés encourt les sanctions pénales et administratives prévues par la loi. Conformément aux articles 261, 262 et 263 du Code pénal, le secret professionnel et le secret des correspondances ne sont pas opposables à la Commission ». Bien plus « tout faux témoignage ou tout faux serment est puni conformément aux dispositions du Code pénal en ses articles 414 et 415.L’article 8, quant à lui, stipule que     « au terme d’une procédure équitable et transparente au cours de laquelle les personnes concernées ont fait prévaloir leurs moyens de défense auprès de la Commission, cette dernière peut diffuser par tous les moyens nécessaires, la liste de ceux qui font obstruction à ses travaux ».Seulement, les participants à la réunion du 29 janvier 2019 ont manifesté des appréhensions par rapport à l’accession à certains documents se trouvant dans des pays étrangers surtout ceux qui ont une responsabilité dans les crises qui ont endeuillé le Burundi. A ce sujet, la CVR compte travailler étroitement avec le ministère burundais ayant les affaires étrangères et les relations internationales dans ses attributions et reste optimiste  qu’elle pourra accéder à tous les documents. L’autre appréhension est que certains Burundais haut placés qui seraient impliqués dans les crises burundaises pourraient être tentés, s’ils ne l’ont pas déjà fait, de détruire les documents les compromettant. A ce niveau, la CVR évoque la loi qui prévoit des sanctions à l’endroit de ce genre d’agissement.

Lister les victimes et les auteurs 

La loi prévoit aussi des mécanismes de nature à éviter la globalisation, étant entendu que les ethnies, les régions et les organisations bien constituées ne tuent pas mais que ce sont les individus qui tuent. Aussi, les bons et les mauvais se retrouvent dans tous les bords de la vie nationale. Ainsi, au point 4 de l’article 6, la CVR doit publier : (a) la liste des personnes disparues, assassinées et celles des victimes  et des témoins qui renoncent à l’anonymat ; (b) la liste des personnes, tant burundaises qu’étrangères, qui se sont distinguées dans la protection des vies humaines pendant les différentes crises ; (c) la liste des victimes qui ont accordé le pardon ainsi que celle des auteurs, ayant bénéficié du pardon.

Tout un symbolisme de réconciliation prévu, y compris la réécriture de l’Histoire du Burundi

Le travail de la Commission va être couronné par tout un dispositif symbolique de nature à favoriser la réconciliation nationale qui tient compte des victimes tout en évitant la globalisation et de nature aussi à favoriser la lecture de la même histoire autour des moments sombres qu’a connus le Burundi, à la place d’une compréhension dichotomique selon qu’on est de telle ou de telle autre ethnie ou encore qu’on est de tel ou de tel autre bord idéologique. Ce qui va permettre aux Burundais de sortir de leurs ghettos politiques, ethniques ou régionaux qui ne font que renforcer les rancœurs,  la haine et la globalisation. Il ne serait donc plus question de l’obsession de l’autre (qui incarne le diable) et de la victimisation de son groupe (qui incarne la victime toujours désignée). La loi se place aussi dans le contexte du «Plus jamais ça ». Ainsi, l’article 6 que nous avons déjà évoqué donne la possibilité à la Commission de proposer : (a) un programme de réparations comportant à la fois des mesures individuelles et collectives, tant matérielles, morales que symboliques ; (b) la mise en place d’un programme d’actions visant à promouvoir le pardon et la réconciliation ; (c) une date de la Journée nationale de commémoration des victimes ; (d) l’érection, sur des sites identifiés, de monuments de la réconciliation et de la mémoire aux niveaux national, provincial et local ; (e) la conception et la réalisation d’autres ouvrages et œuvres symboliques ; (f) les réformes des institutions pour garantir la non répétition des événements du passé, afin de bâtir une société burundaise juste et démocratique ; (g) la réécriture d’une histoire la plus partagée par tous. Bien plus, la CVR doit « contribuer, notamment par une recherche documentaire, en se servant, le cas échéant, des archives du Burundi détenues par les anciennes puissances coloniales, à la réécriture de l’histoire du Burundi pendant la période couverte par le mandat, afin de permettre aux Burundais d’avoir une vision des événements partagés et acceptée ». A la lecture donc attentive la loi du 6 novembre 2018 sur la CVR, les initiatives en solo en rapport avec la commémoration des morts et l’érection des monuments en la mémoire des disparus ne sont pas encouragées.  Toujours est-il que la CVR, qui ne joue qu’un simple rôle technique, estime que tout ce symbolisme sera déterminé et proviendra surtout de tous les Burundais, car ce sont eux en effet qui ont été frappés par la crise et qui sont concernés par le pardon et la réconciliation. Le tout devant être béni par le politique. 

Associer les médias dans tout le processus

Aux fins de réussir dans sa noble mission, certains participants ont demandé à la CVR d’associer étroitement les médias tant écrits que de l’audiovisuel publics et privés dans tout le cheminement de son travail. Les médias ayant un rôle important dans la sensibilisation et la mobilisation de l’opinion tant publique qu’internationale. Ce qui semble être un acquis au regard des réponses de la CVR qui regorge par ailleurs en son sein plusieurs commissaires « journalistes » prédisposés à saisir l’importance de communiquer et du rôle de la presse. Toujours est-il que la CVR a du pain sur la planche si bien que tout le monde est appelé à se mobiliser afin que les missions de la Commission soient une réussite pour le bonheur des générations actuelle et future.

