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Chine>Elle compte cinquante-six ethnies

Un exemple pour le Burundi

 

IMG 20170525 170151Au moment où les colonisateurs se moquaient de nous en nous divisant pour régner, au moment où ils nous faisaient comprendre que les Bahutu majoritaires à 85%, les Batutsi et les Batwa minoritaires à 15%, alors que nous avons tout en commun, la Chine,elle, compte 56 groupes ethniques, Dans leurs façons de communiquer, leurs langues, l’habillement, la nourriture, etc. montrent que chaque groupe ethnique a ses caractéristiques qui le différencie des autres. Mais ils œuvrent tous pour un même but. Avec une population de 1,4milliard, elle est quand même la deuxième puissance mondiale.

 

Il est difficile aujourd’hui d’effacer l’obscurité de la colonisation car la ségrégation au sein des Burundais a fait que des conflits intestinaux éclatent au sein des mêmes frères et sœurs. Parlons ethnie ! Le Burundi est un petit pays de l’Afrique de l’Est entouré par la République democratique du Congo à l’Ouest, la Tanzanie à l’Est et le Rwanda au Nord. Traversant du Nord au Sud, de l’Est à l’ouest, les Burundais trouvés à travers différentes provinces parlent une même langue, le Kirundi, mangent la même nourriture et s’habillant de la même manière. La culture burundaise est la même dans toutes ses provinces, dans ses valeurs de respect, amour et hospitalité. Mais il a fallu qu’un colonisateur avide du pouvoir et exempte de la considération envers le bien-être des Burundais car voulant voler ce que les Burundais avaient de plus cher, vienne pour dire que tel était Mututsi riche, détenteur de vaches et est né pour diriger, un Muhutu agriculteur est né pour être subalterne au Mututsi et enfin le Mutwa, vivant de la chasse et de la poterie en forets. Foutaises diront certains. Mais des réalités dans lesquelles les Burundais ont vécu pendant des années.
Aujourd’hui, avec l’ouverture au monde et le changement de mentalité qui s’est opéré au sein des Burundais, ces derniers ont finalement compris que la théorie des colonisateurs ne tenait pas. Les institutions d’aujourd’hui comptent des Bahutu, des Batutsi et des Batwa parlant une même langue, et ont élues démocratiquement par le peuple burundais. Les manœuvres séparatrices sont aujourd’hui révolues. Certes, des racines de ces maux se manifestent parfois dans certaines familles conservatrices. Certains politiciens, protégeant leurs intérêts égoïstes vont même jusqu’à ternir l’image du pays en tenant comme prétexte l’ethnisme au Burundi. D’autres, silencieux, se cachent derrière cette optique pour en faire un sujet de dégradation de l’image de l’autre.

Il n’y a pas d’ethnie au Burundi.

Parlons de cela pour la Chine et le Cameroun, oui. La Chine en compte une, les Ham majoritaires Han à 92%, et 55 autres minoritaires à 8%. Passant d’une ethnie à l’autre, il est facile de reconnaître telle ethnie par sa langue, sa façon de s’habiller et de manger. La Constitution et les lois du pays stipulent que chaque groupe ethnique est libre de choisir quelle langue apprendre à ses enfants. Mais on essaie de leur apprendre le mandarin parlé par la majorité tout en leur laissant le choix. Cela n’arrête en rien les politiques d’industrialisation, les technologies de l’innovation, car toutes ces ethnies travaillent en harmonie à la recherche des intérêts communs. La preuve, la Chine comptant ce nombre d’ethnies avec une population de 1,4 milliard d’habitants est aujourd’hui la deuxième puissance mondiale. « Un miracle », diraient les chrétiens. Comment parvenir à diriger une telle population avec leurs divergences de croyances et leur diversité ethnique.
Un collègue camerounais ajoute que cela est un fait que les africains vivent et que les pays comme le Burundi qui ont la chance d’être mono- ethniques devraient en être fiers et considérer cela comme un atout. Au Cameroun, par exemple, on compte plus de 200 groupes ethniques ; sans compter les tribus. Tous ces groupes ont chacun sa langue. On trouvera deux villages voisins au sein d’une même nation, mais parlant deux langues différentes. Leurs façons d’être, leur manière de faire, de célébrer les mariages et d’enterrer leurs morts diffèrent. Le Burundi est donc un petit paradis terrestre où tout est possible si les Burundais parvenaient à communiquer. Facile de le faire car on partage tout en commun. Pas d’ethnie au Burundi, mais des motifs ségrégationnistes à des buts mesquins pour ceux qui ne veulent pas la paix. Des histoires vont même jusqu’ à dire que les Burundais ne viennent pas des mêmes régions. Alors, pourquoi parlent-ils une même langue le Kirundi, une langue qu’on ne trouvera nulle part ailleurs en Afrique ? La Chine est un exemple à suivre. La Chine est ce qu’elle est grâce à ses valeurs de tolérance, de respect mutuel et de respect des institutions.

BLANDINE NIYONGERE

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