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EDITORIAL> Pas de conflit politique dans notre pays

Le Conseiller principal à la présidence de la République chargé de la Communication, presse et information, Willy Nyamitwe, et le Porte-parole du président de la République, Jean-Claude Karerwa, ont organisé, mercredi dernier, un café de presse au cours duquel des éclaircissements nécessaires ont été apportés aux questions posées par les médias tant publics que privés. Les journalistes ont su tirer profit de la présence de ces deux personnalités à ce café de presse en ne laissant échapper aucune des questions à poser, comme ils savent le faire lorsqu’ils se trouvent en présence des sources d’informations aussi crédibles. C’est avec franchise et sans complaisance que des réponses ont été données aux questions se rapportant à la situation que traverse le pays à l’heure actuelle.

Revenir sur tout ce qui a été dit, dans un espace aussi restreint, relèverait de la gageure. Mais retenons qu’il n’y a pas de conflit politique au Burundi comme cela a été souligné par le Conseiller principal à la présidence de la République chargé de la Communication, presse et information, Willy Nyamitwe. Ce disant, il rejetait ce que certains médias affirment à partir de leur confort dans les capitales occidentales sans en apporter la moindre démonstration. Dans cette action qui porte atteinte à l’honneur de la presse dont le rôle est de vérifier, certains médias ont donné libre cours au sensationnel à tel point qu’il y a lieu de se demander s’il ne s’agit pas là d’un prétexte en or pour justifier et mériter ce qu’ils recherchent. Il n’y a pas de conflit politique au Burundi. Ce qu’il y a, c’est le pluralisme d’opinions, c’est la libre confrontation des différents points de vue, c’est le débat contradictoire comme cela s’observe dans les pays jouissant d’une démocratie responsable. Si débat contradictoire signifiait conflit politique, qu’en serait-il de la France où l’on assiste actuellement à une campagne électorale musclée à l’issue de laquelle le gagnant sera connu le 8 mai prochain ? Qu’en aurait-il été, l’année dernière, aux Etats-Unis d’Amérique où une campagne électorale également musclée opposait Hillary Clinton à l’actuel président Donald Trump ? Conflit politique, non. Libre confrontation des points de vue, oui. Au Burundi comme ailleurs, des problèmes peuvent surgir entre les acteurs politiques aux sensibilités politiques différentes, mais cela est loin de s’appeler conflit politique totalement opposé à la capacité de penser et d’agir d’une manière démocratique, nouvelle, créatrice, avec une vision claire des objectifs à atteindre. Le conflit politique au Burundi tel qu’affirmé dans certains médias n’existe que dans la tête de celles et ceux qui en sont les auteurs.
Après la longue et douloureuse crise socio-politique de 1993, notre pays s’est engagé, à partir de 2005, dans un nouveau processus démocratique tel qu’il a besoin d’une composante humaine en mesure de définir la stratégie du développement, de contribuer à l’orientation d’une politique constructive. De fait, les tâches fondamentales de l’édification et du progrès d’un pays ne sont pas une mince affaire, c’est tout de même une affaire d’hommes et de femmes mûs par l’esprit patriotique, capables de sacrifice pour le bien du pays, capables d’affronter ensemble les problèmes qui surgissent et faire face aux situations difficiles de nature à affecter profondément la paix, la démocratie et le développement. Tous ces hommes et toutes ces femmes doivent provenir de tous les milieux politiques, la construction du pays étant l’affaire de tous ses citoyens. Quelle que soit la tendance politique affichée, le nécessaire apport de tous s’impose, dans un débat contradictoire constructif qui, rappelons-le, est loin d’être un conflit politique. Dans l’effort considérable qui doit être déployé pour consolider la paix et la sécurité, sources d’un développement durable, mettons à profit nos différences, car il n’est nulle place pour la fuite en avant, les besoins nationaux devant primer sur les intérêts particuliers. Le conflit politique n’aura jamais de place, si ensemble, nous nous mettons au service de l’intérêt suprême de la Nation. Aucun parti politique ne saurait, sans mauvaise conscience, s’y dérober.

Louis Kamwenubusa

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