Gilbert Ntahorwamiye

Departement de la Documentation

Service Réalisation

 

COMMENTAIRE>Rapatriement des réfugiés au cours de l’année 2018 : Le bilan est positif

Signé le 29 mars 2018 entre le Burundi, la Tanzanie et le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), l’accord tripartite sur le rapatriement des réfugiés burundais vivant en Tanzanie a permis le retour au pays de pas mal de rapatriés qui étaient abrités par la Tanzanie. Faisant le bilan des réfugiés burundais au cours de l’année 2018, Humanitarian Snapost indique que les tendances de rapatriement ont été largement positives tout au long de l’année. Selon ce rapport le processus de rapatriement mis en place en septembre 2017 a permis à quelques 57000 réfugiés burundais de rentrer de l’exil volontairement. Signé le 29 mars 2018 entre le Burundi, la Tanzanie et le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), l’accord tripartite sur le rapatriement des réfugiés burundais vivant en Tanzanie a permis le retour au pays de pas mal de rapatriés qui étaient abrités par la Tanzanie. Faisant le bilan des réfugiés burundais au cours de l’année 2018, Humanitarian Snapost indique que les tendances de rapatriement ont été largement positives tout au long de l’année. Selon ce rapport le processus de rapatriement mis en place en septembre 2017 a permis à quelques 57000 réfugiés burundais de rentrer de l’exil volontairement. Cet accord tripartite prévoyait un rapatriement de deux mille personnes chaque semaine depuis le 5 avril  jusqu'au 31 décembre 2018 et au total pas moins de 72 000 réfugiés burundais souhaitant retourner dans leur pays au cours de cette période. Cependant, avec 57000 réfugiés qui ont regagné le pays en 2018 c’est un bilan très satisfaisant. Ces derniers ont compris que leur demeure est au Burundi et non pas dans les camps des réfugiés. Ce qui est aussi satisfaisant c’est que tous ceux qui sont rentrés de l’exil apprécient la façon dont ils ont été accueillis et le fait  qu’ils ont regagné leurs biens et leurs familles. Une fois arrivés sur le sol burundais certains rapatriés  ont indiqué qu’ils ont pris la décision de rentrer non seulement parce qu’ils ont constaté que la paix et la sécurité sont une réalité au Burundi, mais aussi ils avaient soif de se réinstaller sur leurs terres, de retrouver leurs biens, leurs familles et leurs amis. D’autres ont souligné qu’ils ont constaté que les conditions de vie seront meilleures au Burundi que celles dans lesquelles ils vivaient en exil. Pour les réfugiés qui hésitent encore à rentrer, il est grand temps qu’ils rentrent eux aussi. L’accueil qui a été  réservé à ceux qui sont rentrés en 2018, sera de même pour ceux qui vont rentrer au cours de cette année, comme l’a souligné le chef de l’Etat  dans son message à la nation de fin d’année 2018. Il sied ici de féliciter tous ceux qui sont déjà rentrés depuis le début de cette année et d’encourager ceux qui restent encore dans les camps de suivre l’exemple de leurs compatriotes car la paix et la sécurité au Burundi ne sont plus à démontrer et ils seront accueillis à bras ouverts. 

ASTERE NDUWAMUNGU

 

Institut Français du Burundi> Programmation culturelle février-mars

Des nouveautés en musique et au cinéma

 

Dans son agenda culturel,  beaucoup de nouveautés ont été introduites dans les différents domaines. L’Institut français du Burundi (IFB) élargit son offre de cours en proposant désormais de la musique : piano, guitare, percussion et chant, débutants ou avancés. Cet Institut invite ses fidèles à les rejoindre pour progresser et s’amuser.  

 

Afin de soutenir la scène musicale locale, les espaces extérieurs de l’IFB s’emplissent de musique une fois par mois pour une scène ouverte. Pilotées par des musiciens burundais, ces rencontres seront l’occasion de découvrir différents styles et de mélanger les genres.Le cinéma change de formule dans la mesure où désormais, un ou deux séances par mois seront proposées les vendredis à 18h15 (comédies, films policiers ou encore animation, il y en a pour tous les goûts). Et, L’IFB propose aussi de choisir une séance grâce à un sondage en ligne avec plusieurs propositions. Dès 20 inscrits, cet Institut ouvre la séance. «A vous de jouer » !Autre nouveauté 2019 concerne l’accueil des enfants les soirs de spectacles. Testé en 2018 lors du concert du groupe Lillois Rocky, L’Institut français du Burundi est ravi de proposer un service de garderie pour les plus jeunes. Les grands pourront profiter de leurs soirées à l’IFB en toute quiétude. Toujours pour les enfants, il propose à nouveau des ateliers lors des vacances scolaires de février, avec, au programme, de la danse.                      

Semaine de la francophonie, exposition 

Enfin, temps fort de ce début d’année, la Semaine de la francophonie et de la langue française, qui aura lieu du 16 au 23 mars prochain. Un programme spécial francophonie sera disponible à l’accueil de l’Institut français du Burundi début mars. Pendant cette Semaine de la francophonie, du lundi au jeudi à 18h, le cinéma se vit à l’IFB mais aussi dans les quartiers de Bujumbura.Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme 2019, l’IFB propose, en collaboration avec 3hi Africa, une exposition du 6 au 27 mars 2019, illustrant les inégalités de genre qui existent dans le monde du cinéma. La forme artistique est choisie ici comme moyen d’expression pour faire passer un message fort et aller au delà des illustrations collectives et parfois remplies de clichés auxquels le public peut être confronté.                                                                                                 

Yvette Irambona

 
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