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DECORTICAGE> Le fonctionnement des partis politiques et le militantisme des jeunes au Burundi

Emergence de la jeunesse dans les activités politiques

 

aaaqqerfd Depuis la lutte pour l’indépendance jusqu’à nos jours, le Burundi a vécu dans un système de gouvernance politique à caractère démocratique. Mais à une période donnée, ce système faisait place à un système d’un parti unique. A partir de 1993, le pays est entré de nouveau dans son ancien système de gouvernance où le multipartisme a repris place. Ceci nous a poussé à interroger certains hommes politiques sur le fonctionnement des partis politiques. Ce système a également favorisé l’émergence de la jeunesse dans les activités politiques telle qu’on l’observe aujourd’hui.

 

 Le service de rédaction du Département de la Documentation s’est entretenu avec certains hommes politiques pour avoir quelques clarifications sur le fonctionnement ; la gestion des partis politiques ainsi que sur le militantisme des jeunes. S’exprimant sur le financement des partis politiques, Olivier Nkurunziza, secrétaire général du parti Uprona a indiqué qu’il n’existe pas de lois fixant les règles de financement des partis, ni de financement public. Pour lui, les partis sont financés par des ressources privées. Il s’agit, entre autres des cotisations de leurs adhérents et de leurs élus, qui sont traditionnellement la source de financement des partis. Il a souligné que les cotisations sont généralement fixées suivant les catégories de membres du parti. En plus des cotisations des membres, il existe des partis qui trouvent des financements dans leurs infrastructures comme les immeubles à louer. C’est le cas du parti Uprona qui possède des maisons et des espaces qui lui procurent des revenus significatifs.

La bonne gestion des partis politiques, un des facteurs qui assure leur pérennisation

Selon le secrétaire général du parti Uprona, chaque parti politique dispose d’un texte constitutif qui précise son organisation interne. L’existence de structures est une condition nécessaire pour que les partis puissent perdurer, s’implanter dans le corps électoral, travailler avec efficacité à la conquête du pouvoir, convaincre les électeurs afin de mettre en œuvre le programme politique qu’ils auront élaboré, a-t-il souligné.
En plus, pour renforcer la légitimité du parti, ce dernier organise un congrès national. C’est au cours de ce congrès que des représentants des membres du parti politique concerné ont l’occasion d’engager un débat entre les différentes sensibilités ou tendances. Le congrès a pour mission première de désigner les instances nationales du parti. Au niveau local, il existe des entités de base, sections ou cellules, qui sont regroupées dans des comités communaux dont les instances sont élues par les adhérents. C’est à ce niveau que s’organise le travail de terrain qui permet au parti d’être en prise directe avec l’électorat.
En outre, selon Déo Rusengwamihigo, président du parti PRP, un parti politique perdure grâce à son idéologie. Pour lui, un parti centré sur l’idée de restaurer la monarchie pourrait exister longtemps car c’est le seul système garant de promouvoir la justice, la paix et l’amour entre le peuple. Il est à noter qu’il existe des partis politiques qui se construisent autour des noms de leurs leaders. Ces partis courent le risque de disparaître au cas où leurs leaders n’existent plus.

Une nécessité pour le développement du pays

Selon Déo Rusengwamihigo, les partis politiques participent à l’animation de la vie politique. Il a indiqué que de manière plus précise, les partis remplissent deux fonctions. D’abord, ce sont des intermédiaires entre le peuple et le gouvernement. Ensuite le partis politiques ont la mission de développer le pays c’est-à-dire que le parti élabore un programme bien précis qui, s’il remporte les élections, sera repris dans le projet du gouvernement. Ainsi, il a souligné que l’existence des partis de l’opposition est considérée par les gouvernants comme des adversaires. Cependant, ces partis de l’opposition peuvent proposer des solutions alternatives à la politique de la majorité en place. Depuis quelques années, on observe une certaine désillusion des citoyens envers les partis, qu’ils ne considèrent plus forcément comme leurs meilleurs représentants et intermédiaires. C’est pour cette raison qu’il existe des partis politiques qui disparaissent progressivement dans la vie politique.

Avec le multipartisme, les jeunes s’intéressent davantage à la vie politique

Selon Olivier Nkurunziza, les jeunes sont beaucoup présents en politique actuellement. Cela se manifeste par la présence des jeunes dans des activités politiques des partis, notamment dans les meetings. Ces nouveaux militants politiques ont comme objectif de faire bouger les choses dans le pays. Défendre les intérêts de la jeunesse paraît être leurs préoccupations majeures. Ils se lèvent ainsi pour revendiquer leur droit à des conditions de vie décentes. À travers leur engagement politique, ils veulent avoir la liberté de choisir entre leurs modes de vie. Et s’il n’y a pas à choisir, cette jeunesse est réduite à un seul mode de vie : la pauvreté. Comprenant ainsi cet état de fait, les jeunes ont décidé de construire leur lendemain et cela ne peut se faire qu’à travers la politique, a-t-il expliqué. Sans pour autant connaître les rouages de la machine politique, la jeunesse désillusionnée s’est entichée de la politique en adhérant à des partis politiques.

Les jeunes « militent souvent par affinité»

En répondant à la question de savoir si les jeunes qui militent pour tel parti politique le font par conviction ou par affinité, Déo Rusengwamihigo pense que les jeunes militent souvent par affinité. Il a expliqué que les jeunes militent pour un parti donné sous l’influence de la famille, du lien social, ou de la propagande des masses médias et non pas parce qu’ils se reconnaissent dans ce parti. Il se pourrait que ces jeunes ne disposent pas de ce qu’on appelle « une culture politique » leur permettant de faire la différence et de pouvoir participer dignement à l’avenir politique du pays. Certes, l’engagement politique des jeunes est une bonne chose pour une démocratie. Néanmoins, c’est la manière de militer qui laisse à désirer. Olivier Nkurunziza voit que les règles de l’art du militantisme sont souvent absentes, et que si ces jeunes sont mal orientés, cela se traduit par des conflits entre les militants de différents partis politiques : altercations entre militants, manifestations virant au règlement de compte avec comme conséquence des destructions des biens publics. C’est là tout l’opposé du militantisme.
Il ajoute que si on veut militer dans un parti politique, il faut avant tout comprendre les besoins de développement de son pays. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la politique et sa compréhension doivent faire partie des systèmes éducatifs. Pour Rusengwamihigo, il est important que la jeunesse comprenne les bases de la politique ; qu’elle arrive à s’identifier à un parti politique sans pour autant vouer une haine indescriptible à l’autre parti. Il est aussi important qu’il sépare le vrai et le faux. Les partis politiques sont indispensables pour une démocratie parfaite. Les jeunes doivent pouvoir s’identifier à un de ces partis non en fonction de la personne qui les représente mais en fonction des idées qu’il souligne et du programme qu’il soutient, a fait savoir le président du PRP.

Appolinaire Nimubona
Département de la Documentation

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